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vendredi 4 novembre 2011

La revue de la presse ivoirienne pour ce vendredi

A la Une : la réforme de la filière café-cacao en Côte d’Ivoire

Nous avons le plaisir de partager avec vous la revue de presse ivoirien fait par Norbert Navarro l'ex-correspondant de RFI en Côte d'Ivoire
On s’achemine vers la création d’une société publique, un organe unique pour la filière café-cacao, qui génère, selon le gouvernement ivoirien, 40 % des recettes d’exportation du pays, étant rappelé que la Côte d’Ivoire est toujours premier producteur mondial de cacao.

Pour Fraternité Matin, « un vent nouveau semble souffler sous les cacaoyers ». Le quotidien gouvernemental, qui faisait sa Une hier jeudi 3 novembre sur cette réforme, y revient ce matin pour souligner que le gouvernement « opère le retour à la stabilisation des prix ». Pour y parvenir, la réforme prévoit que l’État vende « de façon anticipée environ 70% de la production ivoirienne, sur le marché mondial. Les 30% restants (seront) livrés au jour le jour », explique Frat mat (…) le prix indicatif faisant place au prix garanti ».

Autre objectif du gouvernement, « réaliser 50% de l’offre mondiale contre 40% actuellement », relève Fraternité Matin.

Et « les planteurs (sont) les grands gagnants », estime, ce vendredi matin, Nord-Sud. Même si, pour eux, « l’heure n’est peut-être pas à la fête (…) ils ressentent forcément la nouvelle réforme comme un nouveau départ », affirme le journal, proche du Premier ministre et ministre de la défense Guillaume Soro.

Cacao : le board ivoirien

Nord-Sud explique que
« le nœud de la réforme, c’est que le système de vente par anticipation à la moyenne de 70 à 80% de la récolte sera rétabli pour minimiser les fluctuations des cours internationaux afin de garantir les prix payés bord champ ».

Le journal précise également que la nouvelle structure sera administrée « sur une base paritaire entre l’Etat et l’interprofession (producteurs et exportateurs), et va mettre en place un mécanisme de régulation des cours garantissant un prix minimum aux producteurs égal à 60% du prix Caf », c'est-à-dire du prix comprenant le coût, mais aussi les assurances et le fret.

Nord-Sud souligne enfin que «les avantages relatifs au Droit unique de sortie, accordés par l’Etat aux exportateurs et usiniers seront révisés ».

Quotidien proche du Président Alassane Ouattara, Le patriote n’évoque pas de
« grands gagnants » comme Nord-Sud, mais affirme plus sobrement que « Ouattara opte pour une meilleure rémunération des producteurs ».

Selon le journal, cette réforme « vise le renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence (…) le développement d'une économie cacaoyère et caféière durable (…) la sécurisation du revenu des producteurs (…) ainsi que l'amélioration de la commercialisation (…) et, en prime, une interprofession forte et assise sur des organisations de producteurs crédibles ».

Le Patriote précise aussi qu’il sera mis en place un « comité d'experts nationaux et internationaux ». Quand à la structure unique, elle sera administrée « sur une base paritaire entre l'Etat et l'interprofession ».

Commentaire du quotidien ivoirien : c’est un « signal fort que le président Ouattara, adepte de la bonne gouvernance vient de donner aux bailleurs de fonds ».

Côte d’Ivoire : concurrences législatives

Elections législatives en ordre dispersé en perspective en Côte d’Ivoire. Avec tout d’abord, à en croire la Une de Fraternité Matin, un « malaise au RHDP », le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix, c'est-à-dire la coalition des quatre partis composant la majorité présidentielle que sont le RDR, le rassemblement des républicains d’Alassane Ouattara, le PDCI, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire, de l’ex-Président Henri Konan Bédié, l’UDPCI, l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire d’Albert Toikeusse Mabri, et le MFA, le Mouvement des forces d’avenir d’Anaky Kobéna.

« Bédié a-t-il vendu le PDCI ? », se demande en Une Fraternité Matin, qui rapporte que « les militants du Pdci-Rda sont gagnés par un esprit de fronde. Ils accusent Henri Konan Bédié, leur président, d’avoir livré le parti, pieds et poings liés, au Rassemblement des républicains (…) Pour ceux-ci, la part belle accordée au Rdr dans le partage des candidatures est semblable à une offre publique d’achat.».

Pour L’Inter, le RHDP vole carrément « en éclats ». Le journal énonce qu’Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié ont eu hier « une rencontre à huis clos à l'issue de laquelle ils ont décidé de lâcher prise et d'ouvrir la compétition entre les différents partis politiques », contrairement à ce qu’avait prévu le RHDP, qui consistait en fait à offrir une prime au parti en tête dans chaque circonscription sur la base des résultats de la présidentielle. « Ce recul de Bédié et de son « jeune frère » Alassane Ouattara, est la conséquence de la grogne voire la fronde qui s'organisait au sein du Pdci », estime L’Inter.

Le Nouveau Réveil confirme. « Bédié autorise tous les candidats à compétir aux couleurs de leur parti », titre le journal proche du PDCI. « On est passé à côté d’une catastrophe », concède le quotidien, qui résume : « tous les chevaux sont désormais lâchés ».

Commentaire du Nouveau réveil : « Qui n’a en effet pas perçu le danger de voir une telle élection se dérouler avec un partage du territoire aux allures tribales et ethniques ? Si (Henri Konan Bédié) a pris la décision de rectifier rapidement le tir, c’est parce qu’il a, lui aussi, perçu le danger. L’Onu pourrait-elle certifier une élection pareille ? Déjà que la participation du Fpi et du Cnrd est incertaine, il ne fallait pas en rajouter en gonflant le nombre des recalés au sein même du Rhdp ».

mardi 20 septembre 2011

Interview, Elections législatives /Henri Konan Bédié tranche : “Le Pdci et le Rdr iront aux législatives en rangs dispersés”

Publié le mardi 20 septembre 2011 par le quotidien ivoirien |Le Mandat


Je pourrai diriger encore le Pdci et le Rhdp
Le président du Pdci-Rda, Henri Konan Bédié, s’est exprimé hier, lundi, sur Rfi. Le leader du Rassemblement des Houphouëtistes a, au cours de cet entretien, mis fin aux supputations sur la manière dont les partis membres du Rhdp devraient aborder les prochaines législatives. Pour le Sphinx de Daoukro, le Pdci et son allié du Rdr iront à ces échéances séparés mais pas opposés. HKB a aussi précisé qu’il pourra encore diriger le Pdci et le Rhdp, bien qu’il ait annoncé son dernier combat en 2010.

