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samedi 1 décembre 2012

L'intégralité de la Conférence de presse du président Alassane Ouattara au terme de sa visite dans le Zanzan

Publié le samedi 1 decembre 2012 par le quotidien: Le Patriote
 Conférence de presse du chef de l’Etat avant son depart du zanzan Alassane Ouattara depuis Bondoukou : “La déstabilisation ne passera pas en Côte d’Ivoire”

Le Chef de l’Etat, Alassane Ouattara, était face à la presse, hier après-midi pour faire le point de sa tournée dans le District du Zanzan. Cette rencontre, qui a eu lieu peu avant que le Président de la République ne quitte la capitale de la région du Gontougo, a été l’occasion pour lui de faire la lumière sur les préoccupations des journalistes portant sur le bilan de la visite, la réconciliation nationale, les actions de développement du Gouvernement et le fonctionnement de l’alliance RHDP. Le chef de l’Etat, qui s’est félicité du bon déroulement de cette visite a souligné que celle-ci a été riche car ayant permis de toucher les réalités d’une région sinistrée. En plus de lui avoir permis d’écouter les populations, elle a également servi à mesurer l’ampleur des premières actions qui préfigurent la réalisation des promesses de campagne pour réduire la pauvreté et améliorer les conditions de vie des populations dans un environnement sociopolitique apaisé. Nous vous proposons l’intégralité de cette conférence de presse.

Propos liminaires

Monsieur le ministre d’Etat,
Monsieur le ministre chargé des Affaires présidentielles,
Madame, messieurs les membres du gouvernement,
Chers amis de la presse,
Madame et Messieurs,

Nous voilà au terme de notre séjour dans le district du Zanzan. Un voyage enrichissant et émouvant. Nous sommes restés du mardi au vendredi, donc quatre journées pleines. Nous avons visité tous les départements du Bounkani et ceux du Gontougo : au total neuf départements. Nous avons rencontré les populations et écouté leurs doléances.
Nous avons également, ensemble, pu faire le point de la situation dans notre pays. J’ai été très ému de constater que beaucoup d’entre elles me disent que les choses ont commencé à s’améliorer. La situation et les conditions de vie vont s’améliorer davantage dans les prochains mois, puisqu’avec le Programme présidentiel d’urgence nous avons prévu de réparer les pompes hydrauliques pour donner de l’eau potable.
Que ce soit au niveau urbain qu’au niveau villageois, nous essayons d’améliorer le circuit d’électricité, de réhabiliter les écoles, les centres de santé, de donner des tables, des kits scolaires. Bref, il y a une légère amélioration. Je note que cela fait dix mois que nous avons mis en place ce programme et qu’on ne peut pas faire tout ce qu’il faut en dix-huit mois.
Mais dans un an ou deux, il n’y aura plus de problèmes d’eau potable dans les localités concernées. Nous aurons réglé les problèmes d’électricité, construit de nouvelles écoles et la vie sera bien meilleure pour nos parents du Zanzan. Je le dis parce que le Zanzan a été la région qui a été la moins lotie de nos différentes régions, puisque le taux de pauvreté est le plus élevé, le taux de scolarité est le plus faible, peu de médecins, peu de sages-femmes.

mercredi 14 mars 2012

Le Président Ouattara ministre de la défense dans un gouvernement des 40

Un nouveau gouvernement ivoirien de 40 membres a été formé, hier mardi. La quasi-totalité des ministres sortants est reconduite, 6 nouveaux postes sont créés dont 5 détachés à la présidence pour diverses fonctions, le chef de l’État Alassane Ouattara occupe la défense, son jeune frère Téné Ibrahima Ouattara est nommé ministre chargé des affaires présidentielles. L’entrée de monsieur Téné Ouattara dans le gouvernement est une primeur dans l’histoire de la Côte-d’Ivoire.
Ce gouvernement, qui ne comporte pas de cadre de l’opposition, se présente comme suit:

1- Premier Ministre, Garde des sceaux, ministre de la justice : Ministre de la Justice : Me Jeannot Kouadio AHOUSSOU
2- Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur : Hamed BAKAYOKO
3- Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères : Daniel Kablan DUNCAN
4- Ministre d’Etat, Ministre de l`Emploi, des Affaires sociales et de la Solidarité : Gilbert Kafana KONE
5- Ministre d’Etat, Ministre du Plan et du Développement : Albert Toikeusse MABRI
6- Ministre d’Etat, Ministre de L’Industrie : Moussa DOSSO
7- Ministre de l’Economie et des Finances : Charles Koffi DIBY
8- Ministre des Infrastructures Economiques : Patrick ACHI
9- Ministre des Mines, du Pétrole et de l’Energie : Adama TOUNGARA
10- Ministre de la Santé et de la lutte contre le SIDA : Prof. Thérèse Aya N`DRI-YOMAN
11- Ministre de l’Education Nationale : Kandia Kamissoko CAMARA
12- Ministre de la Fonction Publique et de la Reforme administrative : Konan GNAMIEN
13- Ministre de l`Artisanat et de la Promotion des PME : Sidiki KONATE
14- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : CISSE Ibrahima
15- Ministre des Ressources Animale et Halieutiques : Kobena Kouassi ADJOUMANI
16- Ministre de l’Agriculture : Mamadou Sangafowa COULIBALY
17- Ministre du Commerce : Dagobert BANZIO
18- Ministre de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : Albert FLINDE
19- Ministre chargé des Droits de l`Homme et des Libertés publiques : Gnénéma COULIBALY
20- Ministre de la Culture et de la Francophonie : Maurice Kouakou BANDAMA
21- Ministre de la Famille, de la Femme et de l`Enfant, porte parole-Adjoint du Gouvernement : Mme Raymonde Goudou COFFIE
22- Ministre de la Communication : Souleymane Coty DIAKITE
23- Ministre de l’Environnement et du Développement durable : Remi Kouadio ALLAH
24- Ministre du Tourisme : Charles Aké ATCHIMON
25- Ministre de la Construction, de l`Assainissement et de l`Urbanisme : Mamadou SANOGO
26- Ministre des Sports et Loisirs : Philippe LEGRE
27- Ministre de la Poste et des Technologies de l`Information et de la Communications, Porte-parole du gouvernement : Bruno Nabagné KONE
28- Ministre des Transports : Gaoussou TOURE
29- Ministre des Eaux et Fôrets : Clément Bouéka NABO
30- Ministre chargé de l`Intégration africaine : Adama BICTOGO
31- Ministre de la Promotion de la Jeunesse et du Service Civique : Alain Michel LOBOGNON
32- Ministre de la Promotion du Logement : Mme Nialé KABA
33- Ministre chargé des ex-Combattants et des Victimes de guerre : Mathieu Babaud DARRET
34- Ministre de la Salubrité urbaine : Anne Désirée OULOTO
35- Ministre délégué auprès du Premier ministre, Garde des sceaux, ministre de la justice, chargé de la Justice: Matto Loma Cissé
Au, titre de la présidence de la République, l’on note les nominations suivantes :
1- Ministre d’Etat, Secrétaire général de la Présidence de la République : Amadou Gon Coulibaly
2- Ministre, Directeur de cabinet du Président de la République : marcel Amon Tanoh
3- Ministre chargé des affaires présidentielles : Téné Ibrahima Ouattara
4- Ministre auprès du Président de la République chargé de la défense : Paul Koffi Koffi
5- Ministre auprès du Président de la République chargé des relations avec les Institutions de la République: Albert Agré

jeudi 26 janvier 2012

Côte d'Ivoire: Ouattara veut "protéger les minorités" (L'Express.fr)

Propos recueillis par Vincent Hugeux, publié le 25/01/2012 à 12:40, mis à jour à 17:23

REUTERS/Fred Dufour/Pool

En exclusivité pour L'Express, le chef de l'Etat ivoirien en visite en France ce mercredi répond point par point aux griefs que suscite son action. 

La réconciliation
Elle ne devient réalité que lorsque les uns et les autres se sentent en paix et en sécurité. Il faut avant tout améliorer les conditions de vie, restaurer les pistes, bâtir des centres de santé ou des écoles. Voilà pourquoi j'ai retardé ma visite dans l'Ouest, initialement programmée en octobre dernier, et que j'accomplirai en mars : une telle tournée coûte l'équivalent de 2 millions d'euros. Or je ne veux pas, comme Laurent Gbagbo, engloutir 90 % de ce budget dans le dispositif de sécurité et l'intendance. Qu'est-ce que j'apporte aux populations ? Voilà la question. D'abord, du concret sur le terrain."


L'impasse foncière
Nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété 
"Il faut avoir le courage de s'attaquer enfin au problème du foncier rural, ce que personne n'a fait jusqu'alors. Je vais le régler, d'autant que je dispose d'une majorité solide à l'Assemblée. Les ministres de la Justice et de l'Agriculture auront pour mission de définir le cadre de la réforme. Il y aura des décisions difficiles à prendre, mais nous devons inventer quelque chose de nouveau sur le droit de propriété."  
La citoyenneté

Reportage

A lire aussi, le reportage de notre envoyé spécial à Duékoué, théâtre de carnages postélectoraux il y a dix mois, dans l'Ouest du pays.  
"Il est grand temps aussi de résoudre la question de la nationalité. Ce n'est pas parce qu'on se nomme Ouedraogo ou Diop qu'on ne peut être citoyen ivoirien. Ceux qui prétendent qu'il y a un problème religieux dans ce pays font erreur. En revanche, il y a des problèmes ethniques. Chez nous, un dixième de la population est éparpillé en une cinquantaine d'ethnies. Les minorités ont une peur bleue de la majorité. Il faut donc tout faire pour les protéger. La Constitution et le Code électoral doivent mieux garantir leurs droits."


L'insécurité dans l'Ouest
"Nous sommes en train de rétablir l'ordre. La situation s'est améliorée le long de la frontière libérienne. La gendarmerie et la police ont été redéployées partout. Reste l'écueil de leur armement, bloqué pour l'heure par l'embargo onusien. Dans deux mois, ces forces recevront les armes légères dont elles ont besoin. A ce stade, dans les chefs-lieux, nos gendarmes n'ont ni locaux ni moyens de transport. Même si là encore il y a du mieux, notamment grâce aux véhicules donnés par la France."


La nomination de nordistes aux postes clefs

Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité 
"Il s'agit d'un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandant : le n° 1 issu des FN, flanqué d'un n° 2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus ; il y a 12 % de nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher."


Une "justice des vainqueurs"?
Si certains chefs militaires ont failli, ils seront démis, arrêtés et jugés 
"J'ai mis en place une commission nationale d'enquête, qui rendra son rapport d'ici à la fin de février. Les individus incriminés seront jugés sur la base de ce document, et non à partir d'études rédigées par des ONG des droits de l'homme dont les équipes ont passé une semaine ou dix jours en Côte d'Ivoire. Si certains chefs militaires ont failli, ils seront démis de leurs fonctions et arrêtés. Dans un régime présidentiel, je peux mettre fin par décret, si besoin, au mandat de tel ou tel."


La réforme de l'armée
"Un chantier essentiel. Il y aura refonte de l'état-major et encasernement des soldats. Un corps de réservistes, formés et encadrés, aura vocation à participer à des travaux de développement. De même, nous créerons un fonds de rachat des armes. Tous les combattants d'hier veulent devenir membres de l'armée nouvelle, mais tous ne le seront pas. S'agissant des accrochages récents entre civils et militaires, j'ai convoqué il y a peu tous les généraux pour leur dire ceci : "S'il n'y a pas d'amélioration notable en la matière dans les trois mois, je mets un terme à vos fonctions." 
Source: l'express.fr

jeudi 8 septembre 2011

Démarrage des travaux du 3ème pont, hier - Alassane Ouattara immortalise Konan Bédié

Bientôt le « Pont Henri Konan Bédié » pour désengorger le trafic à Abidjan

Le président ivoirien Alassane Ouattara a donné mercredi le premier coup de pioche symbolisant le lancement des travaux d’un troisième pont à Abidjan, a constaté un correspondant de Xinhua sur place.

