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lundi 12 mars 2012

Guillaume Soro, nouveau président de l`Assemblée nationale

Yamoussoukro (Côte d`Ivoire) - L`ex-Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a été élu lundi à Yamoussoukro (centre), sans surprise et à l`unanimité, nouveau président de l`Assemblée nationale, une première depuis dix ans en Côte d`Ivoire, a constaté un journaliste de l`AFP.

M. Guillaume Soro, élu de la circonscription de Ferkéssédougou (nord), était le seul candidat en lice. Un remaniement ministériel est prévu dans les prochains jours, après la démission jeudi de M. Soro et de son gouvernement intervenu trois mois après les législatives de fin 2011.

Le camp de l`ancien chef d`Etat Laurent Gbagbo avait boycotté ce scrutin remporté à la majorité par le parti du président Alassane Ouattara.

Selon un communiqué de la Commission électorale indépendante (CEI) proclamant les résultats définitifs, le Rassemblement des républicains (RDR) de M. Ouattara a obtenu 138 des 253 sièges, soit 54,54%.

Le nombre total de sièges à pourvoir était de 253 au lieu des 255 prévus en raison de violences dans deux circonscriptions.

Le Parti démocratique de Côte d`Ivoire (PDCI) de son allié, l`ancien président Henri Konan Bédié, a remporté 86 sièges (34%).

Les candidats indépendants arrivent en troisième position en détenant 17
sièges (6,72%).

L`organisation fin février des législatives partielles après le premier scrutin du 11 décembre 2011, vise à mettre en place une nouvelle Assemblée nationale en Côte d`Ivoire, destinée à clore la crise postélectorale de 2010-2011, qui a fait quelque 3.000 morts.

Le nouveau président de l`Assemblée nationale est le deuxième personnage de l`Etat et dauphin constitutionnel.

ck/eak/ej

lundi 5 décembre 2011

Côte d'Ivoire : Ouattara et Soro, partenaires particuliers

Le Président ivoirien Alassane Ouattara (à g.) et son Premier ministre Guillaume Soro. © Issouf Sanogo/AFP
L’un joue au mentor, l’autre à l’élève appliqué… Rien ne les prédestinait à s’entendre, mais Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien, et son Premier ministre, Guillaume Soro, ont fini par s’habituer l’un à l‘autre. Question d’intérêts bien compris.

Alassane Ouattara et Guillaume Soro. En Côte d’Ivoire, le chef de l’État ivoirien et le Premier ministre n’en finissent plus de se congratuler. Le 10 octobre, le second remerciait chaleureusement le premier pour « son précieux soutien » – c’était lors de l’ouverture d’un séminaire-bilan des cent premiers jours du gouvernement. Le lendemain, le président de la République félicitait son Premier ministre pour « la conduite rigoureuse des travaux ». Auparavant, il avait déjà loué la loyauté et l’implication d’un Guillaume Soro qui, depuis sa nomination, joue les élèves modèles et disciplinés. En public, depuis six mois qu'ils travaillent officiellement ensemble, les deux hommes affichent une cohésion sans faille et tiennent le même langage : travail, reconstruction, réconciliation.

Trop beau pour être vrai ? « Ce n’était pas gagné d’avance, mais ils forment un bon attelage, affirme un ministre qui souhaite garder l’anonymat. Soro apprend vite et il a parfaitement intégré la méthode Ouattara. Comme lui, il se montre disponible, très pragmatique, et va à l’essentiel. »

Au quotidien, la répartition des tâches est bien établie. Le chef de l’État se consacre à l’économie et à la diplomatie, tandis que le chef du gouvernement planche sur les questions de défense et de sécurité. Chaque semaine, le rituel est immuable. Le mercredi, c’est Guillaume Soro qui anime un Conseil de gouvernement. Le lendemain, Ouattara reprend la main et dirige le Conseil des ministres. Sur le terrain, les progrès sont visibles : l’activité économique a repris, l’administration s’est remise au travail, et la sécurité progresse, même si l’on déplore encore de nombreux débordements du côté des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Petites mises au point

Officiellement, donc, pas un nuage dans la relation entre Ouattara et Soro. Mais cela n’exclut pas les affrontements à fleurets mouchetés, et les mises au point se font parfois par l’entremise des journaux acquis à la cause de l’un ou de l’autre (Le Patriote pour le président et Nord-Sud pour le Premier ministre).

Impatient d’imposer le retour de l’État de droit et la fin de l’économie parallèle dans le nord de la Côte d’Ivoire, le chef de l’État s’inquiète du comportement des anciens comzones, qui ont longtemps accompagné Guillaume Soro, et de l’affairisme de certains membres du gouvernement. En fin politique, le Premier ministre sait qu’il doit malgré tout ménager ses anciens compagnons qui répètent à l’envi que ce sont eux qui « ont porté Ouattara au pouvoir ». Il ne souhaite pas non plus que l’on empiète sur ses prérogatives et s’offusque des interférences des hommes de la présidence. Parmi eux, Philippe Serey-Eiffel, conseiller économique d’Alassane Ouattara, et Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général de la présidence, qui se mêlent de toutes les questions liées à l’économie, aux infrastructures et au budget, jusqu’à donner directement des consignes aux ministres. Début août, Soro a vu rouge et sommé lesdits ministres de ne plus obéir au conseiller français. Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre : Serey-Eiffel, nommé en septembre coordinateur du corps de conseillers de la présidence, a été prié de se faire discret.

Des itinéraires divergents

Au départ, rien ne prédestinait les deux hommes à s’entendre. Une génération les sépare : Ouattara, 69 ans, pourrait être le père de Soro, 39 ans. Le premier est malinké et musulman ; le second, sénoufo et catholique. Leurs parcours divergent aussi : le chef de l’État est un brillant économiste, passé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le Fonds monétaire international (FMI) et la primature ivoirienne. La communauté internationale voit en lui une sorte de « président idéal » et ferme les yeux sur la poursuite des exactions.

Titulaire d’une maîtrise d’anglais, Soro est un ancien leader estudiantin arrivé au pouvoir par les armes. Excellent tribun, c’est un redoutable politicien dont les grandes puissances se méfient. Élevé à l’idéologie marxiste, il s’est converti au libéralisme, mais reste très souverainiste. Et quand Ouattara, son « grand frère », n’ose pas trop dire non à ses amis français, Soro, lui, n’a pas de problèmes de conscience – du moins pour le moment.

Entre les deux hommes, qui se tutoient, il y a donc un monde. Leur première rencontre date du milieu des années 1990. À l’époque, Soro dirigeait la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). « Au début, nous n’étions pas vraiment sur la même longueur d’onde, précise le Premier ministre. J’étais plutôt proche de Laurent Gbagbo. » C’est lui d’ailleurs qui, involontairement, le jettera dans les bras de Ouattara en plaçant à la tête de la Fesci, fin 1998, un Bété, Charles Blé Goudé, plutôt que Yayoro Karamoko, dont Soro était proche, et qui est aujourd’hui leader de la jeunesse du Rassemblement des républicains (RDR).

Le jeune Soro s’éloigne de son mentor, qu’il accuse de surfer sur la vague de l’ivoirité. Il s’exile en Grande-Bretagne puis en France, où il poursuit ses études d’anglais et de sciences politiques. Il se rapproche d’Alassane Ouattara, qu’il voit à son domicile parisien. Lors de la campagne pour les législatives de décembre 2000, il s’engage même aux côtés d’Henriette Diabaté, la numéro deux du RDR. Prenant progressivement la tête politique de la rébellion des Forces nouvelles (FN) à partir de septembre 2002, il entretient une relation très régulière avec l’opposant Ouattara.

Les choses se gâtent quand, en mars 2007, Soro accepte de devenir le Premier ministre de Gbagbo. Dans l’entourage de Ouattara, on accuse le nouveau chef du gouvernement de jouer pour lui, voire même de trahir la grande « cause nordiste ». Et de fait, en février 2008, Soro ne répond pas à l’appel d’Alassane Ouattara, qui a ouvert les portes du RDR aux cadres des FN. Pourtant, même s’il a acheté une résidence dans le quartier de la Riviera, à Abidjan, Soro habite toujours au Golf Hôtel, à deux pas du domicile de Ouattara, qu’il continue à voir régulièrement.

« Il s’est définitivement rapproché quand il a compris que Gbagbo ferait tout pour l’éliminer après la présidentielle, explique un proche du chef du gouvernement. Pour lui, c’était une question de survie. Il a alors négocié son avenir, celui de ses représentants politiques et de sa branche armée. Ouattara s’est engagé dès la fin 2008 à intégrer les FN dans l’armée s’il était élu. »

Entre les deux tours de la présidentielle, fin 2010, les deux hommes se rencontrent discrètement et dessinent les scénarios de l’après-Gbagbo dans le cas d’une victoire finale de Ouattara. Ils ont soin d’associer Henri Konan Bédié, que Gbagbo tente lui aussi de courtiser. Ouattara va jusqu’à lui proposer de choisir le nom du futur Premier ministre, Soro pouvant aller à l’Assemblée nationale. Finalement, face à un Gbagbo qui refuse la défaite, Soro est reconduit pour mener la guerre.

L’ombre de Compaoré

Un autre homme a joué un rôle prépondérant dans l’alliance scellée entre Soro et Ouattara : le très secret Blaise Compaoré. Très proche des deux hommes, qu’il tutoie, le président burkinabè connaît le premier depuis une décennie, le second depuis près de trente ans. Que cherche-t-il en Côte d’Ivoire ? Le positionnement de son « enfant », le Burkina. Depuis l’ère coloniale, ses concitoyens migrent nombreux vers le royaume du cacao – il y aurait près de 3 millions de Burkinabè en Côte d’Ivoire (des paysans, pour la plupart, qui envoient régulièrement des fonds dans leur pays d’origine).

Pour Compaoré, Ouattara est l’homme qui peut enclencher la même dynamique de développement qu’Houphouët-Boigny. « Il a beaucoup d’admiration pour Ouattara, bien qu’il le trouve trop occidental dans sa tête, explique un proche du chef de l’État burkinabè. Il a donc mis à son service son expertise politique et lui a donné un grand coup de pouce lors de la dernière crise postélectorale. » C’est lui aussi qui fait entendre raison à Ouattara et arrondit les angles lorsque le feu couve avec le Premier ministre. Ce fut le cas en février 2010, quand Gbagbo décida de dissoudre la Commission électorale indépendante et le gouvernement – dissolution à laquelle Soro ne s’opposa pas suffisamment fermement selon Ouattara. Et c’est encore Compaoré qui conseille à Ouattara de cesser de menacer d’envoyer les comzones devant la Cour pénale internationale (CPI) afin de ne plus gêner les initiatives du chef du gouvernement pour les faire rentrer dans le rang.

Le président burkinabè a aussi aidé Soro à mûrir politiquement et à tenir une place capitale dans le processus de sortie de crise. Il a mis à sa disposition ses meilleurs experts : Djibril Bassolé, son ministre des Affaires étrangères, Mustapha Chafi, l’un de ses conseillers politiques, et Boureima Badini, son représentant en Côte d’Ivoire. Tous trois l’ont chaperonné à ses débuts et continuent aujourd’hui de le conseiller sur les dossiers sensibles. Soro voue une réelle affection à Compaoré, avec qui il échange quotidiennement, par téléphone ou par SMS. « Il m’a toujours soutenu en me conseillant et en m’encourageant, même aux heures les plus difficiles, mais sans jamais me dicter ma conduite », explique Soro. Aujourd’hui, Compaoré tient à ce que son « frère Alassane » travaille avec son « fils Guillaume », garant de ses propres intérêts.

Déjà un successeur ?

Pour le chef de l’État burkinabè, Soro est un pari sur l’avenir. C’est la continuité, l’assurance qu’Abidjan et Ouagadougou vont renforcer leur partenariat économique, politique et militaire. « Et on attend de Ouattara qu’il fasse la passe à Guillaume… », confie un proche du Premier ministre ivoirien.

