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samedi 1 décembre 2012

L'intégralité de la Conférence de presse du président Alassane Ouattara au terme de sa visite dans le Zanzan

Publié le samedi 1 decembre 2012 par le quotidien: Le Patriote
 Conférence de presse du chef de l’Etat avant son depart du zanzan Alassane Ouattara depuis Bondoukou : “La déstabilisation ne passera pas en Côte d’Ivoire”

Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, était face à la presse, hier après-midi pour faire le point de sa tournée dans le District du Zanzan. Cette rencontre, qui a eu lieu peu avant que le Président de la République ne quitte la capitale de la région du Gontougo, a été l’occasion pour lui de faire la lumière sur les préoccupations des journalistes portant sur le bilan de la visite, la réconciliation nationale, les actions de développement du Gouvernement et le fonctionnement de l’alliance RHDP. Le chef de l’Etat, qui s’est félicité du bon déroulement de cette visite a souligné que celle-ci a été riche car ayant permis de toucher les réalités d’une région sinistrée. En plus de lui avoir permis d’écouter les populations, elle a également servi à mesurer l’ampleur des premières actions qui préfigurent la réalisation des promesses de campagne pour réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations dans un environnement sociopolitique apaisé. Nous vous proposons l’intégralité de cette conférence de presse.

Propos liminaires

Monsieur le ministre d’Etat,
Monsieur le ministre chargé des Affaires présidentielles,
Madame, messieurs les membres du gouvernement,
Chers amis de la presse,
Madame et Messieurs,

Nous voilà au terme de notre séjour dans le district du Zanzan. Un voyage enrichissant et émouvant. Nous sommes restés du mardi au vendredi, donc quatre journées pleines. Nous avons visité tous les départements du Bounkani et ceux du Gontougo : au total neuf départements. Nous avons rencontré les populations et écouté leurs doléances.
Nous avons également, ensemble, pu faire le point de la situation dans notre pays. J’ai été très ému de constater que beaucoup d’entre elles me disent que les choses ont commencé à s’améliorer. La situation et les conditions de vie vont s’améliorer davantage dans les prochains mois, puisqu’avec le Programme présidentiel d’urgence nous avons prévu de réparer les pompes hydrauliques pour donner de l’eau potable.
Que ce soit au niveau urbain qu’au niveau villageois, nous essayons d’améliorer le circuit d’électricité, de réhabiliter les écoles, les centres de santé, de donner des tables, des kits scolaires. Bref, il y a une légère amélioration. Je note que cela fait dix mois que nous avons mis en place ce programme et qu’on ne peut pas faire tout ce qu’il faut en dix-huit mois.
Mais dans un an ou deux, il n’y aura plus de problèmes d’eau potable dans les localités concernées. Nous aurons réglé les problèmes d’électricité, construit de nouvelles écoles et la vie sera bien meilleure pour nos parents du Zanzan. Je le dis parce que le Zanzan a été la région qui a été la moins lotie de nos différentes régions, puisque le taux de pauvreté est le plus élevé, le taux de scolarité est le plus faible, peu de médecins, peu de sages-femmes.

mercredi 11 avril 2012

Panel / Chute de Laurent Gbagbo / gestion du nouveau pouvoir de Ouattara

Des Ivoiriens se prononcent, dénoncent, félicitent et proposent

11 avril 2011-11 avril 2012, cela fait bientôt 1 an déjà que Laurent Gbagbo est parti du pouvoir suite à une crise postélectorale restée dans les annales. Des Ivoiriens reviennent sur les temps forts de ces moments et se prononcent sur la gestion actuelle du pouvoir, par l’équipe du Président Ouattara.


Docteur Doumbia Major (Président du CPR) : ‘’Sur le plan personnel, j`ai vécu cela comme la fin d`un calvaire’’




« En tant qu`exilé politique, j`ai vécu cela comme une libération, car cela équivalait pour moi à une possibilité de retour dans mon pays. J`espérais pouvoir enfin voir mes proches et mes camarades de lutte. Donc sur le plan personnel, j`ai vécu cela comme la fin d`un calvaire, même si les événements qui vont suivre par la suite me donnerons tort, car la chute de Gbagbo ne m`a pas donné pour autant cette possibilité, vu que j`ai aussitôt été combattu par ceux qui me voyaient comme une menace, puisque nous avons combattu ensemble pour obtenir le changement. Sur le plan politique, cela équivalait pour moi à une fin espérée de la politique de division tribale du pays, car on pensait qu`avec le départ de Gbagbo et la politique de ‘’l` ivoirité’’ qu`il avait repris sous le vocable de patriotisme, on verrait une politique d`unité nationale qui condamnerait et rejetterait, toute exclusion et ségrégation sur la base ethnique, mais malheureusement il semble qu`il y a un travail à faire dans ce domaine, car nous voyons une résurgence de l`ethnicité sous une autre forme. Ce qui signifie qu`il y a un combat à continuer. Je regrette que le changement que nous voulions et voyions comme un changement qui ferait surgir une démocratie sociale, n`ait pas été. Nous voyons des reculs des acquis sociaux qui sont inacceptables. Sur la question de l`école, il est inadmissible qu`on demande aux étudiants de payer 40% de leur frais de scolarité. Il est regrettable de voir que les écarts entre les salaires qu’on voit dans notre pays, sont disproportionnés. Il y a des salaires de politiques qui sont plus de 300 fois supérieurs au Smig. On se croirait dans une jungle. Quand on voit la retraite qui passe de 55 à 65 ans avec augmentation corrélative des cotisations sociales dans un contexte ou l’espérance de vie a baissé de 57 à 55 ans, il y a de quoi se poser des questions. Quand on voit que l’école qui devrait être le pilier du développement reste l`objet d`une courte vision, il y a de quoi inquiéter ! C`est une question d’hommes et c`est une question de système. (...) C`est un début certes, car on ne peut pas juger rigoureusement un gouvernement en moins de deux ans, mais il y a un grand ménage à faire par le président Ouattara. Les mauvais réflexes sont toujours présents chez certains de ses collaborateurs qui abusent du peuple de par leur posture sociale. La justice reste instrumentalisée et la violence reste de mise. Il y a du chemin à faire ensemble dans le respect et éviter le mépris du peuple souverain. Car le véritable pouvoir et la souveraineté appartiennent au peuple. Il ne faut pas le perdre de vue».




Blé Guirao, Secrétaire Général adjoint de l’Udpci : ‘’Cette nuit du 10 au 11 avril 2011 fut très longue’’



« Beaucoup d`émotions à l`occasion de ce 11 avril 2012...Je me rappelle encore le 11 avril 2011 comme si c`était hier. Bloqués au golf depuis le 16 décembre 2011, on a suivi en direct les derniers jours qui ont précédé le 11 avril 2011 jour de la chute et de la capture de Gbagbo. On avait encore veillé comme on le faisait depuis le blocus au sein du cercle NTIC du Golf notre structure commune de combat des réseaux sociaux de la LMP et dont je suis le Président....Mais les nuits des 09, 10 au 11 avril 2011 ont été terribles pour nous à cause des problèmes de concentration et de sérénité....Les rumeurs et les nouvelles fusaient de partout...Cette nuit là, après un bref entretien chez le Président Mabri nous sommes montés sur le toit pour contempler et voir les mouvements des hélicos et entendre les tirs assourdissants de partout....on était un peu méfiant car ayant en mémoire encore les attaques du golf par les partisans de Gbagbo en trois endroits différents: Sur la lagune-sur le côté de la résidence de Marie Thérèse Houphouët-du côté de M`pouto. On frôlait la mort depuis longtemps et cet état de fait avait crée une solidarité agissante entre nous. Cette nuit du 10 au 11 avril 2011 fut longue, très longue. Sur le toit on notait, en plus du Président Mabri les Ministres Dagobert Banzio, Allah Kouadio, Adjoumani, Gnamien Konan et plusieurs autres cadres. Le cœur n`était pas à l`ouvrage au sein du cercle N`TIC du Golf. On a veillé jusqu`au petit matin et on a été agréablement surpris de voir au petit matin le Président Ouattara sortir de son bureau et faire les cent pas avec comme toujours un téléphone en main. Il avait à ses côtés les ministres Hamed Bakayoko, Gon Coulibaly et Amon Tanoh. Vers 10H les rumeurs de la chute de GBAGBO ont commencé à amplifier et à 10H 30, je reçois un coup de fil de Bloléquin m`annonçant que depuis le vendredi 08 avril 2011 des inconnus armés sont entrés dans mon village a KDZ/ Bloléquin et ils ont tué mon frère cadet, son épouse, mon oncle et notre manœuvre ».