Le président Ouattara a dévoilé le nom de cet ouvrage qui sera baptisé « Pont Henri Konan Bédié » en hommage au président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), son allié du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) déposé par un coup d’Etat en 1999 après avoir succédé à feu Félix Houphouët- Boigny (premier président ivoirien 1960-1993).

Henri Konan Bédié a été l’initiateur de ce projet dont la première pierre a été posée en 1996 sans connaître de suite après l’appel d’offre remporté par la société française Bouygues dont une filiale relance les travaux.

Le pont Henri Konan Bédié est un pont à péage de 1,6 km qui va relier les quartiers de Cocody (nord-est) et Marcory (sud) sur près de sept kilomètres d’aménagement de voirie urbaine comportant un échangeur de trois niveaux, « le seul en Afrique de l’ouest », selon Alassane Ouattara.

Le pont, le plus long de Côte d’Ivoire, va permettre de réduire les encombrements « chroniques » sur les deux ponts reliant le sud et le nord de la capitale ivoirienne et d’améliorer le quotidien des Abidjanais.
Selon Olivier Bonin, président de Socoprim a annoncé 800 emplois sur deux ans et 200 emplois (environ 1.000 emplois directs et indirects)lorsque le projet sera achevé.
Le troisième pont d’Abidjan a un coût : 190 millions d’euros.

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Voici les caractéristiques du Pont Riviera-Marcory
L’ouvrage commence sur le Boulevard François Mitterand à hauteur de l’Ecole nationale de Police. Sur 2,7 km, il traverse Cocody pour arriver près du domicile de Mme Thérèse Houphouët-Boigny (à l’endroit précis où la cérémonie s’est tenue hier). Il traverse ensuite la lagune Ebrié sur environ 1600 m pour aboutir 2km après au boulevard Giscard d’Estaing avec un échangeur moderne de trois niveaux au carrefour de l’ancienne bâche bleue. L’ensemble du parcours correspond à 6, 7 km, a signifié Patrick Achi, ministre des infrastructures. Il s’agira d’un pont à péage dont la réalisation prendra 27 mois. Le pont Riviera-marcory présentera plusieurs avantages : le désengorgement du trafic des quartiers Nord d’Abidjan vers le Plateau et plus spécifiquement du Nord est (Cocody, 2 plateaux, Riviera-palmeraie jusqu’à Bingerville) vers les quartiers Sud et l’aéroport ; l’allégement sur les ponts Félix Houphouët-Boigny et Général de Gaulle qui permettra leur réhabilitation ; enfin, la réduction d’une pollution de l’air de plus en plus importante dans Abidjan liée à l’accroissement des quantités de dioxyde de carbone produit par les gaz d’échappement des voitures dans les embouteillages.

jeudi 7 juillet 2011

Discours du Président de la République, SEM Alassane Ouattara, à la clôture du séminaire gouvernemental


Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement
Messieurs les Ministres d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs,

Aux termes du séminaire consacré à l’adoption de la matrice d’actions prioritaires du Gouvernement, pour les six mois à venir, je vous adresse mes vives félicitations pour le travail accompli.

Je n’ai certes pas pris part à vos échanges, mais j’ai suivi avec beaucoup d’attention et d’intérêt vos travaux.
Je suis donc heureux du bon déroulement des travaux et de l’ambiance conviviale qui a prévalu.
Je vous félicite, Monsieur le Premier Ministre, pour la conduite rigoureuse des travaux.
Mesdames et Messieurs les Ministres, je vous félicite pour votre participation effective et assidue aux différentes sessions.
Je note avec satisfaction que les membres du Gouvernement ont inscrit leurs activités prioritaires dans les axes stratégiques définis. Je note aussi que la matrice d’actions gouvernementale offre une description des tâches opérationnelles, avec un
chronogramme d’exécution ; elle définit également des résultats qui sont en adéquation avec les attentes des populations et mon programme de gouvernement.

Je note enfin que la matrice d’action gouvernementale telle que présentée, permet de faire un suivi et une évaluation de l’exécution effective des activités retenues.

Comme Monsieur le Premier Ministre l’a fait observer, ce séminaire intervient après l’adoption du budget par le Gouvernement. Je recommande donc que dans la mise en œuvre de cette matrice d’actions gouvernementale, la priorité soit donnée aux activités dont le financement est disponible. Pour les autres activités, je vous demande, Monsieur le Premier Ministre, de mettre en place un comité interministériel qui va les prioriser. Il appartiendra ensuite au Ministre de l’Economie et des Finances de rechercher les ressources tant sur le plan interne que sur le plan externe pour les financer.

En tout état de cause, les activités qui ne pourront pas être réalisées cette année, faute de financement, pourraient être programmées l’année prochaine.

Je demande au Premier Ministre et aux membres du Gouvernement de prendre les dispositions pour que le prochain programme de travail soit élaboré avant l’adoption du budget afin de permettre une adéquation entre les actions prioritaires du gouvernement et l’affectation des ressources.

En outre, je demande au Premier Ministre d’adresser désormais, une lettre de cadrage budgétaire chaque année au Ministre de l’Economie et des Finances, pour mieux orienter la préparation du budget de l’Etat.

Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

J’attache du prix à la mise en œuvre effective des activités prévues dans le Programme de Travail Gouvernemental. J’ai eu l’occasion de l’indiquer en Conseil des Ministres : les membres du Gouvernement seront évalués. Ils le seront, non
seulement sur la base de ce programme de travail, mais également sur le respect de la charte d’éthique et de déontologie qui doit être, Monsieur le Premier Ministre, votre prochain chantier urgent.

Nous devons, nous mettre au travail avec détermination, pour améliorer le quotidien de nos compatriotes et par amour pour notre pays.

Je suis convaincu que les résultats de ce séminaire nous permettrons d`engager notre pays sur la voie du changement qualitatif que nous appelons de tous nos vœux.

Dès la semaine prochaine, je souhaite que le Programme de Travail Gouvernemental soit adopté en Conseil des Ministres, afin que les Ministres en assurent la mise en œuvre effective et rapide. Car nous devons aller vite.

Les six mois à venir seront une période d’actions. Je veux que ces actions soient visibles et profitables à tous nos concitoyens. Il y a beaucoup à faire, face aux grands défis du moment tels que le chômage des jeunes, la sécurité, l’éducation, et bien d’autres secteurs. Nous devons donc intervenir sur plusieurs fronts à la fois, et dans l’urgence.

Pour aller efficacement à la mise en œuvre des actions définies dans ce Programme de Travail Gouvernemental, je demande à chaque Ministre de procéder au même exercice dans son département. Vos services doivent s’approprier ces Plans d’Actions Sectoriels. Il s’agira, pour vos différentes directions, de décliner la matrice d’action globale en activités et tâches précises ; ceci devra être un réflexe à développer au sein de tous les départements ministériels.

Cet exercice doit désormais faire partie de notre «tradition» et doit être appliqué, non seulement au sein du Gouvernement, mais également dans les départements ministériels et leurs démembrements, ainsi que dans les sociétés étatiques.

Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

J’ai noté avec intérêt les recommandations faites par le séminaire notamment la proposition concernant l’organisation périodique de rencontres regroupant les membres du gouvernement autour d’un thème particulier. C’est une recommandation que j’approuve et que j’encourage. En effet, ce type de rencontres constitue un facteur de cohésion, un cadre d’information et permet une harmonisation des vues.

Je souhaite donc que ce séminaire marque le début d’un processus de concertation permanente qui sera institué à travers la tenue d’autres rencontres périodiques et thématiques.

A cet égard, je souhaite que le prochain séminaire réunisse, pour une demi-journée, le Gouvernement pour l’adoption de la Charte d’éthique et de déontologie du Gouvernement.

Je souhaite également que la question de la communication gouvernementale soit inscrite à l’ordre du jour.

Toujours au regard des recommandations faites, je demande aux Ministres de créer le poste de Secrétaire général dans leurs organigrammes, à l’effet de fixer la mémoire administrative de leurs ministères. J’invite Monsieur le Premier Ministre à veiller particulièrement à l’exécution de cette instruction.

Enfin, je demande qu’à l’issue de ce séminaire, et dans les semaines à venir, un programme triennal soit préparé, afin d’être soumis à une table ronde de donateurs avant la fin de l’année 2011. Ce programme devrait s’appuyer sur les travaux du séminaire gouvernemental qui prend en compte les priorités que j’ai définies. Il ferait les diagnostics sectoriels, définirait les objectifs sur les trois prochaines années, les stratégies opérationnelles, ainsi que les actions et activités qui en découlent, dont celles qui viennent d’être arrêtées pour les six prochains mois.

Ce travail se fera sous l’autorité du Premier Ministre, avec les Ministres du Plan, des Affaires étrangères et de l’Economie et des Finances. Ce travail devra, bien entendu, impliquer tous les ministres qui doivent, dès à présent, préparer les documents de
base.

Monsieur le Premier Ministre,
Messieurs les Ministres d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,

Je voudrais terminer en félicitant vos collaborateurs et les cadres des différents ministères qui ont travaillé avec beaucoup de détermination et d’engagement pour donner à cette rencontre un niveau appréciable.

J’exprime ma satisfaction à Monsieur le Premier Ministre et à l’ensemble des Ministres pour les résultats enregistrés au terme de ce séminaire qui a été d’un
excellent niveau.

Je déclare clos le Séminaire Gouvernemental consacré à l’adoption du programme de travail du Gouvernement pour les six prochains mois.

Je vous remercie.

Alassane Ouattara

mercredi 25 mai 2011

Cérémonie d’investiture du samedi 21 mai 2011: le Discours du Président de la République, SEM Alassane Ouattara


Excellences, honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord, de demander, que nous observions une minute de silence, en mémoire de tous nos martyrs, victimes de la crise ivoirienne, tombées dans la quête de la démocratie et de la paix en Côte d’Ivoire.

Excellences, chers invités, Mesdames et Messieurs,

Ce jour est pour nous, peuple de Côte d’Ivoire, un moment historique.

Oui, ce jour est pour tous les Ivoiriens, le début d’une ère qui marque notre volonté commune d’écrire une nouvelle page de l’histoire de notre pays.

La grave crise qu’a connue la Côte d’Ivoire au lendemain du scrutin présidentiel des 31 octobre et 28 novembre 2010, est à présent derrière nous. Elle s’est achevée par la victoire de la démocratie c'est-à-dire le respect de la volonté du peuple ivoirien.

C’est un succès pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique toute entière.

Plus qu’une simple cérémonie d’investiture à laquelle vous êtes conviés, c’est le retour de la Côte d’Ivoire sur la scène africaine et internationale que nous célébrons aujourd’hui.

C’est pourquoi, au moment où j’accède aux plus hautes charges de l’Etat, j’exprime mon infinie gratitude au peuple ivoirien qui m’a choisi pour présider à ses destinées.

Mes chers compatriotes, cette consécration est la votre. Cette investiture est votre victoire : la victoire du peuple souverain !

Je me sens également animé par un sentiment de gratitude envers le monde entier qui a fait preuve d’un formidable élan de solidarité pour le triomphe de la démocratie.

Excellences, chers invités, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais tout d’abord rendre un hommage solennel à mes illustres prédécesseurs à la tête de l’Etat.