Pour l’instant, le président ivoirien se veut rassurant. Il promet à Soro la succession au terme d’un deuxième mandat qu’il souhaite bien accomplir. Il parle peu du chef du gouvernement en présence des ambitieux leaders du RDR que sont Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur, mais tient ses promesses. Il a accepté le principe du redécoupage électoral, voulu par Soro, et fait une place à ses compagnons qui se présentent aux législatives sous la bannière RDR, le 11 décembre. « Soro a tout intérêt à attendre son heure en s’arrimant à la locomotive Ouattara, explique un diplomate occidental. Ce dernier, s’il réussit son pari, restera à la postérité comme celui qui a permis à la Côte d’Ivoire de devenir un pays émergent. Quant au Premier ministre, il est en train de se construire un bilan qui lui permettra de se positionner en légitime successeur. »

En attendant, Soro installe ses hommes aux postes clés de l’armée et de l’administration. En tout, plus de 2 000 fonctionnaires et près de 11 000 militaires en cours d’intégration. Politiquement, il a décidé de reporter le lancement de son parti. Mais le créera-t-il ? Candidat à la députation sous la bannière du RDR, il pourrait décider d’en briguer la direction ou de convoiter celle du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), si celui-ci devait un jour se structurer en parti. Tout est possible.

Ouattara a promis de le reconduire à son poste pour une période de six mois à un an après les élections. Il semble avoir obtenu l’assentiment de son partenaire (Bédié) et des grandes puissances (France et États-Unis). Certains pensent même qu’il pourrait modifier la Constitution pour créer et lui confier un poste de vice-président. Une idée très en vogue en Afrique francophone (Sénégal, Gabon) et une fonction taillée sur mesure… Elle permettrait à Ouattara de respecter sa parole envers son allié Bédié en offrant au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) la primature, tout en gardant Soro à ses côtés.
Pascal Airault, envoyé spécial, avec Baudelaire Mieu, à Abidjan.
Source: Jeune Afrique

lundi 12 septembre 2011

Bouaké Conclave des Forces nouvelles : Soro appelle ses alliés du RHDP à la création d’un grand parti politique unifié


Article publié le lundi 12 septembre 2011 par le quotidien ivoirien L'intelligent d'Abidjan


Après quarante-huit heures de travaux en ateliers, les responsables civils et politiques des Forces nouvelles ont rendu publiques les conclusions du conclave tenu depuis le samedi 10 septembre 2011 au Ran hôtel de Bouaké. Le conclave a porté sur trois points essentiels que sont : la restructuration des Forces nouvelles ; participation ou non des Forces nouvelles aux élections législatives de 2011 et la gestion financière des Forces nouvelles.

En ce qui concerne le premier axe de l’atelier (restructuration des Forces nouvelles),le conclave a validé les conclusions de l’atelier portant sur la mise en place d’un comité chargé de restructurer les entités et les organes des Forces nouvelles en tenant compte des mutations politiques récentes survenues en Côte d’Ivoire. Le conclave a toutefois réaffirmé que les Forces nouvelles ne peuvent devenir un parti politique. Le comité de restructuration proposera au secrétaire général un rapport exhaustif. Le conclave dans ce contexte a fortement recommandé au secrétaire général d’œuvrer en parfaite harmonie avec le RHDP à la consolidation de l’alliance politique des partis alliés. Les Forces nouvelles appellent à l’union et au rassemblement du PDCI, du RDR, de l’UDPCI, du MFA, de l’UPCI dans l’optique de la création d’un grand parti politique unifié.

Au titre de la participation des Forces nouvelles aux élections législatives
Le conclave a validé les conclusions de l’atelier 2, portant sur la participation des Forces nouvelles aux prochaines législatives. Dans ce cadre, le conclave donne mandat au secrétaire général pour conclure un accord politique avec ses alliés en vue d’une participation coordonnée, dans le cadre d’un partenariat républicain aux prochaines élections législatives. Le conclave a décidé de la mise en place d’un comité technique au sein des Forces nouvelles, chargé de recevoir, d’examiner et d’arbitrer les différentes candidatures à l’éligibilité. Le conclave recommande à la Commission électorale indépendante de prendre toutes les dispositions en vue de l’organisation des législatives avant la fin de l’année 2011.

Au titre de la gestion financière des Forces nouvelles

Le conclave a validé les conclusions de l’atelier 3 portant sur la gestion financière des Forces nouvelles. Le conclave a prononcé la dissolution de la centrale et de ses démembrements. La gestion financière des zones ex-Cno rélève désormais des structures régaliennes de l’Etat. Le conclave invite le gouvernement à l’élaboration d’un plan spécial de développement de cette partie de la Côte d’Ivoire dont l’accentuation du déséquilibre socio-économique s’est aggravée du fait d’absence d’Etat depuis une décennie. Le conclave invite le gouvernement à faire face aux préoccupations des ex-combattants démobilisés, prenant en compte, une stratégie nationale de coordination des structures existantes.
Bosco de Paré

mardi 21 juin 2011

Décriptage de l'infos: Soro prépare déjà l`après-Primature,Son plan secret et ses hommes


Selon le quotidien ivoirien L'Inter de ce mardi 21 juin 2011 Guillaume Soro n`entend pas se retirer de la scène politique ivoirienne après avoir quitté la Primature. Tout en s`attelant à remplir son contrat de Premier ministre d`Alassane Ouattara, il se ménage une porte de sortie. Sa trouvaille: troquer ses habits d`ancien leader de rébellion contre ceux de chef de parti politique.

- Selon La Lettre du Continent du 17 juin dernier, le secrétaire général des Forces nouvelles ambitionne de donner forme à son projet de création d`un parti politique d`ici aux prochaines législatives, sous la bannière duquel lui et ses lieutenants comptent se présenter à ces élections.

- Le Premier ministre ne serait pas intéressé par l`idée de se fondre dans la coalition des Houphouétistes(Rhdp). Instruit par le parcours de certains chefs de rébellion, passés du maquis à l`arène politique, Guillaume Soro envisage de marcher dans leurs pas. Muer l`aile politique de la rébellion en une véritable formation politique à l`instar de l`Unita (Union nationale pour l`indépendance totale de l`Angola) de l`Angolais Jonas Savimbi, du MLC (Mouvement pour la libération du Congo) du Congolais Jean-Pierre Bemba, du Mouvement de libération du peuple soudanais (Splm) du Soudanais John Garang, du National patriotic front of Liberia (Npfl) du Libérien Charles Taylor.
- Autant d`illustres prédécesseurs, reconvertis en acteurs politiques après la parenthèse de la rébellion, dont l`exemple pourrait inspirer Guillaume Soro. Le natif de Ferkessedougou entend être candidat chez lui aux prochaines législatives; histoire de demeurer sur la scène politique et surtout de se draper d`une immunité contre d`éventuelles intrigues judiciaires après la Primature.

- Comme lui, certains de ses proches se préparent eux aussi à la pêche aux postes de députés. On avance notamment les noms de l`avocate Affoussy Bamba, porte-parole de l`ex-rébellion, Alain Lobognon, ex-conseiller en communication et de l`ex-rébellion, aujourd`hui membre du gouvernement. La première pourrait être candidate dans une commune d`Abidjan quand le second se voit bien député chez lui à Fresco. Outre ces deux-là, d`autres fidèles de Soro comme Sidiki Konaté, ancien porte-parole des Forces nouvelles et actuel ministre dans le gouvernement, et Méité Sindou, actuel porte-parole de la Primature, comptent eux aussi se lancer dans les législatives. Konaté Sidiki, lui, veut se présenter à Man. Pour Guillaume Soro donc, les prochaines législatives revêtent un enjeu capital: elles sont un tremplin pour sa reconversion à la vie politique après près d`une décennie passée à la tête d`une rébellion.
Assane NIADA de L'Inter
Photo: Soro
Légende: Guillaume Soro a sa petite idée sur ce qu`il entend faire après la Primature.
Source: L'INTER , La Lettre du Continent

jeudi 5 mai 2011

Yopougon, dernier bastion pro-Gbagbo à Abidjan, sous contrôle des FRCI (officiel)


Le quartier de Yopougon, dans l`ouest d`Abidjan, dernier bastion des miliciens fidèles au président déchu Laurent Gbagbo, se trouve désormais entièrement sous le contrôle des forces du nouveau chef d`Etat Alassane Ouattara, ont annoncé mercredi soir les autorités ivoiriennes.

C`est le seul secteur qui restait (à conquérir, ndlr) et toute la zone est désormais définitivement occupée par nous, a déclaré sur la télévision ivoirienne TCI le commandant Cherif Ousmane, chargé des opérations au sein des Forces républicaines de Côte d`Ivoire (FRCI).

Yopougon était le dernier quartier qui échappait au contrôle des forces du nouveau pouvoir. Des miliciens fidèles à Laurent Gbagbo en avaient fait leur bastion et se battaient encore dans la matinée dans le secteur de la base navale, dans le sud-est du quartier, au bord de la lagune.

Le Premier ministre et ministre de la Défense, Guillaume Soro, s`est rendu sur les lieux dans l`après-midi.

J`ai vu les rues jonchées de cadavres. Au QG des miliciens, on a vu un cimetière improvisé. J`imagine toutes les exactions qui ont eu cours. Je suis encore sous le choc de tous ces morts, tous ces cadavres, a-t-il déclaré sur la TCI.

Les miliciens exécutaient la population civile, si vous aviez un nom qui n`était pas correct. Je trouve cela inacceptable, a-t-il affirmé.

Des journalistes de l`AFP accompagnant une équipe de la Croix-Rouge ivoirienne ont constaté mercredi que des dizaines de cadavres, criblés de balles ou calcinés et réduits à l`état de squelettes, jonchaient des rues du quartier.

AFP

mercredi 4 mai 2011

Côte d`Ivoire : Soro, l`ex-rebelle qui a aidé à porter Ouattara à la présidence (Portrait)


ABIDJAN - Ancien rebelle devenu Premier ministre de Laurent Gbagbo, Guillaume Soro a remis son costume de chef de guerre pour installer Alassane Ouattara à la présidence ivoirienne, faisant désormais figure d`homme fort du nouveau régime.
Les Ivoiriens ont élu le 28 novembre Alassane Ouattara mais ce sont les
hommes de Guillaume Soro, plusieurs milliers de combattants de l`ex-rébellion
des Forces nouvelles (FN) rebaptisés Forces républicaines (FRCI), qui ont
chassé Laurent Gbagbo du pouvoir, avec l`appui décisif de l`ONU et de la
France.
Leader des FN qui avaient échoué à renverser Laurent Gbagbo en 2002 mais
occupaient depuis lors le nord du pays, devenu Premier ministre de Gbagbo à la
faveur de l`accord de paix de 2007, Soro, 38 ans, a dès le début de la crise
politique choisi Ouattara, qui l`a maintenu à la Primature (poste de Premier
ministre).
Au côté de Gbagbo, il avait abandonné le style enflammé qui était le sien
comme chef des FN. Discours posé, embonpoint certain et barbichette, il jouait
un rôle d`"arbitre" que le camp Gbagbo et l`opposition lui avaient rarement
dénié.
Le président déchu voyait d`ailleurs en lui "le meilleur" de ses chefs de
gouvernement. Mais ces derniers mois, Soro, dont la silhouette s`est nettement
affinée, n`avait pas eu de mots assez durs pour combattre le "dictateur" d`un
"régime fini".
Les voies diplomatiques épuisées, Soro a fini par persuader Ouattara de
lancer l`offensive militaire qui en quelques jours a mené ses troupes aux
portes de la résidence de Gbagbo.
"Le cauchemar est terminé", proclamait-il le 11 avril après l`arrestation
de Laurent Gbagbo par les FRCI.
Né le 8 mai 1972 dans le Nord ivoirien, majoritairement musulman, le
chrétien Guillaume Kigbafori Soro a retrouvé pendant la crise post-électorale
les accents de tribun qui l`ont fait connaître comme leader du puissant
syndicat étudiant, la Fesci, de 1995 à 1998.
Au début de la décennie, il se rapproche de Ouattara, dont il conteste
l`exclusion à la présidentielle de 2000 pour "nationalité douteuse".
En octobre 2002, Soro revient sur le devant de la scène au sein de la
rébellion qui vient de prendre le nord. Il en devient le chef après une lutte
sanglante avec son grand rival Ibrahim Coulibaly, dit "IB".
Nommé Premier ministre de Gbagbo en 2007, il sort indemne la même année
d`une attaque contre son avion à l`aéroport de Bouaké (centre), qui fait au
moins quatre morts.
Trois ans durant, cet homme pressé, marié et père de quatre enfants,
s`emploie malgré les embûches à préparer une présidentielle reportée depuis
2005. En apportant la paix espérée, le premier scrutin libre du genre pouvait
lui servir de passeport pour une candidature cinq ans plus tard, à laquelle
ses proches pensaient très fort.
Si son avenir à moyen terme à la Primature reste incertain, Ouattara ayant
promis le poste au PDCI de l`ex-président Henri Konan Bédié, allié essentiel
du second tour, Guillaume Soro reste dans l`immédiat irremplaçable.
Il a même conforté son statut de nouvel homme fort du pays avec la mort
d`"IB": après avoir contribué à la chute de Gbagbo à la tête de son "commando
invisible", le "général IB", tardant à désarmer, représentait une menace pour
le pouvoir, et a été abattu mercredi par les FRCI.