Frank Toti (communicateur) : ‘’On peut reconnaitre quelques bons signes aux nouveaux dirigeants, mais dans l’ensemble, c’est la désolation’’


«Les événements du 11 avril 2011 ont été pour nous aussi bien choquant qu’attristant. Non pas pour la personne de Laurent Gbagbo, mais pour la mise en veilleuse de la bonne marche de la démocratie en Côte d’Ivoire. On n’avait pas besoin d’installer un régime à coup de canon. Concernant la gestion du pouvoir actuel, je veux être plus réaliste, ADO désillusion et non ADO solutions. Il avait promis des centaines de milliers d’emplois, mais il a donné des centaines de milliers de licenciements. Il avait promis de construire 5 universités en 5 ans, il en a fermé 3 à moins d’un an. Entendez par là, l’université de Cocody, d’Abobo-Adjamé et l’URF de Daloa. Il avait promis d’améliorer les conditions de vie des Ivoiriens, mais aujourd’hui, la moitié du peuple ne peut pas se nourrir. Son point fort, ou si vous préférez, son axe de communication et de gouvernement, c’est le rattrapage ethnique. Nous sommes à fond dans le rattrapage ethnique dans toutes les structures de l’Etat. Il n’a pas déçu les Ivoiriens, mais il a plus déçu ses partisans qui avaient placé beaucoup d’espoir en lui. Mais aujourd’hui, ils se sont rendus compte qu’on leur a servi de la poudre aux yeux. Mais il n’est pas encore tard, pour ce qu’il appelle le reste de son mandat. Le gouvernement doit travailler à ressouder les Ivoiriens. Parce qu’aujourd’hui, le tissu social est déstructuré, est désorganisé. Depuis le 11 avril, les Ivoiriens se regardent en chien de faïence or, c’est le contraire qui devait se produire. Le triste constat est que la réconciliation se trouve dans les nuages et dans les beaux discours. Mais dans les faits, on continue d’arrêter des gens qu’on présente comme des pro-Gbagbo et des gens qu’on présente comme des faiseurs de coup d’Etat. C’est la première fois qu’en une année de règne d’un président, en 365 jours, on a 365 tentatives de coup d’Etat. C’est vrai qu’on peut reconnaître quelques bons signes aux nouveaux dirigeants, mais dans l’ensemble, c’est la désolation ». 




Réalisé par A. Dedi et Hyacinthe. K


Source:   L'intelligent d'Abidjan

Un an après, la presse ivoirienne divisée sur la chute de Gbagbo

La presse ivoirienne a affiché sa division mercredi pour l’anniversaire de la chute de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, les uns évoquant la « fin de souffrances » tandis que d’autres dénonçaient « un coup d’Etat de la France ».
« 11 avril 2011-11 avril 2012, il y a un an Gbagbo capturé, le peuple libéré », titrait à sa une Le Patriote, quotidien proche du parti du président ivoirien Alassane Ouattara.
« Car pour être payé au plus fort, le refus de Laurent Gbagbo d’accepter sa défaite à l’issue de l’élection présidentielle (…) l’a été à tout point de vue », écrit le journal dans une édition spéciale.
De son côté, Notre voie, quotidien du parti de l’ex-président Gbagbo, écrit à sa une: « Il y a un an le coup d’Etat de la France ».
« La guerre comme solution pour régler un simple contentieux électoral? Impensable. Et pourtant cette guerre a eu lieu. Elle a duré quatre mois et fait au moins 10.000 morts selon les ONG internationales contre 3.000 officiellement », écrit le quotidien.
« En vérité, depuis le 11 avril 2011, la Côte d’Ivoire reste plus que politiquement, économiquement et socialement divisée », souligne le journal pro-Gbagbo.
Fraternité-matin (quotidien d’Etat) appelle à « tirer des leçons pour demain ».
« Les Ivoiriens devront donc tirer la leçon de plus d’une décennie de crise sociopolitique pour se remettre en cause, chacun à son niveau, et se demander: +quelle est ma part de responsabilité dans ce qui est arrivé à mon pays?+, argumente le quotidien.
« Il ne s’agit pas pendant cette célébration, de voir, d’un côté, les victorieux, et de l’autre, les perdants », poursuit le journal, évoquant « l’interêt général de la Côte d’Ivoire une et indivisible ».
M. Gbagbo a été arrêté en avril 2011 mettant fin à une crise postélectorale sans précédent qui a fait quelque 3.000 morts selon l’ONU. Il est détenu depuis novembre à La Haye par la Cour pénale internationale (CPI), qui le soupçonne de crimes contre l’humanité commis par ses forces durant la crise.
Source : AFP

vendredi 6 avril 2012

Mali/André Silver KONAN: « le putsch le plus débile»