Président Henri Konan Bédié, bonjour ! Les législatives sont prévues le 11 décembre. Vos candidats et ceux du Rdr se lancent dans la bataille en rangs dispersés. Vous le regrettez ?
Non, nous allons à ces élections, Rdr et Pdci, en rangs dispersés et non en rangs opposés, puisque nous avons les mêmes objectifs quant à la reconstruction de la Cote d´Ivoire. Nous sommes partenaires du Rdr et des autres partis qui constituent, avec nous, le Rhdp.

Le projet de fusion évoqué durant le deuxième tour, lorsque vous avez apporté votre soutien à Alassane Ouattara, est-il toujours à l´ordre du jour ?
Le projet de fusion est toujours à l´ordre du jour, cela après les élections générales.

Avez-vous une date en vue ?
Je pense que c´est tard dans l´année 2012.
Qu´est-ce qui distingue les candidats Pdci des candidats Rdr, au-delà de leurs assises régionales respectives ?
Pas grand-chose en ce sens que nous avons un programme commun de gouvernement.

Vous avez dit que 2010 était votre dernier combat électoral à titre personnel. Avez-vous déjà désigné un successeur ?
Un successeur pour quoi faire ? Non, je pense que ce que j´ai dit ne s´applique pas au Pdci ni au Rhdp qui sont des partis politiques que je pourrai continuer à diriger, même après les élections, en cas de fusion des partis.

Vous allez donc, si nécessaire, faire campagne ?
Dans ma carrière, généralement, je ne suis jamais candidat. Je suis porté par les autres.

Il est néanmoins prévu que la Primature revienne à un responsable issu des rangs du Pdci à l´issue des législatives. Avez-vous une idée de la personne qui pourrait occuper ce poste ?
Non, de toutes façons, ce ne sont pas les compétences qui manquent en Côte d´Ivoire.

On parle beaucoup d´Ahoussou Kouadio Jeannot, le ministre de la Justice ...
Il ne faut pas personnaliser ce genre de chose. Pour ce poste, il y a beaucoup de compétences en vue.

En attendant, c´est Guillaume Soro qui est aux manettes. Il était indispensable de le
maintenir au poste de Premier ministre pour la stabilité du pays ?
Absolument ! Parce que Guillaume Soro est notre interface pour discuter avec les forces anciennement rebelles qui ont d´ailleurs libéré la Cote d´Ivoire. C´est lui notre interlocuteur pour mener le dialogue jusqu´à la totale reforme de l´Armée nationale.

Il se retrouve tout même en position de force parce que la stabilité du pays dépend largement de lui. Est-ce vraiment ça, pour une
République ?
Cela est fait dans la mesure où il est nommé par le président de la République.

Henri Konan Bédié, un processus de réconciliation est en cours en Côte d´Ivoire. Est-ce que vous pensez que le concept d´ivoirité qui est né durant votre mandat peut mettre à mal cet effort de reconstruction du pays ?
L´ivoirité n´a rien à voir avec la reconstruction du pays. L´ivoirité c´est l’entité nationale, l´entité culturelle, la personnalité culturelle de la Côte d´Ivoire. Cela n´a rien à voir avec tout ce qui a été brodé ou galvaudé autour du thème.

C’est un concept qui exclut et par la même occasion, ne favorise pas la réunion, l’unité et la réconciliation ...
C’était l’esprit autrefois mais pas maintenant. Tout le monde a compris maintenant ce que voulait dire le concept.

Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo a porté plainte pour tentative d’assassinat. Un juge a été nommé en France, quelle est votre réaction à cette plainte ?
Je laisse la justice faire son travail. Mais, je sais seulement que c’est grâce à l’insistance des dirigeants français que Laurent Gbagbo a été sorti de sa tanière la vie sauve.

Vous avez certainement entendu parler de la déclaration fracassante de Robert Bourgi qui prétend avoir sorti des mallettes d’argent de l’Afrique à Paris sous Jacques Chirac. Que pensez-vous de cet intermédiaire ?
Je connais Bourgi depuis des décennies. Il était à Abidjan tout jeune. Ce que je pense de la déclaration qu’il vient de faire, je le lui dirai quand je le verrai en face. Cependant, je n’approuve pas que l’on crache dans le verre où l’on a bu.

Cracher dans le verre, est-ce que ça voudrait dire que des chefs d’Etat lui ont rendu beaucoup de services ?
S’il a pu porter des mallettes d’argent comme il le dit, c’est que des chefs d’Etat ont écouté ses requêtes, sa demande.

Vous l’avez rencontré durant votre mandat. Il venait vous voir pour chercher des mallettes d’argent ?
Certainement pas! Quand j’étais président, la Côte d’Ivoire était sous ajustement structurel sévère et elle n’avait aucune ressource à dégager pour l’extérieur.

Le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly, a dit qu’effectivement Laurent Gbagbo avait versé trois millions d’Euros en liquide à Jacques Chirac. Cela vous surprend ?
Cette déclaration n’engage que Mamadou Koulibaly.
Retranscrite par
JERÔME N’DRI

Situation sécuritaire à Taï
Le grand commandement de l’Armée s’est réuni, hier
La situation sécuritaire dans le Sud-ouest est de plus en plus préoccupante après l’attaque perpétrée dans la nuit du jeudi 15 au vendredi 16 septembre dernier, dans le village de Ziriglo, proche de la grande forêt de Taï et qui a fait 23 morts. Une réunion de crise a rassemblé toute la hiérarchie militaire autour du ministre délégué à la Défense, Paul Koffi Koffi, le samedi dernier, pour analyser la situation. Hier, lundi 19 septembre, c’était au tour du grand commandement des Forces républicaines de Côte d’Ivoire, de la Gendarmerie, de la Police et des Forces impartiales présentes en Côte d’Ivoire de se concerter à l’état-major. Même si rien n’a filtré de cette rencontre présidée par le chef d’état-major, le général de division Soumaïla Bakayoko, on peut deviner aisément qu’il s’est agi de peaufiner les stratégies pour juguler cette situation d’insécurité grandissante dans l’ouest montagneux du pays et prévenir d’éventuelles attaques de l’extérieure. Des mesures vigoureuses sont en cours pour régler, une fois pour toute, cette épineuse question de l’insécurité dans l’ouest du pays qui devient un talon d’Achille pour le nouveau pouvoir. Samedi, un détachement mixte composé d’éléments des Forces républicaines et de la Gendarmerie a été dépêché à la frontière du Libéria. A l’issue de la rencontre de samedi, le ministre Paul Koffi Koffi avait rassuré les ivoiriens que l’identité des assaillants sera très bientôt connue.