J’ai une pensée pieuse pour un homme exceptionnel, qui a été pour moi un père, qui occupe également une place de choix dans le cœur de chacune et de chacun des Ivoiriens ; il s’agit, bien entendu, du Président Félix Houphouët-Boigny, Premier Président de la République de Côte d’Ivoire, grand sage, grand bâtisseur de la Côte d’Ivoire moderne. Le Président Félix Houphouët Boigny a acquis très tôt la certitude que la paix n’est pas une contingence, mais une véritable stratégie de développement.

Je salue affectueusement les membres de son illustre famille, qui nous honorent de leur présence aujourd’hui.

Monsieur le Président Bédié, cher ainé,

Je voudrais rendre hommage à votre sens élevé du devoir, votre profond amour pour notre pays et votre attachement à la Paix. Je vous remercie de votre soutien constant ainsi que de votre présence à mes côtés.

Je remercie tout particulièrement mon épouse Dominique, mes enfants, ma famille, mes amis, mes collaborateurs et tous les militants qui m’ont accompagné durant des années, dans les bons comme dans les mauvais moments, et qui ont toujours cru en moi.

J’ai une pensée filiale pour ma mère, Hadja Nabintou, que nous aurions tant voulu avoir à nos côtés ce matin.

Honorables invités,
Excellences, Mesdames et Messieurs,

Je voudrais à présent saluer l’ensemble des Chefs d’Etat et de Gouvernement, les Chefs de délégations étrangères qui ont fait le déplacement pour être avec nous en ce jour historique pour notre peuple.

Je voudrais exprimer ma très grande reconnaissance à tous les pays amis, aux institutions régionales, et internationales dont les efforts conjugués ont permis la normalisation de la situation en Côte d’Ivoire.

La Côte d’Ivoire n'oubliera jamais ceux qui l'ont soutenue durant ces moments décisifs.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Vous me permettrez de citer tout particulièrement la France avec laquelle la Côte d’Ivoire a des liens historiques et une vision commune de l’avenir.

Monsieur le Président Sarkozy, le peuple ivoirien vous dit un grand merci pour votre engagement dans la résolution de la crise ivoirienne sous mandat des Nations Unies, qui a permis de sauver de nombreuses vies ; nous vous serons toujours reconnaissants.

Nous vous encourageons pour tous les efforts que vous faites pour les pays du continent africain dans le cadre du G8 et du G20.

Monsieur le Président GoodLuck Jonathan, Président en exercice de la CEDEAO, Monsieur le Président Blaise Compaoré, Facilitateur du Dialogue inter ivoirien, Monsieur le Président Abdoulaye Wade, nous savons le soutien que vous avez tous apporté à la Côte d’Ivoire durant ces années difficiles. Je vous en remercie fraternellement.

Je voudrais saluer le Président Barack OBAMA dont l’appui franc et sincère au peuple ivoirien a été déterminant.

Je salue l’engagement de l’Organisation des Nations Unies, ici représentée par Son Secrétaire Général, Monsieur Ban KI-MOON qui s’est donné les moyens pour rétablir la démocratie et pour son action en faveur d’une paix durable dans notre pays.

A l’Union Africaine, la CEDEAO, l’Union Européenne, j’exprime la gratitude du peuple ivoirien pour avoir accompagné la Côté d’Ivoire dans sa quête difficile de la paix.

A tous les pays amis, je veux dire ce matin que la Côte d’Ivoire reste la terre de la vraie fraternité et de l’hospitalité, ouverte sur le monde.

La meilleure façon de vous manifester cette reconnaissance c’est de tenir nos promesses ; à savoir, l’avènement d’une société respectueuse de la démocratie et des droits de l’homme ; une société équitable et prospère.

Chers Compatriotes,

Ce matin, nous voici face au monde entier et face à nous même. Nous voici face à notre destin. Pour certains d’entre vous, ce destin semblait compromis. Pour ma part je n’ai jamais douté un seul instant, que notre pays sortirait de cette épreuve parce que nous, Ivoiriens, savons que chaque situation a sa solution et que nous avons foi en Dieu et en l’avenir.

Ce matin nous sommes là pour parler d’avenir.

Le temps est venu de consolider les piliers de notre République. Le temps est venu de renouer avec les valeurs profondes de notre belle Côte d’Ivoire et de rassembler les ivoiriens.

Chères sœurs, chers frères, célébrons la Paix ; La paix sans laquelle aucun développement n’est possible.

Mettons en pratique la devise de notre pays. L’Union qui sera le creuset de notre réussite. La Discipline qui nous fera grandir dans le respect des règles établies par la République. Le Travail, qui va pour nous libérer de la dépendance et nous apportera le réconfort moral et matériel.
Respectons notre drapeau, symbole vivant de la patrie. Il porte les couleurs de notre terre, de nos forêts, il symbolise notre idéal de paix et notre espérance en un avenir meilleur. Ecoutons notre hymne national : il célèbre l’hospitalité et la fraternité. Il nous rappelle que notre diversité est une force.

Chers Compatriotes,

Nous avons besoin aujourd’hui, plus qu’hier, de nous retrouver pour reconstruire notre mère patrie. Tel est le défi de notre génération, qui doit, avec courage et lucidité, porter la Côte d’Ivoire aux frontières nouvelles du développement et de la prospérité. Alors, comme un grand peuple, nous allons nous rassembler et nous remettre en marche.

A tous les fils et les filles de ce pays, et à tous ceux qui vivent sur notre sol, je veux lancer un
message solennel à la réconciliation, au rassemblement et à l’espérance. Rassembler, c’est la vocation de La République. Nous l’assumerons avec patience et acharnement. Nous comptons achever la réunification effective de notre armée.

Nous mettrons en place de nouveaux programmes d’instruction civique dans nos écoles, afin d’inculquer à nos jeunes les principes fondamentaux de la vie en société. Nous bâtirons une Nation plus juste, plus équitable, dotée d’institutions fortes et indépendantes.

Rassembler, c’est aussi le rôle de chaque Ivoirien et de chaque Ivoirienne. Que chacun fasse l’effort d’aller vers l’autre, de lui accorder sa confiance et son pardon. Que chaque Ivoirien s’attache à recréer les conditions d’une paix durable dans nos villes, dans nos villages, dans nos campagnes et dans nos cœurs. Nous les soutiendrons comme nous soutiendrons toutes les initiatives citoyennes prônant l’union, la réconciliation et la concorde nationale ; parce que nous voulons une côte d’Ivoire véritablement rassemblée.

A chacun de mes compatriotes, je veux renouveler, aujourd’hui encore, mon engagement d’être le garant d’une Côte d’Ivoire laïque, telle que consacrée par notre constitution ; je veux renouveler mon serment d’être le Président de tous les ivoiriens, le protecteur des plus faibles et le défenseur des droits de tous nos concitoyens, sans exclusive.

Célébrons à travers la cérémonie d’aujourd’hui, non pas la victoire d’un camp sur l’autre, mais la fraternité retrouvée et l’amorce d’un nouveau départ.

Allons résolument à la réconciliation nationale en réapprenant à vivre ensemble.

Ce vaste chantier de la réconciliation sera l’occasion pour tous les Ivoiriens de faire définitivement le deuil de nos rancœurs, de panser nos plaies, d’expier les fautes individuelles et collectives et d’écrire une nouvelle page de notre histoire.

De cette catharsis nationale doit émerger un ivoirien nouveau, résolument engagé à servir la Côte d’Ivoire avec amour et désintéressement. Pour ma part, je m’engage solennellement à favoriser cette réconciliation dans le dialogue, la vérité et la justice.

Mes chers compatriotes,

C’est bien évidemment sur la base de mon programme, que des millions de nos compatriotes m'ont accordé leur confiance. Je ne me déroberai pas à cette lourde responsabilité. Tous les jours, tous les instants seront mis au service des Ivoiriens. Toute notre énergie sera consacrée à la Construction et à la reconstruction.

J'invite donc l’ensemble de mes compatriotes à prendre avec moi l'engagement que la Côte d'Ivoire retrouvera bientôt toute sa place dans le concert des Nations.

Nous avons une nouvelle espérance à bâtir pour notre pays, pour l’Afrique et pour le monde.
Je m’attèlerai à mettre en œuvre les engagements pris a la fois par devoir et par respect pour tous.

A cet égard, nous prêterons une attention particulière aux plus démunis et nous apporterons un appui aux entreprises pourvoyeuses d’emplois qui ont été durement éprouvées par la crise.

Nous allons redonner espoir à notre jeunesse qui souffre cruellement du chômage, en assurant son éducation, sa formation et en créant des emplois. Cela est à notre portée, si nous procédons aux reformes économiques indispensables, en vue de relancer les activités économiques et favoriser la croissance.

Nous allons donner la priorité aux femmes et nous rehausserons leur rôle dans l’équilibre de notre société. C’est l’une de mes préoccupations essentielles.

Pour nos parents paysans qui ont fait la richesse de notre beau pays, nous allons réorganiser les principales filières de notre agriculture pour permettre une juste rémunération de leur travail.

Nous favoriserons l’accès de tous les Ivoiriens, aux soins de base sur toute l’étendue du territoire national.

Nous renforcerons nos infrastructures pour l’amélioration du cadre de vie de nos populations.

Mes chers Compatriotes,

Je me suis engagé à mettre en œuvre, avec vous, en cinq ans, dans tous les domaines, mes solutions pour une Côte d’Ivoire d’excellence.

Nous le ferons avec rigueur, en application des règles de bonne gouvernance, avec une justice impartiale et indépendante.

Dans les prochains jours, je formerai un Gouvernement d’union, regroupant toutes les forces politiques de notre pays et la société civile.

Il sera constitué d’hommes et de femmes, ayant un sens élevé de l’intérêt général, selon des critères de compétence, de mérite et de probité.

Une tache immense attend cette équipe. J’exigerai de ses membres la discipline et l’exemplarité afin de restaurer la confiance entre le peuple et ses dirigeants.

Pour concrétiser notre volonté de doter notre pays d’institutions fortes et démocratiques, nous organiserons, avant la fin de cette année, des élections législatives.

Chers compatriotes,

C’est en toute humilité que je me suis présenté devant vous il y a quelques mois comme candidat à l’élection présidentielle et c’est en toute confiance que vous m’avez élu.

Depuis le jour de mon élection jusqu’à cette investiture tant attendue, rien ne vous aura été épargné.

Vous avez souffert, vous avez été meurtris par la perte de proches, mais vous avez fait preuve d’endurance et de courage.

Aujourd’hui, je vous demande, non pas d’oublier, mais d’essuyer vos larmes, de pardonner et de vous mettre résolument au travail.

Excellences, Mesdames et Messieurs, chers frères et sœurs, chers amis qui êtes venus de loin, permettez moi de vous renouveler nos sincères remerciements. Nous saluons chaleureusement vos peuples respectifs et vous prions de leur annoncer la bonne nouvelle. La Côte d’Ivoire se réconcilie et se rassemble, pour participer avec toutes les Nations de bonne volonté, à l’édification de la Paix et de la fraternité dans le monde.

Vive la République,

Vive la Côte d’Ivoire !

vendredi 20 mai 2011

Le PROGRAMME OFFICIEL DE LA CEREMONIE D’INVESTITURE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

PROGRAMME OFFICIEL DE LA CEREMONIE D’INVESTITURE DU PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE A

LA FONDATION FELIX HOUPHOUET-BOIGNY, YAMOUSSOUKRO


Vendredi 20 Mai 2011
20h00 :

Diner autour de la piscine de l’Hôtel Président – Buffet spectacle – Sur invitation

Samedi 21 Mai 2011
08h00 – 09h30

Mise en place des invités
10h30

Début de la cérémonie
12h00

Fin de la cérémonie – Apéritif des Chefs d’Etats, Restaurant Panoramique
12h30

Déjeuner VIP à l’hôtel Président, salle Allabo – Sur invitation Déjeuner autres invités à la Fondation Félix Houphouët-Boigny - Sur invitation
14h00

Fin du déjeuner
14h30 – 17h00

Départ des Chefs d’Etats
19h00

Cérémonie œcuménique à la Basilique Notre-Dame de la Paix
20h30

Diner privé au palais du Président Félix Houphouët-Boigny – Sur invitation
Source: investiture2011.ci

mardi 17 mai 2011

Alassane Ouattara au Burkina Faso: Voici le communiqué final qui a sanctionné la visite

Publié le mardi 17 mai 2011 Dans le quotidien ivoirien | Le Patriote


1. A l’invitation de Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, Son Excellence Docteur Alassane Dramane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a effectué une visite d’amitié et de travail, le 16 mai 2011, au Burkina Faso.