Le journaliste ivoirien  André Silver Konan fait partie des intellectuels africains qui ont fermement condamné le coup d’État du CNRDRE et dénoncent la rébellion touarègue. Il analyse la situation au Mali, en sa qualité de spécialiste de ce pays. Entretien.
Pourquoi êtes-vous aussi dur avec le coup d’Etat au Mali alors qu’une bonne partie de la population est favorable ?
J’ai utilisé en effet des termes particulièrement durs pour qualifier le putsch au Mali. Il ne fait aucun doute, je l’assume et je le répète, que le putsch du capitaine Amadou Haya Sanogo est le plus débile que je n’ai jamais vu. Débile pour quelles raisons ? D’abord parce qu’on était à un mois et une semaine de la présidentielle à laquelle le président Amadou Toumani Touré n’était pas candidat. Ce dernier n’était pas favorable, du moins officiellement, à un candidat et la commission électorale n’était contestée par aucun candidat. La deuxième raison réside dans les raisons avancées pour expliquer le putsch. Sanogo a expliqué qu’il comptait rétablir la démocratie, c’est rigolo, la démocratie n’était pas malmenée au Mali, en atteste notamment la non contestation du processus électoral. En outre, il a déclaré qu’il comptait aller combattre la rébellion, c’était aussi rigolo, puisque seulement trois jours après sa prise de pouvoir, il lançait un appel à la discussion à la rébellion touarègue. C’est exactement ce que faisait ATT. Cette stratégie quoique discutable a permis de contenir la rébellion depuis janvier. La preuve palpable de l’inconséquence de ce putsch du capitaine Sanogo est qu’en moins de trois jours, la rébellion a pris les villes du nord y compris Tombouctou, qui est tombé entre les mains des islamistes alliés aux rebelles.
Mais reconnaissez que ATT a favorisé le putsch contre lui ?
Je ne parlerais pas de favoriser le putsch contre lui. ATT a été naïf en appliquant une sourde et incompréhensible politique de l’autruche, si ce n’est celle du singe de la légende, qui consistait à ne rien voir, rien entendre et rien écouter. J’étais au Mali et j’ai vu à tel point il s’enfermait dans sa tour d’ivoire de Koulouba. En fait, j’ai vite compris son attitude en discutant avec certains ministres. ATT voulait refiler la patate chaude que constituait la rébellion touarègue à son successeur en se gardant de se lancer dans une guerre au cours de laquelle il y aurait eu certainement des bavures qu’il ne voulait pas assumer. Peut-être le cas de Laurent Gbagbo, accusé de crimes de guerre par la CPI a-t-il contribué à cette psychose du président malien ? Toujours est-il qu’il refusait d’entendre la bruyante envie d’en découdre d’une bonne partie des Maliens qui réprouvent violemment la rébellion du MNLA. Sanogo en a profité.
Pourquoi la Cedeao qui était muette par rapport à la rébellion touarègue est devenue subitement active après le coup d’Etat ? Pourquoi n’a-t-elle pas aidé le Mali à combattre la rébellion plus tôt ?
(Rires) Cette question m’a souvent été posée et chaque fois j’ai souri face à la naïveté de certains Africains. C’est la thèse défendue par ceux qui contre leurs propres principes soutiennent le putsch et qui toujours contre leurs propres principes soutiendront la rébellion quand le rouleau compresseur de la communauté internationale va se dérouler contre la rébellion. Les intellectuels ne devraient pas raisonner selon leurs intérêts politiques du moment, mais par rapport à des principes. Un putsch est-il bon ou non ? Non, alors nous ne devons pas soutenir Sanogo, peu importe si c’est Ouattara ou la Cedeao qui affirment leur leadership sur la question. Une rébellion est condamnable ou non ? Elle est condamnable, alors nous ne devons pas applaudir le MNLA, peu importe si elle collabore avec des islamistes qui détiennent des otages français. Pour répondre maintenant à votre question, je vais vous poser une question : la défense de l’intégrité de l’Etat est-elle oui ou non, une question de souveraineté ?
Evidemment une question de souveraineté, mais que voulez-vous démontrer ?
Ce que je veux démontrer est simple. Mater la rébellion touarègue relevait de la responsabilité souveraine de l’Etat malien, mater le putsch relève du devoir d’ingérence de la communauté internationale, parce que le putsch est dirigé justement contre celui qui incarnait la souveraineté, à savoir le général Toumani Touré. Donc, la réaction de la communauté internationale est différente selon qu’il s’agisse d’une rébellion ou d’un coup d’Etat. En clair, le rétablissement de l’intégrité du territoire d’un Etat en proie à une rébellion relève de la souveraineté pleine et entière de cet Etat. Autrement dit, aucun chef d’Etat au monde qu’il s’appelle Barack Obama ou Vladimir Poutine, ne peut se lever dans son pays et dire, sous le prétexte qu’une rébellion menace un autre pays, aller combattre cette rébellion. Si cela était possible, je vous assure qu’il n’y aurait plus de rébellion des FARC en Colombie, encore moins de Boko Haram au Niger ou encore de rébellion casamançaise. A ma connaissance, ATT n’a pas fait appel à la Cedeao ou à l’UA, ou encore à l’Otan et à l’Onu pour mater la rébellion. Et ceux des Maliens qui savent si bien marcher pour soutenir Sanogo (je crois que ça a commencé à cesser depuis la prise de Tombouctou) n’ont pas battu le pavé pour solliciter de l’aide étrangère. Alors au lieu d’accuser les organisations internationales, les Maliens favorables aux putschistes dont on ne voit d’ailleurs aucune action concrète contre la rébellion, auraient dû commencer à accuser leur propre armée, incapable d’avoir maté la rébellion du fait de l’incapacité de son chef suprême, qui appliquait une politique de fuite en avant et du fait d’une junte incapable de tenir ses propres engagements.
Pourquoi la Cedeao n’aide pas l’armée malienne à mater la rébellion ?
La Cedeao aidera l’armée malienne à mater la rébellion quand elle aura un interlocuteur crédible à Bamako, c’est simple à comprendre. La communauté internationale se mobilise pour dégager les putschistes parce que l’ordre constitutionnel et institutionnel est rompu. Ce n’est plus une question de souveraineté puisque celui qui incarne justement cette souveraineté est celui contre qui le putsch est mené. Il est vrai que ATT a sa part de responsabilité mais Sanogo est venu empirer la situation plutôt que de la décanter. Regardez donc la situation en face ! Qu’a-t-il réussi depuis qu’il est là ? Rien, sinon à favoriser une avancée spectaculaire des rebelles qui, plus est, ne le reconnaissent même pas ? Ce type a déclaré qu’il était venu rétablir la démocratie, mais aucune démocratie n’était en danger au Mali puisque ATT en dépit de sa gestion complaisante de la crise, ne tyrannisait pas son peuple. Il a déclaré qu’il était venu mater la rébellion, trois jours après sa prise de pouvoir, il lançait un appel à la négociation à la rébellion. N’est-ce pas ce que faisait ATT et qui a motivé son putsch ? Soyons sérieux. Sanogo dégagera, et alors le président de la transition discutera avec (ou matera) la rébellion avec l’aide des puissances internationales.
Comment expliquez-vous l’attitude de la France qui reste passive face à la progression des rebelles ?
Qu’auriez-vous aimé que la France (un bien vain mot, en réalité) fasse ? Que Nicolas Sarkozy qui a déjà des problèmes pour se faire réélire décide unilatéralement d’aller mater la rébellion touarègue ou que François Hollande qui n’est pas encore élu se déclare favorable à une intervention militaire ? N’est-ce pas encore vous qui dénonceriez l’interventionnisme du colon qui se fait gendarme de l’Afrique ? En tant qu’Africains, nous devons arrêter de nous infantiliser. Nous sommes prompts à accuser la France qui quoiqu’elle fasse (qu’elle condamne ou non, qu’elle intervienne ou non, qu’elle observe la neutralité ou non) est insultée par ceux qui cherchent à nier leurs propres responsabilités. Au départ, j’ai entendu des plaisantins déclarer que c’était un coup d’Etat de la France. Quand la Cedeao qu’ils accusent d’ailleurs à raison d’être à la solde de la France s’est lancée en guerre contre les putschistes, ils ont dit qu’en fait, la France était derrière la rébellion, parce que des porte-paroles de la rébellion sont en France. Ils oublient aussi que la France est un pays de liberté et que la Mauritanie aussi qui combat Aqmi, allié des rebelles, accueille aussi des porte-paroles de la rébellion. Quand la France a décidé de saisir le conseil de sécurité et qu’on leur a déclaré que les combattants islamistes alliés des rebelles détenaient des otages français, ces mêmes intellectuels douteux ont commencé à dire que la France est entrée en guerre. Des fois, je ris de l’inconstance de ces gens là. Bref. Nous les africains, on doit vraiment savoir ce qu’on veut. La France a six ressortissants retenus en otage dans le désert malien par des combattants d’Aqmi, alliés (et peut-être futurs adversaires) des rebelles. Même si elle avait la possibilité de se jeter directement dans la guerre, elle serait prudente pour ne pas mettre en danger la vie de ses ressortissants. C’est ce que ferait tout gouvernement responsable. Pour le reste, je reconnais que la crise actuelle résulte d’une mauvaise gestion de la crise libyenne par l’Otan, mais aussi par les pays africains dont les voisins de la Lybie comme le Mali.
Réalisée par Mahamadou Traoré
Source: La Tribune – Lebanco.net

samedi 31 mars 2012

Retour sur les secrets du transfert de Gbagbo à la CPI



Les images des portes du pénitencier de Scheveningen se refermant derrière le véhicule transportant Laurent Gbagbo ont fait le tour du monde. Comme un clap de fin. Elles marquent l’épilogue d’une folle semaine où les avocats du désormais prisonnier le plus célèbre du monde n’ont pu empêcher son transfert à la Cour pénale internationale (CPI). Le scénario, écrit dans le plus grand secret – notamment lors d’une rencontre à Paris le 26 novembre – par le président ivoirien Alassane Ouattara et le procureur argentin Luis Moreno-Ocampo, a parfaitement fonctionné. « Ils nous ont pris de vitesse pour nous empêcher de déposer des recours », confie, un brin amer, Me Emmanuel Altit, l’avocat français de l’ancien chef d’État. Autre son de cloche du côté d’Abidjan. « Nous avons respecté toutes les procédures légales », affirme Me Jean-Paul Benoit, avocat de l’État ivoirien.