vendredi 8 avril 2011

Offensive militaire des FRCI: le Communiqué n° 035 du ministère de la Défense

Forces républicaines de Côte d`Ivoire: le Capitaine Alla Kouakou Léon, porte-parole du ministère de la Défense

Les opérations pour libérer les populations ivoiriennes, particulièrement celles de la ville d’Abidjan et sa banlieue par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire, ont permis de resserrer l’étau sur Monsieur Laurent Gbagbo et ses quelques soldats, mercenaires et miliciens qui lui sont encore fidèles.

Les actions menées du mercredi 06 au jeudi 07 avril 2011, ont permis la destruction de la quasi-totalité de l’armement lourd et munitions à leur disposition.

Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, Monsieur guillaume Kigbafori SORO, rassure l’ensemble des Ivoiriens et la Communauté Internationale que la mission se poursuit. Le but visé sera atteint : le départ de Laurent Gbagbo.

Pendant ce temps, des actions de sécurisation des populations civiles sont menées :

 A Adjamé 220 logements, quartier Delafosse, la base des miliciens GPP de l’EPP Delafosse a été démantelée le mercredi 06 avril 2011.

Pour rappel, ce sont ces miliciens du GPP qui ont :

• Mis le feu à EDIPRESS,

• Tué plusieurs personnes à Adjamé dont douze (12) aux 220 logements,

• Brûlé plusieurs personnes,

• Pillé magasins et domiciles,

• Fait des personnes otages au GSPM de l’Indénié, à la Mission Libanaise et à l’Eglise Sacré Cœur d’Adjamé,

• Assassiné l’Imam Cissé à Williamsville,

• Profané des tombes au cimetière de Williamsville.

Bilan de l’intervention : deux (02) véhicules 4X4 remplis d’armes et
munitions de toutes sortes ont été saisis par
les Forces Républicaines.

 A la Riviera 2, Cité Universitaire, les miliciens ont été délogés.

• Deux (02) véhicules saisis,

• Douze (12) fusils AK47 ou kalachnikov et deux (02) roquettes récupérés.

 Dans un entrepôt situé vers Hayat, Boulevard VGE :

• Deux (02) mitrailleuses 12,7 mm,

• Trois (03) fusils type AA52,

• Vingt (20) fusils mitrailleurs,

• Plusieurs caisses de munitions,
saisis.

Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, invite les populations à ramasser les armes abandonnées par les miliciens, mercenaires ou soldats pro-Gbagbo et à les remettre aux différentes patrouilles des Forces Républicaines. Elles n’encourent aucun risque de représailles.

Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, informe les populations qu’à l’occasion des actions de sécurisation, des soldats des Forces Républicaines ont arraché des véhicules à plusieurs personnes. Il condamne fermement ces comportements antirépublicains et rassure que tout sera mis en œuvre pour retirer ces véhicules et les restituer à leurs propriétaires.

Il en est de même pour ceux arrachés par les miliciens, mercenaires et autres bandits de grand chemin.

AU PLAN HUMANITAIRE

 Des dispositions pratiques sont arrêtées, depuis l’intérieur du pays, pour ravitailler les marchés d’Abidjan en vivres.

 La situation humanitaire étant préoccupante, Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, demande à tous de ne pas entraver la liberté de circulation au CICR qui s’occupe déjà :

• Du ramassage des corps,

• Du ravitaillement des hôpitaux en médicaments,

• De la gestion des problèmes d’eau et d’électricité.

Ainsi, pour :

• Le ramassage des corps, le CICR peut être joint au : 07 38 95 29.

• Les urgences médicales, le CICR peut être joint au : 09 39 93 36.

Ces numéros seront recommuniqués par la Télévision Côte d’Ivoire (TCI)

Fait à Abidjan, le 07 avril 2011

P/Le PM, Ministre de la Défense
Le Porte-parole
Capitaine ALLA Kouakou Léon

jeudi 7 avril 2011

Comment les forces pro-Ouattara ont préparé l’offensive contre Gbagbo


Quatre jours ont suffi aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) favorables à Alassane Ouattara pour conquérir la quasi-totalité du pays et assiéger Abidjan. Retour sur les préparatifs d'une offensive éclair.

Il n'aura fallu que quatre jours aux Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) d’Alassane Ouattara pour renverser le rapport de force avec son rival, Laurent Gbagbo. Parties le 28 mars de l’ouest du pays, les FRCI avaient auparavant pris le contrôle des villes de Toulépleu et de Bloléquin pour couper la route aux miliciens libériens recrutés par le camp Gbagbo. Cette stratégie des hommes du président ivoirien reconnu par la communauté internationale leur a permis de s’emparer de la quasi-totalité du pays le 31 mars au soir. Et de venir poser le siège devant la résidence et le palais présidentiels d’Abidjan…

Pour s’assurer du succès de l’entreprise, les FRCI - nouvelle appellation donnée aux forces pro-Ouattara qui coiffe les soldats issus de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) et les éléments pro-Gbagbo "retournés" ou ralliés - ont pris le temps de ne rien laisser au hasard. "L’affaire a été minutieusement préparée. Fini l’improvisation de septembre 2002, lors de la première opération militaire contre Laurent Gbagbo. À l’époque, les rebelles n’avaient même pas de moyen radio pour communiquer entre eux. Juste des téléphones satellitaires. Ainsi, lors du siège du camp de gendarmerie d’Agban, à Abidjan, ils n’avaient pas pu prévenir leurs camarades qu’ils étaient à court de munitions et avaient dû abandonner la partie…", écrit Christophe Boisbouvier dans le dernier numéro de l’hebdomadaire "Jeune Afrique".

Distribution de matériel

Les préparatifs de l’opération ont commencé après l’appel lancé le 16 décembre dernier par le camp Ouattara à marcher sur la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), dans le quartier chic de Cocody, à Abidjan, pour y installer le nouveau directeur général de la chaîne. Réfugiés à l'Hôtel du Golf où ils étaient protégés par les casques bleus de l'Onuci après le refus de Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite à l'élection présidentielle du 28 novembre, Alassane Ouattara et ses proches souhaitaient alors faire tomber ce porte-voix stratégique de la propagande des partisans du président sortant.

Mais en essayant d’ouvrir la voie aux manifestants bloqués par un barrage des Forces de défense et de sécurité (FDS) loyales à Laurent Gbagbo, les FN ont été repoussés à coup de mitrailleuse et de canon de 20 mm
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u même moment, ils avaient également tenté de prendre Tiébissou, une ville stratégique située dans le centre du pays, entre Bouaké, tenue par les rebelles, et Yamoussoukro, la capitale administrative ivoirienne, mais s’étaient là aussi heurtés à une forte résistance des FDS. "Les forces favorables à Alassane Ouattara ont alors été impressionnées par la puissance de feu des pro-Gbagbo. Partant de là, elles ont commencé à se réorganiser, dans un premier temps avec l’espoir que la Cédéao [Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, NDLR] leur donnerait un coup de main", décrypte un observateur attentif du bourbier ivoirien qui préfère garder l'anonymat.

Une réorganisation qui, faute de pouvoir finalement s'appuyer sur le soutien militaire de l'organisation ouest-africaine, passe d’abord par une distribution aux soldats du matériel nécessaire pour monter au front. De nombreuses caisses d’armes et de munitions ont effectivement été déchargées sur le tarmac de l’aéroport de Bouaké, ces dernières semaines. D’autres auraient également transité par la frontière burkinabè, affirment des sources bien informées qui appuient leur dires sur les allers-retours récurrents effectués à Ouagadougou par certains chefs des FRCI. "Il suffit de regarder les photos publiées ces jours-ci dans la presse pour le constater : les armes des pro-Ouattara sont neuves !", relève un journaliste spécialiste de l’Afrique basé à Paris, contacté par FRANCE 24. RPG-7, RPG-9, Famas, munitions… : le matériel acheminé aux hommes d’Alassane Ouattara comprend aussi du matériel de combat nocturne, dont l’utilisation s’est avérée décisive lors de la prise de plusieurs villes de l’ouest du pays, à la fin mars.

Travail de sape

Depuis son QG d’Abidjan, la "République du Golf" raillée par le camp Gbagbo ne néglige pas non plus la formation de ses troupes. Selon une source ivoirienne proche des milieux militaires qui tient à garder l’anonymat pour des raisons de sécurité, les meilleurs éléments des FRCI auraient suivi des stages d’entraînement au Burkina Faso et au Nigeria ces derniers mois, sous la supervision d’instructeurs américains et français. Une information que le ministère français de la Défense, joint par FRANCE 24, refuse de commenter, mais que semble confirmer un "membre des services de renseignements" hexagonaux cité par Le Canard enchaîné de ce 6 avril : "On a fourni des conseils tactiques aux FRCI", affirme celui-ci.