JERÔME N’DRI

jeudi 8 septembre 2011

Démarrage des travaux du 3ème pont, hier - Alassane Ouattara immortalise Konan Bédié

Bientôt le « Pont Henri Konan Bédié » pour désengorger le trafic à Abidjan

Le président ivoirien Alassane Ouattara a donné mercredi le premier coup de pioche symbolisant le lancement des travaux d’un troisième pont à Abidjan, a constaté un correspondant de Xinhua sur place.

Le président Ouattara a dévoilé le nom de cet ouvrage qui sera baptisé « Pont Henri Konan Bédié » en hommage au président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), son allié du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) déposé par un coup d’Etat en 1999 après avoir succédé à feu Félix Houphouët- Boigny (premier président ivoirien 1960-1993).

Henri Konan Bédié a été l’initiateur de ce projet dont la première pierre a été posée en 1996 sans connaître de suite après l’appel d’offre remporté par la société française Bouygues dont une filiale relance les travaux.

Le pont Henri Konan Bédié est un pont à péage de 1,6 km qui va relier les quartiers de Cocody (nord-est) et Marcory (sud) sur près de sept kilomètres d’aménagement de voirie urbaine comportant un échangeur de trois niveaux, « le seul en Afrique de l’ouest », selon Alassane Ouattara.

Le pont, le plus long de Côte d’Ivoire, va permettre de réduire les encombrements « chroniques » sur les deux ponts reliant le sud et le nord de la capitale ivoirienne et d’améliorer le quotidien des Abidjanais.
Selon Olivier Bonin, président de Socoprim a annoncé 800 emplois sur deux ans et 200 emplois (environ 1.000 emplois directs et indirects)lorsque le projet sera achevé.
Le troisième pont d’Abidjan a un coût : 190 millions d’euros.

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Voici les caractéristiques du Pont Riviera-Marcory
L’ouvrage commence sur le Boulevard François Mitterand à hauteur de l’Ecole nationale de Police. Sur 2,7 km, il traverse Cocody pour arriver près du domicile de Mme Thérèse Houphouët-Boigny (à l’endroit précis où la cérémonie s’est tenue hier). Il traverse ensuite la lagune Ebrié sur environ 1600 m pour aboutir 2km après au boulevard Giscard d’Estaing avec un échangeur moderne de trois niveaux au carrefour de l’ancienne bâche bleue. L’ensemble du parcours correspond à 6, 7 km, a signifié Patrick Achi, ministre des infrastructures. Il s’agira d’un pont à péage dont la réalisation prendra 27 mois. Le pont Riviera-marcory présentera plusieurs avantages : le désengorgement du trafic des quartiers Nord d’Abidjan vers le Plateau et plus spécifiquement du Nord est (Cocody, 2 plateaux, Riviera-palmeraie jusqu’à Bingerville) vers les quartiers Sud et l’aéroport ; l’allégement sur les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général de Gaulle qui permettra leur réhabilitation ; enfin, la réduction d’une pollution de l’air de plus en plus importante dans Abidjan liée à l’accroissement des quantités de dioxyde de carbone produit par les gaz d’échappement des voitures dans les embouteillages.

mardi 4 janvier 2011

Descente de police au siège du RHDP (PDCI)

Des membres des forces restées fidèles à Laurent Gbagbo font une descente au siège du RHDP (PDCI)
La police ivoirienne a fait une descente à la maison du PDCI, l'un des quartiers généraux de campagne d'Alassane Ouattara pendant le second tour, mardi matin. Des coups de feu ont été tirés, et plusieurs militants ont été blessés.

La police ivoirienne a mené une opération coup de poing mardi matin vers 6 heures (locales) contre un des quartiers généraux du camp d'Alassane Ouattara.

La maison du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI, dirigé par Henri Konan Bédié, allié d'Alassane Ouattara), dans le quartier de Cocody-Ambassade, où étaient retranchés des militants depuis plusieurs semaines, a reçu la visite des forces de l'ordre, qui ont tiré plusieurs coups de feu en l'air.

Il y aurait au moins deux blessés et une dizaine d'arrestations. Selon des sources proches de la police, c'est Émile Guiriéoulou, le ministre de l'Intérieur du gouvernement de Laurent Gbagbo, qui en aurait donné l'ordre.
Le camp de Laurent Gbagbo accusait le local de servir de cache d'armes à ses adversaires.

La Maison du PDCI est avant tout le siège de l'ancien parti unique du père de la nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny. Après le premier tour de l'élection présidentielle ivoirienne et le ralliement de son leader, Henri Konan Bédié, à Alassane Ouattara, il est devenu l'un de ses quartiers généraux de campagne.
Source:Jeune Afrique

samedi 1 janvier 2011

Les raisons morales d’une action internationale Pro-Côte-d’Ivoire

Par CHRISTIAN FELIX TAPÉ (Photo)

CONSTATS DE FIN D’ANNÉE

Aujourd’hui plus que jamais, le monde assume ses fonctions de village global ; non plus seulement parce que ce qui touche les Grands se répercute sur le reste, mais surtout parce que les problèmes existentiels des plus petits comme la Côte-d’Ivoire ébranlent tout le monde. Ce type d’influence hérité entre autre de Yalta était appelé « rapports entre grands frères et petits frères » par le sociologue des relations internationales français Raymond Aron, en pleine logique de guerre froide. La guerre froide est terminée mais avec la globalisation, la civilisation de l’interdépendance s’est de plus en plus accrue à l’intérieur du système politique international et donc entre les Etats membres.