Vendredi 25 novembre
Branle-bas de combat
Vers midi, les défenseurs de Laurent Gbagbo sont informés par le palais de justice d’Abidjan que leur client doit être entendu, le 28 novembre, par un juge ivoirien dans le cadre de l’enquête ouverte sur les crimes économiques commis durant la période postélectorale, entre novembre 2010 et avril 2011. Branle-bas de combat au sein du collectif des avocats. Il faut rejoindre, au plus vite, Korhogo, à plus de 600 km, où se tiendra l’audience. Agathe Baroan, Serge Gbougnon et Toussaint Dako prennent rapidement la route pour la cité du Poro, où est détenu l’ancien président.
Samedi 26 et dimanche 27 novembre
« Sarko m’a tuer »
Leur consœur franco-camerounaise, Lucie Bourthoumieux, a également fait le voyage. Conseil stratégique de Laurent Gbagbo, elle travaille avec les ténors du barreau français, Mes Roland Dumas et Jacques Vergès. Dans la matinée du samedi, elle rend visite à l’ex-chef de l’État, dans la villa du gouverneur de Korhogo, où il est détenu. Au cours de cet entretien en tête à tête sont abordées les questions politiques à l’approche des élections législatives du 11 décembre et les actions de lobbying. Les défenseurs ivoiriens les rejoignent ensuite pour une séance de travail visant à préparer l’audience du lundi. Leur client a le moral et se montre combatif. Reclus depuis plus de sept mois, il consacre son temps à la lecture, aux prières, et regarde aussi la télévision.
Ce jour-là, il est en train de relire les Mémoires du général de Gaulle (Gallimard) après avoir avalé dernièrement Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique (Éditions La Découverte), Le Visage de Dieu (Grasset), Mémoires du chef des services secrets de la France libre (Odile Jacob). Et, surtout, Sarko m’a tuer (Stock), le livre au titre évocateur des deux journalistes français Gérard Davet et Fabrice Lhomme. On lui remet aussi Le Coup d’État (Duboiris), une enquête qui lui est totalement favorable, signée du journaliste camerounais Charles Onana. Il commande enfin à Me Bourthoumieux de nouveaux livres rares de Flavius Josèphe, historien du Ier siècle, sur les conflits entre Rome et Jérusalem. Au cours de cette visite, le Dr Christophe Blé, qui vit aux côtés de Gbagbo, est appelé pour examiner le général Bruno Dogbo Blé, l’ancien patron de la Garde républicaine, également détenu à Korhogo. Cette information, parvenue aux oreilles des partisans de l’ancien président, est à l’origine d’une rumeur qui va faire le tour de la blogo­sphère durant le week-end : « On retire à Gbagbo son médecin pour l’extrader. » Il n’en est rien. Le docteur est rapidement de retour. Gbagbo, avant de se séparer de ses avocats, demande encore à Me Bourthoumieux de porter des nouvelles rassurantes à sa mère, 88 ans, qui vit à Accra.

Lundi 28 novembre
Piège ou diversion ?
Laurent Gbagbo est informé, dans la matinée, que le président de la chambre d’accusation d’Abidjan viendra examiner, le lendemain, ses conditions de détention. Une bonne nouvelle. Depuis plusieurs mois, il demande à pouvoir sortir dans la cour de sa résidence pour faire de l’exercice. Enfermé sept jours sur sept, il souffre de problèmes d’arthrose aux poignets et à l’épaule. Vers 15 heures, il rejoint ses avocats au tribunal d’instance de Korhogo pour répondre aux questions de la doyenne des juges d’instruction, Delphine Makoueni Cissé, dans le cadre de l’enquête sur les crimes économiques. Depuis les premières lueurs du jour, le bâtiment est fortement gardé par des militaires. Sur la porte principale, une affiche indique « fermeture au public jusqu’au 30 novembre ». L’interrogatoire va durer près de quatre heures avant que l’ex-président regagne sa villa. « Il a accepté de répondre aux questions », explique Me Gbougnon sans plus de détails. Gbagbo a rendez-vous le lendemain mati


Mardi 29 novembre
La nasse
À 7 heures du matin, le tribunal d’instance est bouclé par les hommes du commandant Fofié Kouakou, à la tête de la Compagnie territoriale de Korhogo (CTK). Le personnel est mis en congé jusqu’au lendemain. Les avocats de Gbagbo se rendent au palais de justice pour la poursuite de l’audience. Accompagné de magistrats ivoiriens et des greffiers de la CPI arrivés d’Abidjan, le procureur de la République, Simplice Koffi Kouadio, entre alors en scène. Il notifie à Gbagbo son mandat d’arrêt à 13 h 35, avant de procéder à la vérification de son identité et de transmettre aussitôt le dossier à la chambre d’accusation, qui doit statuer sur l’extradition. Les avocats veulent s’y opposer en déposant un recours pour « arrestation, détention et transfèrement illégaux ». Refus catégorique. Après des discussions animées, Gbagbo met fin aux débats. Pour lui, c’est une décision politique et il ne sert à rien de la retarder. « Il était préparé psychologiquement. Depuis le mois de mai, il explique que Ouattara ne peut gouverner tant qu’il réside sur le territoire national, explique Me Gbougnon. Cette nouvelle épreuve n’est pas la fin de sa carrière politique. Il nous répète souvent que la prison est un chemin pour aller à la présidence. »
Vêtu d’un pantalon de couleur kaki et d’une chemise blanche, l’ex-président quitte alors le tribunal vers 18 heures au milieu d’un cortège de voitures aux vitres teintées escortées par les militaires ivoiriens et les Casques bleus. Direction : l’aéroport de Korhogo, où l’attend un Grumman de l’État de Côte d’Ivoire. Le site est entièrement quadrillé et impossible d’accès.  À 18 h 21, l’avion décolle pour un vol à destination d’Abid­jan. Durant une brève escale, le temps de faire le plein de carburant, certains prétendent avoir vu Gbagbo menotté au salon d’honneur de l’aéroport. Une version démentie par les autorités ivoiriennes, qui assurent l’avoir traité « avec dignité ». Accompagné des greffiers et du personnel de sécurité de la CPI, et des représentants de l’État ivoirien, il remonte à bord du même Grumman. Sa prochaine destination : La Haye, aux Pays-Bas.

Mercredi 30 novembre
Premières formalités
Arrivé un peu après 4 heures du matin à l’aéroport de Rotterdam, Gbagbo est ensuite conduit à bord d’un van gris métallisé, escorté par une voiture de la police néerlandaise, au centre de détention de Scheveningen, dans la banlieue de La Haye. Le nouveau pensionnaire y prend ses quartiers. Dans la matinée, il subit un examen médical, se voit signifier le règlement intérieur et se prête aux formalités administratives. Son avocat français, Me Emmanuel Altit, saute alors dans le premier avion pour Rotterdam. Lui aussi passe sa journée à la CPI afin de régler les détails liés à la procédure judiciaire et aux visites. « La comparution initiale de Laurent Gbagbo est programmée pour le lundi 5 décembre à 14 heures », annonce la CPI dans un communiqué.


Ce qui attend gbagbo
Laurent Gbagbo a rendez-vous, le 5 décembre à 14 heures, avec la présidente de la 3e chambre préliminaire de la Cour pénale internationale (CPI), Silvia Fernández de Gurmendi, et ses deux assesseurs pour l’audience publique de comparution initiale. Les juges vérifieront son identité, lui signifieront ses droits et s’assureront qu’il a été informé des crimes dont il est soupçonné. Ce préambule sera suivi d’une audience de confirmation des charges dans quelques semaines, voire quelques mois. D’ici là, le procureur Luis Moreno-Ocampo et son équipe réuniront les preuves de l’accusation. Les avocats de l’État ivoirien, les Français Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoit, se rendront à la CPI, le 8 décembre, pour étudier les modalités de leur collaboration. De son côté, Gbagbo préparera sa défense avec ses avocats, dont il devra rapidement communiquer la liste. Il pourra alors s’entretenir librement et confidentiellement avec ses défenseurs. À l’issue de l’audience de confirmation des charges, les juges auront soixante jours pour rendre leur décision : abandonner ou poursuivre. S’ils poursuivent, le procès ne devrait pas avoir lieu avant plusieurs mois.