2. Cette visite, qui vise à raffermir les liens séculaires d’amitié, de fraternité, de solidarité et de coopération qui existent entre la République de Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, illustre la volonté des deux chefs d’Etat d’œuvrer davantage au renforcement de ces relations privilégiées.

3. Les deux chefs d’Etat étaient accompagnés, chacun, d’une importante délégation.

4. Son Excellence Docteur Alassane Dramane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire et sa délégation ont été accueillis à l’Aéroport International de Ouagadougou par Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso.

5. Une séance de travail a réuni les deux délégations au cours de laquelle leurs Excellences Monsieur Blaise Compaoré et Docteur Alassane Dramane Ouattara se sont informés mutuellement de la situation dans leurs pays respectifs et ont abordé des questions d’intérêt commun d’ordre bilatéral, sous-régional, régional et international.

6. Les travaux se sont déroulés dans une atmosphère empreinte de cordialité, à l’image des liens étroits d’amitié, de fraternité et de compréhension mutuelle qui unissent les deux pays et les deux peuples.

7. Le Président Alassane Dramane Ouattara a exprimé au Président Blaise Compaoré, sa profonde gratitude et ses sincères remerciements, ainsi que ceux du peuple ivoirien, pour les efforts consentis, son engagement, sa disponibilité et sa persévérance, qui ont permis des avancées significatives dans le processus de paix et qui ont conduit à l’organisation de l’élection présidentielle de 2010 en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord Politique de Ouagadougou.

8. Evoquant la situation intérieure de son pays, le Président Alassane Dramane Ouattara a informé son homologue burkinabè de la crise postélectorale douloureuse que les Institutions et le peuple de Côte d’Ivoire ont vécue. Il s’est particulièrement réjoui du retour à l’ordre constitutionnel et du retour progressif de la sécurité et de la paix sociale dans son pays. Il a, en outre, fait part de son programme de réformes politiques et économiques visant à consolider la cohésion sociale à travers la réconciliation nationale entre tous les ivoiriens et la reconstruction du pays.
A cet effet, il a informé le Président Blaise Compaoré de la mise en place d’une Commission d’enquête pour faire la lumière sur les violations des droits de l’homme et les crimes perpétrés lors de la crise postélectorale. Il lui a, par ailleurs, fait part de la création d’une "Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation".

9. Les deux chefs d’Etat se sont félicités du professionnalisme des forces de l’ONUCI et de la Licorne dont le rôle a été décisif dans le dénouement de cette crise postélectorale, conformément à leur mandat. Le Président Alassane Dramane Ouattara a émis le souhait de parachever la mise en œuvre de l’Accord Politique de Ouagadougou en vue de la consolidation de la paix et de la sécurité, ainsi que de la réunification des forces armées ivoiriennes.

10. Le Président Blaise Compaoré a, pour sa part, informé son hôte ivoirien des récents événements survenus au Burkina Faso et des efforts déployés en vue d’apporter des solutions idoines et pérennes.

11. Le Président Alassane Ouattara a apporté son soutien au Président Blaise Compaoré face aux événements sociaux vécus ces derniers temps au Burkina Faso. Tout en exprimant sa profonde compassion au Président du Faso, au peuple burkinabè et aux familles éplorées, pour les pertes en vies humaines, il s’est dit confiant que le dialogue instauré et les mesures d’urgence prises favoriseront un retour rapide et durable de la paix sociale au Burkina Faso.

12. Faisant le point de la coopération bilatérale, les deux chefs d’Etat se sont félicités du niveau des relations qui existent entre les deux pays et ont souligné la nécessité de les renforcer. A cet effet, ils ont donné des instructions aux deux Ministres en charge des Affaires étrangères de mettre tout en œuvre pour la relance rapide des différents cadres de concertation entre les deux pays, en particulier, celui du Traité d’Amitié et de Coopération, entre le Burkina Faso et la République de Côte d’Ivoire, signé à Ouagadougou le 29 juillet 2008.

13. Sur les plans sous régional, régional et international, les deux Chefs d’Etat ont fait un tour d’horizon des grands problèmes d’actualité, en particulier les questions de développement, ainsi que celles liées à la paix et à la sécurité dans la sous- région, en Afrique et dans le reste du monde. Ils ont pris acte des récents développements en matière de lutte contre le terrorisme et renouvelé l’engagement à y apporter leur contribution. Ils se sont réjouis de leur convergence de vues sur les différents sujets abordés.

14. Ils ont réaffirmé leurs préoccupations face à la recrudescence des foyers de tensions sur le continent, à la volatilité des prix des matières premières, au déséquilibre du marché international, aux effets pervers de la crise financière internationale et des changements climatiques sur leurs économies.

15. A ce titre, Leurs Excellences Monsieur Blaise Compaoré et Docteur Alassane Dramane Ouattara ont réitéré l’attachement de leurs deux pays aux idéaux de paix, de sécurité et développement des Nations Unies, de l’Union Africaine, de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest et des autres organisations régionales et internationales dont ils sont membres et qui constituent des cadres appropriés de concertation, de construction de la paix, de la solidarité et de la coopération entre les pays et les peuples.

16. Ils ont souligné, à cet égard, la nécessité de conduire à son terme, la réforme du Système des Nations unies pour en faire un outil au service du développement, de la paix et de la sécurité des Etats, et de promouvoir la coopération Sud-Sud, afin de permettre aux pays en développement de tirer le meilleur parti de la mondialisation.

17. Le Président Alassane Dramane Ouattara a rendu un vibrant hommage au Président Blaise Compaoré, pour ses efforts patients et soutenus de médiation et de recherche de la paix en Afrique de l’Ouest.

18. Au terme de sa visite, Son Excellence Docteur Alassane Dramane Ouattara, Président de la République de Côte d’Ivoire, a exprimé sa gratitude à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, Président du Burkina Faso, au gouvernement et au Peuple burkinabè, pour l’accueil fraternel et l’hospitalité qui lui ont été réservés, ainsi qu’à la délégation qui l’accompagne.

19. Son Excellence Docteur Alassane Dramane Ouattara a adressé à Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré une invitation à effectuer une visite officielle en République de Côte d’Ivoire. Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré a, bien volontiers, accepté cette invitation. La date de la visite sera fixée par voie diplomatique.

Fait à Ouagadougou, le 16 mai 2011

dimanche 15 mai 2011

Les Samedis de Biton – Alassane va-t-il changer ?

Article publié dans le quotidien ivoirien L’Intelligent d’Abidjan du 14-05-2011

Tout le monde le sait. Le pouvoir rend aveugle. Il rend même sourd. Le pouvoir transforme, change, rend méconnaissable. Il ne s’agit pas seulement du pouvoir politique, mais de tous les pouvoirs. Un artiste, un journaliste, un ingénieur, un médecin se métamorphosent dès qu’ils obtiennent un pouvoir quelconque. Comment ne pas tomber dans l’ivresse face aux louanges, aux applaudissements ? Etre connu et reconnu vous englobe dans des nuages dérobant vos pieds du sol et vous fait monter vers les nuages. Vous perdez le sens des réalités. Alassane est un homme poli, respectueux, sage, disposé à écouter les plus grands tout comme les plus petits. Va-t-il changer au contact du pouvoir suprême ? Alassane est un homme ponctuel. Quand il se propose de vous recevoir à dix heures, c’est à dix heures et non pas dix minutes après ou même des heures plus tard, a fortiori reporter le rendez-vous aux calendes grecques. Va-t-il changer quand on sait que le pouvoir accable de soucis et de plusieurs urgences à la fois ? Alassane, et je l’attends particulièrement sur ce point, répond toujours aux lettres qu’on lui adresse. Très souvent, il prend même son téléphone et appelle le correspondant. Il s’en prend même à ses collaborateurs si une lettre reste sans réponse. A ce niveau, Alassane changera-t-il ? Que de tonnes de lettres atterrissent chaque jour à la présidence venant du peuple ! Chacun recevra-t-il une réponse ? Alassane travaille sur le résultat. Quand il confie un projet à un collaborateur, à un ministre, il le suit au quotidien. Au délai imparti, tout doit être au point. Le ministre doit chaque jour lui faire le point de l’avancement du projet. Devant la multitude de projets à suivre pourra-t-il continuer à suivre tous les soirs les décisions prises et le déroulement de leur application ? Va-t-il changer ? Les nominations se feront-elles sur la compétence et non sur des critères idéologiques et politiques? Alassane est un homme de parole. Cela lui colle à la peau. Quand il dit, je peux faire ceci, il le fait. Quand il dit, je ne peux pas, il le dit. Il ne trompe pas. En politique, tout comme en amour, pour séduire, il faut tromper, mentir et faire rêver le peuple et la femme. En sera-t-il capable ? Va-t-il devenir le politicien qui fait des promesses sans y croire comme le fabuliste qui dit : « Tout flatteur vit au dépend de celui qui l’écoute. » Ouattara sera-t-il le flatteur, tout comme le vulgaire député en campagne électorale ? Va-t-il changer et faire plaisir au peuple qui adore les contes et légendes pour se faire apprécier ? Qui peut montrer dans la rue et même dans les photos les enfants d’Alassane ? Il ne met jamais sa famille au premier plan. Tous cultivent la discrétion et l’humilité, même son épouse. Il suffit de la voir dans une cérémonie venir et repartir sans apparat, se laissant aborder facilement par tous. Au fait, qui connaît sa cousine Nabintou Cissé, la « lagaré », la préférée ? Celle qui est toujours à son secrétariat depuis Dakar ? Personne. Epouse, frères, sœurs, cousins, neveux, toute la famille d’Alassane, continuez de rester à vos places. Un chef d’Etat africain, après quelques années au pouvoir, disait que le plus grand danger, en politique, c’est sa propre famille. Alassane va-t-il mettre les Rokia et les Aïssata devant le feu de l’actualité ? Continueront-elles à passer inaperçues maintenant que le « kôrô » est devenu Président ? Alassane va-t-il changer ? Comme tout pouvoir africain va-t-il, lui aussi, multiplier les « femmes » dans chaque région ? Chaque jour, je me pose la question. Chaque jour, je suis de près l’évolution de sa marche pour détecter les changements. Pour le moment, tout va bien. D’ores et déjà, je peux me baser sur certains détails pour dire qu’il ne changera pas facilement. Alassane est un fils de chef. Et quel chef ! Descendant direct de l’empereur de Kong, Sékou Ouattara. Et cela est très important.

Il a la stature de chef dans la peau. Déjà, gouverneur de la BCEAO , il faisait président de la République. Un autre détail très important qu’on ne souligne pas assez, c’est que notre nouveau Président est formé à l’école américaine et non française. Il y a une très grande différence. Le francophone parle beaucoup sans rien faire. Un ministre français appelait cela, le mal français. L’école américaine parler peu et agit beaucoup.

John Kennedy disait : «Alors que le pouvoir est aveugle, l’art rappelle à l’homme ses limites». Homme spirituel et pratiquant les cinq genres de lecture, Alassane ne pourra pas changer facilement. Pour terminer, et ce qui fonde mon espoir, Alassane sait que ses « vrais chefs » les Coulibaly sont au contrôle. On ne laissera pas un Ouattara « gâter » notre nom. Nous sommes les grands… Ainsi va l’Afrique. A la semaine prochaine.