Il est vrai que, depuis l’enlèvement de cinq ressortissants français travaillant pour le compte d’Areva au Niger, en septembre dernier, Paris a déployé un détachement du Commandement des opérations spéciales (COS) à Ouagadougou pour faire la chasse aux combattants d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), au Sahel…

Toujours dans l’ombre enfin, le camp Ouattara entame un travail de sape des forces restées fidèles à Laurent Gbagbo. Fort des contacts qu'il a tissés dans les milieux militaires pendant les trois années qu'il a passées à la Primature aux côtés de Laurent Gbagbo entre 2007 et 2010, Guillaume Soro, l'ex-chef des FN et Premier ministre d’Alassane Ouattara, a multiplié les initiatives pour tenter de retourner plusieurs officiers des FDS. Avec un certain succès apparemment : toujours selon la même source ivoirienne, certains "ralliés" auraient été associés à l’élaboration du plan d’attaque par l’ouest des FRCI. Même si, sur le terrain, l’offensive est restée aux mains des "seigneurs du Nord", ces fameux commandants de zone des ex-FN qui dirigeaient - de fait - les régions conquises par la rébellion depuis 2002.
Source: FRANCE 24 , envoyés spéciaux à Abidjan
Jean-Baptiste MAROT (texte)

jeudi 31 mars 2011

Les forces de Ouattara “encerclent“ Abidjan, Gbagbo doit “partir maintenant“ (Soro)


Le Premier ministre d`Alassane Ouattara a
affirmé jeudi que les forces du président ivoirien reconnu internationalement
"encerclent" Abidjan et appelé Laurent Gbagbo à "partir maintenant", assurant
que plusieurs de ses généraux avaient fait défection, sur la chaîne France 24.
"Je confirme qu`actuellement nos troupes ont encerclé la ville d`Abidjan.
Nous tiendrons cette position jusqu`à ce que les ralliements se fassent et que
la transmission du pouvoir soit effective au président Alassane Dramane
Ouattara, démocratiquement élu", a déclaré Guillaume Soro.
"Il y a déjà plusieurs généraux qui ont rallié. J`ai échangé avec plusieurs
généraux qui sont d`accord. Et dans les heures, les minutes qui suivent ils
feront des déclarations publiques", a-t-il poursuivi.
"Il y a des défections par groupes dans la police, la gendarmerie et dans
l`armée", a-t-il ajouté.
"Il faut que Gbagbo se rende maintenant", a-t-il dit, avant de préciser:
"Nous l`avons repéré et nous le suivons de minute en minute".
"Nous considérons qu`il faut éviter le bain de sang à Abidjan donc nous
donnons la possibilité aux uns et aux autres qui veulent se rallier de le
faire pacifiquement", a ajouté M. Soro, qui est également ministre de la
Défense de M. Ouattara.
"Nous leur donnons quelques heures. Nous avons déjà parlé de ça avec
quelques-uns et ils savent de quoi je parle", a-t-il dit, avant de répéter:
"Il faut que Gabgbo se rende".
Le régime de Laurent Gbagbo n`avait jeudi jamais été aussi menacé, après
l`avancée des forces pro-Ouattara vers Abidjan, qui ont fait tomber sans
combattre la capitale politique Yamoussoukro et le port stratégique de San
Pedro, et la fuite du chef d`état-major de l`armée fidèle à M. Gbagbo chez
l`ambassadeur sud-africain à Abidjan.
"Le général Philippe Mangou n`a pas démissionné. Il s`est réfugié dans une
ambassade (...). Nous essayons d`entrer en contact avec lui pour négocier. Je
veux que nous parlions, je veux la paix pour la Côte d`Ivoire, je veux éviter
le bain de sang à Abidjan", a insisté Guillaume Soro, chef de l`ex-rébellion
des Forces nouvelles (FN) qui constituent le gros des forces de Ouattara.

mercredi 30 mars 2011

Côte-d’Ivoire Offensive des FRCI – Yamoussoukro, la capitale politique tombe


Plus aucun doute, Laurent Gbagbo vient de perdre la capitale politique Yamoussoukro, sonnant ainsi la fin de son régime. Cet instant, des sources militaires des deux camps confirment la présence des Forces Républicaines dans la capitale politique Yamoussoukro, une ville encerclée de toute part après la chute cette matinée de la localité de Tiébissou, située un peu plus au nord en direction de Bouaké. Les soldats FRCI patrouillent dans la ville cueillie sans grande résistance de la part de ce qui restait encore de la Garde République de Gbagbo, dont plusieurs éléments sont portés disparus. D’intenses discussions étaient depuis ce matin en cours pour la reddition sans combats des tous derniers éléments pro-Gbagbo encore retranchés dans l’enceinte du Centre de Commandement du théâtre des Opérations (Com-théâtre). L’objectif des FRCI et des premiers responsables RHDP avec en tête les présidents Ouattara et Bédié, était dit-on d’éviter de faire des dégâts inutiles dans cette ville symbole de la Côte-d’Ivoire Pari réussi ! «Leur cause est perdue, ils sont encerclés, le seul choix qui leur reste est de se rendre…on espère qu’ils comprendront cela, sinon on va les bombarder et reconstruire le bâtiment après la guerre. » Des propos tenus par un officier FRCI qui disait se trouver sur l’autoroute du Nord en direction d’Abidjan. Par ailleurs la localité d’Aboisso dans le sud-est, coté Ghana est aussi de façon formelle aux mains des FRCI. A San-Pedro, dans le sud-ouest les informations qui nous parviennent sont encore confuses. La ville serait tombée mais le port ne serait pas encore sous contrôle total des FRCI. La ville de Soubré située sur le tronçon menant à San-Pedro est depuis ce matin aux mains des FRCI, ont indiqué des habitants joints par téléphone. Par ailleurs, il faut signaler que selon le « Ghana Refugee Board », 1 capitaine, 2 commandants d’unités, 3 MDL, tous des gendarmes ainsi que 5 soldats ivoiriens se sont fait enregistrer ce mercredi comme Refugiés à Accra.

Source : Connectionivoirienne.net

lundi 28 mars 2011

Les points des situations: Caserne d’Agban, Anyama, Abobo, Williamsville, Ouest…

COMMUNIQUÉ

République de Côte d’Ivoire
Union-Discipline-Travail
Cabinet du Ministère de la Défense
Le Porte parole

COMMUNIQUE

N° 023 du 27/03/11/CAB-PM-MD/PP

RELATIF A LA SITUATION À L’OUEST, ANYAMA, ABOBO ET WILLIAMSVILLE, ET A L’INCIDENT SURVENU À LA CASERNE DE GENDARMERIE D’AGBAN

POINT DE LA SITUATION

A L’OUEST

- Mouvements des populations

Les populations guérées de Bloléquin, Guiglo et Duékoué ont fui par centaines pour se réfugier dans les localités de Bangolo, Logoualé, Sangouiné et Man, sécurisées par les Forces Républicaines.

Leçon à tirer de ces exodes massifs et quotidiens :

• Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire sont les seules capables
de garantir, au plan sécuritaire, la tranquillité et le bien-être des populations, sans distinction d’origine, vivant en Côte d’Ivoire.

• Le Premier Ministre, Ministre de la Défense, Monsieur Guillaume
Kigbafori SORO, fait connaître aux cadres de la Région du Moyen Cavally que les erreurs qu’ils ont commises, en recrutant des mercenaires libériens et en formant des milliers de miliciens, peuvent être rattrapées.

Il s’agit pour eux de se mettre à la disposition de la République et du Chef de l’Etat, Son Excellence Alassane OUATTARA, pour reconstruire la Côte d’Ivoire et, plus particulièrement, la vaste et riche région de l’Ouest.

- Activités des Forces Républicaines

L’objectif étant de créer les conditions du retour des populations dans leurs villages, campements et champs, les Forces Républicaines multiplient les patrouilles à travers tout le département de Bloléquin.
Ainsi, le samedi 26 mars, vers 18 heures, les miliciens et mercenaires libériens qui tentaient d’attaquer le poste de surveillance des Forces Républicaines de SADA, village situé à environ 20 km à l’Ouest de Guiglo, ont été mis en déroute.

Bilan :
• Côté Forces Républicaines : six (06) blessés ;
• Côté miliciens et mercenaires pro-GBAGBO : trente deux (32) tués et plusieurs blessés.

- Visage de la ville de Guiglo

Chef lieu de région, Guiglo présente un bien piteux visage. Les mercenaires et miliciens pro-GBAGBO y règnent en grands maîtres.

Les biens des personnes emportés et les magasins saccagés.

A ABOBO ET ANYAMA

Le samedi 26 mars, de 16 heures à 20 heures, les forces pro-GBAGBO ont poursuivi les tirs d’obus sur la commune d’Abobo et la Sous-préfecture d’Anyama. Ces tirs, toujours conduits par le Chef d’Escadron ABEHI Jean Noël, ont fait au moins deux morts et plusieurs blessés.

A WILLIAMSVILLE

Livrés à eux-mêmes, les miliciens armés de kalachnikov, passent de cours en cours, terrorisent les populations et les dépossèdent de leurs biens.

 INCIDENT SURVENU À LA CASERNE DE GENDARMERIE D’AGBAN

Le vendredi 25 mars 2011, après son échec cuisant d’Abobo-Samaké, le Chef d’Escadron ABEHI a fait séquestrer le Lieutenant Colonel AKA N’dri Benjamin, commandant le groupe Escadrons à Agban.

Il a été tenu pour responsable de :

• La mort de 04 combattants et 02 blessés, tous gendarmes ;
• La perte de 02 engins dont un VAB et un RG12 ;

Il a été rudoyé de violents coups puis traîné dans la cour bitumée de la Légion Mobile, le tout accompagné de tirs à l’arme automatique, ce qui a fait penser à la population abidjanaise qu’il y avait une mutinerie à Agban. Le Lieutenant Colonel AKA a eu la vie sauve grâce à deux Officiers subalternes de passage au moment des faits. Il sera jeté en prison sur ordre de ABEHI, avant d’être libéré plusieurs heures après.

Devant un tel acte si grave, le Premier Ministre, Ministre de la Défense, soucieux de rebâtir une Armée digne de ce nom, s’indigne et condamne ce comportement de miliciens au sein d’un corps pourtant constitué.

Il rappelle aux soldats encore sceptiques que le régime totalitaire de Monsieur Laurent GBAGBO est bel et bien fini. D’où l’urgence de se mettre à la disposition de la République et du Chef de l’Etat, Chef Suprême des Armées, Son Excellence Monsieur Alassane OUATTARA et le peuple de Côte d’Ivoire.

Pour le Premier Ministre, Ministre de la Défense, il n’y a plus de discipline, plus de respect de la hiérarchie, donc les Forces Armées Nationales de Côte d’Ivoire n’existent plus.

Il n’y a qu’un groupe de miliciens à la solde d’une personne et son clan.

Alors, à ces Officiers, Commissaires de polices, Sous-officiers et militaires du rang, indignes, impénétrables aux conseils et appels au ralliement, organisés, depuis quelques jours, en plusieurs escadrons de la mort,

- Pensez-vous qu’une fois installé, le Chef de l’Etat, Chef Suprême
des Armées, ignorera tous ces exactions et assassinats que vous avez perpétrés ?

- Sachez que vous êtes tous connus :
 Ceux qui ont tué et en possession des véhicules de leurs victimes,

 Ceux qui s’habillent en boubou pour aller supprimer des vies
humaines au sein des populations musulmanes,

 Tous ceux de la Garde Républicaine de Treichville, qui violent
l’intimité des personnes déjà traumatisées pour les déposséder de leurs derniers billets de banque et se rendent dans un coin du Palais de la Culture pour faire le partage, sachez que le Premier Ministre, Ministre de la Défense, en est largement informé ; il sait combien chacun a reçu du million cinq cent mille extorqué ce jour là.

 Vous êtes suivis dans tous vos faits et gestes. A titre d’exemple, ce jour, 27 mars 2011, quatre soldats de la Garde Républicaine :

 Adjudant Chef KOBO Gokou,
 Sergent Chef KOUDOU Jean-Marie,
 Sergent Chef ALEGUY Ferdinand,
 Caporal KOUADIO Raymond,

accompagnés d’un homme de main de BLE Goudé, ce sont rendus à Tabou pour chercher des armes et recueillir d’autres mercenaires.

- Non, messieurs, en tirant à l’arme de guerre sur des femmes et enfants aux mains nues, vous avez commis des crimes contre l’humanité.

- Pour avoir organisé des attaques contre les troupes des Nations Unies en Côte d’Ivoire, vous serez poursuivis pour crime de guerre.

Chacun d’entre vous paiera de la manière la plus exemplaire possible.

C’est le lieu pour le Premier Ministre, Ministre de la Défense, d’inviter tous les gendarmes et policiers de toutes les villes de l’intérieur du pays et d’Abidjan, à se tenir prêts pour sécuriser les populations une fois les miliciens et mercenaires mis hors d’état de nuire.

Les populations devraient pouvoir passer d’une étape de massacres, de souffrance et d’humiliation de toutes sortes à une étape de joie, de paix et de justice.