Source: jeuneafrique.com

mercredi 14 mars 2012

Le Président Ouattara ministre de la défense dans un gouvernement des 40

Un nouveau gouvernement ivoirien de 40 membres a été formé, hier mardi. La quasi-totalité des ministres sortants est reconduite, 6 nouveaux postes sont créés dont 5 détachés à la présidence pour diverses fonctions, le chef de l’État Alassane Ouattara occupe la défense, son jeune frère Téné Ibrahima Ouattara est nommé ministre chargé des affaires présidentielles. L’entrée de monsieur Téné Ouattara dans le gouvernement est une primeur dans l’histoire de la Côte-d’Ivoire.
Ce gouvernement, qui ne comporte pas de cadre de l’opposition, se présente comme suit:

1- Premier Ministre, Garde des sceaux, ministre de la justice : Ministre de la Justice : Me Jeannot Kouadio AHOUSSOU
2- Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur : Hamed BAKAYOKO
3- Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères : Daniel Kablan DUNCAN
4- Ministre d’Etat, Ministre de l`Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité : Gilbert Kafana KONE
5- Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement : Albert Toikeusse MABRI
6- Ministre d’Etat, Ministre de L’Industrie : Moussa DOSSO
7- Ministre de l’Economie et des Finances : Charles Koffi DIBY
8- Ministre des Infrastructures Economiques : Patrick ACHI
9- Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie : Adama TOUNGARA
10- Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA : Prof. Thérèse Aya N`DRI-YOMAN
11- Ministre de l’Education Nationale : Kandia Kamissoko CAMARA
12- Ministre de la Fonction Publique et de la Reforme administrative : Konan GNAMIEN
13- Ministre de l`Artisanat et de la Promotion des PME : Sidiki KONATE
14- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : CISSE Ibrahima
15- Ministre des Ressources Animale et Halieutiques : Kobena Kouassi ADJOUMANI
16- Ministre de l’Agriculture : Mamadou Sangafowa COULIBALY
17- Ministre du Commerce : Dagobert BANZIO
18- Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : Albert FLINDE
19- Ministre chargé des Droits de l`Homme et des Libertés publiques : Gnénéma COULIBALY
20- Ministre de la Culture et de la Francophonie : Maurice Kouakou BANDAMA
21- Ministre de la Famille, de la Femme et de l`Enfant, porte parole-Adjoint du Gouvernement : Mme Raymonde Goudou COFFIE
22- Ministre de la Communication : Souleymane Coty DIAKITE
23- Ministre de l’Environnement et du Développement durable : Remi Kouadio ALLAH
24- Ministre du Tourisme : Charles Aké ATCHIMON
25- Ministre de la Construction, de l`Assainissement et de l`Urbanisme : Mamadou SANOGO
26- Ministre des Sports et Loisirs : Philippe LEGRE
27- Ministre de la Poste et des Technologies de l`Information et de la Communications, Porte-parole du gouvernement : Bruno Nabagné KONE
28- Ministre des Transports : Gaoussou TOURE
29- Ministre des Eaux et Fôrets : Clément Bouéka NABO
30- Ministre chargé de l`Intégration africaine : Adama BICTOGO
31- Ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique : Alain Michel LOBOGNON
32- Ministre de la Promotion du Logement : Mme Nialé KABA
33- Ministre chargé des ex-Combattants et des Victimes de guerre : Mathieu Babaud DARRET
34- Ministre de la Salubrité urbaine : Anne Désirée OULOTO
35- Ministre délégué auprès du Premier ministre, Garde des sceaux, ministre de la justice, chargé de la Justice: Matto Loma Cissé
Au, titre de la présidence de la République, l’on note les nominations suivantes :
1- Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République : Amadou Gon Coulibaly
2- Ministre, Directeur de cabinet du Président de la République : marcel Amon Tanoh
3- Ministre chargé des affaires présidentielles : Téné Ibrahima Ouattara
4- Ministre auprès du Président de la République chargé de la défense : Paul Koffi Koffi
5- Ministre auprès du Président de la République chargé des relations avec les Institutions de la République: Albert Agré

vendredi 9 mars 2012

Crise Ivoirienne: Charles Onana, et ces Franco-Camerounais ont-ils un Problème avec la France

Commençons d’abord par la Conférence sur le livre de Charles Onana : Folle journée, ce jour la, à Yaoundé (  Article de L’INTER – Vendredi 24 Février 2012 -)
 
- Selon ce quotidien ivoirien L’Inter “les conférences publiques organisées par des pro-Gbagbo au Cameroun à Yaoundé, a été annulée par les autorités camerounaises. Pour cause Les dirigeants de ce pays d`Afrique centrale ont subi de fortes pressions extérieures venant des autorités françaises et ivoiriennes,  pour faire annuler cette activité des partisans de l`ex-président ivoirien, Laurent Gbagbo.   Les principaux invités et intervenants, dont l`avocate Lucie Bourthoumieux, conseil juridique de Laurent Gbagbo, Charles Onana, l`auteur du livre qui devait être au centre des échanges, tous deux des Franco-camerounais, ont même été interpellés par la police nationale. Ils auraient été relâchés et sommés de quitter au plus tôt le Cameroun”.
ANASSE ANASSE
- On se demande ici en Côte d’Ivoire pour quoi la Crise Ivoirienne s’analyse malheureusement a l’extérieur par  un schéma de réflexion  tout tracer  qui ne correspond pas du tous avec ce qui se passe sur place en Côte d’Ivoire.  La plus par de ces analyses se font par ces  Franco-Camerounais ou camerounais, ou encore de soit  disant intellectuel Africains qui sont en grand majoritaire originaire du Cameroun.
- On a même vue certains en pleine crise poste électorale à la télévision national RTI venir soutenir l’ex- présidant Laurent Gbagbo touts simplement a cause d’un sentiment antifrançais pour certains et pour d’autres  des intérêts personnel.

