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mardi 14 février 2012

Côte d'Ivoire: une défaite pas si surprenante

La chute de la Côte d'Ivoire a étonné beaucoup de monde. L'émergence de la Zambie n'est pourtant pas le fait du hasard.

 
La sélection ivoirienne lors de la séance de tirs au but de la finale de la CAN.REUTERS/Amr Dalsh

La nuit a été courte à Abidjan et tout est bien triste ce lundi, 13 février. La fête engagée dès les premières heures de la journée de dimanche s’est brutalement arrêtée. Seul le football peut expliquer pourquoi la victoire attendue des Éléphants a pu leur échapper.
Des Ivoiriens ultra-favoris

Meilleure défense: aucun but encaissé durant tout le tournoi. Une attaque prolixe : 9 buts marqués en cinq rencontres. Plus que tous les autres favoris de cette CAN 2012, les Éléphants avaient amplement mérité leur réputation. Et le trophée semblait languir de s’offrir à eux sur un plateau d’or. Cruelle désillusion dimanche soir devant la Zambie qu’on n’attendait pas à ce niveau de la compétition. Les Chipolopolos auront déjoué tous les pronostics. Personne ne les avait vus venir et ils ont confondu les analystes les plus avertis.

Leur victoire met en lumière une fois encore cette glorieuse incertitude qui fait le charme parfois cruel du ballon rond. Qui eût cru cette bande de garçons sans pedigree capables de déboulonner l’un après l’autre les redoutables adversaires qui se sont dressés sur leur chemin ? Qui les eût crus, parvenus en finale, capables de terrasser l’ogre ivoirien incarné par Didier Drogba, Kolo Touré, Gervinho et autres, des joueurs à l’audience planétaire ? Glorieuse incertitude du football, quand tu nous tiens…

Se contenter de cette considération irrationnelle serait toutefois réducteur pour cette équipe de Zambie que tout le monde s’est, en vérité, refusé de voir venir. Sa victoire, en fait, est le fruit de la méthode, de la constance. Le microcosme du football africain est ainsi fait que chaque fois qu'on l’évoque, des pays sont évoqués spontanément comme les Grandes nations de foot du continent.

Ainsi, en l’absence de noms déjà codés comme le Cameroun, l’Égypte et le Nigeria, la Côte d’Ivoire, le Ghana et à un degré moindre le Sénégal ont été élevés mécaniquement au rang de futurs époux de dame coupe sans qu’on ait auparavant procédé à une évaluation objective de leurs capacités à séduire cette dame capricieuse qui exige souvent plus que de la notoriété à ses soupirants.
La Zambie, un groupe homogène et cohérent

L’une de ses exigences, c’est la constance dans l’approche. Nos mémoires sélectives ont vite fait d’oublier que cette équipe des Chipolopolos n’a pas été constituée de toutes pièces.

En 2009, à Abidjan, elle avait fait bonne impression lors de la première édition du Championnat d’Afrique des nations (Chan), avec le même entraîneur, Hervé Renard. Même si elle est constituée de joueurs locaux (évoluant sur le continent), nul n’a, semble-t-il, remarqué que les Chipolopolos forment un groupe homogène et cohérent, régulièrement huilé dans un même moule: le TP Mazembé en République Démocratique Congo voisine, où neuf d’entre eux évoluent.

Peu de formations sur le continent ont la chance d’avoir un groupe aussi régulièrement éprouvé ensemble et dans lequel se développe ainsi une âme. Hormis l’Égypte et peut-être la Tunisie, les équipes nationales africaines sont presque des constellations de vedettes qui se retrouvent le temps d’une compétition.Forcément, il y a des automatismes qu’on ne peut développer et un état d’esprit qui n’a pas la force de celui des groupes forts.

Le préjugé favorable dont il a toujours jouit aidant, on a volontairement oublié que le Ghana dont on a fait un grandissime favori de la compétition, présente une équipe très jeune, montée de toutes pièces en 2010 après la défaillance de ses stars. Tout le monde s’est ainsi acheté une cécité sur les tares défensives et même offensives de cette formation qui a certes du talent, mais manque de métier.

Le métier, le grandissime favori, la Côte d’Ivoire, l’avait. Il lui a certainement manqué ce petit quelque chose qui, en football, fait parfois la différence: la réussite. Les Chipolopolos en ont eu certainement, mais ils avaient aussi un autre atout: la stabilité de leur encadrement.

À la tête de la troupe depuis 2008, l’entraîneur Hervé Renard a su façonner ses garçons et fait corps avec eux. Observateur et futé, il a réussi une bataille technico-tactique qui a contraint nos pachydermes aux prolongations et à l’impensable et aléatoire épreuve des tirs au but. Un sacré renard!

Elvis Kodjo (Fraternité Matin)

mercredi 1 février 2012

Les malheureux lauréats

Publié le mercredi 1 fevrier 2012   |  L'intelligent d'Abidjan
 La lauréate d’un concours panafricain de chant n’a pas reçu les lots qui lui avaient été promis. Une certaine Miss élue à un des concours de beauté qui pullulent en Côte d’Ivoire n’a jamais vu la couleur du terrain qu’elle devait avoir. Une autre se plaint de n’avoir rien obtenu de toutes les récompenses qu’on lui a fait miroiter. Organiser un concours et ne pas tenir ses promesses est-il un effet de mode ?
Les compétitions sont tellement rares que les participants se bousculent, sans savoir que c’est le début de leur calvaire. Soit les résultats sont proclamés en retard, s’ils sont proclamés, soit c’est la croix et la bannière pour rentrer en possession de ses lots. On prend un malin plaisir à ne pas donner tous les cadeaux pendant la cérémonie de remise officielle.
« Nous remettons cette trousse et ses stylos de façon symbolique. Le lauréat pourra récupérer le reste des lots plus tard pour des raisons de sécurité ».
Après ? On ne remet rien. Adieu, argent, livres, pagnes, appareils électroménagers, voitures, etc.
Le candidat heureux, devient malheureux au fil de ses appels sans réponses. Il finit par comprendre que tel le laboureur de La Fontaine qui montra à ses enfants que le travail est un trésor, la grosse récompense promise ici est en réalité l’apprentissage de la patience. Au début, ce sont des échanges courtois. On vous rassure, on vous caresse dans le sens du poil ! On vous sert proverbes et adages…
« La patience est un chemin d’or ». « La patience vient à bout de tout ». « Tout vient à point à qui sait attendre ».
Et puis, quand le temps passe, quand les médias ont fini de chanter leurs louanges, quand tout le monde a oublié l’affaire, sauf vous, le ton se durcit. On vous méprise tel un parasite qui semble vouloir venir moissonner là où il n’a pas semé. L’organisateur vous renvoie au sponsor, qui vous renvoie à l’organisateur pour finalement vous marteler : « Une promesse n’est pas une dette ! »
Et pourtant, on les voit ces organisateurs et/ou sponsors, affichant leurs sourires charmeurs sur des pancartes en ville, parraînant des cérémonies, faisant des dons cent fois supérieurs à votre dû, ça et là. Ce n’est pas l’argent qui leur fait défaut, alors pourquoi martyriser les gagnants au risque de se faire mauvaise presse?

On a même vu des enveloppes d’argent remises officiellement….qui ne contenaient pas la somme annoncée.

« Le Directeur de l’entreprise X offre 200 000 F CFA au grand gagnant ».

Une fois à la maison, le lauréat découvre que l’enveloppe ne contient que trois billets de 10 000 F CFA esseulés ! Erreur ? Malhonnêteté ? Dieu merci, tous les concours n’ont pas une issue aussi déplorable. Il y a encore des gens qui ont le sens de l’honneur et de la parole donnée. Mais la récurrence du phénomène inquiète. Faut-il créer un organe pour réguler les concours ?

Qui a déjà entendu parler de quelqu’un que l’on a obligé , couteau sous la gorge à organiser un concours ? Si vous n’avez pas les moyens qu’il faut, n’organisez rien, ou alors promettez des prix à la hauteur de vos ressources.

Le blog de Yehni Djidji

mardi 20 décembre 2011

Côte d’Ivoire : élection législative 2011 le découpage électoral a-t-il favorisé le RDR

   Au lendemain de la proclamation des résultats du législative 2011 par la CEI, l’un des candidats malheureux de ces législatives  à la personne de Mamadou Coulibaly  président de Lider. Il nous disait sur les ondes  de RFI que le nouveau découpage électoral ivoirien effectué juste avant l’élection législative de 2011 a été fait  par le pouvoir en place pour favoriser le RDR du président Ouattara. Il affirme que ce découpage effectué est inégale tout simplement parce que cela a été fait par ordonnance présidentielle. Selon lui les règles n’ont pas été respectées, pour lui  il fallait une consultation de l’Assemblé Nationale ivoirien avant d’effectuer un nouveau découpage électorale.

  Il faut dire aussi que bien avant lui Gérard La tortu responsable des observateurs de la francophonie pour ces législatives avait dénoncé une précipitation dans le découpage électorale sur le plateau du journal télévisé de 20 heure de la RTI.