PS : Qu’on harmonise, enfin, l’appellation du Président. Tantôt c’est le docteur Alassane Ouattara ou Alassane Ouattara, souvent le Président Alassane Ouattara ou Alassane Dramane Ouattara. En ville on dit Ouattara, Ado, Alassane. Ah Ouattara tchè !

Par Isaïe Biton Koulibaly

Source: L’Intelligent d’Abidjan

samedi 14 mai 2011

Ouattara au Sénégal: "renouveau de l`axe Dakar-Abidjan` (communiqué)


DAKAR - La visite de deux jours que vient d`achever le président ivoirien Alassane Ouattara au Sénégal, sa première à l`étranger depuis sa prestation de serment le 6 mai, constitue un "renouveau de l`axe Dakar-Abidjan", selon un communiqué conjoint publié vendredi.

M. Ouattara et son homologue sénégalais Abdoulaye Wade estiment que cette
visite a scellé "les retrouvailles de la grande famille sénégalo-ivoirienne
qui a cheminé ensemble à travers l`histoire avec une volonté constante et
immuable de bâtir un avenir commun sur la base de valeurs partagées", souligne
le texte.

Le président ivoirien "a réitéré ses vifs remerciements" à M. Wade "pour sa
sollicitude et sa contribution précieuse au règlement de la crise ivoirienne".
Les violences qui ont suivi le 2ème tour de la présidentielle du 28
novembre 2010 entre partisans du président ivoirien déchu Laurent Gbagbo et
ceux d`Alassane Ouattara ont fait quelque 3.000 morts et environ un million de
déplacés et réfugiés.

M. Gbagbo a été arrêté le 11 avril par les forces pro-Ouattara avec le
soutien décisif des troupes de l`ONU et de la France.
"Les deux dirigeants (MM. Wade et Ouattara) ont souligné la nécessité de
renforcer la concertation entre les deux pays à tous les niveaux pour faire de
l`axe Dakar-Abidjan l`un des moteurs privilégiés de l`intégration en Afrique
de l`Ouest", affirme le communiqué.

Ils se sont en outre félicités de leur "parfaite convergence de vues"
concernant les relations bilatérales, les dossiers régionaux et internationaux.
Le président Wade a accepté une invitation de M. Ouattara à se rendre en
visite en Côte d`Ivoire à une date qui reste à déterminer.

Le Rassemblement des républicains (RDR) d`Alassane Ouattara et le Parti
démocratique sénégalais (PDS) d`Abdoulaye Wade appartiennent à
l`Internationale libérale et le président sénégalais a toujours entretenu
d`excellentes relations avec son homologue ivoirien qu`il appelle son "petit
frère".

Entre les deux tours du scrutin ivoirien, le candidat Ouattara avait
effectué une visite à Dakar, où il avait rencontré Abdoulaye Wade, provoquant
la colère de Laurent Gbagbo qui avait alors rappelé son ambassadeur à Dakar.
Source: AFP

jeudi 7 avril 2011

VIDEO: La traversée d'Abidjan aux côtés des forces pro-Ouattara France24


Nos envoyés spéciaux sillonent Abidjan aux côtés des forces pro-Ouattara, traversant leur fief Abobo, Cocody où se retranche Laurent Gbagbo, avant de rejoindre l'Hôtel du Golf où les équipes du président élu attendent.

samedi 5 mars 2011

Déclaration du Président de la Republique SEM Alassane Ouattara


Ivoiriennes, Ivoiriens, Mes Chers compatriotes,

Les populations ivoiriennes, dans leur grande majorité, ont depuis quelques semaines, entamé des manifestations sur toute l’étendue du territoire national, pour demander à Monsieur Laurent GBAGBO de se plier au verdict des urnes, en se retirant de manière pacifique, afin de mettre un terme aux angoisses et aux souffrances des ivoiriens.

Dans cette perspective, les vaillantes femmes de Côte d’Ivoire ont organisé des manifestations pacifiques, hier jeudi 3 mars 2011.
Ces manifestations ont été réprimées dans le sang, avec des moyens disproportionnés, dont des chars de combat, utilisés par des miliciens et des mercenaires à la solde de Monsieur Laurent GBAGBO, faisant une dizaine de morts dont sept femmes et un enfant, pour la seule commune d’Abobo et plus de 110 blessées.

Au regard de cette barbarie inqualifiable et devant tant de désolation, je voudrais marquer mon indignation et condamner avec la plus grande fermeté cette folie meurtrière perpétrée contre nos mères, nos épouses, nos sœurs et nos enfants, aux mains nues.
En cette circonstance douloureuse, je voudrais m’incliner devant la mémoire de ces victimes et de tous ceux qui sont tombés depuis le déclenchement de cette crise post-électorale.

Je présente mes condoléances les plus attristées aux familles endeuillées. Aux blessés, j’exprime ma profonde compassion et je leur souhaite un prompt rétablissement.

Mes chers Compatriotes,

Notre pays, bien avant son indépendance a connu des manifestations de femmes. Chacun de nous se souvient du courage de Marie Koré, de Anne-Marie Raggi et de toutes ces femmes vaillantes qui, en décembre 1949, décidèrent de marcher les mains nues sur la prison de Grand-Bassam, pour libérer leurs époux, leurs fils et frères emprisonnés arbitrairement.

Mais jamais, jamais, nous n’avons assisté à des répressions aussi sauvages que celles auxquelles nous avons eu droit hier.
Je suis indigné. Je suis révolté que de telles barbaries puissent arriver au 21ème siècle sur notre terre, sur la terre du Président Félix Houphouët-Boigny.
J’en appelle encore une fois à M. Laurent GBAGBO et à son clan, pour qu’ils se ressaisissent, qu’ils acceptent le verdict des urnes et qu’ils s’abstiennent de commettre des actes d’atrocités contre les Ivoiriennes et les ivoiriens.

Mes chers compatriotes,

Je voudrais vous donner l’assurance que justice sera rendue. Toutes les dispositions seront prises pour poursuivre et punir sévèrement les auteurs de ces crimes crapuleux.

Mes chers Compatriotes,

Je sais que vos souffrances sont grandes ; mais je vous demande de garder la foi et l’espoir. Je vous demande de rester déterminés et toujours mobilisés pour le triomphe de notre combat pour la démocratie, la liberté et la paix.

Je veux vous rassurer. Cette crise prendra fin très bientôt. Faites-moi confiance.

Je vous demande de me faire confiance.

Vive la Côte d’Ivoire

Alassane Ouattara

jeudi 17 février 2011

Crise post-electorale : Ces intellectuels qui défendent Ouattara sur le net


ARTICLE Publié dans le quotidien ivoirien L'Inter du jeudi 17 fevrier 2011
•Leurs arguments contre les thèses panafricanistes du camp Gbagbo

Plusieurs intellectuels africains ont pris fait et cause pour Alassane Ouattara dans la crise post-électorale qui secoue la Côte d'Ivoire. Ils ont décidé de démonter les thèses panafricanistes que le camp Gbagbo utilise pour expliquer « le complot international » dont il dit être victime.

Ces intellectuels n'y vont pas de mains mortes, dénonçant ce qu'ils qualifient « d'escroquerie intellectuelle » du camp du rival d'Alassane Ouattara sur des sites internet tels que « connectionivoirienne.net » et « lebanco.net ». Parmi ces avocats de M Ouattara, nous avons Franklin Nyamsi, professeur de philosophie au Canada, Alexis Dieth, professeur de philosophie en Autriche, Dr Alexis Kumalo, intellectuel en Afrique du Sud, Dr Famahan Samaké, résident au Royaume Uni, Guibessongui N'Datien Séverin, Docteur en Droit des Télécoms (Consultant international), Soilé Cheick Amidou, professeur de lettre, Bailly Célestin, Eugène Yobouet et Gilles Farese. Sans oublier Venance Konan et Tiburce Koffi qui s’étaient déjà engagés contre le régime de Laurent Gbagbo, bien avant le scrutin présidentiel. C’est Franklin Nyamsi, d’origine camerounaise qui donne le ton. Ce professeur, qui dit suivre Laurent Gbagbo depuis son accession au pouvoir, doute des qualités que ses partisans lui attribuent, notamment le panafricanisme et le nationalisme. Et sur ce sujet, voilà ce qu’il dit : « Ni panafricaniste – il (Gbagbo) ne s’est investi sérieusement pour aucune cause panafricaine-, ni nationaliste – il a exclu du vote la presque totalité de ses compatriotes vivant dans le Nord-, encore moins sérieusement socialiste, la politique de Gbagbo est celle de la caricature, de la violence et du mensonge abjects ». Des thèses renforcées par le Dr Famahan Samaké qui cite des exemples d’entreprises que Laurent aurait bradées aux Français : « Bolloré a obtenu, sous Laurent Gbagbo et de gré à gré, le contrat d'exploitation du terminal à conteneurs du port d'Abidjan ; Euro RSCG a empoché 2 millions d'Euros, soit 1,3 milliard de francs CFA pour conduire la communication du candidat 100% Ivoirien lors de la présidentielle passée ; le contrat d'exploitation des secteurs de la téléphonie, de l'eau et de l'électricité a été renouvelé au profit de Martin Bouygues ; ce dernier s'est aussi adjugé la construction du 3ème pont d'Abidjan ; Vinci construit le palais présidentiel et le siège du gouvernement à Yamoussoukro ;Total vient de bénéficier en octobre dernier d'un permis d'exploitation de pétrole aux larges d'Abidjan ; Saco, ADP et l'américain Cargill ont le contrôle de la quasi-totalité du cacao ivoirien ». Vrai ou faux? Difficile à dire.

« Toutes les richesses aux mains des étrangers »

Toujours est-il que ces défenseurs de Ouattara sont précis dans leurs argumentations, allant jusqu'à dévoiler des contrats juteux que Laurent Gbagbo aurait passés avec plusieurs multinationales. « Sur le plan agricole, les multinationales font la pluie et le beau temps. Adm (Archer Daniels Midland) et Cargill sont américaines, Barry Callebaut, suisse, Cemoi, française et Armajaro, britannique. Ces firmes ont englouti dans leur panse immense tout le secteur, allant jusqu'à devenir productrices avec le système des plantations financées pour les agriculteurs », soutient Soilé Cheick Amidou, avant d'enfoncer le clou: « Anthony Wald, propriétaire d'Armajaro est un homme d'affaire très proche de Bohoun Bouabré. Il a près de 50.000 producteurs sous sa coupe. Adm arrose environ 24.000 paysans ». Il dévoile, par ailleurs, des contrats relatifs aux ressources pétrolifères: « Les Anglais de CNR Ranger Oil et le Groupe Tullow se sont accaparés le champ offshore Espoir. C'est le très riche Bloc C-26. Il regorge aussi bien du pétrole que du gaz.