France-Cameroun, la guerre cachée
- Nous avons trouvé des éléments de réponses sur Voxafrica une télévision panafricaine indépendant qui est plutôt vue ici en Côte d’Ivoire et même en Afrique de l’ouest  comme une télévision Camerounaise. Tous simplement en regardant ce documentaire sur Voxafrca dans l’émission African chronicles  France-Cameroun, la guerre cachée. Un documentaire antifrançais qui provoque évidement un sentiment très négative dans la mémoire des Camerounais en vers le pays colonisateur  qui est la France et même les soutiens de ce pays colonisateur en Afrique comme la Côte d’Ivoire avec le régime Ouattara.
- Pour mieux comprendre cette position Camerounais/franco-camerounais dans la crise poste électorale ivoirienne.  Il faut dire que ces Camerounais ne pouvais pas soutenir Ouattara  parce qu’il a gagné dans les urnes,  mais plutôt parce qu’il a le malheur d’avoir  le soutien du pays colonisateur la France à la tête Sarkozy, ce qui n’est pas bien vue ou perçue quand on est Camerounais et anticolonialiste. France-Cameroun,  la guerre cachée surVoxafrica
- On vous laisse voire les commentaires des Camerounais sur le site de Voxafrica (lien ci-dessou)  après avoir regarder ce documentaire qui donne au camerounais ou d’autre Africains un sentiment d’antifrançais.
patson7 : je suis choqué je deteste la france plus que jamais …asservir les peuples elle ne sais que faire cela .meme devant dieu de gaulle et sa clique rendrons compte   pour tous ces morts et ceux d’aujourd’hui qui meurent a cause du sous-developpement .
Faustin: c’est aujourd´hui que tu es au courent ?  le monstre Messmer vit encore  en france et il est tres fier quand il raconte comment il a decimé les  villages entiers a l ouet-cameroun. ce qui est marrent c est que ce  vieux n est meme pas inquieter.je te rappelle que mon Village est depuis l epoque devenu la Foret. lorsqu on veut rendre homage aux ancetres on est obliger d aller deposer la gerbe de fleur et faire des sacrifices  sous des Arbres et les parents nous raconte je cite “ici etait notre cuisine la etait notre maison a coucher etc..” ces Francais! il y a longtemps que je les ai oubliés.
http://www.voxafrica.com/vod/videos/?v=0_759f17ps&PHPSESSID=4a3d39a2f0230eb19e8b4f0c6eab5671
- Voxafrica, Émission  Sans Rancune Pour son livre «Côte d’Ivoire: Le coup d’Etat»: Le journaliste Charles Onana. Concernant le livre de ce monsieur,  on ne l’a pas encore lue mais on a déjà des échos de ce livre qui a pris position pour l’ex-président Laurent Gbagbo. Comme quoi on connais déjà la  feuille de ce route (L’anticolonialiste). C’est malheureusement un livre qui parle de la Côte d’Ivoire, qui a été écrit l’extérieur du pays et part un étranger (Charles Onana,Franco-Camerounais). Et c’est évidement un schéma de réflexion  tout tracer qui ne correspond pas du tous avec le conteste de ce qui se passe sur place en Côte d’Ivoire.  C’est en quelque sorte la vérité de Charles Onana partager par les pro-Gbagbo.  Comme on le dit Il y a toujours deux ou plusieurs versions d’une même Histoire.
- On se demande alors pour quoi ces  Franco-Camerounais ou intellectuel Camerounais utilisent ou passe par la Côte d’Ivoire notamment la crise ivoirienne pour mener un combat anticolonialiste contre  la France quand on sait que la Côte d’Ivoire n’est pour rien dans le passé coloniale du Cameroun.

samedi 18 février 2012

Alassane Ouattara à la présidence de la CEDEAO – Le dossier de l’Intelligent d’Abidjan


Après son élection à la présidence de la CEDEAO : ‘’C’est un grand honneur que vous faites à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens’’
Le chef de l’Etat ivoirien, SEM, Alassane Ouattara, après son élection à la présidence de la CEDEAO, s’est adressé à ses collègues chefs d’Etat. Il a pris l’engagement de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, à savoir l’intégration économique et politique régionale. Ci-dessous l’intégralité de la son discours. (Nous vous épargnons de salutation)
«C’est un grand honneur que vous faites à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens, en me portant à la présidence de la CEDEAO, notre organisation commune, qui, grâce à nos devanciers et à vos efforts inlassables, a acquis son prestige et ses lettres de noblesse.
Je voudrais donc, au nom du peuple ivoirien et en mon nom propre, vous exprimer mes sincères remerciements et toute ma gratitude, pour cette marque de confiance et de considération.
A travers cette élection, vous venez de manifester une fois de plus le soutien et les encouragements des pays membres de notre organisation à la Côte d’Ivoire, dans ses efforts de réconciliation et de reconstruction. Au moment où j’accède à la Présidence de la CEDEAO, je prends l’engagement devant vous, de poursuivre l’œuvre d’intégration économique et politique de notre espace régional, en continuant à le doter des outils indispensables à l’aboutissement de nos ambitions.
Pour y parvenir, je sais pouvoir compter sur vos conseils avisés et sur votre disponibilité bien connue.
Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort pour mériter votre confiance et pour approfondir les sillons qui ont déjà été tracés.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais à présent féliciter tous les Chefs d’Etat qui m’ont précédé à la tête de la CEDEAO et qui, par leurs actions, ont permis d’obtenir d’importantes avancées dans la construction de notre communauté économique, politique et sociale. A cet égard, je voudrais saluer tout particulièrement la mémoire du Président Umaru Yar’Adua.
Je salue également Son Excellence Monsieur Goodluck Ebele Jonathan, Président de la République Fédérale du Nigéria.
Monsieur le Président, cher frère, cher ami, permettez moi de vous adresser mes vives félicitations pour le travail important et de qualité que vous avez accompli à la tête de la CEDEAO, dans un contexte régional et mondial particulièrement difficile.
En effet, notre région est depuis quelques années confrontée à de nombreuses difficultés, en raison du climat d’instabilité politique et de guerre qu’ont connus plusieurs de nos Etats et de l’impact négatif de la crise économique mondiale. Mais, grâce à votre leadership et à vos efforts inlassables, vous avez su contribuer efficacement au retour de la paix dans bon nombre de ces pays, dont la Côte d’Ivoire.
Ouattara reconnaissant à la CEDEAO
Je voudrais profiter de cette occasion pour renouveler la reconnaissance de la Côte d’Ivoire pour le rôle crucial joué par la CEDEAO pour faire triompher la démocratie et pour l’engagement personnel de chacun des chefs d’Etats dans le dénouement de la crise ivoirienne. Je voudrais associer à ces remerciements, tous les autres acteurs de notre organisation commune, notamment les membres du conseil des ministres, les chefs des institutions, les commissaires et l’ensemble des fonctionnaires et agents, qui de façon périodique ou quotidienne, œuvrent à la réalisation de nos objectifs.
Des millions d’africains fondent leurs espoirs sur une contribution positive et décisive de notre part, pour faire de notre région un ensemble uni, en paix, et porteur de valeurs démocratiques. Ce sont ces valeurs qui font la prospérité des grandes nations.