   Ce que on peut le reprocher au président de Lider c’est de n’avoir pas dénoncé cela avant les législative c’est après qu’il est perdu qu’il vient de dénoncer cela pour justifier ça défait. Et si Mamadou Coulibaly avait gagné, dénoncerai t-il  cela ?

    En ce qui concerne le principale parti de l’opposition le CNRD, Ils ont trop misé leur participation au législative sur la libération de l’ex-président Laurent Gbagbo comme si le destin de ce dernier était plus important que celui du peuple ivoirien en laissant un boulevard aux parties du RHDP en particulier le RDR qui s’est taillé la par du lion.
Pour le pouvoir en place malheureusement  le moment a été mal choisi parce que sa donne le sentiment que l’opposition est tombé dans un piège. Selon la Connectionivoirienne.net durant ces dernières semaines d’élections législatives en Côte-d’Ivoire, le nouveau découpage électoral avantageux pour le Rassemblement des Républicains [RDR] du président Alassane Ouattara, a fait l’objet de débats intenses. Connectionivoirienne.net a pu mettre la main sur un document confidentiel de travail d’une ONG internationale de premier plan en Côte-d’Ivoire. Ce document a été envoyé bien avant les élections du 11 décembre dernier, à la Commission Électorale Indépendante [CEI], à la mission Onusienne [ONUCI], à la Cour constitutionnelle, à plusieurs ambassades et au gouvernement ivoirien. La Connectionivoirienne.net vous proposera dans son intégralité ce document, pour des raisons opaques, resté inexploité, donc affaire a suive.

lundi 12 décembre 2011

Décryptage: Faible participation pour des législatives 2011 pourquoi ?

Les Ivoiriens se sont rendus aux urnes dimanche 11 décembre dans le calme pour choisir leurs députés, lors des premières élections depuis la crise postdoctorale. Sans oublier bien sur que le partie de Laurent Gbagbo le FPI a appelé  au boycott de ce scrutin qui a été marqué par une faible participation, a pare a des cas isolés que  l'ont  déplore dans certaine bureau de vote a l’intérieur du pays.
Évidement les gens se demande alors pourquoi cette faible  tau de participation après un tau record de la présidentielle de l’an dernière.
 Alors nous avons trouver des éléments de réponse sur place à Abidjan
1- La conséquence du transfère de Laurent Gbagbo à la Haye et le Boycotte de son partie le FPI
 Direction Abobo sud  dans le village ébrié d'Abobo Baoulé au groupe scolaire Abobo Baoulé Harriste ou on a 7 bureaux de vote. Dans le bureau de vote numéro 1 nous avons 316 électeurs inscris sur la liste d’émargement et seulement 58 ont voter, cette tendance est la même pour les 6 autres bureaux de vote de dans cette collège électoral. Les raisons d'abord c'est une zone acquise à la cause de l'ex-président Laurent Gbagbo. les jeunes de ce secteur disent qu'ils n'iront pas voté parcequ'ils ont mit leur président (Laurent Gbagbo) en prison, d'autres disent que ce vote  ne change rien qu'ils ont voté massivement Lauent Gbagbo au présidentielle et qu'ils n’ont pas finir de payer ce prix. Par contre d'autres disent respecter le mot d'ordre lancé par les partisans de Gbagbo. En fin selon les informations surplace les raisons restent les mêmes dans les communes comme Yopougon bastion FPI et d'autre localité du pays acquise à la cause de l'ex-président.

2 Mais si l'on en croix à la réalité du terrain la participation  très faible n’est pas une affaire de boycott.
Cette foi direction à  Abobo samaké ou le tau de participation est aussi faible dans les collèges électorale pour tant c'est une zone acquise à la cause de l'actuel  président Ouattara. ici la raison est autre les gens ne trouvent pas important les législatives et ils disent qu'il n'y a pas d'enjeu a cette élection législative comme quoi y a rien en face en parlant de l’absence du FPI le partie de Laurent Gbagbo. Il y a un professeur du Lycée qui nous expliquait que les candidats à la députation  du parti au pouvoir le RDR sont mal aimer et ne jouissent pas d'une bonne popularité  au près de leur propre partisan notammant la tête de liste du RDR Adaman Toungara actuellement ministre des mines et de l'énergie du gouvernement Soro. En plus tous ceux qui vote pour le RDR vote pour le parti et nom pour un candidat et que d'autre préfère même ne pas voter des députes qui vont aller dormir a l'Assemblé Nationale.

Il y a aussi une grande majorité des gens qui sont déçus car on leur dit d’aller voter et après il y a des bagarres ». C’est le sentiment exprimé par certaine électeur dans d'autre commune d'abidjan comme le plateau  lors des élections législative de ce dimanche 11 décembre.
Sans oublier bien sur les électeurs qui sont en déplacement a l’étranger ou dans d'autre localité du pays a ajouté a cela les déplacés de la crise poste électorale.

samedi 10 décembre 2011

Législative 2011 un an après la présidentielle de 2010, la Crise demeure toujours

Posted by Picasa

- La réconciliation nationale ivoirienne Mythe ou Réalité? Avec le transfert de l’ex-président ivoirien Gbagbo à La Haye le mardi 29 novembre 2011 à moins de deux semaines des élections législatives met en mal la réconciliation nationale. Tous simplement parce que Le président déchu compte encore beaucoup de partisans dans le sud du pays. Ce qui est le plus grave dans tous cela et que beaucoup d’observateur surplace ignore encore est que les pros- Gbagbo n’ont toujours pas reconnue la victoire électorale du président Ouattara et ne peuvent en aucun cas accepter une victoire militaire des pros-Ouattara soutenue par la communauté internationale notamment le pays colonisateur qui est la France. Chose que l’ex-président Gbagbo n’a pas manqué de  signaler devant les Juges à la Haye. Pour encore reprendre les propos d’un responsable FPI sur un site d’information en ligne " Nous n’allons pas à cette élection législative pour légitimé ce pouvoir en place". et pour finir Laurent Gbagbo à dit ce-si  devant les juges de la Haye " Nous irons jus qu'au bout.

-En suite du côté de l’actuel président Ouattara cette nouvelle a de quoi réjouir ces nouvelles autorités ivoiriennes, qui ne cachaient pas leur impatience de voir Laurent Gbagbo remis à la CPI. Sans oublier bien sur que ce transfèrement du président déchu, considéré, encore, comme un homme politique influent, ne peut laisser que des inquiétudes sur la fameuse réconciliation nationale du pays qui a du mal démarrer correctement sur le terrain depuis sa mise en place. Cela est aussi dû au faite que ceux qui doivent se réconcilier ont le sentiment comme si le combat n’est pas terminé. D’autant plus que le pouvoir en place est plus préoccuper ces dernières semaines à assoir son pouvoir avec la première élection législative depuis 10 ans dans le pays

Il faute être ici en Côte d'ivoire pour savoir que cette crise poste électorale a d'autant plus divisé les ivoiriens qu'on a du mal a recoller les morceaux, même  l'Afrique elle même est divisé sur cette crise ivoirienne.
Pour d’autre un an après les élections présidentielle on a le sentiment que la crise sociaux politique demeure toujours dans le pays, mais à la différence avec l’année dernière est que la peur à changer de campe. Certaines personnes se posent plutôt la question de savoir si l’élection législative de ce dimanche 11 décembre permettra à elle seul une sortie de crise que la l’élection présidentielle passé n’a pas réussie.

lundi 5 décembre 2011

Côte d'Ivoire : Ouattara et Soro, partenaires particuliers

Le Président ivoirien Alassane Ouattara (à g.) et son Premier ministre Guillaume Soro. © Issouf Sanogo/AFP
L’un joue au mentor, l’autre à l’élève appliqué… Rien ne les prédestinait à s’entendre, mais Alassane Ouattara, le chef de l’État ivoirien, et son Premier ministre, Guillaume Soro, ont fini par s’habituer l’un à l‘autre. Question d’intérêts bien compris.

Alassane Ouattara et Guillaume Soro. En Côte d’Ivoire, le chef de l’État ivoirien et le Premier ministre n’en finissent plus de se congratuler. Le 10 octobre, le second remerciait chaleureusement le premier pour « son précieux soutien » – c’était lors de l’ouverture d’un séminaire-bilan des cent premiers jours du gouvernement. Le lendemain, le président de la République félicitait son Premier ministre pour « la conduite rigoureuse des travaux ». Auparavant, il avait déjà loué la loyauté et l’implication d’un Guillaume Soro qui, depuis sa nomination, joue les élèves modèles et disciplinés. En public, depuis six mois qu'ils travaillent officiellement ensemble, les deux hommes affichent une cohésion sans faille et tiennent le même langage : travail, reconstruction, réconciliation.

Trop beau pour être vrai ? « Ce n’était pas gagné d’avance, mais ils forment un bon attelage, affirme un ministre qui souhaite garder l’anonymat. Soro apprend vite et il a parfaitement intégré la méthode Ouattara. Comme lui, il se montre disponible, très pragmatique, et va à l’essentiel. »

Au quotidien, la répartition des tâches est bien établie. Le chef de l’État se consacre à l’économie et à la diplomatie, tandis que le chef du gouvernement planche sur les questions de défense et de sécurité. Chaque semaine, le rituel est immuable. Le mercredi, c’est Guillaume Soro qui anime un Conseil de gouvernement. Le lendemain, Ouattara reprend la main et dirige le Conseil des ministres. Sur le terrain, les progrès sont visibles : l’activité économique a repris, l’administration s’est remise au travail, et la sécurité progresse, même si l’on déplore encore de nombreux débordements du côté des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

Petites mises au point

Officiellement, donc, pas un nuage dans la relation entre Ouattara et Soro. Mais cela n’exclut pas les affrontements à fleurets mouchetés, et les mises au point se font parfois par l’entremise des journaux acquis à la cause de l’un ou de l’autre (Le Patriote pour le président et Nord-Sud pour le Premier ministre).