Jamais depuis la première guerre du golf contre l’invasion du Kuwait, le monde entier ne s’est autant mobilisé avec conviction pour contester un Chef d’Etat, comme il le fait contre Laurent Gbagbo. C’est impressionnant et ne peut laisser indifférent. C’est pourquoi il faut faire l’effort de chercher des clés de lecture au-delà de celle trop facile du complot pour mettre la main sur les richesses du pays. Il est bien connu de tous que le cacao de Côte-d’Ivoire, le pétrole, et les secteurs stratégiques de l’eau et de l’électricité, et le Port autonome sont déjà aux mains de groupes industriels étrangers, qui sont pour autant les catalyseurs de l’économie ivoirienne. Ils se sont intensifiés et ont consolidé leur implantation. Que reste-t-il à prendre ? Concrètement, sur le terrain, le pré carré colonial français n’a plus aucun primat. Alors la question n’est pas d’intérêt économique.

Sur la question de fond, depuis la proclamation des résultats du deuxième tour de la présidentielle, la Côte-d’Ivoire se retrouve divisée entre ce qu’on appelle désormais Pro-Gbagbo et Pro-Ouattara. La situation est d’autant plus grave qu’il manque un camp Pro Côte-D’ivoire. Qui est-il ? Quelle est sa fonction et de qui est-il composé ? Avant de répondre à ces questions, essayons brièvement de revisiter les deux autres antagonistes.

Le camp Pro-Gbagbo.

C’est le camp de La Majorité Présidentielle (LMP) sortante. Réuni autour du candidat Gbagbo Laurent, il berce l’idéologie encore mal définie de la « Refondation Socialiste » ; sa stratégie électorale fut axée sur le slogan assez explicite de « CANDIDAT POUR LA CÔTE-D’IVOIRE ET POUR L’AFRIQUE ». Donné perdant au vote par la CEI (Commission électorale indépendante), il est déclaré vainqueur par le Conseil constitutionnel. Fort de cette légitimation, il se réinstalle dans l’appareil d’Etat qu’il occupait déjà et renforce ses positions officielles.

Le camp des Pro-Ouattara

C’est le camp du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix) réuni autour du candidat Alassane Ouattara. C’est l’ensemble des partis politiques qui revendiquent l’héritage politique de feu Felix Houphouet Boigny. Cette formation reflète ce qui était déjà l’emblème du RDR (Rassemblement des Républicains) le parti dont Ouattara est le président, c’est-à-dire « VIVRE ENSEMBLE ». La CEI le donne vainqueur mais le Conseil constitutionnel le déclare perdant.

Naturellement il ya crise. Les deux Présidents proclamés précipitent les investitures pour éviter de laisser un vide que pourrait combler l’adversaire. Objectivement, c’est à partir de cet instant qu’il faut être attentif pour saisir et comprendre l’opportunité de l’existence d’un tiers Pro, un pro Côte-d’Ivoire. Le camp pro Gbagbo déjà suffisamment assis dans les structures de haute responsabilité de l’Etat si accroche. Il y est depuis dix ans ; c’est lui qui y a nommé les différents responsables aux emplois civils et militaires. Ce sont les prérogatives étouffantes de l’anormal système présidentiel où croupit l’Etat et qui fut dénoncé même par les deux candidats durant leur débat face-à-face.

Aussitôt après, les officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité font allégeance à Gbagbo Laurent, l’un des Présidents élus, sous la vigilance de la télévision publique et du protocole d’Etat. Du coup, le camp pro Ouattara est sorti de la République et coincé à l’Hôtel du Golf dénommé avec suffisamment de mépris et de sarcasme République hôtelière du Golf. Cette attitude est une constante des Réfondateurs depuis leur accession à la tête de l’Etat et consiste à considérer et à définir hors de la république quiconque s’illustre par des comportements qu’ils jugent peu patriotiques.

Sorti de la République, non seulement Alassane Ouattara n’existe plus pour la télévision publique, mais les milliers d’ivoiriens du RHDP aussi ont cessé d’être des citoyens ivoiriens. Lorsqu’on parle de ce camp pro Ouattara, c’est pour condamner les crimes qu’il perpètre et les violations de droit dont il se rend coupable ; le pays est divisé selon les stratégies de la RTI en deux camps diamétralement opposés : les pros Gbagbo victimes de barbarie, les pros Ouattara inexistants, sans droit à l’information avec la circonstance aggravante du vol des résultats de l’élection présidentielle. Désormais tout ce qui est mauvais ne peut être que l’œuvre de ce camp banni. L’information officielle devient malheureusement à sens unique. Mais Dieu merci, le bouche à oreille et internet font découvrir des choses que la télévision publique tente de cacher et de démentir. Mais on sait quand même tout parce que le monde n’est plus fermé. Sur des chaînes étrangères suspendues en Côte-d’Ivoire, sont organisés des débats contradictoires, que la RTI reprend sans vergogne à peine elle y détecte des positions qui convergent en faveur du camp pro Gbagbo. Pour pouvoir s’exprimer librement, les pro Ouattara doivent chercher une chaîne étrangère.

En présence d’une pareille situation honteusement rétrograde comment peut-on rester insensible.
En présence d’une aussi gigantesque violation des droits fondamentaux des citoyens, face à un régime qui se « soviétise » sans cesse comment peut-on rester insensible ?

Voilà le fondement moral qui interpelle toute conscience sensible et responsable. Civile ou politique, ivoirienne ou étrangère qu’elle soit.