Fait à Abidjan, le 27 mars 2011

P/Le PM, Ministre de la Défense
Le Porte-parole

Capitaine ALLA Kouakou Léon
Source:lavoixdugolf.org

lundi 14 février 2011

Guillaume Soro samedi face à la presse, fait le grand DÉBALLAGE: « Gbagbo va humilier le Panel des chefs d’Etat de l’UA » Partie 2


POLITIQUE & SECURITE

Question : Vous avez dit que M. Laurent Gbagbo ne va pas accepter les conclusions du panel des chefs d’Etats. Sommes-nous donc partis pour nous installer dans la durée pour la résolution de la crise ivoirienne ? Est-ce qu’après, des voyages d’autres chefs d’Etats ne seront pas lancés pour prolonger ainsi la souffrance des Ivoiriens ?

Guillaume Kigbafory Soro : Je pense qu’il ne faut pas se faire d’illusion. Je l’ai dit aux Ivoiriens, il y a des constances qu’il faut avoir à l’esprit. Premièrement, je n’ai pas encore vu des dictateurs qui partent par la négociation. Je l’ai dit depuis le mois de décembre. Il ne faut pas se faire d’illusion. Je trouve que les Ivoiriens aiment trop fonder leur espoir dans la communauté internationale. Pourquoi voulez-vous que la communauté internationale vienne régler notre problème à notre place ? C’est aux Ivoiriens de prendre leur responsabilité. Qu’est-ce que vous attendez de l’Union Africaine ?

Qu’elle vienne prendre Gbagbo à votre place ? Est-ce que c’est l’Union Africaine qui est allée chercher Moubarak ou Ben Ali ? Arrêtons de nous morfondre et de nous plaindre. C’est aux Ivoiriens de se mobiliser. Chaque peuple trace son histoire, écrit son histoire, fait son histoire. Les autres chefs d’Etat ont leurs problèmes à gérer dans leurs pays. Ils ont beau vous soutenir, vous aimer, ils aiment d’abord leur propre pouvoir. Pourquoi voulez-vous qu’ils laissent leur propre pouvoir pour venir prendre un autre pouvoir pour vous donner, parce qu’ils vous aiment ?

Pourquoi vous voulez que l’Union Africaine se substitue au peuple de Côte d’Ivoire ?

Je pense que l’Union Africaine a fait le maximum. Le fait même que les Chefs d’Etat, malgré les relations qu’ils peuvent avoir avec le président sortant, s’engagent clairement pour dire à la face du monde entier que c’est M. Ouattara qui a gagné, pour moi, l’Union Africaine a fait son travail.

Une façon pour l’Union Africaine de dire aux Ivoiriens, c’est Ouattara qui est votre Président, c’est vous-même qui l’avez élu, c’est à vous maintenant de l’installer au Palais. C’est comme ça que je lis le communiqué de l’Union Africaine. Je pense qu’il faut avoir cela en tête. Aujourd’hui les Ivoiriens ont le soutien de la Cedeao, le soutien de l’Union Africaine, celui de l’Union européenne et de l’Onu pour aller installer Alassane au palais. Les Ivoiriens doivent être contents de cela. Le peuple égyptien n’a même pas eu le vote d’une résolution des Nations Unies. Le peuple tunisien n’a même pas eu le vote des pays du Maghreb. Nous, nous avons tout cela. On a la Cedeao, on a l’Union Africaine, on a l’Union Européenne, on a l’Onu. Eux tous disent : « Ivoiriens, on vous encourage, allez installer votre président ». Vraiment pour moi, on ne peut pas régler le problème de la Côte d’Ivoire en dehors du peuple de Côte d’Ivoire. C’est pourquoi il ne faut pas attendre que l’Union Africaine soit plus royaliste que le roi. Les cinq chefs d’Etat arrivent ici le 21 février. Pour nous, c’est une bonne chose. Mais c’est au peuple de Côte d’Ivoire, à partir du 21, de faire sa révolution.

Comme les égyptiens et les tunisiens ont fait les leurs. Et Dieu sait si bien faire les choses qu’il nous montre des exemples palpables.

Le terreau est fertile et favorable pour la révolution. Donc c’est chacun d’entre nous, chacun des Ivoiriens chez lui qui doit réfléchir, comment je fais moi, à mon niveau, dans ma maison pour contribuer à la révolution du peuple de Côte d’Ivoire. Je pense que c’est nous. Considérons que c’est la dernière initiative du continent. A partir du 21 février, le peuple de Côte d’Ivoire doit faire sa révolution. Et cette révolution sera d’autant plus légitime que Gbagbo va humilier les cinq chefs d’Etat de l’Union Africaine qui vont venir. Des chefs d’Etat humiliés, cela ne peut qu’être encore un soutien massif au peuple de Côte d’Ivoire pour faire sa révolution. Il ne faut pas que les gens restent dans leurs salons et disent que l’Union Africaine viendra faire quelque chose. Ce n’est pas cela. C’est le peuple de Côte d’Ivoire qui fait sa révolution. Et l’Union Africaine applaudit.

Q. : Vous semblez bien confiant en ce qui concerne les résultats du panel. Des décisions des chefs d’Etat, est-ce que vous ne vous attendez pas à des surprises ?

Avant le sommet de L’UA, les Ivoiriens étaient confiants quand à la fin heureuse de cette crise. Mais à l’issue de ce sommet, la population ne sait plus à quel saint se vouer. Que pouvez-vous dire à cette population ?

Vous n’arrêtez pas de dire que tout rentrera dans l’ordre. On nous parle d’un panel des chefs d’Etat africains qui vont travailler pendant un mois. Face à un éventuel échec, à quoi devrions-nous nous attendre de la part de votre gouvernement ?

G.K.S. : Moi, je suis confiant pour une seule chose. Le peuple de Côte d’Ivoire a voté. Si le peuple ivoirien n’avait pas voté alors, ça serait autre chose. Quelles que soient les circonvolutions, les turpitudes, on revient à un point fixe : le peuple de Côte d’Ivoire a choisi un Président. Or le principe, le socle de la démocratie, c’est le peuple qui décide. C’est cela la démocratie. Donc, je ne vois pas comment on viendra dire un jour que le peuple que nous avons vu aller aux urnes, ne s’est pas rendu aux urnes. Quels que soient les cas de figures, le peuple de Côte d’Ivoire a voté.

Son choix est connu. Nous avons des certitudes. La première, c’est que Monsieur Ouattara est président de la République. Tout le monde l’a reconnu. Il n’existe aucune organisation qui ne reconnait pas Monsieur Ouattara comme étant le Président. Donc, cela est une certitude, un acquis. C’est terminé. Ensuite, l’Union africaine et la Cedeao ont clairement dit qu’elles ne rentreront pas dans un « power sharing » comme au Kenya, au Zimbabwe. Il s’agit de faire prévaloir le verdict des urnes et le choix démocratique du peuple de Côte d’Ivoire. Moi, je reste confiant. Donc, notre postulat est simple : Monsieur Ouattara a été élu. Il faut qu’il aille au Palais. Et après, tout le reste est possible. Si l’Union africaine se donne les moyens pour que Monsieur Ouattara soit au Palais, alors tout le reste est possible. Mais, pour l’heure je demeure confiant. Je ne pense pas que les chefs d’Etats puissent aller dans le sens contraire à la volonté du peuple. La surprise serait que les chefs d’Etats africains viennent dire qu’Alassane Ouattara n’est plus élu. Or, cela est impossible. Maintenant, le reste ce sont des variantes de ce qu’on peut offrir au perdant. Parce qu’il y a les bons perdants et les mauvais perdants. Quand Abdou Diouf perd les élections à Dakar et qu’il est le premier à prendre son téléphone pour appeler le président Wade, c’est un bon perdant. Pour Diouf, on n’a pas besoin de voter une loi d’amnistie. Mais le mauvais perdant, celui qui confisque le pouvoir et qui tue 300 à 500 personnes, c’est un problème. Mais le postulat, c’est d’abord d’installer Monsieur Ouattara.

La révolution est l’affaire de tous. Et nous allons faire notre révolution en Côte d’Ivoire. On ne peut pas avoir autant d’atouts et d’ingrédients réunis et puis ne pas réussir notre révolution. Donc, nous allons réussir cette révolution. Nous laissons l’Union africaine faire son expérience par elle-même de ce qu’on peut négocier avec Gbagbo. Quand tout le monde sera d’accord sur ce fait, en ce moment-là, le peuple de Cote d’Ivoire aura toute la liberté de faire sa révolution.

Q. : Vous avez dit que nous allons faire notre révolution. La révolution est un acte spontané. Les tunisiens et les égyptiens ont pris leur responsabilité. On pense que le peuple ivoirien tarde à réagir. Il reste dans la léthargie. Vous avez lancé la révolution pour le 21 février. Et si à cette date on demeure encore dans cette léthargie du peuple. Et-ce que ce ne sera pas encore un autre revers ?

G.K.S. : On peut avoir plusieurs définitions de la révolution. Elle peut être préparée tout comme elle peut être spontanée. Je crois que la révolution est la mise en place d’un certain nombre de facteurs pour amener le peuple dans une orientation afin d’obtenir un changement. Elle peut être pacifique ou violente. Donc, moi, je ne crois pas que le peuple de Côte d’Ivoire soit dans la léthargie. Je pense que le peuple ivoirien est un peuple mobilisé et mobilisable. Mais, toutes les dictatures ne sont pas les mêmes. C’est cela la différence. Sinon, le 16 décembre quand on a demandé au peuple de sortir, il a répondu à notre appel. Il y a eu tirs et des morts. On a tiré sur la population. Dans le cadre de mes activités, j’ai réuni quelques officiers pour leur demander pourquoi en Tunisie et en Egypte où Moubarak est un général d’armée, l’armée n’a pas tiré sur le peuple et qu’ici cela a été fait. Un officier m’a donné la réponse suivante qui m’a paru brillante : « Monsieur le Premier ministre, ne faites pas de comparaison. Ce n’est pas le même gabarit ». Cet officier a eu la chance de faire des études en stratégie militaire en Egypte. Il m’a dit que les officiers tunisiens et égyptiens ne sont pas du même gabarit que nos gens d’ici, dans la formation, dans la philosophie et dans la qualité. Le chef d’état-major tunisien n’a rien à voir avec Mangou. C’est donc cela, notre problème. Le niveau de l’armée tunisienne ou égyptienne est nettement au-dessus de celui que nous avons ici actuellement. Je pense que pour nommer quelqu’un comme chef d’état-major des armées, il doit avoir un sens élevé du devoir et de la responsabilité… C’est ce qui explique qu’il y a des armées qui tirent sur la population et d’autres ne le font pas. Sinon, je considère que la population ivoirienne est brave.

La révolution doit s’adapter à la nature de l’adversité et de la force en face. Tant que les Egyptiens avaient des soldats formés et disciplinés qui ont une haute opinion de leur métier de soldat qui est plutôt de défendre le citoyen que de l’abattre, ils ont pu marcher face à une armée neutre. Etudiez bien les révolutions tunisienne et égyptienne, vous verrez le gabarit de l’armée.

Pour revenir à la Côte d’Ivoire, en 2000 et en 2004, l’armée a tiré. Et c’est l’impunité qui forge ce type de comportement. Nous avons préparé un rapport sur les droits de l’Homme et situé les responsabilités de chaque officier. Quand on a répondu à un ordre illégal et quand on a commis des crimes, 5 ans, 10 ans plus tard, cela rattrape. J’invite chacun à voir le film « la traque des nazis ». On y voit comment après 30 ans de traque, des nazis ont été rattrapés. Et on y voit un nazi, au moment où il est pris, tenter d’inspirer de la pitié. Or, quand il commettait les faits, il se croyait invincible. J’invite les militaires à avoir à l’esprit la traque des nazis dans l’exercice de leur fonction. Tous ceux qui vous encouragent à tuer en leur nom ne feront rien pour vous demain. Un chef d’Etat dit que quand on t’envoie, il faut savoir t’envoyer. Quand on te dit d’aller tuer, il faut savoir tuer car votre responsabilité est engagée.