Les Anglais ont de quoi savourer leur succès puisqu'ils sont assis sur 81 millions de barils d'or noir et 175 milliards de pieds cubes de gaz! Quant aux Russes, ils ne sont pas en reste. La Lukoil Holding Limited de Kuzyaev Andrey a injecté 112 milliards FCFA dans le secteur. La totale, c'est avec Total. (…) Il est désormais dans l'extraction du pétrole en Côte d'Ivoire. Le Bloc CI-110 estimé à 1 milliard de barils (...) » Pour le Pr Alexis Dieth, Laurent Gbagbo est dépité d'autant plus que, argumente-t-il, il a tout bradé sans rien recevoir en retour : « Le slogan final du ''complot international contre Gbagbo'' révèle plus la colère d’un acteur agissant dans la tromperie, qui a été lui-même trompé dans une transaction et un marchandage, que la révolte d’un révolutionnaire sincère affrontant l’injustice de l’ordre du capitalisme international ». A ses yeux, « Le fait donc que ceux-ci l’aient abandonné aujourd’hui, alors qu’ils ont pourtant accepté des élections truquées ailleurs, justifient la colère de Laurent Gbagbo ». D’où ses réserves sur les qualités anticolonialistes du locataire du palais présidentiel. Gilles Farese, très amer, ne dit pas autre chose : « comment expliquer que la majorité des importants contrats du port d’Abidjan soient tous aux mains des grands groupes étrangers comme Bolloré et Bouygues? Est-ce cela une attitude anti-néocolonialiste? Comment comprendre qu’un anti-néocolonialiste puisse brader les contrats d’exploitation du pétrole à des entreprises étrangères Total, BNP Paribas, entre autres, à tel point qu’en Côte d’Ivoire, le carburant coûte plus cher que dans les pays comme le Mali et le Burkina Faso qui n’en produisent pas ? ». Pour lui, « la tentative de brigandage du pouvoir par Laurent Gbagbo et Yao Ndré du Conseil constitutionnel n’a rien à voir avec une quelconque attitude anti-néocolonialiste ». Quant au Dr Famahan Samaké, il a rappelé un article de la Constitution ivoirienne qui consacre la primauté des traités internationaux sur les lois internes : « De plus, la Constitution ivoirienne de juillet 2000, en son article 87, reconnaît la primauté des accords et traités sur nos lois nationales: ''Les Traités ou Accords régulièrement ratifiés ont, dès leur publication, une autorité supérieure à celle des lois [nationales], sous réserve, pour chaque Traité ou Accord, de son application par l'autre partie''. C'est pourquoi, toute affirmation selon laquelle l'ONU veut décider qui a été élu en Côte d'Ivoire, ou qu'elle veut recoloniser ce pays, consacre une méconnaissance de la loi fondamentale ivoirienne et des accords de paix signés par les leaders politiques ivoiriens eux-mêmes ». A la lumière de toutes leurs analyses, ces intellectuels se sont demandé s' « il y a encore des richesses qui n'ont pas été bradées et que Ouattara voudrait vendre aux multinationales ». « En dix ans de pouvoir, Gbagbo a plus livré la Côte d'Ivoire à l'étranger qu'Houphouët, Bédié et Gueï en 40 ans! Un record », concluent-ils, pour la plupart.

Y.DOUMBIA
ARTICLE Publié dans le quotidien ivoirien L'Inter du jeudi 17 fevrier 2011

dimanche 30 janvier 2011

Crise ivoirienne: Ouattara se « félicite » des conclusions de l’UA


L’Union africaine reconnaît le rival de Laurent Gbagbo comme le président élu de la République de Côte d’Ivoire et réclame la levée du blocus où il est retranché.

Les conclusions du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA), réaffirme ses décisions antérieures notamment celle reconnaissant Alassane Ouattara comme président élu de la République de Côte d’Ivoire », face au chef d’Etat sortant Laurent Gbagbo lors de présidentielle du 28 novembre. Alassane Ouattara s’est donc « félicité » dimanche 30 janvier de ses conclusions.

La crise ivoirienne domine les débats

Le Conseil de paix et de sécurité a rendu ses décisions à la veille d’un sommet de l’UA ce dimanche et lundi à Addis Abeba où la crise ivoirienne devrait dominer les débats.
Le rival de Laurent Gbagbo « prend acte » de la mise en place par l’UA d’un panel de cinq chefs d’Etat africains pour trouver une issue pacifique à la crise, mais « tient à souligner que cela fait environ deux mois que la tentative de confiscation du pouvoir par le président sortant induit des souffrances de plus en plus grandes pour le peuple ivoirien ».

Alassane Outtara « souhaite que les conclusions » du panel « soient rendues rapidement », alors que l’UA a donné au groupe des cinq chefs d’Etat africains un mois maximum pour rendre ses conclusions qui seront « contraigantes » pour les deux rivaux, avait annoncé le CPS. Le président Ouattara « salue » également la décision du Conseil qui a réclamé à nouveau la levée du blocus du Golf hôtel d’Abidjan, où il est retranché, que poursuivent les forces restées loyales au chef d’Etat sortant.

Depuis la présidentielle les deux rivaux revendiquent chacun la victoire.
Alassane Ouattara, donné vainqueur par la Commission électorale indépendante (CEI) avec 54,1% des suffrages, dont les résultats ont été certifiés par l’ONU, a été reconnu président par la quasi-totalité de la communauté internationale. Laurent Gbagbo, lui, a été proclamé président par le Conseil constitutionnel à 51,45%, qui lui est acquis et a invalidé les résultats de la CEI. Il est sous la menace d’une intervention militaire de l’Afrique de l’ouest pour le pousser vers la sortie.
Les violences post-électorales ont fait 271 morts dans le pays selon l’ONU.

(Nouvelobs.com)

Liberté et Démocratie au sud du Sahara – Alassane Ouattara prendra-t-il ses responsablités ?


Tunisie, Egypte : vers un effet domino au sud du Sahara?

Liberation.fr par Par Sabine Cessou

Une page d’histoire est en train de se tourner dans le monde arabe. Après la Tunisie, l’Egypte, l’Algérie, le Yémen, la Jordanie et peut-être même la Syrie… Autant de régimes confrontés à des manifestations ces derniers jours, ou s’y préparant avec appréhension. Les revendications sont claires : liberté, démocratie et perspectives d’avenir.

Les mêmes aspirations existent partout en Afrique. Mais le cyclone tunisien traversera-t-il le Sahara pour secouer d’autres pays ? Rien n’est moins sûr. En Côte d’Ivoire, les manifestants ont bien tenté de marcher sur la Radio-télévision ivoirienne (RTI), le 16 décembre, revendiquant le respect du suffrage universel. Mais les Forces de sécurité (FDS), acquises au président Laurent Gbagbo, qui refuse de quitter le pouvoir, leur ont tiré dessus à balles réelles. Dans la semaine qui a suivi, la répression a fait plus de 250 morts. Depuis, Abidjan vit dans la peur.

Il n’empêche : les manifestations égyptiennes ont de quoi faire réfléchir des présidents vissés à leurs fauteuils depuis des décennies. Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 1979 en Angola, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 au Cameroun, Idriss Déby, au pouvoir depuis 1991 au Tchad, Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986 en Ouganda, Robert Mugabe, au pouvoir depuis 1981 au Zimbabwe… Tous ces chefs d’Etat sont candidats à leur propre succession, lors d’élections programmées pour 2011 ou 2012. Pourront-ils encore organiser des scrutins tronqués (sans opposition réelle) ou truqués, alors que la Côte d’Ivoire, la Tunisie et l’Egypte seront dans tous les esprits ?

Une grande partie de la réponse se trouve à Abidjan. Alassane Ouattara va-t-il s’adresser à son peuple et mobiliser ses troupes, au lieu d’enchaîner les interviews à la presse internationale pour réclamer une intervention ouest-africaine qui devient chaque jour plus hypothétique ? Comme le soulignent les intellectuels camerounais Achille Mbembe et Célestin Monga, on voit mal « des soldats nigérians, nigériens, gambiens, togolais ou burkinabé arpentant les quartiers d’Abidjan à la recherche de la démocratie », introuvable chez eux.

Alors que l’Egypte s’embrase, Laurent Gbagbo vient de remporter une nouvelle victoire, aujourd’hui, lors d’un sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba : un « panel » de chefs d’Etat africains inquiets et très concernés se donne tout un mois pour plancher sur la crise ivoirienne. Puis rendre un avis que l’UA espère « contraignant ». Pendant ce temps, le « boulanger » – surnom donné à Laurent Gbagbo pour son art de rouler ses adversaires dans la farine – donne en toute impunité dans la boucherie. A Abidjan, où les hôpitaux ont reçu des consignes pour ne pas soigner les blessés par balle, les civils déposent leurs blessés aux portes de la mission des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). Une jeune femme muette de douleur, une balle dans la cuisse, tapait ainsi le bitume du plat de la main, le 18 janvier, sous le regard d’un contingent de Casques bleus jordaniens.

*Titre J-ci.net

samedi 15 janvier 2011

Alassane Ouattara déplore la persistance de retraits bancaires


Alassane Ouattara s'est plaint vendredi de retraits "quotidiens" effectués sur les comptes de la Côte d'Ivoire à la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'Ouest, malgré les efforts internationaux pour priver de financements son rival Laurent Gbagbo.

La BCEAO avait pris note en décembre de la reconnaissance par la communauté internationale de la victoire électorale d'Ouattara et avait déclaré que seuls les membres du "gouvernement légitime" pourraient accéder aux fonds de la Côte d'Ivoire.

Cette décision a été saluée comme une mesure essentielle pour contraindre Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir et mettre un terme à la crise politique qui l'oppose à Ouattara depuis le second tour de la présidentielle le 28 novembre.

Lors d'une visioconférence avec des journalistes en poste à Washington, Alassane Ouattara a critiqué l'inaction de la banque ouest-africaine. "La décision prise par la banque centrale de la sous-région devrait être mise en oeuvre intégralement. Ce qui n'est pas le cas à l'heure où je vous parle", a-t-il dit.

"Nous avons écrit au gouverneur (de la BCEAO) et nous lui avons dit que s'ils continuent, nous demanderons à l'Union européenne, aux Etats-Unis et aux Nations unies de les inscrire sur la liste des personnes à sanctionner".

Gbagbo a été proclamé président par une Cour constitutionnelle dirigée par un de ses alliés, tandis que la victoire d'Ouattara a été annoncée par la commission électorale indépendante (CEI) avec 54,1% des suffrages puis reconnue par la communauté internationale.

"Nous avons les chiffres, il s'agit de retraits quotidiens sur le compte de la Côte d'Ivoire", a déploré devant les journalistes Toikeusse Mabri, ministre d'Ouattara chargé de la planification et du développement, après avoir rencontré le gouverneur de la BCEAO au siège de la banque, à Dakar.

BAN DÉNONCE LES ATTAQUES CONTRE L'ONUCI

Les réserves de la Côte d'Ivoire s'élèvent, au sein de la banque, à environ trois milliards de dollars.

Mabri a ajouté que les employés de la banque, dirigée par un Ivoirien passant pour être un allié de Gbagbo, étaient victimes d'actes d'intimidation, à Abidjan, de la part des militaires pro-Gbagbo déployés dans leurs bureaux.

"Il semble que les employés de la BCEAO à Abidjan agissent sous la pression", a expliqué Mabri.

La BCEAO n'a pas réagi pour l'instant aux propos de Mabri, pas plus que le camp Gbagbo.

A New York, le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, s'est plaint vendredi des attaques du camp Gbgabo contre les casques bleus de l'Onuci à Abidjan.

"Je suis profondément préoccupé par la détérioration de la situation au plan politique et de la sécurité - et notamment par le nombre croissant d'incidents ciblant des civils et le personnel de la mission des Nations unies", a-t-il dit aux journalistes.

"Outre le blocus de l'hôtel du Golf (NDLR: où est retranché Alassane Ouattara sous la protection des casques bleus) et les tentatives visant à restreindre l'approvisionnement de l'Onuci, ce qui est en soi inacceptable, nous disposons de renseignements concrets selon lesquels l'ancien président et son entourage incitent leurs partisans à commettre des actes de violence dirigés à la fois contre l'Onu et leurs compatriotes".