Le tiers pro : le camp pro Côte-d’Ivoire

C’est le camp de la justice, de la reconnaissance et du respect des droits fondamentaux des gens. C’est le camp des amoureux de la bonne gouvernance, le camp de ceux qui considèrent plus le droit de l’individu que son origine ou sa race, qui reconnaît le droit à la différence et la liberté de vote. Dans le cas d’espèce, c’est le camp de ceux qui ne peuvent supporter que les pro- Ouattara soient privés de leurs droits, et n’accepte pas que la Côte-d’Ivoire rétrograde. Cette descente aux enfers, la RTI, télévision publique, n’aurait jamais dû l’autoriser. En choisissant son camp, elle a renoncé à être le chien de garde, l’œil du peuple sur le pouvoir. Elle s’est mise au service du régime. Le Conseil constitutionnel a agi à dessein. Ce même Conseil qui a validé les résultats du premier tour en ignorant visiblement que le nombre des votants et celui des inscrits concordaient seulement en deux régions sur dix –neuf. C’est aujourd’hui ce Conseil qui légitime les agissements du régime contre une partie du peuple. Voilà pourquoi la communauté internationale ne peut rester indifférente. Assister impuissante face à ce qui arrive équivaudrait à une démission, à abandonner cette partie du peuple à la merci du régime. Son intervention est humanitaire, morale ; la souveraineté ne peut prévaloir sur la vie et le droit des humains.

Le bâton et la carotte

Et l’expérience a démontré que pour que les sanctions internationales fonctionnent, il faut que l’alternance entre les sanctions économiques et la punition militaire soit effective et que celui qui est sous le coup de la punition ait la certitude de l’attaque militaire.

L’exception qui confirme la règle

Depuis que la Côte-d’Ivoire a deux Présidents et donc deux gouvernements, la RTI comme dit ci-dessus et depuis lors, a choisi son camp et en est devenu orgueilleusement la caisse de résonnance. Pour s’en défendre, ses agents n’arrêtent de se consoler en se félicitant chaque jour pour le travail nationaliste et patriotique qu’ils font ; qui ont-ils la préoccupation de convaincre s’ils sont convaincus de bien remplir leur rôle?

Peut-être savent-ils bien au contraire qu’un organe d’information n’a pas de mission ni patriotique ni nationaliste. Il n’a qu’une mission sociale d’information comme service public et rien d’autre. Bref ! Depuis le début de la crise, pour la première fois, la RTI se fait violence pour couvrir un évènement présenté comme une initiative patriotique des jeunes du PDCI. Ainsi, voici le PDCI, l’allié du diable d’hier qui s’efforce de revenir à la raison sous les réflecteurs de la télévision publique. Mais la supercherie n’est pas difficile à déceler. Les pauvres délégués timidement instruits ne se démontrent pas plus à l’aise que Charbovari de Flaubert car ils ne sont pas authentiques. Ils parlent de paix, de Houphouët, et de main tendue de Gbagbo. De façon désarticulée. C’est triste et déplorable. Seuls les esprits faibles et mesquins croient qu’en ce moment précis, les leaders du PDCI soient disposés à entreprendre ce type d’initiative en dehors du RHDP. Le Président Bédié pour le Parti et KKB pour les jeunes du Parti, n’en auraient aucune excuse.
Bonne et heureuse année 2011

CHRISTIAN FELIX TAPE

jeudi 30 décembre 2010

Abidjan entre espoir et tensions, Blé Goudé menace

Charles Blé Goudé, chef des Jeunes patriotes pro-Gbagbo, a menacé mercredi de déloger Alassane Ouattara et Guillaume Soro, retranchés dans l’hôtel du Golf à Abidjan. La Cédéao compte quant à elle sur une nouvelle médiation lundi prochain.

La tension s’accroît à Abidjan. Les pro-Gbagbo veulent déloger leurs rivaux de leur QG, l’hôtel du Golf. Charles Blé Goudé, chef de file des Jeunes patriotes, a en effet exhorté ses troupes à se tenir prêtes, mercredi. « Je demande aux jeunes de Côte d’Ivoire de s’apprêter. Que les troupes aux mains nues s’apprêtent à récupérer Soro au Golf », a-t-il lancé. Guillaume Soro, à la tête des nordistes lors de la guerre civile de 2004 et ancien chef du gouvernement de Gbagbo, a été nommé Premier ministre par Alassane Ouattara. Les deux hommes sont actuellement retranchés dans un hôtel de la capitale économique, protégés par un millier de casques bleus. Charles Blé Goudé a fixé l’ultimatum au 1er janvier, laissant ainsi plané la menace de la violence, même s’il ne parle pas d’intervention armée.

Cette situation inquiète. Les Etats-Unis ont dépêché sur place des experts américains sur place pour étudier la possibilité d’évacuer les ressortissants américains en cas d’aggravation. L’équipe doit également examiner les dégâts infligés à l’ambassade des Etats-Unis par une roquette RPG tombée dans le périmètre de la mission le 16 décembre lors d’une marche des partisans d’Alassane Ouattara, président légitime aux yeux de la communauté internationale.

Nouvelle médiation le 3 janvier
Pourtant, la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ne fermait pas complètement la porte aux négociations. « Quand il y a un désaccord, c’est le dialogue qui peut le régler. Et le dialogue est en cours », a souligné Goodluck Jonathan, président du Nigeria et de la Cédéao. Une délégation doit se rendre à Abidjan lundi prochain pour une nouvelle tentative de médiation. « L’issue de cette seconde visite déterminera la suite », a estimé Goodluck Jonathan.

Mardi, les chefs d’Etat du Cap Vert, Pedro Pires, de la Sierra Leone, Ernest Koroma, et du Benin, Boni Yayi, ont rencontré Laurent Gbagbo et lui ont posé un ultimatum. Le président sortant doit reconnaître la victoire de son rival Alassane Ouattara et se retirer. Aucun délai n’a été précisé, offrant à Gbagbo un répit, alors que la Cédéao avait évoqué l’utilisation de la force. Ce dialogue semblait apaiser les esprits. Charles Blé Goudé avait en effet reporté un rassemblement pour donner une chance à la paix. La même personne, le lendemain, parle de passer à l’action. La Côte d’Ivoire balance toujours entre l’espoir d’un règlement pacifique et recours à la force.