Q. : Concernant le panel des chefs d’Etat, il y a un problème de confiance pour certains. Est-ce que vous avez confiance à toutes les composantes de ce panel ? Quel est votre regard ?

G.K.S. : Pour le panel des 5 chefs d’Etat, moi je fais confiance en l’Union africaine et aux 5 chefs d’Etat. Vous dites que certains ont été récusés. Mais, on n’a demandé à personne son avis. Gbagbo n’est plus Président. Il n’était même pas au sommet des chefs d’Etat. Qui lui a demandé son avis pour désigner les 5 chefs d’Etat? Il ne faut pas se ridiculiser. Quand on n’a pas demandé ton avis, tu te tais.

Le recours à la force légitime est une option qui est toujours sur la table. A supposer que les 5 chefs d’Etat viennent et qu’ils sont humiliés et repartent, que sera la prochaine étape pour l’Union africaine ? La Cedeao, à juste titre, a recommandé la force légitime. Et nous, nous sommes totalement d’accord pour utiliser la force légitime. Ce ne sera pas la première foi. La Cedeao a utilisé la même force en Sierra Léone. Aujourd’hui, le peuple sierra léonais vit la démocratie. Je ne cherche pas une armée contre les Ivoiriens, mais plutôt contre celui qui confisque le pouvoir. C’est Gbagbo qui a pris l’argent du contribuable pour acheter des Sukhoi, des Mi-24 pour tirer à Bouaké sur la population civile. Il héberge des mercenaires à Abidjan, payés avec l’argent du contribuable, et ceux-ci ont tué 500 Ivoiriens.

Le souci que nous avons est d’éviter une guerre généralisée. Je comprends que les gens soient fatigués, mais nous donnons la chance à la paix et nous avons un horizon raisonnable. Les deux forces ont travaillé ensemble pendant 3 ans. Des liens se sont noués. Il faut trouver le moyen de régler les comptes à ceux qui confisquent le pouvoir sans mettre à mal les liens dans l’armée de Côte d’Ivoire. Nous sommes en train d’y réfléchir. C’est pourquoi je suis entouré de militaires issus aussi bien des Forces nouvelles que des Fds-ci. Il ne faut pas considérer qu’il y a une armée des Fds-ci et une autre des Fafn. Il y a une armée républicaine d’une part, et, d’autre part, des mercenaires et une garde républicaine qui confisquent le pouvoir.

Dans l’armée, les lignes bougent. Il commence à y avoir des arrestations. Pour un pouvoir volé, vous voulez empêcher des militaires de le dénoncer. Quand ils le font, vous les accusez de fomenter des coups d’Etat. L’armée grogne et ça bouge dans l’armée. De la même façon qu’on a tiré sur des populations civiles à Abobo, dans l’armée, on veut arrêter des militaires et tirer sur eux. L’armée n’est pas unanime. Des militaires des Fanci m’ont appelé, ils m’ont même envoyé des messages de menaces terribles venant de la milice de Gbagbo au sein de l’armée. Des messages leur disant qu’ils seront abattus. Quand on est dans le faux, on est obligé de menacer et d’arrêter des militaires. On ne peut pas maintenir toute une armée dans le mensonge tout le temps. L’armée grogne et cela est important. Je ne veux pas que les Fafn affrontent la frange saine de notre armée. Les deux doivent plutôt se donner la main. C’est le signal fort que je lance. Le porte-parole du ministère de la défense, le capitaine Alla, bientôt, va s’adresser à ses frères d’armes. Le capitaine Alla n’est pas issu des Fafn et il n’est pas à la retraite. Il est des Fanci. C’est le sous-préfet militaire de Zouan-Hounien. Vous verrez de nouvelles personnes des Fanci nous rejoindre.

Soyez rassurés. L’armée n’acceptera pas la forfaiture. Au sein de notre armée, il y a des militaires aussi valables que ceux qui sont en Egypte et en Tunisie. Cela ne tardera pas.

Q. : Aujourd’hui, on ne parle plus de recompter les voix, mais plutôt de reprendre les élections.

Quel est votre avis ? Après leur réunion à Bamako, les chefs d’état-major de la Cedeao ont dit que plus rien n’entrave les préparatifs de l’Ecomog. Qu’en est-il ? Par ailleurs, de retour d’une tournée africaine, vous avez tenu un conseil militaire avec vos hommes. Quelles en sont les résolutions ?

Quel est votre avis sur la présence d’un navire sud-africain au port d’Abidjan?

G.K.S. : Concernant la première question, je vous assure que Lmp ne cessera jamais de me surprendre. Ils ont l’imagination fertile. Recomptage, reprise des élections, etc. Que ne feront-ils pas pour gagner une semaine de plus ? Ils avaient la possibilité de faire reprendre les élections par le Conseil constitutionnel. Ils n’en n’ont rien fait. S’ils parlent de reprise, c’est un recul. Mais, c’est déjà tard. Il y a eu un vainqueur de l’élection. J’ai dit aux Africains de faire attention. Aucune institution n’est au dessus du peuple. Les institutions sont au service du peuple. Quand une institution commence à oppresser le peuple, la révolte du peuple est de droit.

Imaginons qu’on dise que c’est le Conseil constitutionnel qui nomme le président en Côte d’Ivoire. On n’a pas besoin de créer un vaste Conseil de 13 membres pour dépenser l’argent des Ivoiriens.

On peut faire un conseil de 3 membres. Deux analphabètes qu’on fait venir du village et son propre cousin. Les Ivoiriens votent et autour d’un repas à midi, tu leur dis qui est président et c’est fini.

Arrêtons cela. Sinon pourquoi se donner tant de mal pour organiser une élection ? Si ce conseil se trompe pour nommer quelqu’un qui n’était pas candidat au second tour, doit-on l’accepter parce que la loi aurait dit que quand le conseil nomme quelqu’un, il devient Président? On met en danger nos Républiques. C’est tout le fondement du raisonnement Lmp.

L’enjeu de ce qui se passe en Côte d’Ivoire, c’est, est-ce que la communauté internationale et les Ivoiriens eux-mêmes trouveront la solution ? Le peuple de Côte d’Ivoire, qui a voté Alassane Ouattara à 54%, se donne-t-il les moyens de s’organiser dans les quartiers et les villes pour faire respecter son vote ? Pour moi, c’est cela la révolution que nous allons commencer à préparer.

Cela peut prendre une semaine, 10 jours ou un mois. Mais, tant qu’on n’aura pas commencé, il n’y aura pas de révolution. Il faut qu’un jour, on s’asseye et qu’on mette l’Union africaine et les autres de côté. Et nous qui avons choisi le Président, on part l’installer. Dans le village, le campement, la ville, on y réfléchit. Ensuite, ça grandit : c’est cela la révolution. Si on l’organise bien, elle va marcher. Il faut que les Ivoiriens fassent leur révolution. Et nous allons faire notre révolution.

Les dernières dix années nous on montré que face à des dictatures féroces, cette organisation a renversé des régimes militaires : au Kossovo, en Serbie, en Pologne. C’est cette organisation que nous allons préparer maintenant. Je dis qu’il faut que les Ivoiriens fassent leur révolution. Nous allons la faire. La reprise des élections, c’est un débat suranné. On est maintenant à la révolution.

Laissons l’Ecomog et faisons la révolution. En Egypte, il n’y a pas eu d’Ecomog. Faisons la révolution. Laissons les cinq chefs d’Etats venir le 21 février. Et faisons la révolution. C’est efficace. Nos officiers sont en contact avec les autres (Ecomog). Quand j’étais à Abuja (Nigéria, ndlr), j’ai rencontré le président Jonathan Goodluck, le général Petinrin de la force de l’Ecomog.

Nous gardons le contact. Ils ont fait trois réunions dont deux à Abuja et une autre à Bamako (Mali). Le général Gueu Michel qui a participé aux différentes réunions, nous a fait le point de la situation. Selon son compte-rendu, ils ont rencontré les militaires qui doivent former la troupe d’intervention. Les militaires disent que le plan d’attaque et la stratégie sont prêts. Ils attendent l’ordre de leurs chefs. Les militaires vont vite et ils n’ont pas besoin de faire vingt réunions.

A propos du conseil militaire…

Nous nous sommes organisés. L’une des résolutions, c’est la nomination d’un porte-parole. Donc, je n’aurai plus besoin de parler aux militaires. Lui (le capitaine Alla Kouakou Léon, ndlr), va le faire.

C’est un visage connu dans l’armée de Côte d’Ivoire. Il a eu correctement ses diplômes. C’est un soldat d’honneur et de valeur. Je vous signale que mon directeur de cabinet a fait deux Ecoles de guerre : Aux Etats-Unis et en France (Paris). Dans les jours à venir, les choses font se savoir.

A propos du navire sud-africain,…

Nous avons eu l’information. J’ai rencontré hier l’ambassadeur d’Afrique du Sud. Nous avons parlé. Je vous rassure que ce n’est nullement un soutien à Gbagbo. Vous savez, quand on est naufragé on s’agrippe à tout. Le plus petit navire devient une bouée de sauvetage. L’Afrique du Sud a démenti. Ne vous inquiétez pas. Ce navire n’a rien à voir avec Gbagbo. C’est un navire sud-africain pour l’Afrique du Sud. Je ne m’hasarde même pas à vous donner le nombre de navires dans nos eaux. Vous êtes journalistes et je sais que vous trouverez qu’il y a plusieurs autres navires. Ce navire est venu pour le Président sud-africain et le personnel de l’ambassade. Quand le Président doit arriver, ils mettent en place un dispositif sécuritaire impressionnant. C’était le cas lorsque l’ancien président sud-africain, Thabo Mbeki devait venir à Bouaké. Il y avait des chars sud-africains un peu partout car on considère que la Côte d’Ivoire est un pays en guerre. Donc, ils prennent des dispositions spéciales.

« Gbagbo est suicidaire mais nous, nous sommes déterminés »

Le surarmement et révolution armée…

Les révolutions sont fonction des régimes et des réalités du pays et du moment. La révolution tunisienne était différente de la révolution égyptienne. Parce que la résistance en Tunisie était différente de la résistance en Egypte. Donc la révolution ivoirienne sera différente des révolutions tunisienne et égyptienne. Une révolution peut être plus ou moins pacifique. Elle peut être plus ou moins violente, si on impose les conditions de sa mise en œuvre. Une révolution implique forcément le peuple, elle ne peut se faire en dehors du peuple. Et ce qui doit être central dans une révolution, c’est le peuple. Une révolte peut se muer en révolution comme une organisation pratique sur le terrain peut occasionner la révolution. Mais, je dis encore que le peuple de Côte d’Ivoire fera sa révolution. Le peuple de Côte d’Ivoire se donnera les moyens de sa révolution, de la même façon qu’à Abobo ils se sont donné les moyens de leur résistance. Je l’ai expliqué : au début c’était des casseroles. On a continué à entrer dans les maisons et à les tuer. Ils ont fini par arracher deux kalachnikovs à des policiers. Et avec ces deux kalachnikovs, ils se débrouillent. Si le peuple de Côte d’Ivoire se donne les moyens de sa révolution, il fera sa révolution. Mais ce que je suis en train de dire aux Ivoiriens, c’est qu’il est faux de se coucher dans son lit, dans sa chambre climatisée et dire on ne voit même pas l’Union africaine ou bien l’Ecomog en train d’enlever Gbagbo du pouvoir. Je dis qu’en Egypte il n’y avait pas d’Ecomog. En Tunisie, il n’y avait pas l’Union africaine. Tant qu’on va déléguer aux autres notre responsabilité et qu’on va vouloir faire une révolution par procuration, on aura un problème. On n’a pas le choix, Gbagbo est suicidaire mais nous sommes déterminés. C’est un face-à-face, je ne dirai pas mortel, mais terrible. Donc le peuple doit faire sa révolution, j’insiste là-dessus. Maintenant qu’on sait que Gbagbo ne tient que par l’armée, par trois généraux, nous avons déterminé avec précision où est le problème. La résistance de Gbagbo, ce n’est pas l’argent ni le peuple parce qu’il n’arrive pas à mobiliser le peuple. Quand sur une capitale de cinq millions de personnes vous avez réussi à en mobiliser cinq mille je ne sais pas quel pourcentage cela représente. Donc, il ne tient encore sur rien d’autre qu’une frange de notre armée. Nous avons bien détecté cela. Et c’est cela le problème. Donc, le peuple fera sa révolution.