Impatient d’imposer le retour de l’État de droit et la fin de l’économie parallèle dans le nord de la Côte d’Ivoire, le chef de l’État s’inquiète du comportement des anciens comzones, qui ont longtemps accompagné Guillaume Soro, et de l’affairisme de certains membres du gouvernement. En fin politique, le Premier ministre sait qu’il doit malgré tout ménager ses anciens compagnons qui répètent à l’envi que ce sont eux qui « ont porté Ouattara au pouvoir ». Il ne souhaite pas non plus que l’on empiète sur ses prérogatives et s’offusque des interférences des hommes de la présidence. Parmi eux, Philippe Serey-Eiffel, conseiller économique d’Alassane Ouattara, et Amadou Gon Coulibaly, secrétaire général de la présidence, qui se mêlent de toutes les questions liées à l’économie, aux infrastructures et au budget, jusqu’à donner directement des consignes aux ministres. Début août, Soro a vu rouge et sommé lesdits ministres de ne plus obéir au conseiller français. Depuis, les choses sont rentrées dans l’ordre : Serey-Eiffel, nommé en septembre coordinateur du corps de conseillers de la présidence, a été prié de se faire discret.

Des itinéraires divergents

Au départ, rien ne prédestinait les deux hommes à s’entendre. Une génération les sépare : Ouattara, 69 ans, pourrait être le père de Soro, 39 ans. Le premier est malinké et musulman ; le second, sénoufo et catholique. Leurs parcours divergent aussi : le chef de l’État est un brillant économiste, passé par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), le Fonds monétaire international (FMI) et la primature ivoirienne. La communauté internationale voit en lui une sorte de « président idéal » et ferme les yeux sur la poursuite des exactions.

Titulaire d’une maîtrise d’anglais, Soro est un ancien leader estudiantin arrivé au pouvoir par les armes. Excellent tribun, c’est un redoutable politicien dont les grandes puissances se méfient. Élevé à l’idéologie marxiste, il s’est converti au libéralisme, mais reste très souverainiste. Et quand Ouattara, son « grand frère », n’ose pas trop dire non à ses amis français, Soro, lui, n’a pas de problèmes de conscience – du moins pour le moment.

Entre les deux hommes, qui se tutoient, il y a donc un monde. Leur première rencontre date du milieu des années 1990. À l’époque, Soro dirigeait la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci). « Au début, nous n’étions pas vraiment sur la même longueur d’onde, précise le Premier ministre. J’étais plutôt proche de Laurent Gbagbo. » C’est lui d’ailleurs qui, involontairement, le jettera dans les bras de Ouattara en plaçant à la tête de la Fesci, fin 1998, un Bété, Charles Blé Goudé, plutôt que Yayoro Karamoko, dont Soro était proche, et qui est aujourd’hui leader de la jeunesse du Rassemblement des républicains (RDR).

Le jeune Soro s’éloigne de son mentor, qu’il accuse de surfer sur la vague de l’ivoirité. Il s’exile en Grande-Bretagne puis en France, où il poursuit ses études d’anglais et de sciences politiques. Il se rapproche d’Alassane Ouattara, qu’il voit à son domicile parisien. Lors de la campagne pour les législatives de décembre 2000, il s’engage même aux côtés d’Henriette Diabaté, la numéro deux du RDR. Prenant progressivement la tête politique de la rébellion des Forces nouvelles (FN) à partir de septembre 2002, il entretient une relation très régulière avec l’opposant Ouattara.

Les choses se gâtent quand, en mars 2007, Soro accepte de devenir le Premier ministre de Gbagbo. Dans l’entourage de Ouattara, on accuse le nouveau chef du gouvernement de jouer pour lui, voire même de trahir la grande « cause nordiste ». Et de fait, en février 2008, Soro ne répond pas à l’appel d’Alassane Ouattara, qui a ouvert les portes du RDR aux cadres des FN. Pourtant, même s’il a acheté une résidence dans le quartier de la Riviera, à Abidjan, Soro habite toujours au Golf Hôtel, à deux pas du domicile de Ouattara, qu’il continue à voir régulièrement.

« Il s’est définitivement rapproché quand il a compris que Gbagbo ferait tout pour l’éliminer après la présidentielle, explique un proche du chef du gouvernement. Pour lui, c’était une question de survie. Il a alors négocié son avenir, celui de ses représentants politiques et de sa branche armée. Ouattara s’est engagé dès la fin 2008 à intégrer les FN dans l’armée s’il était élu. »

Entre les deux tours de la présidentielle, fin 2010, les deux hommes se rencontrent discrètement et dessinent les scénarios de l’après-Gbagbo dans le cas d’une victoire finale de Ouattara. Ils ont soin d’associer Henri Konan Bédié, que Gbagbo tente lui aussi de courtiser. Ouattara va jusqu’à lui proposer de choisir le nom du futur Premier ministre, Soro pouvant aller à l’Assemblée nationale. Finalement, face à un Gbagbo qui refuse la défaite, Soro est reconduit pour mener la guerre.

L’ombre de Compaoré

Un autre homme a joué un rôle prépondérant dans l’alliance scellée entre Soro et Ouattara : le très secret Blaise Compaoré. Très proche des deux hommes, qu’il tutoie, le président burkinabè connaît le premier depuis une décennie, le second depuis près de trente ans. Que cherche-t-il en Côte d’Ivoire ? Le positionnement de son « enfant », le Burkina. Depuis l’ère coloniale, ses concitoyens migrent nombreux vers le royaume du cacao – il y aurait près de 3 millions de Burkinabè en Côte d’Ivoire (des paysans, pour la plupart, qui envoient régulièrement des fonds dans leur pays d’origine).

Pour Compaoré, Ouattara est l’homme qui peut enclencher la même dynamique de développement qu’Houphouët-Boigny. « Il a beaucoup d’admiration pour Ouattara, bien qu’il le trouve trop occidental dans sa tête, explique un proche du chef de l’État burkinabè. Il a donc mis à son service son expertise politique et lui a donné un grand coup de pouce lors de la dernière crise postélectorale. » C’est lui aussi qui fait entendre raison à Ouattara et arrondit les angles lorsque le feu couve avec le Premier ministre. Ce fut le cas en février 2010, quand Gbagbo décida de dissoudre la Commission électorale indépendante et le gouvernement – dissolution à laquelle Soro ne s’opposa pas suffisamment fermement selon Ouattara. Et c’est encore Compaoré qui conseille à Ouattara de cesser de menacer d’envoyer les comzones devant la Cour pénale internationale (CPI) afin de ne plus gêner les initiatives du chef du gouvernement pour les faire rentrer dans le rang.

Le président burkinabè a aussi aidé Soro à mûrir politiquement et à tenir une place capitale dans le processus de sortie de crise. Il a mis à sa disposition ses meilleurs experts : Djibril Bassolé, son ministre des Affaires étrangères, Mustapha Chafi, l’un de ses conseillers politiques, et Boureima Badini, son représentant en Côte d’Ivoire. Tous trois l’ont chaperonné à ses débuts et continuent aujourd’hui de le conseiller sur les dossiers sensibles. Soro voue une réelle affection à Compaoré, avec qui il échange quotidiennement, par téléphone ou par SMS. « Il m’a toujours soutenu en me conseillant et en m’encourageant, même aux heures les plus difficiles, mais sans jamais me dicter ma conduite », explique Soro. Aujourd’hui, Compaoré tient à ce que son « frère Alassane » travaille avec son « fils Guillaume », garant de ses propres intérêts.

Déjà un successeur ?

Pour le chef de l’État burkinabè, Soro est un pari sur l’avenir. C’est la continuité, l’assurance qu’Abidjan et Ouagadougou vont renforcer leur partenariat économique, politique et militaire. « Et on attend de Ouattara qu’il fasse la passe à Guillaume… », confie un proche du Premier ministre ivoirien.

Pour l’instant, le président ivoirien se veut rassurant. Il promet à Soro la succession au terme d’un deuxième mandat qu’il souhaite bien accomplir. Il parle peu du chef du gouvernement en présence des ambitieux leaders du RDR que sont Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur, mais tient ses promesses. Il a accepté le principe du redécoupage électoral, voulu par Soro, et fait une place à ses compagnons qui se présentent aux législatives sous la bannière RDR, le 11 décembre. « Soro a tout intérêt à attendre son heure en s’arrimant à la locomotive Ouattara, explique un diplomate occidental. Ce dernier, s’il réussit son pari, restera à la postérité comme celui qui a permis à la Côte d’Ivoire de devenir un pays émergent. Quant au Premier ministre, il est en train de se construire un bilan qui lui permettra de se positionner en légitime successeur. »

En attendant, Soro installe ses hommes aux postes clés de l’armée et de l’administration. En tout, plus de 2 000 fonctionnaires et près de 11 000 militaires en cours d’intégration. Politiquement, il a décidé de reporter le lancement de son parti. Mais le créera-t-il ? Candidat à la députation sous la bannière du RDR, il pourrait décider d’en briguer la direction ou de convoiter celle du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), si celui-ci devait un jour se structurer en parti. Tout est possible.