Parallèlement, l’ancien président socialiste du Conseil constitutionnel, Roland Dumas, ainsi que l’avocat Jacques Vergès se sont envolés mercredi soir pour Abidjan, où ils devaient atterrir jeudi matin, indique Le Parisien . L’ancien ministre des Affaires étrangères sous Mitterrand a été engagé par le président sortant de la Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, pour défendre ses positions. Une attitude qui vient à l’encontre de celle de la France, et de la communauté internationale, qui soutient Alassane Ouattara, et qui risque donc de gêner le Parti socialiste. Sur TF1 News, le député Pierre Moscovici « regrette profondément » cet engagement aux côtés de Laurent Gbgabo. « Quant à Dumas, je regrette qu’il prête son talent à ça », ajoute l’élu du Doubs.

lejdd.fr

mardi 28 décembre 2010

Le général Doué Mathias a-t-il été assassiné depuis 2005 ?


En exclusivité Connectionivoirienne.net vous donne cette information reçue d’un groupe d’Ivoiriens et Ivoiriennes agissant sous le couvert de « Collectif des vrais amis et parents du général Doué Mathias ». Une information renversante qui fait froid dans le dos et qui prend les allures d’une véritable bombe atomique dans le marécage politico-militaire en Côte-d’Ivoire. Une « élite » politico-militaire embourbée depuis le 28 novembre dernier dans un conflit sanglant qui fait craindre le pire. Conflit principalement créé par le refus du président sortant Gbagbo Laurent de reconnaitre sa défaite électorale.


Depuis novembre 2004, personne n’a vu une nouvelle image ni une photo récente de lui. Son épouse intervient souvent en son nom, beaucoup de gens parlent en son nom et prétendent l’avoir souvent au téléphone, mais tout porte à croire qu’il y a une grande manipulation en l’air entretenue par le camp Gbagbo pour masquer l’assassinat dont Doué Mathias aurait été l’objet depuis 2005, dans les sous sols de la présidence ivoirienne. De bonnes sources, c’est ce qui expliquerait le soutien désespéré de l’actuel Chef d’État Major Philippe Mangou à Gbagbo, un Philippe Mangou témoin ou sachant de cet assassinat du général Doué Mathias. Aux genéraux « Si je tombe, vous tombez avec moi » avait bien prévenu Laurent Gbagbo lors du cinquantenaire de la Côte-d’Ivoire, d’autant plus que Mangou est devenu chef d’État major au prix de la trahison de son patron, et alors qu’il n’avait pas gagné la bataille de la Dignité en 2004. Après une défaite le voici promu. Et quand il part voir le général Doué à l’hôpital, il rassure que l’homme est en bonne santé, mais depuis lors plus aucune image ni photo du général. Même l’interview qu’il avait faite sur RFI en décembre 2004, l’avait été sous les auspices de ses assassins, qui avant de passer à l’acte avaient voulu donner une preuve de vie. Par ailleurs les différentes déclarations prêtées à Doué tantôt au Nigeria, tantôt repéré au Ghana, seraient l’œuvre des officines de propagande du régime Gbagbo. La preuve est que le président du CRI, un certain Bah Enoch, du mouvement pro Doué et pro Ado, vient de rallier à nouveau Gbagbo après avoir été envoyé en espionnage auprès du RDR. Le pouvoir avait fait semblant de le traquer avant de le laisser agir et approcher le RDR pour avoir les infos. Mais ce soi disant proche de Doué est aujourd’hui retourné à la LMP et n’est pas capable de dire où se trouve Doué Mathias. En clair dans les services ivoiriens, quelqu’un est entrain de se faire passer pour Doué Mathias alors que l’homme a été exécuté et assassiné, selon une hypothèse des plus crédibles. Partie aux USA, avec enfants et munie de passeports officiels, son épouse serait aux frais de la République, via Laurent Gbagbo. Les tenants de cette thèse, assurent que si DOUÉ MATHIAS n’est pas mort et n’a pas été assassiné, comme il n’est pas plus recherché que Ben Laden, ni plus que le sergent chef IB, on devrait pouvoir le filmer et l’interviewer ces jours-ci, sans pour autant l’obliger à prendre position dans la situation sociopolitique aigüe de l’heure. Il s’agira de donner une preuve de vie, comme pour tous les otages. Pour un homme libre de ses mouvements, et en vie, cela ne devrait pas être difficile. N’est-ce pas ? Alors où est passé Doué Mathais? Mangou peut-il nous dire où se trouve son « père » qu’il disait être en lieu sûr quand il est parti le voir à l’hôpital en 2004 ?

Avec Le Collectif des vrais amis et parents du général Doué Mathias en Côte-d’Ivoire

Source: Connectionivoirienne.net Par Gbansé Douadé Alexis | Directeur de Publication