Le débarquement d’Eugène D. Kacou du Cnp et la liberté de la presse

Je voudrais profiter pour saluer M. Eugène Dié Kacou. Quand j’étais étudiant, il faisait une émission ‘’5 x 3’’. J’étais dans la clandestinité et on lui avait interdit de m’interroger. Eugène Dié Kacou s’est débrouillé avec son équipe pour venir me retrouver dans ma clandestinité et réaliser son émission.

Après cela, l’émission a disparu. Je sais qu’Eugène Dié Kacou est un homme engagé. Je l’ai appelé pour le saluer. Nous, nous considérons ces mesures-là nulles et de nul effet. Si le ridicule pouvait tuer. On dit qu’on a arraché des fréquences à Onuci-Fm. J’ai vu M. Choi aujourd’hui. Il m’a dit : « C’est un gouvernement illégal, aucune fréquence n’est arraché. Est-ce que vous confirmez les fréquences ? » Je lui ai répondu par l’affirmative. Il dit : « Bon, nous on continue. » Est-ce que tout cela n’est pas humiliant ? Ils disent : « On ne veut plus de tel ambassadeur. » Ce dernier répond : « Non je reste. » Et puis, il est là, ils ne font rien. Ça devient ubuesque.

Par contre, ce qui est dramatique, c’est le cas de journalistes qu’on torture. Il y a deux journalistes qui venaient pour travailler à Abidjan et qui ont été arrêtés. J’étais ministre quand la loi sur la presse et la communication audiovisuelle a été initiée. Comme le régime est plein de contradictions ! Nous avons tous dit qu’on ne met pas de journaliste en prison. Et voilà que depuis plusieurs jours, deux journalistes ont été arrêtés, cela n’est pas acceptable. Mais comme je l’ai dit, nous sommes dans une dictature où le respect des règles de la société n’est plus de mise et on assiste à ce genre de drame. Donc c’est avec horreur que nous le dénonçons. Et nous nous insurgeons contre. Tous ceux qui jouent au brigand leur place c’est la prison. Les hors-la-loi finissent toujours par être rattrapés par la police. Il ne faut pas croire qu’on peut faire toutes ces choses-là dans l’impunité.

Q. : La révolution que vous prônez ne sera-t-elle pas un autre échec comme le changement par la voie pacifique ?

G.K.S. : C’est la théorie des deux contraires. C’est parce qu’on a fait la voie pacifique qu’il est clairement perceptible qu’une révolution s’impose. Les Egyptiens ont vécu 30 ans pour faire une révolution. Il n’est jamais trop tard. Si on n’avait pas fait la marche du 16 décembre, on n’aurait pas vu le problème et la communauté internationale ne nous aurait pas suivis. Et tout le monde n’aurait pas perçu la nature du régime auquel nous étions confrontés. Il y a des personnes qui me demandent : « Soro, comment tu as fait pour organiser des élections avec ce monsieur ? » Je leur réponds en disant : c’est aujourd’hui que vous découvrez ce monsieur. Moi, je le connais depuis longtemps. Comprenez qu’il y a du mérite à travailler avec ce monsieur pendant trois ans et l’amener à une élection, ce n’était pas de l’amusement.

Je pense que la révolution se justifie aujourd’hui. Au vu de la réalité du terrain, toutes les actions du passé ont eu leur utilité. Parce que, de plus en plus, les gens, même ceux qui n’étaient pas d’accord avec la rébellion, le sont aujourd’hui. Quelquefois, les gens mettent du temps à comprendre. J’ai reçu certaines personnes ces temps-ci qui viennent me dire : « Monsieur le Premier ministre, c’est maintenant que nous vous comprenons. » Je leur demande comment ? Ils me répondent : « Le 19 septembre 2002, vous n’avez pas fait la rébellion pour vous-même. Vous l’avez fait pour nous. C’est nous que vous avez sauvés. » Je leur demande d’expliquer. Et ils me disent que si je n’avais pas fait la rébellion en 2002, Laurent Gbagbo allait s’enraciner en Côte d’Ivoire, et nous sérions foutus. Nous avons échappé à un grand complot. Parce qu’il n’allait pas faire 10 ans comme le demandait la Constitution c`est-à-dire un mandat une seule fois renouvelable. Il était parti pour enraciner une dictature en Côte d’Ivoire. J’ai entendu des choses insoutenables dans des milieux. On disait, par exemple : « Houphouët-Boigny et les Baoulé ont fait 40 ans, pourquoi nous ne changerions pas la Constitution pour faire 30 ans aussi ? Tant que nous ne ferons pas 30 ans, nous ne laisserons pas ce pouvoir ». Vous comprenez pourquoi les choses perdurent.

Vous croyez encore que le Fpi avait des vertus démocratiques de gauche ? Ne vous trompez pas. Heureusement que les gens ont compris les raisons de 2002. Beaucoup ne nous avaient pas compris. Mais à partir de maintenant, les gens nous comprendront. La Côte d’Ivoire a échappé à un vaste et profond complot, et c’est aujourd’hui mieux qu’hier que les gens viennent me voir pour me dire merci d’avoir fait la rébellion le 19 septembre 2002. L’histoire des jeunes patriotes se préparait depuis 2000/2001 pour changer la Constitution en 2005 et enlever la close de limitation des mandats. Ils allaient mobiliser 500.000, 1.000.000 personnes à Abidjan pour dire de changer la Constitution. J’ai été Premier ministre pendant 3 ans et croyez en ce que je dis. Ce n’était pas la démocratie. Je suis même gêné d’avoir eu raison trop tôt. Je dis aux Ivoiriens c’est maintenant que vous devez faire votre révolution sinon vous subirez. Et nous la ferons, cette révolution en Côte d’Ivoire.

ECONOMIE

A propos de l’étranglement économique et le bilan des mesures…

Pour préserver le tissu économique de la Côte d’Ivoire, notre gouvernement a été amené à prendre des mesures. Nous voulons protéger les ressources de l’économie et les finances de l’Etat.

« Les mesures économiques vont avoir un rôle de goulot d’étranglement progressif »

Les mesures économiques…

Nos sociétés ont évolué. Aujourd’hui, nous sommes dans un système dans lequel quand la majorité désigne quelqu’un, c’est lui qui gouverne. C’est le système démocratique. Donc comme M. Gbagbo sait que de toutes les façons, il a rompu le système démocratique, il est alors obligé de se maintenir par la force y compris en détournant les ressources financières de l’Etat de leurs destinations premières. Qui est de construire des écoles, des centres de santé, des hôpitaux, des routes. Nous nous sommes dit : mais si on lui laisse tout cet argent, il le prend pour recruter des mercenaires, pour acheter des armes. Et le peuple souffrira deux fois plus, vivra dans une situation politique pénible, puisque des ressources destinées à son bien être sont destinées à des achats d’armes. Il valait mieux prendre des mesures pour mettre ces ressources hors de sa portée. Si Gbagbo n’a pas accès à ces ressources, c’est autant de ressources qui vont être cumulées et qui pourront servir à un gouvernement légitime, légal pour soulager les populations de ses souffrances passées. Il faut que les Ivoiriens comprennent qu’en réalité, les mesures que nous prenons sont des mesures de sauvegarde des ressources pour le gouvernement légitime.

C’est le même principe qui guide les grandes nations démocratiques. Les Etats-Unis gèlent leur coopération quand il y a rupture de l’ordre constitutionnel dans un pays. Par exemple, après le coup d’Etat du 24 décembre 1999, les Etats-Unis ont gelé la coopération avec la Côte d’Ivoire.

Mais, quand ils gèlent le financement du sida, ce n’est pas parce qu’ils n’aiment pas les malades du sida de Côte d’Ivoire, ou parce que ces malades-là ont fait un coup d’Etat. Quand ils coupent les ressources pour le riz, l’eau etc, ce n’est pas parce que les cultivateurs sont fautifs. Mais c’est parce que le principe qui a guidé l’Etat de Côte d’Ivoire et qui a guidé les grandes nations démocratiques, a été rompu. Si nous ne coupons pas ces ressources, nous faisons envoyer de l’argent à ce gouvernement illégitime qui va les détourner pour en faire autre chose. Nous bloquons l’argent qu’il devait avoir du cacao et autres pour ne pas qu’il achète des armes et s’offre des mercenaires. Le fait de détourner cet argent qui ne va pas à un paysan est un problème, mais mieux, Gbagbo va acheter la balle qui peut tuer l’enfant du paysan. Cela fera deux souffrances pour le paysan. Or, si on bloque l’argent, évidemment le paysan peut souffrir. Mais au moins, il aura l’avantage que s’il vit, les ressources sont là pour lui, demain. Mieux, comme le régime n’aura pas d’argent pour acheter la balle du mercenaire, il aura au moins son enfant vivant, à la maison. J’explique cela pour que vous compreniez la philosophie qui guide les mesures économiques que nous prenons.

Pour nous, les résultats de ces mesures sont palpables. Vous-mêmes, journalistes, vous les vivez. Vous entendez dire que dans telle banque, il est difficile de retirer des ressources. Ce sont donc des actes visibles. On voit bien que Gbagbo commence à solliciter de l’argent de l’Angola à qui il a demandé un prêt d’un milliard de dollar. Evidemment, jamais personne ne lui fera un prêt d’un milliard de dollar. Si le chef de l’Etat angolais prête un milliard de dollar, son peuple va se révolter.

J’ai été Premier ministre et il y a eu des moments où le ministre Diby et moi nous nous sommes déplacés pour aller chercher soixante quinze milliards de Cfa, nous ne les avons pas eus. A plus forte raison un milliard de dollar à avoir auprès d’un pays africain. Bon, bonne chance !
Donc, c’est que pour nous, ces mesures-là sont des mesures de sauvegarde afin que des ressources de l’Etat soient disponibles pour le peuple.

Ils disent qu’ils payent les salaires. La masse salariale de façon globale est autour de soixante quinze milliards de Fcfa. Evidemment, quand on a dix à trente milliards et qu’on a pu payer une frange de la Fonction publique, on dit qu’on a payé les fonctionnaires. Mais, c’est dans le long terme que les gens vont comprendre ce que c’est que payer les fonctionnaires. Les ambassades et bien d’autres services sont asphyxiés financièrement. Les mesures que nous avons prises à ce niveau-là vont avoir un rôle de goulot d’étranglement progressif. Et j’avoue que je ne comprends pas au nom de quoi Gbagbo résiste toujours. Il faudra qu’on étudie cela quand on va sortir de la crise. Au nom de quoi tu résistes, si ce n’est la philosophie de la terre brûlée. Il se dit : « « comme je ne suis pas président, alors qu’on détruise tout ». Mais si Houphouët avait tout détruit, toi Gbagbo tu pouvais être Président en Côte d’Ivoire ? Il est prêt à aller à la déstructuration de l’économie du pays pour un pouvoir de combien de temps ? Un mandant de cinq ans.