Ouattara a promis de le reconduire à son poste pour une période de six mois à un an après les élections. Il semble avoir obtenu l’assentiment de son partenaire (Bédié) et des grandes puissances (France et États-Unis). Certains pensent même qu’il pourrait modifier la Constitution pour créer et lui confier un poste de vice-président. Une idée très en vogue en Afrique francophone (Sénégal, Gabon) et une fonction taillée sur mesure… Elle permettrait à Ouattara de respecter sa parole envers son allié Bédié en offrant au Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) la primature, tout en gardant Soro à ses côtés.
Pascal Airault, envoyé spécial, avec Baudelaire Mieu, à Abidjan.
Source: Jeune Afrique

samedi 3 décembre 2011

Tribune: la CPI au service d’une dictature naissante? selon Le journaliste Théophile Kouamouo

Le journaliste Théophile Kouamouo estime qu'en jugeant Laurent Gbagbo, la CPI se met«au service de l’agenda d’un pouvoir tyrannique.
Mise à jour du 1 er décembre: L'ancien président ivoirien Laurent Gbagbo comparaîtra le 5 décembre pour la première fois devant la Cour pénale internationale (CPI) qui le soupçonne de crimes contre l'humanité commis lors des violences post-électorales de 2010-2011.

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En se mettant complaisamment au service de l’agenda d’un pouvoir à peine commençant mais déjà tyrannique, la justice internationale ne fait que confirmer sa tendance, plusieurs fois observée, à se mettre au service des alliés de l’Occident. Quitte à encourager les pires dérives.

Au diable les préventions et les scrupules. Les partisans de Laurent Gbagbo pourront toujours crier leur amertume, mais le système international, qui a pourtant promis – sans que personne ne le lui demande – qu’il ne participerait pas à la mise en place d’une «justice des vainqueurs» en Côte d’Ivoire, a décidé d’accéder au caprice d’Alassane Ouattara. Celui d’obtenir la tête de son vieil ennemi sur un plateau d’argent. A défaut d’une élimination physique concertée, les puissants de ce monde lui permettent d’obtenir ce qu’il considère comme l’assassinat politique d’une figure majeure de la lutte pour la démocratisation de l’Afrique.

Quand il s’était agi, en 2006, d’imposer des sanctions individuelles à des personnes qui entravaient prétendument le processus de paix en Côte d’Ivoire, le Conseil de sécurité de l’ONU a essayé de soigner les apparences en frappant des figures centrales du dispositif Gbagbo – Charles Blé Goudé et Eugène Djué – tout en punissant un second couteau de la rébellion – Martin Fofié Kouakou, le désormais ex-geôlier du fondateur du Front populaire ivoirien (FPI). Une récente campagne d’influence a tenté, ces derniers mois, de préparer les esprits à ce type de faux équilibre malsain. L’on promettait alors la CPI au président Gbagbo, à son épouse, à Charles Blé Goudé, à un certain nombre d’officiers supérieurs des Forces de défense et de sécurité… et parallèlement à quelques obscurs comzones de l’ex-rébellion. Mais il faut croire que le péril que leur «exfiltration» représentait pour le pouvoir d’Alassane Ouattara, aussi fragile à l’intérieur qu’absolutisé à l’étranger, était trop grand.

La justice internationale fidèle à ses pratiques

La Cour pénale internationale (CPI) voudrait-elle nous faire croire que Gbagbo, Gbagbo seul, est responsable du déclenchement de la rébellion armée qui a fait 300 morts seulement le 19 septembre 2002, de la tuerie des gendarmes et de leurs familles à Bouaké, des massacres innommables de Guitrozon et de Petit-Duékoué en 2005, des incendies de dizaines de villages à l’Ouest, du pire massacre de l’histoire de la Côte d’Ivoire – celui du quartier «Carrefour» à Duékoué ? Voudrait-elle le faire admettre à travers un habile storytelling médiatique qu’elle réussirait à convaincre le monde entier peut-être, mais pas la majorité des Ivoiriens.

Il ne faut pas s’y tromper. En exfiltrant Laurent Gbagbo pour le profit politique direct d’Alassane Ouattara, la justice internationale est fidèle à ses pratiques. Les tribunaux spéciaux pour le Rwanda, pour la Yougoslavie ou pour la Sierra Leone ont été et sont des tribunaux de vaincus. Depuis que la CPI a été créée visiblement pour «gérer» l’indocilité africaine, il n’y a que sur le cas kenyan qu’elle a poursuivi des acteurs des deux camps en présence – tous des seconds couteaux de toute façon. Et sur ce dossier, elle patauge ! Partout ailleurs, ses poursuites ont été unilatérales, et répondaient toujours aux jeux d’alliance et à la stratégie des puissances occidentales. L’on remarquera l’hallali provoqué par la rébellion d’un certain nombre de chefs d’Etat africains, qui refusent de «livrer» le président soudanais Omar El Béchir, et l’indécente «compréhension» à l’égard du Conseil national de transition (CNT) libyen qui se soustrait, sur le même mode, à «l’obligation» d’obtempérer au mandat d’arrêt contre Seif Al Islam Kadhafi.

La radicalisation violente d’un pouvoir qui se sait protégé
Un fait est intéressant à noter : la justice internationale, depuis qu’elle s’est déployée en Afrique, a été impuissante à juguler l’impunité et à imposer un respect de la vie humaine et des libertés démocratiques. Elle a aidé le président rwandais Paul Kagamé à traquer les génocidaires réels ou supposés, mais également à asseoir une «dictature développementaliste» qui n’a rien à envier à celle de Zine-el-Abidine Ben Ali. Sans vouloir comparer les itinéraires des hommes politiques en présence, absolument différents, il est piquant de remarquer que la CPI – donc le conglomérat des grandes puissances occidentales – a débarrassé Joseph Kabila, élu dans des conditions plus que troubles, de son rival Jean-Pierre Bemba. La crise de légitimité qui traverse la République démocratique du Congo n’en reste pas moins aiguë. Et les violences qui émaillent la présidentielle en témoignent.

Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, la CPI se comporte très clairement comme un auxiliaire d’une dictature naissante sûre d’une impunité garantie par le fait qu’elle soit sponsorisée par les grandes puissances. Les réunions secrètes entre Louis Moreno-Ocampo et Alassane Ouattara, dont les forces sont citées nommément par de nombreux témoignages parvenus à la CPI, et qui devrait être traité avec la même circonspection que Laurent Gbagbo, dénudent à la fois le procureur et l’institution. La coïncidence entre le départ de Laurent Gbagbo à La Haye et le transfert de trois journalistes de Notre Voie à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) est très troublante, et montre bien qu’à l’acharnement unilatéral de la communauté internationale, répond une radicalisation en interne d’un pouvoir qui se sait protégé. Si les milliers de morts et les centaines de milliers de déplacés dont il est coupable n’émeuvent guère les Occidentaux, pourquoi l’embastillement absurde de journalistes aurait-il des conséquences ? Bailleurs de fonds, médias internationaux et diplomaties cornaquées par la France ont décidé de fermer les yeux sur la descente aux enfers de la Côte d’Ivoire parce que celui qui la mène inconsciemment à la dérive est leur créature commune. Passez votre chemin, il n’y a rien à voir!

Théophile Kouamouo
Sur slateafrique.com

vendredi 2 décembre 2011

Côte d'Ivoire, la réconciliation nationale Mythe ou Réalité? avec le transfert de Gbagbo à La Haye

La réconciliation nationale à l'épreuve du transfert de Gbagbo à La Haye
--Un transfert qui met le feu aux poudres ?
Si la nouvelle a de quoi réjouir les nouvelles autorités ivoiriennes, qui ne cachaient pas leur impatience de voir Laurent Gbagbo remis à la CPI, le transfèrement du président déchu, considéré, aujourd'hui encore, comme un homme politique influent, ne laisse d'inquiéter.
Du côté des partisans du leader du Front populaire ivoirien (FPI), cette extradition est vécue comme une mise à mort politique. "Les sympathisants de Laurent Gbagbo se disent dévastés, rapporte Maureen Grisot, la correspondante de FRANCE 24 à Abidjan. Pour le moment, ils digèrent la nouvelle." Pour combien de temps ? Son transfèrement "risque d’attiser encore les tensions existantes dans le pays", s’inquiète de son côté Me Lucie Bourthoumieux, l’une des avocates de Laurent Gbagbo.