lundi 27 décembre 2010

Retrouvons-nous

Venance Konan – L’Inter

Par-delà nos différences idéologiques, plus souvent factices que réelles, par-delà nos cheminements individuels, par-delà nos engagements passés et présents, nous devons nous retrouver autour de la question essentielle de la survie de notre pays. Car il ne faut pas nous voiler la face : notre pays est en danger. Lorsque le président Bédié était au pouvoir, c’est-à-dire il y a une dizaine d’années, une étude prospective avait été menée pour voir ce que serait notre pays en 2025. 2025, c’est dans quinze ans. Et cette étude avait montré que deux dangers mortels menaçaient la Côte d’Ivoire. Il s’agissait de la question de la nationalité, et de celle de la mauvaise gouvernance. Ce scénario catastrophe avait été baptisé « la chauve-souris étranglée. » Et nous sommes en plein dans ce scénario. Depuis dix ans, nous n’avons pas été capables de trancher cette question simple : qui a droit à la nationalité ivoirienne et qui n’y a pas droit ? Et aujourd’hui, cette question se pose avec plus d’acuité, au moment de la confection des listes électorales et des cartes d’identité. Et les mots employés font peur. On parle de désinfecter. On désinfecte une maison de ses cafards, de ses cancrelats, de ses mouches, de ses souris. Cafards, cancrelats. Ces mots ne vous rappellent rien ? Le Rwanda. En 1999, nous avons chassé quelque 10 000 « Burkinabé » de la région de Tabou, au motif que deux d’entre eux auraient tué un « fils authentique de la région ». Et la loi traditionnelle voudrait qu’en cas de meurtre, le coupable soit banni pendant sept ans. On a considéré que tous ceux qui de près ou de loin ressemblaient à ces meurtriers présumés étaient coupables. On a chassé dix mille personnes de la région de Tabou. Dans la foulée, on a chassé les pêcheurs Bozos qui se trouvaient sur nos lacs, ainsi que les pêcheurs ghanéens et togolais qui se trouvaient sur nos mers. En 2005, à Alépé, ce sont les populations venues du Zanzan, une région de Côte d’Ivoire, qui étaient traitées d’étrangères, et chassées des plantations qu’elles occupaient. A l’ouest, c’est régulièrement que les populations venues du centre ou du nord sont harcelées dans leurs plantations, quand celles-ci ne leur sont pas tout simplement arrachées. En octobre dernier, lors d’un meeting à Koumassi, Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale posait ces questions : « Est-ce que pour construire ce pays, il n’est pas bon qu’on s’asseye et qu’on dise que si Mamadou est à Béoumi, sa maison, sa femme et ses enfants sont à Béoumi, peut-être même qu’il a épousé une femme de là-bas, on ne peut pas le chasser, on ne peut pas le tuer, est-ce que ce n’est pas mieux qu’on dise que comme son nom est sur la liste et qu’il veut voter, il n’a qu’à prendre, et nous, on continue tranquillement notre histoire ? » Et moi, je lui répondis quelques jours plus tard, dans ces mêmes colonnes : « Il est aujourd’hui temps de se poser, avec Koulibaly, ces simples questions : est-il encore étranger, celui-là qui est né ici, qui a toujours vécu ici et qui continue de vivre ici ? Est-il encore étranger, celui-là dont le grand-père est enterré dans ce pays et qui ne se connaît d’autre pays que celui-ci ? Nous nous enorgueillissons d’avoir dans notre population plus de 25% d’étrangers, signe de notre hospitalité, pensons-nous. Nous n’avons pas compris que lorsque l’on a une telle proportion d’étrangers, cela veut simplement dire que l’on n’a pas su intégrer. Et qu’il est illusoire de vouloir écarter un quart de sa population du jeu politique. Nous avons voulu le faire. Une partie de ce quart a réclamé sa place dans le jeu politique. Par les armes. Et elle l’a eue. Continuer dans la même voie, c’est faire preuve d’une criminelle cécité. Mamadou Koulibaly a posé la bonne question : qu’est-ce que je perds en donnant la nationalité ivoirienne à celui-là qui a toujours vécu à mes côtés, qui a aussi contribué à bâtir ce pays dont je suis si fier ? Rien. Nous n’avons aucune possibilité de le faire partir chez lui. Parce que chez lui, c’est ici. Qu’est-ce que je gagne en l’intégrant pleinement à notre société ? Je gagne un nouveau compatriote. Cela ne changera rien au nombre d’habitants de ce pays. Puisqu’il était déjà là. Mais il y aura un nouvel homme qui ne vivra plus avec cette stigmatisation d’être étranger. » Par delà nos différences idéologiques qui en réalité n’en sont pas, par delà nos cheminements individuels, et loin de toute invective ou accusation stérile, retrouvons-nous autour du seul combat qui en vaille la peine : celui de la survie de notre pays. Unissons tous nos efforts pour sauver ce pays nôtre. Nous ne pouvons pas nous laisser distraire par cette xénophobie d’arrière-garde, au moment où nous vivons dans l’obscurité, où nous ne faisons plus qu’un seul repas par jour, où nos petits frères et nos enfants ne savent pas quoi faire de leurs diplômes. Ne nous épuisons pas dans des combats inutiles. Retrouvons-nous, nous qui nous reconnaissons encore dans notre hymne national qui parle de fraternité, de pays de l’hospitalité.

Venance Konan email : venancekonan@yahoo.fr

dimanche 21 février 2010

Côte d'Ivoire : réunion prévue en urgence pour "débloquer" la situation


OUAGADOUGOU — Une réunion des principaux dirigeants ivoiriens se tiendra "en urgence" pour "débloquer" la situation politique, selon un communiqué publié dimanche à l'issue d'une rencontre du médiateur, le président burkinabè Blaise Compaoré, avec les deux chefs de l'opposition.

Preuve de l'impasse actuelle née de la dissolution du gouvernement et de la commission électorale par le président Laurent Gbagbo le 12 février, l'opposant et ancien chef de l'Etat Henri Konan Bédié a affirmé que la participation de l'opposition au prochain cabinet, attendu lundi, n'était "pour le moment pas envisagée".

MM. Compaoré, Bédié et l'ex-Premier ministre Alassane Ouattara, qui se sont entretenus à Ouagadougou, "ont reconnu la gravité de la situation" en Côte d'Ivoire et "appelé au respect de l'Accord politique de Ouagadougou" signé en 2007, indique le communiqué final.

Selon eux, la "mise en oeuvre intégrale" de l'accord "devrait permettre d'organiser le plus rapidement possible l'élection présidentielle en Côte d'Ivoire", reportée depuis la fin du mandat du président Laurent Gbagbo en 2005.

"Ils se sont accordés, après consultation des membres du Cadre permanent de concertation (CPC, qui comprend ces trois dirigeants, M. Gbagbo et le Premier ministre Guillaume Soro, ndlr), pour la tenue en urgence d'une réunion en vue de trouver des solutions permettant le déblocage de la situation", ajoute-t-on.

Cette réunion aura pour objectif de "préserver les acquis et de remettre le processus électoral en marche".

"Nous allons projeter dans les jours à venir en urgence une réunion pour aborder cette question de fond du processus électoral dans la semaine", a précisé M. Compaoré.

Le climat politique ivoirien est très tendu depuis la double dissolution.

Toute la semaine, des manifestations d'opposants se sont tenues à travers le pays, parfois émaillées de violences. Cinq personnes sont mortes vendredi à Gagnoa (centre-ouest) lors de la répression d'une protestation par les forces de l'ordre.

Annoncée pour lundi, la formation du cabinet de M. Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), a été bloquée par l'opposition, qui conditionne son retour au "rétablissement immédiat" de la Commission électorale indépendante (CEI), accusée par le camp Gbagbo de "fraude" sur la liste des votants.