De nombreux efforts ont certes été accomplis, mais il reste encore plusieurs défis à relever, pour parfaire notre union et la mettre au service de nos populations.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
J’entame le mandat que vous venez de me confier dans un monde en pleine mutation géopolitique et en pleine turbulence économique et financière. La crise économique mondiale continue de produire des effets néfastes sur nos économies fragiles.
Il convient donc, que les dirigeants que nous sommes prennent des décisions courageuses qui permettront à notre communauté de devenir un pôle de stabilité et d’émergence économique. Avec une population de 300 millions de personnes essentiellement jeunes, notre région dispose d’une force de création et de travail indiscutable. Notre économie dispose d’un potentiel de développement et de croissance considérable, y compris dans ses secteurs traditionnels, l’agriculture, les mines et le pétrole. Elle dispose surtout d’un potentiel énergétique capable de soutenir le défi de l’industrialisation et des modes de consommations modernes. En dépit de son potentiel faiblement valorisé, la région génère malgré tout un PIB qui s’élève à 565 milliards de dollars US, ce qui en fait la 25ème puissance économique du monde, avec des perspectives de croissance bien meilleures qu’ailleurs.
Les priorités de Alassane Ouattara
Je voudrais, à ce stade de mon propos, partager avec vous quelques axes de réflexion pour relever les grands défis auxquels notre région est confrontée. Au plan politique, notre ambition sera de renforcer les institutions, la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance afin de garantir la paix durable et le développement dans notre zone. A cet égard, la mise en place d’une structure régionale de contrôle et de certification des processus électoraux pourra aider à la promotion de la démocratie dans notre région.
Sécurité
Au plan sécuritaire, notre sous-région fait face à de nouvelles menaces, qui entraînent la résurgence de conflits anciens, fragilise des pans entiers de nos sociétés et menacent nos capacités de défense. C’est le lieu d’appeler à la définition d’une politique de défense commune, à la mutualisation de nos moyens, afin de juguler la poussée du terrorisme, de reprendre le contrôle de nos côtes livrées à la piraterie maritime et de contenir les flux d’armes qui aggravent la criminalité et le grand banditisme. Mais le défi sécuritaire, comme partout, appelle également au renforcement des partenariats stratégiques en matière militaire, afin de moderniser L’ECOMOG, notre instrument de défense. Il est donc essentiel, que la concertation entre les différents Etats membres de la CEDEAO se renforce davantage, en vue de parvenir à des positions communes sur les grandes questions d’actualités. Ces positions communes devront être appliquées rigoureusement par chacun des membres de notre communauté.
Enfin, l’indispensable solidarité entre nos Etats est primordiale pour parler d’une même voix, mais aussi pour atteindre plus rapidement nos objectifs au plan régional, continental et mondial. La position commune arrêtée par la conférence des Chefs d’Etat doit être sacrée.
Intégration économique et sociale
Au plan économique, notre ambition est d’accélérer l’intégration économique grâce à la réalisation ou à la réhabilitation des grandes infrastructures et la mise en œuvre de l’ensemble de nos instruments et règles communautaires. Ce travail doit nous préparer à une plus grande ouverture vers les grands ensembles de tous les continents, y compris les Communautés Economiques Régionales (CER) et les partenaires au développement.
Des efforts devront donc être déployés pour achever la construction du marché commun régional, notamment à travers l’harmonisation des politiques économiques et financières, la réalisation de l’union douanière, et la mise en place d’une monnaie commune.
Le secteur privé international et régional devra également jouer un rôle de plus en plus important dans la réalisation de ces objectifs.
La vision 2020 de la CEDEAO, adoptée en 2007 par la Conférence, pour passer de la CEDEAO des Etats à la CEDEAO des peuples, doit devenir une réalité palpable. Les administrations publiques, les organisations professionnelles et la société civile doivent prendre une part active à la réflexion et à la mise en œuvre des programmes de coopération régionale.
Au plan social, notre union ne sera accomplie que si elle améliore au quotidien les conditions de vie de nos populations, de manière perceptible et si elle crée une identité collective au dessus de nos appartenances nationales. Pour ce faire, nous devons garantir aux populations la libre circulation, le droit d’établissement et de résidence.
De grands chantiers pour l’Afrique de l’Ouest
La mise en œuvre de tous ces chantiers nécessite des réformes importantes pour aider au renforcement de la performance de nos institutions et amener ainsi nos Etats membres à mettre en œuvre les dispositions communautaires et en tirer le meilleur profit.
Les responsables des institutions devront développer la culture de l’excellence.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, pour terminer, vous dire que j’ai foi en la CEDEAO, en son avenir, et à sa place en Afrique et dans le monde.
J’ai foi en sa capacité à faire entendre sa voix, sur les grandes questions de la planète, à concevoir et à construire une Afrique moderne. C’est conscient de ces atouts que je suis certain du rôle diplomatique et politique que saura jouer notre organisation commune, pour faire entrer l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies, en qualité de membre permanent. Je suis convaincu qu’ensemble, unis et solidaires, nous pourrons relever tous ces défis et réaliser nos ambitions communes ».
Je vous remercie.
Echos du Sommet
Le n°1 ivoirien à Cotonou aujourd’hui
Le président Alassane Ouattara a quitté Abuja hier pour Cotonou au Benin pour prendre où il doit prendre part ce samedi au mini-sommet de l’Union Africaine, qui se tiendra en présence de vingt (20) chefs d’Etat.
Ouattara prend le dossier sénégalais en main
A peine élu hier à la tête de la CEDEAO, Alassane Ouattara, en accord avec ses pairs, a décidé de l’envoi mission conjointe de haut niveau de l’UA et CEDEAO, conduite par SEM Olusegun Obasanjo, ancien président de la République fédérale du Nigeria pour discuter avec tous les acteurs politiques en vue de promouvoir le dialogue et garantir des élections libres, transparentes et paisibles.
La CEDEAO, une population de 300 millions d’habitants
Avec une population estimée à 300 millions d’habitants, la Cedeao dispose donc d’une force de création et de travail indiscutable pour réaliser tous ses projets.
Ouattara a parlé hier devant 2000 participants
Le nouveau président de la CEDEAO a lu son discours hier vendredi devant 2000 participants. C’était à l’hôtel Hilton d’Abuja.
Abuja / 37 ans après sa création Alassane Ouattara, 1er ivoirien à la tête de la CEDEAO