--Plus de mal que de bien"
"Le président déchu compte encore beaucoup de partisans", explique pour sa part Pierre Jacquemot, spécialiste de l’Afrique associé à l’Institution des relations internationales et stratégiques (Iris). À moins de deux semaines des élections législatives du 11 décembre, ce nouvel épisode judiciaire n'augure rien de bon pour nombre d'observateurs. "Les plaies du pays sont toujours ouvertes. Pour ne rien arranger les procédures de la CPI sont extrêmement longues. Le jugement de Laurent Gbagbo pourrait faire plus de mal que de bien. Il pourrait sérieusement menacer la stabilité politique intérieure du pays", poursuit le spécialiste.

Un avis partagé par Philippe Hugon, spécialiste de la Côte d’Ivoire à l'Iris. Selon lui, remettre le président déchu à la justice internationale risque fort de compromettre le processus de réconciliation prôné par l'actuel président. "La CPI est intervenue à la demande d'Alassane Ouattara. Or le camp de ce dernier a, lui aussi, sûrement joué un rôle dans les crimes commis durant la crise post-électorale", explique-t-il. "Il faut reconnaître que pour le moment le traitement judiciaire [à l’égard de Laurent Gbagbo et d’Alassane Ouattara] est déséquilibré."

--"Le jouet des puissances occidentales"
Sylvain ATTAL, chroniqueur international
L’extradition de Laurent Gbagbo est pourtant un moindre mal, nuance Sylvain Attal, spécialiste de politique internationale à FRANCE 24. "Le ‘dossier Gbagbo' est encore très frais et très sensible, explique-t-il. Alassane Ouattara a sans doute considéré que les conditions d’une justice sereine n’étaient pas réunies en Côte d’Ivoire." À l'en croire, juger l'ancien chef de l'État ivoirien à La Haye serait donc le gage d’un procès équitable et indépendant.

L'argument selon lequel la Côté d'Ivoire n'est pas en mesure de juger Laurent Gbagbo passe mal auprès de nombreux Ivoiriens. "De manière générale, les Africains ont le sentiment d’être stigmatisés par les institutions internationales", ajoute Pierre Jacquemot. "Dans le cas ivoirien, ce transfert ne va pas arranger les choses. Les gens se sentent frustrés. Ils considèrent qu’ils ne sont pas les maîtres de leur propre destin démocratique mais le jouet des puissances occidentales."
source: france24.com

jeudi 1 décembre 2011

Affaire Gbagbo: le deux poids deux mesures de la CPI

Article publié le: 30 Novembre 2011 - Auteur: Aya Touré - Source: slate.afrique
Dans la nuit du 29 au 30 novembre, l'ex-président de la Côte d'Ivoire Laurent Gbagbo est à la prison de La Haye. Le procureur de la CPI lui a signifié un mandat d'arrêt international. Le camp du président Ouattara est épargné. Alors que sur le papier, l'actuel chef de l'Etat est lui aussi susceptible d'être inquiété.Laurent Gbagbo, inculpé par la Cour pénale internationale ce mardi 29 novembre, a donc été transféré à La Haye, aux Pays-Bas, avant d'être installé dans une cellule entre l'ex-chef de guerre sanguinaire Charles Taylor et l'extrémiste serbe Radovan Karadzic.

La CPI a été d'une rapidité inégalée pour traiter le cas de l'ex-président ivoirien, débarqué du pouvoir le 11 avril dernier et emprisonné depuis dans le nord de la Côte d'Ivoire. A l'évidence, cette décision est hautement politique et le résultat de négociations entre le procureur Ocampo et les autorités ivoiriennes. En témoigne la rencontre secrète, révélée par plusieurs organes de presse, entre ce dernier et le président Ouattara, à Paris le 26 novembre dernier, et les pressions discrètes de la France dans le même sens.

Depuis le second tour de la présidentielle du 28 novembre 2010, Alassane Ouattara a maintes fois répété qu'il collaborerait pleinement avec la Cour pénale internationale. Dès la chute du président Gbagbo, le nouveau chef de l'Etat ivoirien a annoncé qu'il livrerait son prédécesseur à la Cour de La Haye. Sur ce point, il a tenu parole. Le procureur Ocampo s'est rendu à Abidjan à la mi-octobre, précédé d'une équipe d'enquêteurs. Puis en quelques semaines, il a pu boucler son mandat d'arrêt.

Enquête express à Abidjan

« Nous avons beaucoup travaillé à Abidjan, c'est pourquoi nous avons été aussi rapides, a-t-il expliqué à l'Agence France Presse. Nous avons bien organisé les choses, nous avons identifié des témoins et envoyé une équipe à Abidjan: en une semaine, nous avons mené tous les interrogatoires nécessaires pour compléter les investigations», a-t-il expliqué.

Le magistrat argentin en a profité pour saluer «la bonne coopération» avec le procureur général ivoirien, précisant que ses enquêteurs ont «interrogé plus de 160 victimes et nous ont donné une énorme quantité d'éléments de preuve».

Il a toutefois rappelé que des crimes ont été commis dans les deux camps et que d'autres personnalités suivront le même chemin que Laurent Gbagbo.

«L'enquête suit son cours. Nous continuerons de recueillir des éléments de preuve en toute impartialité et en toute indépendance, et nous saisirons la Cour d'autres affaires, quelle que soit l'affiliation politique des personnes concernées», a précisé le magistrat argentin.

A l'évidence, l'exercice s'avérera plus difficile. Laurent Gbagbo a été livré sur un plateau à la Cour pénale internationale par Alassane Ouattara. Et même si ce dernier a promis que les crimes passibles de la CPI commis par ses propres troupes seraient punis, il reste à voir qui le président ivoirien acceptera de lâcher dans son entourage. Le chef de l'Etat sait en effet qu'il doit son arrivée au pouvoir, outre à la France et aux Nations unies, à son Premier ministre Guillaume Soro et aux chefs de guerre de l'ex-rébellion des Forces nouvelles, aujourd'hui incorporés dans l'armée ivoirienne ou la sécurité présidentielle.

En outre, si la CPI tient aujourd'hui Laurent Gbagbo pour responsable de crimes commis par l'armée ou des miliciens lorsqu'il était encore aux affaires, que peut-il en être d'Alassane Ouattara? Les FRCI, Forces républicaines de Côte d'Ivoire pro-Ouattara, ont été créées par décret présidentiel le 17 mars 2011. Quelques jours plus tard -selon le CICR, Amnesty International et Human Rights Watch- des membres de ces mêmes FRCI se sont livrés à des massacres de grande ampleur dans la ville de Duekoué, dans l'ouest de la Côte d'Ivoire.

Ouattara,Soro et les autres.

En outre, des rapports des Nations Unies et d'organisations de défense des droits de l'homme ont largement détaillé les exactions et les meurtres commis par des membres des Forces nouvelles (qui composent les FRCI) de l'actuel Premier ministre Guillaume Soro. Sur le papier, Alassane Ouattara, comme Guillaume Soro pourraient donc, eux aussi, être passibles de la CPI. A l'évidence, sauf bouleversement extraordinaire, leur comparution est très peu probable. D'autant que même les plus petits poissons comme le chef de guerre pro-Ouattara Kouakou Fofié, commis à la surveillance de Laurent Gbagbo à Korhogo, et soumis à des sanctions de l'ONU pour des exactions et des viols, n'a pas pour l'instant été inquiété.

Avec ce transfèrement du président Gbagbo, le procureur Ocampo, dont le mandat s'achève à la fin de l'année, peut en tout cas être assuré de quitter son poste avec un tableau de chasse fourni, alors qu'il a jusqu'ici échoué à mettre la main sur le président soudanais Omar el Béchir, poursuivi, lui, pour crimes contre l'humanité dans le Darfour depuis deux ans.

Soupçonné par les défenseurs des droits de l'homme d'actes de génocide et de massacres à grande échelle, Omar el Béchir est, il faut dire, protégé par l'Union africaine, hostile, dit-elle, à l'idée de faire juger un chef d'Etat africain en Europe. Manifestement, cette règle ne vaut pas pour Laurent Gbagbo, qui est pourtant loin d'être un «Hitler africain».

Dans l'entourage de l'ex-chef de l'Etat ivoirien, en tous cas, la colère gronde.

«C'est une forfaiture juridique que dénoncent dès à présent les avocats du président Gbagbo qui préparent la riposte appropriée, s'insurge Bernard Houdin, un de ses conseillers dans un communiqué. Messieurs Ouattara et Soro sont(.), plus que quiconque, redevables de la CPI.»

Aya Touré

samedi 26 novembre 2011

Affaire Inscription en ligne via Celpaid, Mtn Un deal au sommet de l'Etat

Cette année les responsables de l’éducation nationale ont décidé d’installer une nouvelle donne concernant les inscriptions. Elles se feront en ligne. « Cette procédure permettra d’avoir des données fiables sur le nombre des élèves, mais aussi d’avoir une gestion transparente de la gestion du fonds que constituent les frais d’inscription », indiquait Kouyaté Abdoulaye, chef de cabinet du ministre de l’Education nationale Kandia Camara.
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"S’il y a une structure qui n'a plus besoin de publicité depuis l'annonce de la rentrée scolaire, c'est bien la Celpaid. Cette maison spécialisée dans les transferts d'argent et achats électroniques vient de décrocher un gros marché" écrivait un journal de la place. Et elle marque le coup. Affiche publicitaire, branding, insertion dans les jounaux, spot radio et télé, bannière sur le web…
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Mais finalement, est ce que la procédure d’inscription en ligne a été admise par les concernés ? Et si oui, ont-ils bien perçu la procédure ? Pas si sûr.
A ce sujet, le proviseur du lycée 2 de Daloa, M. Diomandé Zibo Sopoudé, a évoqué des insuffisances d’information tant chez les parents que sur la procédure.
Il est reproché aux structures chargées de l’opération une certaine lenteur, a-t-il ajouté (…) » (Source AIP)
 Les écoles non concernées sont celles de la Dren1 à savoir Cocody, Adjamé, Williamsville qui s'inscrivent aussi en ligne mais via MTN money à raison de 5500 Fcfa. Par Celpaid, l'inscription s'élève à 6000 Fcfa. Pourtant, l’insuffisance d’agence d'agences Celpaid dans les communes est sû de tous.