Interrogé sur une participation au gouvernement de son Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI) et du Rassemblement des républicains (RDR) de M. Ouattara, M. Bédié a déclaré que "pour le moment, cela n'est pas envisagé, étant donné que les consultations ont lieu là-bas au pays sur cette question".

Le médiateur a souhaité que "des ententes puissent être établies et que toutes les parties, surtout (celles qui sont) signataires de l'accord de Marcoussis (France, 2003), puissent être présentes dans ce gouvernement".

L'accord de Ouagadougou endosse celui de Marcoussis qui avait abouti à la formation d'un gouvernement d'"union nationale" incluant l'opposition.

Les derniers développements ont renvoyé à une date indéfinie le scrutin présidentiel, censé permettre de clore la crise née du coup d'Etat manqué de 2002, qui a coupé le pays en deux.

Le chef d'état-major rend l'opposition responsable des violences à Gagnoa


Les manifestations sont quotidiennes depuis une semaine. Ce vendredi 19 février, pour la première fois, l'une d'elles a basculé dans le sang. A Gagnoa, dans le centre-ouest du pays, au moins cinq personnes ont été tuées et neuf autres blessées dans des affrontements avec les forces de l'ordre, qui ont ouvert le feu sur les manifestants. Le chef d’état-major des armées ivoiriennes a rendu l'opposition « responsable » des événements de Côte d’Ivoire.

C’est le général Philippe Mangou qui a donné, vendredi 19 février au soir, à la télévision, le macabre bilan de la manifestation de l’opposition à Gagnoa : cinq morts et neuf blessés.


Avant de présenter ses condoléances aux familles des victimes, le chef d’état-major des armées ivoiriennes a rendu l'opposition « responsable » des événements de Côte d’Ivoire.

Depuis une semaine, en effet, les principaux partis de l’opposition contestent la dissolution, par le président Gbagbo, et du gouvernement, et de la Commission électorale indépendante, chargée d’organiser les élections attendues depuis cinq ans.

Le chef d’état-major s’est montré menaçant envers la coalition d’opposition, et notamment son porte-parole, qui avait appelé les Ivoiriens à s’opposer « par tout moyen, à la dictature ».

Philippe Mangou a lancé un avertissement aux personnes qui s’obstineraient à vouloir « installer le désordre dans le pays et à mettre le feu et le sang ». Elles ne sortiront pas du territoire national.

L’opposition qui, depuis le 12 février, date de la double dissolution décidée par le président Gbagbo, ne reconnaît plus ce dernier comme chef de l’Etat, et demande à présent sa démission.

L’ancien président Bédié invite ses militants et sympathisants à faire « barrage à la dictature ». Et l’ex-Premier ministre Alassane Ouattara lance un appel au Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il cesse de reconnaître Laurent Gbagbo comme chef de l’Etat de Côte d’Ivoire.

jeudi 18 février 2010

Côte d'Ivoire: Soro obtient 48 heures de plus pour former son gouvernement

Le président ivoirien Laurent Gbagbo (D) et le Premier ministre Guillaume Soro le 18 février 2010 à Toumodo
YAMOUSSOUKRO — Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a déclaré jeudi avoir obtenu du président Laurent Gbagbo "48 heures supplémentaires" pour former le nouveau gouvernement, attendu depuis la dissolution vendredi du précédent cabinet par M. Gbagbo.

"Le chef de l'Etat a montré sa bonne volonté et a bien voulu accorder les 48 heures supplémentaires (demandées) pour que le Premier ministre puisse finaliser le gouvernement", a affirmé M. Soro à la presse, après une séance de travail avec M. Gbagbo dans la capitale politique Yamoussoukro.

"Nous ferons tout ce qu'il faut pour que personne ne soit laissé de côté, pour que la Côte d'Ivoire renoue avec la tranquillité", a-t-il lancé, insistant sur son objectif d'"un compromis, un consensus dans la mise en place du gouvernement".

"Nous allons continuer les discussions et je demande aux Ivoiriens de garder non seulement la sérénité mais l'espoir", a ajouté M. Soro.

La formation du cabinet achoppe sur la question de la participation de l'opposition, qui a conditionné son retour à un "rétablissement" de la Commission électorale indépendante (CEI) également dissoute.

Des manifestations d'opposants, parfois émaillées de violences, se sont poursuivies jeudi dans plusieurs villes du pays.

Des jeunes de l'opposition manifestent dans plusieurs villes de la Côte d'Ivoire



Alors que l'on attend toujours l'annonce de la composition du nouveau gouvernement , les manifestations se multiplient, en Côte d'Ivoire, contre la dissolution du gouvernement et de la commission électorale, décidée, en fin de semaine dernière, par le président Gbagbo. Plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans certains quartiers d'Abidjan, tout comme à Yamoussoukro, la capitale, ou dans d'autres villes de l'intérieur.
A la mi-journée, beaucoup de mouvements de colère se poursuivaient encore dans le pays. Ce mercredi matin, 17 février à Abidjan, des manifestants s'en sont pris à des bus, selon l'AFP, dans les quartiers de Treichville, Marcori et Koumassi où des jeunes ont barré des rues avec des blocs de ciment et mis le feu à des pneus.
La tension était forte à Yamoussoukro où le rassemblement a eu lieu dès 6 heures du matin, avant de converger vers le palais présidentiel. Des incidents auraient alors éclaté. Selon des témoins, les forces de l'ordre ont fait usage de leurs matraques et de gaz lacrymogène. Il y aurait plusieurs blessés.
Des mouvements de protestation ont eu lieu également dans plusieurs autres villes du pays. La plupart du temps, dans un calme qu'on peut qualifier de « relatif ».
Latifa Mouaoued/RFIA Dimbokro, dans le Centre, la localité a été déclarée ville morte par les manifestants.Les écoles, les magasins, le marché sont restés fermés. Selon un participant, des jets de pierre auraient été lancés contre les bureaux du FPI (Front populaire ivoirien), le parti du président Gbagbo.
Du côté de Bondoukou, dans le Nord-Est, les protestataires ont barré les principales rues de la ville. Des représentants de l'opposition ont été reçus par le préfet. Ils ont promis de continuer la manifestation jusqu'à ce que Laurent Gbagbo quitte le pouvoir.
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