La monnaie ivoirienne

En tout cas, c’est téméraire mais c’est utopique. Pour longtemps encore, à moins de soumettre les Ivoiriens à acheter des brouettes pour convoyer leur argent. Avec une monnaie inflationniste, je ne vois pas comment cela est faisable en Côte d’Ivoire. Le mécanisme financier en Côte d’Ivoire est tellement avancé dans sa structuration que cela va casser le pays. Ce sera la dernière bêtise qu’on nous imposerait avant de partir, mais je crois que la révolution se fera avant.

DIPLOMATIE

La nomination de diplomates…

Vous dites qu’on a vu des changements à Paris, à Genève, à New York, mais on n’en voit pas en Afrique. C’est juste, mais c’est nous qui avons pris ces dispositions-là. Quand le gouvernement a été nommé le 5 décembre 2010, comme le dossier de la Côte d’Ivoire se débattait au Conseil de sécurité des Nations Unies, le reflexe que nous avons eu a été de nommer rapidement des ambassadeurs dans les cinq pays qui sont membres permanents du Conseil de sécurité. Ce sont les cinq premiers qui ont été reconnus, ensuite nous avons nommé les autres. Nous avons déjà désigné des ambassadeurs pour l’Afrique. Il n’y a aucun problème à ce niveau. Je me souviens que pendant ma tournée, des Présidents m’ont demandé quand est-ce que nous leur envoyons des ambassadeurs ? C’est parce qu’en décembre dernier, il était extrêmement urgent de nommer des ambassadeurs dans les cinq pays membres du Conseil de sécurité. En Chine, nous avons gardé l’ambassadeur Koffi Nicaise qui reconnaît Alassane Ouattara comme président. A Paris, c’est Ally Coulibaly, celui de Genève c’est Kouakou Adjoumani. Nous avons envoyé quelqu’un à Bruxelles, pareil en Grande Bretagne et en Russie. Pour la sous-région, nous avons déjà proposé des noms, les reconnaissances des pays africains se feront de façon cadencée.

Mesdames et messieurs les journalistes, au moment où s’achève notre conférence de presse, le voudrais vous remercier pour le travail. Votre métier n’est pas aisé et je fais partie de tous ceux qui vous critiquent quand vous nous attaquez dans les journaux et qui vous félicitent quand vous nous encensez un peu. C’est un métier qui a le mérite de faire avancer les choses dans la contradiction. Je voudrais vous dire de garder la sérénité. Le régime de Gbagbo est fini. Tout ce que vous voyez aujourd’hui sont les spasmes d’un régime fini. Et ce n’est pas parce qu’il est fini qu’il n’est pas dangereux. Parfois, c’est parce qu’il est fini qu’il est dangereux. Ne cédez surtout pas à la fatigue, car je vois certaines personnes dire que la crise est trop longue. Mettez-vous à la place des autres. Laurent Gbagbo est plus fatigué que vous. Voilà quelqu’un qui est Président et qui nous a mis dans un blocus. Mais il est lui-même bloqué chez lui. Quand j’étais étudiant, on nous mettait en prison, j’aimais dire aux étudiants que le vrai prisonnier, ce n’est pas celui qui est à la Maca. C’est celui qui est obligé de réfléchir pour trouver les moyens pour nous libérer. A la Maca, on se promène dans la cour, on lit. Mais celui qui t’a envoyé là-bas est obligé de te surveiller et de réfléchir pour te libérer. C`est-à-dire lui-même, il créé une raison qui justifie ta libération. Une façon pour dire de ne pas céder au découragement. Il faut s’armer de courage et de détermination. Ce régime est fini, il faut se donner les moyens d’organiser le départ de Gbagbo et c’est la révolution.

Sinon, Gbagbo n’est pas plus fort que Moubarak. Et il est parti. Tous ces changements doivent vous donner espoir. Gbagbo doit partir et il partira. Il partira comme Ben Ali est parti, comme Moubarak est parti. Plus il va résister plus, il va mal partir. Vous (journalistes) avez cette certitude que Gbagbo partira. Adossez-vous à cela et organisons-nous. Comment ? Depuis les villages jusqu’aux villes. Organisons-nous pour le faire partir. Nous allons accueillir et écouter les émissaires de l’UA. Et Gbagbo va les humilier. Je le connais, c’est ce qu’il fera. Et lorsque cela arrivera, vous direz Soro a eu raison. Il ne faut pas que les Ivoiriens perdent leur temps, qu’ils préparent la révolution.

Le Patriote

Guillaume Soro samedi face à la presse, fait le grand DÉBALLAGE: « Gbagbo va humilier le Panel des chefs d’Etat de l’UA » Partie1


Après une absence de plusieurs jours qui l’a conduit dans la sous-région et dans plusieurs capitales africaines, le Premier ministre, Guillaume Soro est depuis une semaine de retour au pays.

Dans cet entretien qu’il a accordé à la presse nationale, le chef de gouvernement revient sur les points saillants de l’actualité nationale : son périple africain, le 16eme sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine à Addis-Abeba, la mission des Experts, l’arrivée prochaine des cinq chefs d’Etat du Panel et les perspectives de la crise postélectorale dont il a annonce, pour bientôt, le dénouement. Interview.

Messieurs et mesdames les journalistes, je me trouve ce jour devant vous, avec mes collaborateurs militaires, après une absence du pays. J’étais en tournée dans la sous-région et au de-là, dans plusieurs pays d’Afrique. Le général Gueu Michel qui est là est le chef de cabinet militaire du Premier ministre. Vous savez que j’ai aussi le portefeuille du ministère de la Défense.

C’est ainsi que sont présents à mes côtés le colonel major Mian Gaston qui est le Directeur de cabinet du ministre de la Défense et le capitaine Alla Kouakou Léon que nous venons de nommer comme porte-parole du ministère de la Défense.

Nous sommes là pour aborder l’ensemble des questions politiques, diplomatiques, économiques et sécuritaires dans un tour un tour d’horizon de l’actualité de notre pays.

Evidemment, depuis le 28 novembre 2010, le peuple de Côte d’Ivoire s’est exprimé dans les urnes, et le peuple de Côte d’Ivoire a porté son choix sur le candidat Alassane Dramane Ouattara pour diriger le pays. Mais, nous sommes face à une forfaiture, du fait de généraux de notre armée qui sont allés faire allégeance au président sortant, battu aux élections. Ceci a plongé la Côte d’ivoire dans une crise que vous savez.

Depuis le mois de décembre, il est apparu nécessaire, en ma qualité de Premier ministre qui a conduit le processus de sortie de crise en Côte d’Ivoire pendant un peu plus de trois ans, d’aller dans la sous-région et en Afrique, pour expliquer aux chefs d’Etat la réalité des faits et rétablir l’exactitude matérielle des faits. Parce qu’on assistait à beaucoup de propagandes, de mensonges, d’intoxications.

Cette tournée s’est bien déroulée. Elle a commencé par Ouagadougou. Nous sommes ensuite allés à Bamako où l’objectif était de clarifier la situation de la BCEAO. On avait un gouverneur qui jouait un double jeu, qui, le matin, disait qu’il reconnaissait le nouveau gouvernement mais, la nuit, n’appliquait pas les mesures que le Conseil des ministres de l’UEMOA avait prises. Comme vous avez pu le voir, le gouverneur lui-même s’en est rendu compte à Bamako et a rendu sa démission.

Depuis lors, la Bceao a un intérimaire et notre banque commune de la sous-région fonctionne.

Vous avez vu les suites qui ont été données. Après Bamako, nous sommes allés en Afrique centrale pour expliquer le problème ivoirien aux Chefs d’Etat, notamment les présidents Obiang de la Guinée Equatoriale et Sassou du Congo Brazzaville. Nous avons terminé notre tournée par l’Afrique du Sud après un passage en Zambie et nous sommes rentrés en Côte d’Ivoire depuis quelques jours.

Nous avons fait le point de cette tournée avec le Président de la République. Je pense qu’elle était nécessaire, vu les quelques retombées. Vous notez avec moi la décision de l’Union Africaine qui, à l’unanimité des 50 Etats et plus qu’elle compte, a reconnu qu’il ne peut y avoir qu’un seul président de la République en Côte d’Ivoire et que ce président, c’est Alassane Dramane Ouattara, élu à la suite d’une élection démocratique et transparente, de leur point de vue. Tous ces Etats réunis ont tranché qu’il n’était pas nécessaire de revenir sur un recomptage et autres solutions.

Pour eux, c’était terminé, l’élection était bonne. Il ne pouvait pas en être autrement d’autant plus que l’Union Africaine elle-même a envoyé des observateurs en Côte d’Ivoire comme je l’avais demandé.

Ils sont venus, ils ont sillonné partout le territoire ivoirien pour observer les élections. Et leur rapport est sans appel. Ce sont des élections modèles, démocratiques et transparentes. Idem pour la CEDEAO.

M. Ouattara a été reconnu président de la République, c’est terminé. Au moins, le peuple de Côte d’ivoire a une certitude. Aussi bien que la Cedeao, l’Union Africaine reconnaît qu’il y a un seul Président en Côte d’Ivoire. Cette institution ne peut plus revenir là-dessus, c’est terminé. Je pense que ça c’est positif, c’est une bonne chose pour la Côte d’Ivoire. Pour nous personnellement, c’est une satisfaction parce qu’on se dit qu’on n’a pas travaillé toutes ces années-là inutilement, en vain.

Puisqu’au moins, tout le monde reconnaît que cette élection a été une bonne élection, qu’elle a été transparente.

Ensuite l’Union Africaine a mis en place un panel de cinq chefs d’Etat qui représentent les organisations sous-régionales et un groupe d’experts. Le groupe d’experts s’est rendu ici. Nous avons été la première personne à être rencontrée. Donc nous avons échangé. Ensuite j’étais présent à l’audience du président de la république avec le groupe d’experts, et cela s’est bien passé. Je crois que le groupe d’experts a fixé le cadre : « Nous sommes venus sur la base du communiqué du sommet des chefs d’Etats de l’Union Africaine. M. Ouattara est Président. L’Union africaine veut une solution pacifique. Nous sommes venus pour vous écouter et prendre l’ensemble des informations que nous pouvons mettre à la disposition des chefs d’Etat africains.

Nous sommes venus vous écouter ». Evidemment nous avons donné le maximum d’informations.

Je suis plutôt confiant parce que les experts sont repartis confortés et renforcés dans la position évidente qu’il ne faut pas revenir sur des histoires de recomptage. Tous ceux qui pensaient à des recomptages en ont pour leurs frais.

En principe les cinq chefs d’Etats sont attendus à Abidjan le 21 février. Ils devraient avoir au préalable une rencontre à Nouakchott le 20 février et le 21, ils devraient venir à Abidjan. Donc, nous les attendons pour finaliser le processus avec eux. Evidemment mon point de vue reste le même. Je pense que l’Union Africaine veut la voie pacifique, je l’encourage. Mais pour nous qui connaissons le terrain, qui avons pratiqué le Président sortant, nous savons qu’il n’acceptera pas le postulat de l’Union Africaine. Mais il faut laisser l’Union Africaine faire sa propre expérience.

Vous savez, quand vous êtes assis sur votre propre expérience et vous savez très bien ce qu’il en est, quelque fois, vous avez du mal à communiquer votre foi aux autres. Il faut laisser chacun faire son expérience…Nous, nous connaissons l’homme. Mais des chefs d’Etat qui sont à sept heures de vol d’Abidjan, n’ont pas forcément la même connaissance des réalités que nous. Donc, il ne faut pas les empêcher de faire leur propre expérience. Il faut les laisser faire leur propre expérience et puis on conclura. Voici, mesdames et messieurs les journalistes l’introduction que je voulais faire. Evidemment, je suis totalement à votre disposition pour répondre à l’ensemble des préoccupations qui peuvent être les vôtres et celles des Ivoiriens.
SUITE DANS LA PARTIE 2