Un deal de « gré à gré » ?
Les rumeurs fusent de partout. Accusant le ministère de l’éducation national d’avoir offert ce marché à Celpaid, alors que les marchés de l’Etat devraient faire l’objet d’appel d’offre. Sans doute avec des ristournes et retro-commissions conséquentes. Vrai ou faux, le journal français la lettre du continent met les pieds dans le plats.  « Le ministre ivoirien de l’Education nationale, Kandia Camara, vient de confier à la société Celpaid le marché du paiement en ligne des frais d’inscription de quelque 5 millions d’élèves ivoiriens », révèle le journal en ligne (et en PDF). Le journal continue pour écrire que « (.) le principal actionnaire de Celpaid n’est autre que son collègue, le ministre de la Construction et de l’Urbanisme Mamadou Sanogo », précisant que « ce contrat, obtenu de gré à gré, fait déjà grincer des dents au sein de la Banque mondiale », toujours selon La Lettre du Continent.
Source: leblogdeyoro.ivoire-blog.com/

jeudi 17 novembre 2011

FLASHBACK Côte d'Ivoire : comment les comzones se sont réparti la capitale ivoirienne pour devenir les maîtres d'Abidjan

Attention cette article ne parle pas de l'actualité ce n'est qu'un rappelle de la bataille d'abidjan
Les ex-chefs rebelles se sont réparti la capitale ivoirienne comme un butin de guerre. Racket, barrages, règlements de comptes… Autant de techniques éprouvées dans le Nord depuis huit ans.
La lune de fiel a succédé très vite – en moins de trois mois – à la lune de miel dans les rapports entre la population et les chefs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), aujourd’hui estampillés Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Il ne se passe plus un jour sans que la presse locale ne dénonce les méfaits et exactions commis par ces hommes armés qui règnent en maîtres dans le pays. La population est fatiguée. Ceux qui ont « libéré » Abidjan de l’entêtement de Laurent Gbagbo sont à présent des « prédateurs ».

Profitant de l’affaiblissement des ex-Forces de défense et de sécurité (FDS, pro-Gbagbo), ils ont fait de la capitale économique leur butin de guerre. La ville a été « dépecée » en plusieurs zones autonomes ou encore en groupements dits tactiques. Issiaka Ouattara, alias Wattao, ex-chef d’état-major adjoint des FN, a mis sous sa coupe les très rentables quartiers sud – où sont situés le Port autonome d’Abidjan (PAA) ainsi que de nombreuses entreprises – et a élu domicile en Zone 4. Chérif Ousmane, alias Papa Guépard, commandant de zone à Bouaké (Centre), a quant à lui pris le contrôle des communes du Plateau et d’Adjamé. Il s’est d’abord installé à l’état-major des armées, au camp Gallieni, où il dormait sur un lit militaire, avant d’emménager chez l’ancien directeur du port, Marcel Gossio. Cinq autres comzones, Morou Ouattara, Koné Zakaria, Hervé Touré, Ousmane Coulibaly et Gaoussou Koné, se partagent les autres quartiers de la ville.

Voir la carte du partage d'Abidjan par les "comzones"

« Après la chute de Gbagbo, dans le chaos et le désordre qui régnaient, il fallait diviser Abidjan pour mieux le sécuriser », justifie le commandant Wattao. Sécuriser ? Cela reste à démonter. Rançonner les Abidjanais ? Certainement… De fait, devant certains commerces et administrations, les vigiles des sociétés privées de sécurité ont été remplacés par les hommes des comzones, qui perçoivent des taxes de passage. Plusieurs chefs ont mis en place des filières clandestines très organisées, qui ont permis de faire sortir du pays certains pontes de l’ex-pouvoir, ou d’assurer leur protection à Abidjan, en échange de fortes rémunérations qui oscillent entre 5 millions et 50 millions de F CFA (entre 7 600 et 76 000 euros).

« Ils font la loi et la justice à leur manière. Un comzone ne s’est même pas gêné pour ordonner à un magistrat de prendre une décision en faveur de son protégé. Il faut que ça cesse », proteste un chef d’entreprise. « Chaque comzone est à son compte et dispose de ses hommes [environ 350, NDLR] pour vivre sur la bête », dénonce un fonctionnaire. Racket, barrages, saisies de véhicules et de maisons, règlements de comptes… Les techniques ont été éprouvées dans le Nord depuis 2002. À cela s’ajoutent les bagarres et luttes de territoire entre ces armées de pillards et les « mobilisés d’Abidjan », ces milliers de volontaires qui ont pris les armes, au plus fort de la crise, au sein de milices comme le « commando invisible ».

Interpellés régulièrement, le président Alassane Ouattara et son Premier ministre Guillaume Soro, qui disposent d’une montagne de dossiers sur les agissements des comzones, promettent de régler le problème. Le chef du gouvernement n’a pas hésité à descendre sur le terrain pour mettre de l’ordre. En vain. En juin, Ouattara a reçu individuellement chacun des chefs de guerre. Son objectif : démanteler en douceur le système, en recyclant les comzones dans l’administration, l’armée et la sécurité privée. Une solution préconisée par le conseiller militaire français, Marc Paitier, chargé de la restructuration de l’armée. Une exception : ceux qui seront « cités » dans l’enquête de la Cour pénale internationale ou dans celle menée par les autorités ivoiriennes sur les crimes de sang. La liste pourrait être longue.

Source: jeune afrique.com

mercredi 26 octobre 2011

Crise Ivoirienne : les 13 hommes dans le viseur de la justice internationale (HRW)


- Jeune Afrique
Dirigeants politiques, chefs militaires, patron de presse ou miliciens… Ils sont treize, pro-Gbagbo ou pro-Ouattara, accusés d’avoir commis, permis ou encouragé les pires atrocités tout au long de la crise postélectorale en Côte d'Ivoire. Treize hommes qui sont déjà dans le collimateur de la justice internationale.

Difficile de sortir indemne de la lecture du rapport de Human Rights Watch (HRW) sur la Côte d’Ivoire, rendu public le 6 octobre. Les rescapés de la crise postélectorale, qui s’est ouverte au soir du second tour de la présidentielle, le 28 novembre 2010, y témoignent d’exactions où l’horreur le dispute à la barbarie. Le document recense, au fil des pages, des bombardements contre des civils, des actes de torture, des exécutions sommaires et des viols, et fait le bilan macabre d’une guerre qui a provoqué la mort de plus de 3 000 personnes.

Pour le rédiger, les enquêteurs de l’ONG américaine ont effectué six missions de terrain au cours desquelles ils ont recueilli les récits de plus de 500 victimes et rencontré des humanitaires, des diplomates et des journalistes. Au final, treize dirigeants militaires et politiques – officiellement toujours présumés innocents – sont épinglés. Sept appartiennent au camp du président déchu, et Laurent Gbagbo lui-même est montré du doigt. Responsables politiques, militaires, patron de presse ou chefs de milice… Ils sont soupçonnés d’avoir véhiculé la haine, d’avoir participé, orchestré ou couvert de graves exactions. Les cinq autres se sont battus pour installer Alassane Ouattara au pouvoir. Loin des conventions internationales sur la guerre, ils se sont laissés guider par un esprit de vengeance et sont, eux aussi, accusés d’actes odieux.

Ce rapport mâche le travail de la Cour pénale internationale (CPI), dont les magistrats enquêtent actuellement en Côte d’Ivoire avant de se décider à lancer des mandats d’arrêt internationaux contre les auteurs de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Retour sur le parcours de ces hommes qui sont soupçonnés d’avoir commis ou permis l’indicible.

Autour de l'ex-président...

1 Laurent Gbagbo, 66 ans, détenu à Korhogo

Parce qu’il s’est entêté, obstiné, parce qu’il a refusé le verdict des urnes, l’ancien président ivoirien est tenu pour le premier responsable des violences postélectorales. En tant que chef suprême des forces armées, il a couvert – si ce n’est encouragé – les crimes commis par ses hommes et par les miliciens qui lui étaient fidèles. À la résidence présidentielle d’Abidjan, où il s’était retranché, on a découvert un important stock d’armes lourdes, achetées pour la plupart alors que la Côte d’Ivoire était sous embargo onusien et utilisées à plusieurs reprises contre des civils. Arrêté le 11 avril par les forces pro-Ouattara, il est depuis détenu à Korhogo (Nord), et a déjà été inculpé de crimes économiques par la justice de son pays. Saisie par les autorités ivoiriennes, la CPI a également ouvert une enquête et pourrait le juger pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. À ses avocats qui viennent lui rendre visite, Gbagbo affirme toujours avoir remporté l’élection présidentielle et se dit victime d’un complot franco-burkinabè.