Le secrétaire général des Nations unies a ajouté que ces actes constituaient des crimes au regard du droit international et annoncé que la Cour pénale internationale ouvrirait une enquête.
Source: Reuters Tim Cocks -Hier, 21h54

mardi 11 janvier 2011

Interview exclusive d’Alassane Ouattara sur Africa N°1


Interview d’Alassane Ouattara par Francis Laloupo et Eugénie Diecky pour Africa N°1

Francis Laloupo :

Faisons d’abord, si vous le permettez, le point sur la situation, telle qu’elle se présente au jour d’aujourd’hui... Après la tentative de médiation des émissaires de la Cédéao et aussi de l’Union africaine, quel bilan faites-vous de ces missions diplomatiques ?

Ces missions diplomatiques sont très utiles. Nous voulons une sortie de crise pacifique. Plusieurs chefs d’Etats sont venus à Abidjan à deux occasions. Lors de la dernière mission, le premier ministre Kényan nous a fait l’honneur de venir. Tout récemment le président Obasanjo, l’ancien président du Nigéria également. Tous sont venus dire à Laurent Gbagbo qu’il avait perdu les élections et qu’il devait quitter le pouvoir et constater que j’étais le président légitime, le président élu et qu’il fallait que les choses se passent comme prévu par les ivoiriens, la communauté Ouest-Africaine et la communauté internationale.

Le Conseil de sécurité vous a réitéré son soutien hier. Est-ce que cette confirmation est destinée à renforcer chaque jour davantage votre légitimité sur la scène internationale et vis-à-vis des Ivoiriens ?

Ma légitimité est certaine puisque ce sont les ivoiriens qui ont voté à plus de 54% pour m’élire à la tête de la Côte d’Ivoire. C’était des élections démocratiques, des élections transparentes, très bien organisées et surtout suivies de bout en bout et certifiées par les Nations Unies. Donc je me réjouis de cette confirmation du conseil de sécurité.

Une nouvelle réunion de concertation des chefs d’Etat est prévue aujourd’hui à Ndjamena. Sur quels points porteront ces concertations ?

Malheureusement je n’en suis pas informé. Je sais qu’il y aura une réunion en marge des cette rencontre. Je pense que le sujet portera sur le départ de Laurent Gbagbo de manière pacifique.

Pensez-vous que la Cédéao pourrait renoncer à l’option militaire, tel qu’elle l’avait décidé, pour déloger Laurent Gbagbo ?

Nous préférons tous une solution pacifique mais tout dépend de Laurent Gbagbo. Il faudrait qu’il entende raison. Il ne peut pas avoir raison contre la terre entière et surtout tous les Africains, tous les chefs d’Etat Africains, tous les chefs d’Etat de la Cédéao. Nous avons perdu assez de temps cela fait six semaine que cette affaire dure. Il est temps qu’il accepte de partir comme il s’était engagé à le faire avant l’élection.

Votre sécurité est assurée actuellement par les Forces de l’ONUCI et aussi les éléments des Forces Nouvelles. Comment peut-on interpréter politiquement la présence des Forces Nouvelles à vos côtés ?

Non cela n’est pas vrai. En tant qu’ancien premier ministre et président d’institution et en vertu des accords de Ouagadougou j’ai une sécurité des forces de défense et de sécurité de Côte d’Ivoire. Il y a aussi un contingent de l’ONUCI. Il y a des mensonges dans le camp Gbagbo…

…Il n’y a pas d’éléments des Forces Nouvelles à l’Hôtel du Golf ?

… Pas à ma disposition.

Certains observateurs de la Cédéao ont jugé la situation difficile, et le Ghana ne veut pas se prononcer sur la crise... Savez-vous les arguments exposés par Laurent Gbagbo à la mission de la Cédéao et qui amène l’organisation à poursuivre dans la voie du règlement diplomatique de la situation ?

Non, cela n’est pas vrai, le Ghana a participé aux deux missions de la Cédéao. Il fait parti des signataires des communiqués de la Cédéao confirmant que j’ai gagné les élections et que Laurent Gbagbo doit partir. Et que s’il refusait de partir, tous les moyens seraient mis en œuvre, y compris la force légitime. Mais la force légitime n’est pas le seul moyen à mettre en œuvre, peut-être les Ghanéens préfèrent-ils un autre moyen. Ils auront l’occasion d’en parler car la conférence des chefs d’Etats de la Cédéao va se réunir à nouveau.

Laurent Gbagbo et ses avocats proposent le recomptage des voix... Vous rejetez définitivement cette proposition ?

Mais un recomptage pour faire quoi ? C’est la question que je me pose. Cette élection à été organisée et surveillée par la Cédéao, par les Nations Unies, par le Premier Ministre de l’Accord de Ouagadougou. Ces bulletins ont été comptés, Mr Gbagbo les a reçus comme moi. Nous avons les 21 000 procès verbaux et nous avons tous les mêmes résultats. Que ce soit Laurent Gbagbo et moi-même, que ce soit la Commission Indépendante, le Conseil Constitutionnel, le facilitateur de l’accord de Ouagadougou et les Nations-Unies. Nous avons tous les mêmes chiffres. Le recomptage, c’est tout simplement un moyen de gagner du temps. La question de fond porte sur le choix du Conseil Constitutionnel d’annuler les votes de sept départements du centre et du nord, ce qui représente 13% des suffrages exprimés.

Certains suggèrent aussi de réorganiser le scrutin dans certains bureaux de vote où de graves irrégularités auraient été relevées...

Mais il n’y a pas eu d’irrégularités. Dans ces régions du centre et du nord, il y a une cohérence entre les résultats du premier tour et du deuxième tour. Premièrement, les taux de participation sont à peu près les même. J’ai eu plus de 90% parce que ce sont mes fiefs. Si j’avais du tricher, je ne l’aurais pas fait dans mon fief, tout de même. Deuxièmement, les préfets des ces régions ont fait des rapports disant qu’il n’y a pas eu de fraudes. Troisièmement, le centre de commandement intégré, c’est-à-dire les soldats des forces de défense et de sécurité et des Forces Nouvelles ont attestés qu’il n’y avait pas eu de fraudes. Quatrièmement, les observateurs internationaux ont fait leurs rapports pour dire qu’il n’y avait pas eu de fraudes. Cinquièmement, certains religieux comme l’archevêque de Bouaké au centre ou l’archevêque de Korhogo au Nord ont dit qu’il n’y avait pas eu de problèmes.

Là où il y a eu des problèmes, c’est dans le sud-ouest, donc la région d’origine de Laurent Gbagbo où il y a eu des empêchements de vote, où il y a eu des blessés, des troubles et ou beaucoup de nos partisans n’ont pas pu voter.

Laurent Gbagbo sait très bien qu’il ne peut pas gagner une élection contre une alliance de Henry Konan Bédié et d’Alassane Ouattara. C’est une réalité politique et sociologique ivoirienne. Henry Konan Bédié et son parti ont gagné les élections législatives en 2000. Moi, j’ai gagné les élections municipales. Laurent Gbagbo à été installé à la présidence par un coup de force en 2000 ; Autrement, il n’a gagné aucune élection, son parti n’a gagné aucune élections. Ni législatives, ni municipales, ni régionales. Alors comment voulez-vous qu’il soit élu président ?

Si Laurent Gbagbo levait sans condition le blocus de l’hôtel du Golfe où vous trouvez, quelles dispositions prendrez-vous à votre tour ?

Laurent Gbagbo ne tient jamais ses engagements. Il a promis de lever ce blocus complètement insensé, mais il ne le fera pas. De toute façon, qu’il le fasse ou pas, nous le ferons partir et ce avant la fin du moi de Janvier.

Prenez-vous, actuellement, des initiatives précises, en qualité de président de Côte d’Ivoire ?

Tout à fait. D’abord je nomme des ambassadeurs. Certains ont déjà été accrédités, d’autres le seront bientôt. J’envoie des ministres au Conseil des Ministres de l’Union économique et monétaire, etc. Nous sommes en contact avec plusieurs préfets à l’intérieur du pays. Je continue d’exercer une partie des prérogatives qui sont les miennes en tant que Chef de l’Etat. Laurent Gbagbo est un usurpateur, il faut qu’il arrête sinon il va se retrouver non seulement devant la haute cour de justice mais aussi devant la Cour Pénal Internationale. Il y a déjà eu plus de 250 morts depuis le début de cette crise, tués par des mercenaires libériens et des miliciens. Ce n’est pas possible pour quelqu’un qui se disait démocrate il y a dix, vingt ans de faire des choses pareil. C’est totalement inacceptable.

Peut-on dire que vous êtes un président en exercice limité.

Oui, il est vrai que je n’ai pas tous mes pouvoirs. Ce n’est pas discourtois de le dire. Mais c’est pour cela que je souhaite que cette affaire s’arrête. J’ai été élu parce que les ivoiriens voulaient le changement. Les ivoiriens ont été séduit par le programme que j’ai proposé. Un programme économique social et politique qui va changer la Côte d’Ivoire et même changer la sous-région et être un modèle pour le continent Africain. Je veux mettre en œuvre ce programme le plus tôt possible.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest ne reconnaît plus la signature de Laurent Gbagbo en tant que chef d’Etat... Quelles en sont les conséquences concrètes ? Est-ce votre signature qui est reconnue ?

Oui. Les personnes désignées par Laurent Gbagbo ne peuvent plus avoir accès au compte de la Banque Centrale. Ils ne peuvent pas débiter le compte de la banque centrale ou les comptes de banques commerciales sous leurs signatures. Malheureusement, il y a eu une période de flottement et des prélèvements ont été effectués à la banque centrale ainsi que dans les banques commerciales. C’est du brigandage. Quelque fois ils ont même emmené des gens avec des Kalaches pour prendre des fonds dans les banques. Ce sont des méthodes d’un autre âge. Mais en temps opportuns toutes ces personnes feront l’objet de poursuites.

Votre ambassadeur à l’Onu a annoncé votre décision de former, le moment venu un gouvernement d’union nationale avec certains partisans de Laurent Gbagbo. C’est une manière de donner des gages d’immunité, dès maintenant, à ceux que vous accusez de commettre des crimes et des atteintes graves aux droits humains ?

Il ne faut pas oublier que cela fait un an et demi que je fais campagne pour cette élection. Et depuis le début, compte tenu des problèmes que la côte d’ivoire a connu ces dix dernières années, j’ai annoncé clairement que ma priorité serait la réconciliation et le rassemblement de mes compatriotes et que pour cela en arrivant aux affaires je formerai un gouvernement d’union national qui comprendra mes alliés, les membres du RHDP (Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix) mais également des membres du Front Populaire Ivoirien et des membres de la société civile. Je suis toujours dans cette disposition d’esprit. Je considère que rien ne sert d’exclure une partie de la population ou une partie des partis politiques significatifs. Je trouverai, j’en suis sur, des gens de qualité au FPI ou dans la société civile et je formerai ce gouvernement d’union national, ce large rassemblement dont la Côte d’Ivoire a besoin.

Eugénie Diecky :

Si vous êtes pleinement établi dans vos fonctions au sommet de l’Etat, quelles seront les actions prioritaires ?

La première action, comme je le disais, c’est la réconciliation. Ceci me parait essentiel. En deuxième lieu, il faudra faire très rapidement un état des lieux pour permettre la mise en œuvre de mon programme de gouvernement, et comme vous le savez mon programme est très précis, très détaillé. Je cherche à améliorer le niveau de vie des Ivoiriens, et çà je le ferai très rapidement. C’est mon métier d’économiste et de banquier. Je compte injecter des milliards vraiment dans l’économie ivoirienne pour faire redémarrer l’économie le plus tôt possible. J’ai aussi comme priorité le social parce que la santé, l’école sont des domaines vraiment prioritaires et il faut également travailler à une réforme politique, la Constitution. Et bien entendu, dans tout çà vous savez, le problème de l’emploi des jeunes est une priorité pour moi parce que nous avons tous un jeune qui a été manipulé pendant des années par ce régime de Laurent Gbagbo. Et qui donc sont sans emploi, qu’on appelle à chaque fois à manifester, aller se faire bastonner et autre. Ce n’est pas mon idée de l’utilisation de la jeunesse. J’ai un programme précis de création d’emplois, 1 million d’emplois sur les 5 années, essentiellement pour la jeunesse, parce que c’est vraiment le problème de fond. L’école, et la jeunesse, l’emploi des jeunes.