La 40ème session ordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est achevée le vendredi 17 février 2012 à Abuja, au Nigeria. Fait majeur de cette réunion, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a été élu par ses pairs à la tête de l’organisation sous-régionale.
«Nous avons élu à l’unanimité le président de Côte d’Ivoire comme président de l’organisation », a déclaré le président du Nigeria Goodluck Jonathan au terme du sommet. Aux yeux des observateurs et dans le milieu diplomatique, l’élection du président Alassane Ouattara à la tête de la CEDEAO pour un an renouvelable, marque le retour de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale. Ce choix, selon eux, est un moyen d’encourager le processus de réconciliation en cours. Mais, au-delà de tout, Alassane Ouattara est le premier chef d’Etat ivoirien à être élu président de la CEDEAO, 37 ans après la création de l’organisation sous-régionale, le 28 mai 1975. Grand artisan et inspirateur de la CEDEAO, Houphouët-Boigny avait préféré le rôle de parrain et de mentor. Le Burkinabé Kadré Désiré Ouédraogo a été désigné président de la Commission de la CEDEAO, en remplacement du Ghanéen James Victor Gbého. Ancien Premier ministre du Burkina (1996-2000) l’actuel ambassadeur du Burkina Faso à Bruxelles retrouve une institution qu’il connaît bien pour y avoir déjà travaillé entre 1985 et 1993 secrétaire exécutif adjoint chargé des affaires économiques.
TAB, envoyé spécial à Abuja
Encadré
Les présidents de la CEDEAO depuis sa création, en 1975
Gnassingbé Eyadema (Togo), 1977-1978
Olusegun Obasanjo (Nigeria) 1978 – 1979
Léopold Sédar Senghor (Senegal) 1979 – 1980
Gnassingbé Eyadéma (Togo) 1980 – 1981
Siaka Stevens (Sierra Leone) 1981 – 1982
Mathieu Kérékou (Bénin) 1982 – 1983
Ahmed Sékou Touré (Guinée) 1983 – 1984
Lansana Conté (Guinée) 1984 – 1985
Muhammadu Buhari (Nigeria) 1985 – 27 août 1985
Ibrahim Babangida (Nigeria) 27 août 1985 – 1989
Dawda Jawara (Gambie) 1989 – 1990
Blaise Compaoré (Burkina Faso) 1990 – 1991
Dawda Jawara (Gambie) 1991 – 1992
Abdou Diouf (Sénégal) 1992 – 1993
Nicéphore Soglo (Bénin) 1993 – 1994
Jerry Rawlings (Ghana) 1994 – 27 juillet 1996
Sani Abacha (Nigeria) 27 juillet 1996 – 8 juin 1998
Abdulsalami Abubakar (Nigeria) 9 juin 1998 – 1999
Gnassingbé Eyadéma (Togo) 1999
Alpha Oumar Konaré (Mali) 1999 – 21 décembre 2001
Abdoulaye Wade (Sénégal) 21 décembre 2001 – 31 janvier 2003
John Agyekum Kufuor (Ghana) 31 janvier 2003 – 19 janvier 2005
Mamadou Tandja (Niger) 19 janvier 2005 – 19 janvier 2007
Blaise Compaoré (Burkina Faso) 19 janvier 2007 – 19 décembre 2008
Umaru Yar’Adua (Nigeria) 19 décembre 2008- 18 février 2010
Goodluck Jonathan (Nigeria) 18 février 2010- 17 février 2011
Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), depuis le 17 février
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Réédition / Une consécration annoncée en exclusivité depuis le lundi 24 octobre 2011 par «L’Intelligent d’Abidjan»
Alassane Ouattara va gouverner 250 millions d’Africains
Dans un mois environ, Alassane Ouattara sera désigné par ses pairs chefs d’Etat de la sous-région, président en exercice de la Cedeao pour un mandat de deux ans. Durant la longue crise traversée par la Côte d’Ivoire, à partir de 2002, et même depuis le coup d’Etat, la Côte d’Ivoire n’avait plus joué les premiers rôles à la tête de cette organisation portée sur les fonts baptismaux et sous les bons auspices de Félix Houphouët-Boigny, grand artisan de l’intégration sous-régionale et africaine. Houphouët-Boigny ne voulait pas que son pays soit une oasis de richesse, dans un désert de pauvreté. Aussi a-t-il privilégié la coopération avec les pays de la sous-région, tout en favorisant l’intégration sociale, culturelle et dans le monde des affaires, des Africains venus d’ailleurs. Cela a fait de la Côte d’Ivoire, un pays à fort taux d’immigration. Une situation qui a produit de nombreux avantages au niveau économique, culturel, sportif et démographique. Toutefois, la mauvaise gestion et la mauvaise appréciation des enjeux et impacts politiques de l’intégration avaient conduit une partie de la classe politique à instrumentaliser la question ; donnant de l’image des Ivoiriens, une perception de xénophobie. La désignation prochaine du président Alassane Ouattara à la tête de la Cedeao, après le Nigérian Goodluck Jonathan qui lui passera le flambeau, sera la fin d’un cycle et le départ d’une nouvelle vision. La dimension sous-régionale et la vocation au leadership du pays seront davantage renforcées. La présidence Ouattara à la tête de la Cedeao, permettra au chef de l’Etat ivoirien de parler au monde et à l’Afrique, au nom de 15 pays, et de 250 millions d’habitants. La voix de la Côte d’Ivoire et celle du président Ouattara vont davantage porter dans le concert des Nations. La présidence Ouattara permettra de relancer les affaires, le tourisme, en faisant d’Abidjan et de Yamoussoukro, les capitales de l’Afrique de l’Ouest durant au moins deux ans. Ce seront quinze chefs d’Etat qui viendront à Abidjan, chaque fois que le sommet de la Cedeao aura lieu. Les réunions ministérielles seront plus nombreuses. Sous les auspices du chef de l’Etat et du Premier ministre Guillaume Soro, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan et le ministre de l’Intégration africaine, Adama Bictogo ont travaillé discrètement. Ils ont mis en œuvre le processus devant conduire au sacre et à la consécration d’Alassane Ouattara par ses pairs, lors du prochain sommet de la Cedeao à Abuja. Tout au long de la crise ivoirienne, malgré les dernières critiques vives du camp Gbagbo, la Cedeao a joué un rôle central et déterminant. C’est sous ses auspices, dès le début de la crise en 2002, que le premier cessez-le-feu avait été signé à Bouaké. La Cedeao, via le ministre sénégalais des Affaires étrangères d’alors, Cheick Tidiane Gadio, avait été la première instance et organisation étrangère à entrer à Bouaké pour nouer le dialogue avec les ex-rebelles, au moment où Laurent Gbagbo exigeait encore avec force le dépôt des armes avant l’ouverture des négociations. La Cedeao avait réussi à faire accepter sa flexibilité sur la question à Laurent Gbagbo, qui prendra part aux échanges de Lomé parrainés par la Cedeao et l’Union africaine. Après Abdoulaye Wade, les présidents Obasanjo, John Kufuor, Blaise Compaoré et Goodluck Jonathan prendront les rênes de l’organisation pour appuyer le processus de réconciliation et de sortie de crise en Côte d’Ivoire. L’honneur qui sera fait à Alassane Ouattara sera également l’occasion pour la Côte d’Ivoire de rendre encore hommage à la Cedeao et à tous ces chefs d’Etat et populations ouest-africaines, pour leur solidarité aux côtés des Ivoiriens. Au-delà de l’affectif, la présidence Ouattara devra être l’occasion de donner au niveau stratégique et économique , un coup de fouet, et une dynamique jamais atteinte depuis les premières années, à l’intégration des économies et des politiques. L’Uemoa, pour sa part, a déjà de nombreux acquis. Il s’agit, entre autres, de donner réalité à la question de la monnaie unique ouest-africaine. Là où les pourfendeurs de la Françafrique refusent de mettre à jour leur logiciel, en demandant la disparation du franc Cfa, faisant le jeu de l’émiettement de nos économies qui ne pèsent déjà rien sur le marché mondial d’une part, et d’autre part encourageant à créer plusieurs autres monnaies nationales, qui seront autant de source de gabegie et de mal gouvernance. La monnaie unique ouest-africaine permettra de rendre plus forte et plus viable économiquement la sous-région, avec ses deux locomotives que sont le Nigeria et la Côte d’Ivoire. A deux, et avec le soutien des autres pays de la zone, la Cedeao sera assurément la première zone économique du continent. Mais au-delà de la Cedeao, quid alors des ambitions d’Alassane Ouattara au niveau africain, notamment l’organisation d’un sommet de l’Union africaine en Côte d’Ivoire ? Selon nos sources, deux problèmes se posent. D’abord la volonté de ne pas engager des dépenses supplémentaires au niveau des infrastructures pour accueillir un sommet de l’UA. A Malabo et dans d’autres pays, de nouvelles infrastructures d’envergure ont été construites à l’occasion de ces sommets de l’UA. Le président Ouattara est disposé immédiatement à présenter la Côte d’Ivoire si cela ne donne pas droit à des dépenses coûteuses et exorbitantes, pour l’Etat. L’option du chef de l’Etat est de privilégier les investissements au niveau de la santé, de l’éducation, des routes et autres chapitres favorisant le bien-être des populations. Cela peut donc mettre en suspens l’organisation d’un sommet de l’UA en Côte d’Ivoire, au cours du mandat en cours du chef de l’Etat. L’autre problème est la réserve d’Alassane Ouattara à l’égard de l’UA, qu’il n’est pas loin de considérer comme un machin, une machine lourde et inefficace. Les hésitations de l’Union africaine dans la crise ivoirienne, son manque de leadership dans le règlement des questions africaines, notamment la Libye, le soupçon de vouloir protéger les dictateurs et les présidents mal élus ( Kenya, Zimbabwe, le président saoudien et le récent cas libyen ) font qu’Alassane Ouattara reste un peu réservé à l’égard de l’Union africaine, se gardant d’encourager les tentatives l’incitant à jouer un plus grand leadership africain. A cela, il faut ajouter la propension naturelle à la jalousie et à la rivalité, qui existent au sein du syndicat africain des chefs d’Etat, chacun voulant se mettre en valeur et promouvoir son pays, là où il s’agit de la promotion de l’unité africaine, une préoccupation absente des rencontres. Tout cela incline le chef de l’Exécutif ivoirien à limiter provisoirement son leadership personnel et celui de la Côte d’Ivoire à la Cedeao. Sauf extraordinaire, l’Afrique et l’Union africaine attendront. Rendez-vous donc dans un mois environ à Abuja, au cours du prochain sommet, qui permettra également de connaître le nom du successeur du Ghanéen James Gbeho, qui n’a pas laissé de bons souvenirs à Laurent Gbagbo, tant il a su porter clairement les positions de l’organisation sous-régionale lors de la crise ivoirienne.
Ndlr : Pour des questions de calendrier, notamment la situation au Nigéria à l’époque, les législatives en Côte d’Ivoire, le voyage à Paris avant le report, le sommet de la CEDEAO, initialement prévu en Décembre a été reporté à la mi-février.
Charles Kouassi
………..
L’ONU félicite le Président Ouattara pour son élection à la présidence de la Cedeao
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Said Djinnit, a félicité le Président de la Côte d’Ivoire, M. Alassane Ouattara, pour son élection à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). M. Djinnit a assuré le nouveau Président de la CEDEAO de l’appui continu des Nations Unies et a rendu hommage au travail accompli par l’équipe sortante. Il a aussi émis le vœu que la coopération et le partenariat entre les Nations Unies et la CEDEAO continueront de s’intensifier dans les mois et les années à venir.
Département de l’information ONU

 Source: l’Intelligent d’Abidjan