2 Charles Blé Goudé, 39 ans, en exil au Ghana

Surnommé le « général de la rue », le chef des Jeunes patriotes occupait le poste de ministre de la Jeunesse dans le gouvernement illégitime de Gilbert Marie Aké-N’Gbo. HRW lui reproche d’avoir prononcé des discours incitant à la haine raciale et à la violence. Le 25 février, dans une déclaration prononcée devant des centaines de personnes et largement diffusée, Charles Blé Goudé avait ainsi appelé ses partisans à ériger des barrages dans les quartiers et à dénoncer les étrangers. Dans la foulée, les crimes perpétrés sur une base partisane, ethnique ou religieuse se sont multipliés. Signalé au Bénin et en Gambie, Blé Goudé se trouverait aujourd’hui au Ghana. Lors de ses sorties médiatiques, il accuse le nouveau régime « d’installer son pouvoir dans la terreur » et se dit prêt à répondre à la justice… à condition qu’Alassane Ouattara et son Premier ministre, Guillaume Soro, fassent de même. Le 1er juillet, le procureur ivoirien de la République, Simplice Koffi Kouadio, a lancé un mandat d’arrêt international à son encontre.

3 Philippe Mangou, 59 ans, Abidjan

En tant que chef d’état-major, c’est lui qui dirigeait l’armée ivoirienne, même si, dans les faits, plusieurs unités aux méthodes brutales et expéditives échappaient à son contrôle. C’était le cas du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos), de la Garde républicaine et des fusiliers marins. Le général Mangou a participé, le 21 février à Abidjan, à une réunion publique au côté de Blé Goudé. En réponse aux jeunes qui réclamaient des kalachnikovs, il aurait promis que l’armée prendrait « tout le monde, sans tenir compte ni du diplôme ni de l’âge », ajoutant : « Nous vous convoquerons au moment opportun pour le combat. » Le lendemain de la chute de Gbagbo, Mangou a fait allégeance au nouveau président qui l’a maintenu à son poste avant de le remplacer, le 7 juillet, par le général Soumaïla Bakayoko. Il pourrait être nommé ambassadeur au Gabon.

4 Bruno Dogbo Blé, 59 ans, incarcéré à Korhogo

L’ancien commandant de la Garde républicaine est impliqué dans plusieurs cas de disparitions forcées, dans la répression brutale de manifestations pro-Ouattara et dans la persécution d’immigrés ouest-africains. Bruno Dogbo Blé est également soupçonné d’avoir orchestré l’enlèvement et l’assassinat des Français Stéphane Frantz di Rippel, patron du Novotel d’Abidjan, et Yves Lambelin, ex-directeur général de Sifca, et des collaborateurs de ce dernier. Dénoncé par l’une de ses maîtresses, il a été arrêté le 15 avril dans sa garçonnière du quartier du Plateau à Abidjan. Il est aujourd’hui détenu dans un camp militaire de Korhogo et a été inculpé, le 11 août, pour son rôle dans certains crimes de sang. Il pourrait être transféré à la CPI.

5 Guiai Bi Poin, 59 ans, détenu à Abidjan

Originaire de l’ouest du pays, formé dans les meilleures écoles américaines et françaises, il était à la tête du Cecos, redoutable unité composée de 800 gendarmes, policiers et militaires. Surentraînés, suréquipés, ses hommes seraient responsables de la disparition de dizaines de personnes. Ils sont également accusés d’avoir commis des crimes sexuels, réprimé des manifestations dans le sang et tiré à l’arme lourde sur des civils. Le Cecos a été l’une des dernières forces fidèles à Gbagbo et s’est battu jusqu’à la chute de l’ex-président, début avril. Le général Bi Poin a été entendu par un procureur militaire, le 13 mai, et remis en liberté provisoire. Il a pris part, le 22 juin, à un rassemblement d’officiers chargés de désigner les têtes de la nouvelle armée… avant d’être arrêté, le 20 août. Cinq jours plus tard, il était inculpé pour crimes économiques et placé en détention préventive à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca).

6 « Bob Marley », en prison à Monrovia

En 2002 et 2003 déjà, ce chef d’une milice libérienne avait pris fait et cause pour Laurent Gbagbo, et s’était battu pour lui. Arrêté au Liberia en mai 2011, « Bob Marley » se servait du village de Ziglo, situé dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, comme d’une base arrière. C’est là qu’il recrutait et entraînait des mercenaires libériens. HRW l’accuse d’être impliqué dans les massacres de Bloléquin et de Bédi-Goazon, perpétrés en mars, et d’être responsable de la mort d’au moins 120 personnes. D’après les témoignages recueillis par l’ONG, il a fait exécuter des immigrés ouest-africains et des ressortissants du Nord, dont des femmes et des enfants. Il est actuellement détenu à Monrovia où il doit être inculpé pour « mercenarisme ».

7 Pierre Brou Amessan, en exil à Accra

Ancien directeur général de la Radio Télévision ivoirienne (RTI), Pierre Brou Amessan a supervisé des émissions qui incitaient à la violence contre les partisans d’Alassane Ouattara et les étrangers, appelant les « vrais Ivoiriens » à les « dénoncer » et à « nettoyer » le pays. La chaîne publique a également encouragé l’attaque de personnels et de véhicules des Nations unies.

8 Denis Maho Glofieï, 56 ans, Abidjan

Chef suprême du peuple wé, troisième adjoint au maire de la ville de Guiglo, Denis Maho Glofieï a créé le Front de libération du Grand-Ouest (FLGO) pour repousser l’offensive rebelle, après la tentative de coup d’État du 19 septembre 2002. Avant la crise postélectorale, il avait fédéré les différents groupes de libération patriotiques au sein des Forces de résistance du Grand-Ouest (FRGO, dont il assurait la présidence). Il revendiquait 25 000 hommes, nourris à l’idéologie identitaire, et comptait de nombreux sous-chefs aux surnoms évocateurs : Colombo, Bob Marley, Le Vieux…

Il est accusé d’avoir orchestré les représailles contre les Baoulés, les Malinkés et les étrangers. Ses milices auraient aussi participé à des massacres dans l’ouest du pays et à Abidjan, où il a été aperçu lors des derniers mois de la crise, souvent en compagnie de Charles Blé Goudé. Maho aurait fui le quartier de Yopougon (Abidjan) avant l’arrivée des forces pro-Ouattara. Selon nos informations, il serait maintenant de retour dans la capitale économique ivoirienne et collaborerait discrètement avec le nouveau pouvoir pour démanteler sa branche armée.

... et dans le camp d'Alassane Ouattara

9 Eddie Médi, en poste à Danané

Ancien commandant du secteur de Danané, Eddie Médi a dirigé l’offensive militaire menée en février et mars de Zouan-Hounien à Guiglo, dans l’Ouest. Selon HRW, ses hommes ont assassiné de nombreuses personnes, violé au moins vingt femmes et réduit plus de dix villages en cendres. Ils ont commis leurs exactions après avoir pris le contrôle de la région, notamment lors des opérations de « nettoyage » menées depuis la base de Bloléquin. En septembre 2002, Eddie Médi faisait déjà partie des chefs du Mouvement pour la justice et la paix (MJP), l’un des groupes rebelles qui ont donné naissance aux Forces nouvelles (FN). Aujourd’hui, ce redoutable chef militaire est toujours commandant des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI).

10 Losseni Fofana, Abidjan


« L’Intrépide Loss », comme aiment à l’appeler ses soldats, est l’un des hommes forts de l’ex-rébellion. Il a conquis l’Ouest ivoirien infesté de miliciens pro-Gbagbo et de mercenaires libériens. Ancien chef militaire de la zone Man, il était le supérieur du capitaine Eddie Médi. Les soldats sous son commandement ont pris le contrôle de Duékoué le 29 mars au matin. Ils sont soupçonnés d’avoir participé au massacre de centaines de personnes dans le quartier Carrefour. Loss a été nommé en août vice-commandant des Forces spéciales, corps d’élite de la nouvelle armée.

11 Chérif Ousmane, Abidjan

Ex-chef rebelle charismatique, patron des bérets verts de la redoutable compagnie Guépard devenu commandant de zone de la IIIe région militaire de Bouaké, le commandant Chérif Ousmane a participé à l’assaut final sur Abidjan. Ses hommes ont notamment conquis Yopougon, le principal fief des partisans de Gbagbo, au prix d’exécutions sommaires. Selon HWR, il aurait ordonné la mort de vingt-neuf prisonniers début mai. Un rapport de l’agence de presse des Nations unies, l’Irin, publié en 2004, le soupçonne d’avoir supervisé des forces impliquées dans l’assassinat de mercenaires libériens et sierra-léonais. Alassane Ouattara l’a promu, le 3 août 2011, numéro deux du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR).