Pensez-vous qu’une fois dans vos fonctions que la page des violences sera réellement et définitivement tournée ?

Oui, bah vous savez les Ivoiriens ont voté comme je vous le disais pour le changement et pour la paix. Si Laurent Gbagbo n’avait pas eu ce comportement là, la Côte d’Ivoire aurait été en paix, il y aurait eu des réjouissances populaires à l’issu de ces élections. Tout le monde disait, ces élections sont une élection de sortie de crise. Le pays était relativement tranquille pendant trois ans, même pas des manifestations en général. Et les Ivoiriens ont participé à cette élection à plus de 80%. 84 % au premier tour. 81% au deuxième tour. C’est tout de même significatif. Donc c’est un besoin de paix et de changements qui a motivé les Ivoiriens.

Mais il y a une grande déchirure entre les Ivoiriens

Oui, c’est une déchirure organisée et favorisée par le camp Gbagbo. Il faudrait, à mon arrivée, je vous l’ai dit ma priorité c’est la réconciliation. Vous savez, si le chef de l’Etat s’adresse aux Ivoiriens de manière fréquente en disant ce qu’il faut faire pour se réconcilier, la réconciliation viendra. Nous sommes Africains, nous savons comment çà se passe, tout vient d’en haut. L’exemple vient quand même d’en haut. Si vous avez un chef d’Etat qui est belliqueux, qui fait de la division, qui fait de la manipulation, qui dit des mensonges, malheureusement çà empoisonne le tissu social. Moi, je serai un Président honnête, un Président qui travaillera pour le rassemblement des Ivoiriens, pour la réconciliation des Ivoiriens et qui va se mettre au travail pour faire avancer la Côte d’Ivoire et non pas pour maintenir un statu quo de pouvoir qui ne donne rien du tout au jeu.

Quel message voudriez-vous adresser, sur cette antenne aux Ivoiriens et à l’ensemble des Africains ?

Je voudrais dire à tous mes concitoyens En Côte d’Ivoire et à tous les Africains, à tous mes frères que les élections démocratiques c’est important, et c’est ce que la Côte d’Ivoire vient de faire, des élections démocratiques et transparentes. Et que rien ne doit être au dessus du suffrage du peuple. On ne peut pas accepter qu’une institution quelque soit, vienne frustrer la volonté populaire. Autrement çà ne serait pas la peine d’organiser des élections démocratiques donc le peuple de Côte d’Ivoire a choisi clairement, il m’a élu comme président de la République. Je veux dire à mes concitoyens et à tous les Africains que je veux et je vais exercer ces fonctions dans la plus grande noblesse en faisant en sorte que la Côte d’Ivoire soit comme notre hymne national le dit une terre d’hospitalité et que je mettrai en œuvre un programme qui fera la fierté des Ivoiriens mais également la fierté de tous les Africains. Moi, j’ai travaillé dans de grandes institutions partout dans le monde et je sais à quel point quelques fois l’Afrique est méprisée. Mon objectif c’est de développer la Côte d’Ivoire, au point où dans quelques années les jeunes africains seront fiers de leur patrie et que la Côte d’Ivoire sera un creuset de qualité et que ces immigrations sauvages que vous voyons vers les pays avec toutes les scènes horribles de noyades et autres vont s’arrêter parce que je ferai de la Côte d’Ivoire un pays où il fera bon vivre. Voilà le message que je laisse à mes frères africains en général et bien entendu à mes frères et sœurs ivoiriens

Cela fait 6 semaines que cette situation dure, que vous être retranché à l’Hôtel du Golf. Dans quelles conditions vivez-vous à l’Hôtel du Golf ?

Vous savez, ce n’est pas la situation dans laquelle j’aimerais me retrouver puisque j’ai été élu et je devrais être normalement dans le bureau de la présidence pour me mettre pleinement au travail, j’aurai aimé avoir mon gouvernement au complet.. Mais tout çà n’est pas possible. Mais ceci étant, vous savez, cela est secondaire par rapport à ce que vivent les populations dans les quartiers. Pas plus tard que ce matin, à ABOBO un des quartiers d’Abidjan, la population a été agressée par des libériens mercenaires et des miliciens de Laurent Gbagbo et depuis que cette crise a commencé c’est plus de 250 morts que nous avons enregistré, c’est surtout cela qui me peine. Nous avons une grande souffrance de populations à cause de cette crise et je considère qu’il est temps que çà s’arrête. Le fait qu’Alassane Ouattara soit à l’Hôtel du Golf, ce n’est pas efficace pour le fonctionnement de la République. Mais ce qui me préoccupe c’est le sort de la grande majorité des Ivoiriens qui souffrent de cette insécurité. La situation économique se dégrade. La misère se répand. Le prix des matières premières continue de grimper et ainsi de suite. Donc j’aimerais que cela prenne fin pour permettre d’aller de l’avant et de faire ce pourquoi les Ivoiriens m’ont élu.

La dernière mission des chefs de l’Etat consistant à demander à Laurent Gbagbo d’accepter le verdict des urnes, qu’il a perdu, a été assez molle. Est-ce c’est votre sentiment ? On ne sait pas exactement ce qu’ils sont venus demander à Laurent Gbagbo.

Ah si si, moi je les ai reçu à chaque fois, ils sont allés dire à Monsieur Laurent Gbagbo : « Cher frère, vous avez perdu les élections. Nous en sommes convaincus. Bien sûr, les Ivoiriens ont voté massivement pour Alassane Ouatarra. La communauté économique des état de l’Afrique de l’Ouest avec un facilitateur ont donc les même résultats. Les Nations Unis également. Et nous vous demandons d’arrêter, de quitter le pouvoir. Maintenant, nous venons vous dire quelles sont les conditions que nous pourrions demander au Président élu de vous faire pour faciliter votre départ. » Voilà le message qui a été fait.

Cela n’a pas semblé émouvoir outre mesure Laurent Gbagbo

Non, à chaque fois il dit « je vais réfléchir et puis bon revenez ». C’est comme çà qu’il opère Monsieur Laurent Gbagbo.

Si Laurent Gbagbo garde le fauteuil présidentiel et que la CEDEAO n’intervient toujours pas, on sait que l’Occident est avec vous. Est-ce que vous pensez que l’Occident va continuer à être avec vous, à vous soutenir, dans la mesure où pour de nombreux Ivoiriens, en tout cas ceux qui n’ont pas voté pour vous, vous êtes l’homme qui est l’instrument de l’Occident ?

Non, vous savez ce n’est pas l’Occident qui a voté pour moi, ce sont les Ivoiriens qui ont voté pour moi.

Mais c’est l’Occident qui vous soutient, semble-t-il. Vous êtes l’homme de la Communauté Internationale.

C’est parce que les Ivoiriens ont voté pour moi à 54% que la CEDEAO et l’Occident me soutiennent. Si j’avais perdu les élections, personne ne m’aurait soutenu donc il faut que les choses soient claires. Alors à partir de là, ce qui m’importe c’est le soutien des Ivoiriens et je peux vous dire avec la situation créée par Laurent Gbagbo si nous avions des élections aujourd’hui, je serai élu pas à 54% mais peut-être à 75%. Ceci étant, je voudrais préciser qu’avec mon élection, moi je ne suis plus le Président de du RHDP et du RDR, je suis le président de tous les Ivoiriens, y comprit ceux qui ont voté pour monsieur Laurent Gbagbo, parce que ma volonté c’est de rassembler et de réconcilier les Ivoiriens et je peux comprendre que certains aient voté pour d’autres personnes, c’est çà la démocratie. Mais, il appartient au président élu de rassembler et d’ailleurs mon discours de campagne a toujours été pour le rassemblement des Ivoiriens et maintenant que je suis élu, je vais mettre en œuvre mon programme de réconciliation et de rassemblement. Je considère que c’est condamnable de diviser les Ivoiriens pour pouvoir rester aux affaires, pour usurper le pouvoir. Donc, je répète que ce n’est pas la Communauté Internationale qui m’intéresse, je suis heureux du soutien que j’ai des uns et des autres mais c’est le vote, le suffrage des Ivoiriens qui a fait que tout le monde considère que cette élection a été démocratique, elle a été transparente et que Laurent Gbagbo doit céder la place à Alassane Ouattara. Nous devons faire une transition pacifique, parce que vous savez également si je montre cette patience dans ce déroulement des évènements, c’est parce que je suis préoccupé par les conditions de mes compatriotes. Moi, je souhaite une transition pacifique. Il y a déjà eu 250 morts, vous pensez que cela me fait plaisir qu’on continue dans une situation de violence où il y aurait encore plus de morts. Le président Ivoirien, que je suis, quelque soit la personne qui est tuée, c’est une personne de trop. Donc voilà pourquoi je tiens ce qu’il ait une sortie pacifique.

Guillaume Soro est votre premier ministre mais il a déjà travaillé avec Laurent Gbagbo et il a acquis une forme de virginité. Maintenant c’est le président des Forces Nouvelles. On sait très bien qu’il a sévi au Nord du pays. Est-ce que çà ne vous gêne pas de travailler avec Guillaume Soro comme premier ministre ?

Non, moi je considère que je travaillerai avec tous les Ivoiriens comme je l’ai déjà dis. Alors on ne peut pas dire une chose et faire le contraire. Si j’ai dit depuis le début que je travaillerai avec toutes les forces politiques. Guillaume Soro fait parti des forces politiques, et bien entendu c’est un monsieur qui a acquis une expérience. Nous sommes dans une période de crise et j’ai considéré que c’était le profil qu’il me fallait pour cette sortie de crise. Mais ceci étant, j’ai également dis dans l’accord que j’ai passé au sein du RHDP que mon Premier Ministre sera issu du PIDCI la crise passée, les institutions mises en place, je serai tout à fait conforme à cet engagement Moi, je ne veux exclure personne de la gestion de la Côte d’Ivoire. Je vais utiliser les meilleurs profils en fonction des moments et des opportunités.

Est-ce que c’est vous qui avez donné l’accord à Marcel Youpé, porte parole du RHDP en France, d’investir les locaux de l’ambassade de la Côte d’Ivoire en France le 27 décembre ?

Je n’étais même pas au courant. J’ai vu çà après. Je pense que les uns et les autres prennent des initiatives parce que les Ivoiriens ont soif de démocratie. L’ambassadeur qui représentait le gouvernement de Laurent Gbagbo a été relevé de ses fonctions. Je considère qu’un nouvel ambassadeur doit prendre fonction et je demande tout simplement à tous les Ivoiriens y compris de faire preuve de patience et que je préfère que les choses se passent dans l’ordre. Il y va de l’image de la Côte d’Ivoire, donc je profite de cette antenne de lancer un appel de rester calme. Un nouvel ambassadeur sera accrédité dans les prochains jours, il prendra ses fonctions, et mettre de l’ordre dans l’ambassade. Donc il n’est pas nécessaire de toutes ces manifestations et de toutes ces confrontations que nous voyons à la télévision. En général, la réalité c’est que le RHDP réagit aux agissements du FPI, parce que le FPI est un parti qui connaît que la confrontation et la violence, c’est çà le problème de fond. Moi, j’en appelle au RHDP et au FPI, je suis le Président de tous les Ivoiriens, de penser à l’image de la Côte d’Ivoire et d’arrêter ces agissements pour que nous puissions reconstruire notre pays assez rapidement après le départ de Monsieur Laurent Gbagbo.