12 Ousmane Coulibaly, Abidjan

C’est sous le pseudonyme de Ben Laden qu’il s’est fait connaître, mais c’est maintenant Ben le sage qu’il se fait appeler. Ousmane Coulibaly a longtemps commandé les FN à Odienné. Lors de la bataille finale d’Abidjan, il a dirigé des éléments, basés à Yopougon, accusés d’être impliqués dans des meurtres, des actes de torture et des détentions arbitraires. En 2003, il commandait le MJP dans la ville de Man. Il entretenait alors des liens avec l’ancien président libérien, Charles Taylor, et avec ses miliciens. Ayant rejoint les Forces spéciales en août, il assure la sécurité dans le quartier de Yopougon.

13 Amadé Ouérémi, dans la région du mont Péko

Le Burkinabè Amadé Ouérémi dirige un groupe de miliciens burkinabè dans la région du mont Péko, à l’extrême ouest du pays. Lui et ses hommes sont soupçonnés d’être les principaux auteurs du massacre de Duékoué, commis fin mars. Ils combattaient alors aux côtés des FRCI. L’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) a récupéré des armes et munitions auprès de 90 membres de cette milice, le 10 août dernier. Une toute petite partie de leur arsenal

Source:Jeuneafrique.com

lundi 25 avril 2011

Alassane Ouattara réussira-t-il à relever la Côte d'Ivoire ?

À peine installé dans ses fonctions de président de Côte d'Ivoire, Alassane Ouattara sait qu’il ne bénéficiera d’aucun répit. Ses urgences : redresser l’économie et, surtout, réconcilier un pays meurtri et divisé.

Alassane Ouattara avait annoncé son intention de prendre rapidement ses fonctions au palais présidentiel d’Abidjan. Il devra attendre plusieurs semaines, pour des raisons de sécurité. Dans un ultime geste de défi, les derniers fidèles de son rival, Laurent Gbagbo, ont miné le bâtiment. Le nouveau président ne bénéficiera pas, non plus, d’un état de grâce, cette période de cent jours durant laquelle l’opinion fait généralement preuve d’indulgence
envers ses nouveaux dirigeants. « Le prochain mois sera décisif, confirme l’un de ses alliés. Il faut absolument qu’il rétablisse l’ordre, sans quoi je ne donne pas cher de son avenir à la tête de l’État. »

Après deux semaines de combats violents, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI, pro-Ouattara) ont pris le contrôle de tout le territoire et capturé Laurent Gbagbo, le 11 avril. Composées essentiellement d’anciens rebelles, elles se paient aujourd’hui sur la bête comme l’avaient fait les miliciens du camp adverse avant elles. Des pillages qui sont aussi le fait du « commando invisible », des jeunes désœuvrés des quartiers nord de la ville et des prisonniers de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca) récemment évadés. « C’est le sac de Rome, déplore Omar, un habitant du quartier de La Riviera, dans le nord d’Abidjan. Ils s’emparent des voitures, entrent dans toutes les maisons et emportent téléphones, appareils électroménagers, et parfois même des lavabos. » Les FRCI ratissent également tous les quartiers pour traquer les derniers partisans de Gbagbo et découvrir leurs caches d’armes, qui sont nombreuses.

Ces opérations donnent lieu à de multiples exactions. La terreur a changé de camp. Les militants du Front populaire ivoirien (FPI, le parti du président sortant) vivent la peur au ventre. « Je suis traqué et menacé de mort, témoigne l’un deux. Mon domicile a été entièrement pillé, saccagé et brûlé. Je suis en ce moment chez des collègues qui ont bien voulu me cacher. Je ne sais pas comment sortir du pays. » De nombreux cadres du FPI sont prêts à tourner la page, mais veulent des garanties de sécurité. Certains fonctionnaires de police qui ont tenté de reprendre le travail ont été victimes d’exactions commises par des pilleurs.

Patrouilles mixtes

Selon les ONG présentes en Côte d’Ivoire, la guerre aurait déjà fait près de mille morts, dont la moitié à Abidjan. Chaque jour, on découvre des cadavres aux quatre coins de la ville. Pour arrêter l’hémorragie, Alassane Ouattara et Guillaume Soro, son Premier ministre, menacent de punir tous les auteurs de « crimes ». Ils travaillent aussi à la sécurisation du pays avec les principales figures de l’armée – dont Philippe Mangou, le chef d’état-major –, qui, le 12 avril, ont fait allégeance au nouveau président devant les caméras de la télévision nationale. Ce dernier ne leur a pas laissé de répit : il leur a demandé de faire des propositions dès le lendemain matin. L’objectif est d’obtenir le redéploiement rapide des forces de police et de gendarmerie et d’organiser des patrouilles mixtes avec des forces impartiales. « Le maintien de l’ordre est une priorité pour remettre le pays en marche, réparer les routes, faire fonctionner l’électricité, rouvrir les banques », explique le chef de l’État. En attendant, les équipes de la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE) et de la Société de distribution d’eau de la Côte d’Ivoire (Sodeci) font appel à l’Onuci et à la force française Licorne pour faire le diagnostic des installations et remettre les réseaux en service. « Tous nos agents vont reprendre progressivement leur poste », indique Eugène Zadi, directeur général adjoint à la CIE.

Bouchées doubles

Il n’empêche : après cinq mois de crise postélectorale, l’économie est au bord de l’asphyxie. Le port d’Abidjan est désert ; la ligne de chemin de fer qui relie la capitale économique à Ouagadougou, au Burkina, est à l’arrêt ; la plupart des entreprises ont été pillées et leurs patrons se terrent en ville ou se sont exilés. Les banques ne fonctionnent plus. L’aide humanitaire arrive au compte-goutte, quand elle n’est pas détournée. Plus de 1 million de personnes ont fui les combats et quelque 100 000 habitants de l’Ouest ont trouvé refuge au Liberia.

« Nous mettons les bouchées doubles pour reprendre nos activités », indique Dominique Lafont, directeur général de Bolloré Africa Logistics. Le premier navire de l’armateur CMA CGM, en provenance de Dakar, était attendu le 16 avril. Quant au personnel de la Sitarail, il nettoie les voies. La réouverture de la Banque centrale est prévue mardi 26 avril. Un nouveau directeur national de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Jean-Baptiste Aman Ayayé, devrait prendre rapidement donner un nouveau départ à cet établissement dont les coffres ont été pillés par le camp Gbagbo. « J’ai demandé qu’Abidjan soit approvisionné au plus vite en billets pour que les banques commerciales puissent se réalimenter », indique Ouattara. Les établissements privés devront faire l’inventaire des dégâts, qui ont notamment endommagé leurs systèmes électroniques.

Charles Diby Koffi, le ministre de l’Économie et des Finances, est également à pied d’œuvre. Après avoir assisté aux réunions de la zone franc à N’Djamena (Tchad), il s’est rendu du 14 au 17 avril à Washington pour assister aux Assemblées de printemps des institutions de Bretton Woods. Robert Zoellick, le président la Banque mondiale (BM), et Dominique Strauss-Kahn, le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), ont promis un soutien d’urgence (100 millions de dollars pour la BM). La France accorde quant à elle une aide de 400 millions d’euros pour régler, entre autres, les arriérés de paiement "A Paris, Charles Diby Koffi détaille son plan pour relancer l'économie ivoirienne". D’ici à un an, le pays pourrait bénéficier d’une réduction d’au moins 3 000 milliards de F CFA (4,5 milliards d’euros) de sa dette extérieure, qui est estimée à plus du double. L’Union européenne s’est également engagée à fournir une aide de 200 millions d’euros. Enfin, une grande conférence des bailleurs de fonds pour la reconstruction de la Côte d’Ivoire devrait se tenir à Abidjan d’ici à deux mois.

« Recréer un tissu fraternel »

Mais le plus grand défi auquel le nouveau président est confronté n’est pas tant le redressement de l’économie que celui de la réconciliation. Si le Nord et le Centre lui sont acquis, le Sud et l’Ouest ont voté majoritairement pour Gbagbo. « Il faut recréer un tissu fraternel entre les Ivoiriens, panser les plaies ethnico-religieuses », confiait-il récemment à son ami et ancien patron au FMI, le Français Michel Camdessus. Dans la foulée de l’arrestation des époux Gbagbo, il a demandé à Jacob Zuma, son homologue sud-africain, de l’aider à mettre en place une « commission vérité et réconciliation » s’inspirant de celle qui, sous la présidence de l’archevêque Desmond Tutu, avait été chargée d’enquêter sur les crimes commis durant l’apartheid. À qui la confier ? « Les leaders religieux n’ont pas réussi à faire taire leurs divergences pendant la crise, explique l’un de ses proches. Il serait mieux inspiré de trouver une personnalité consensuelle, comme Seydou Elimane Diarra, l’ancien Premier ministre qui a mené les travaux du Forum de réconciliation en 2000. »

Le chantier est immense et très difficile à mener, Ouattara s’étant de surcroît engagé à ce que la justice soit saisie — et rendue. Depuis la partition du pays, en septembre 2002, les deux camps s’accusent mutuellement d’avoir perpétré des crimes contre les populations civiles. Dernièrement, de nombreuses exactions ont été commises dans l’Ouest, en particulier dans la ville de Duékoué, et à Abidjan. Certes, le président Obama et ses pairs européens ont demandé que toute la lumière soit faite sur ces tueries, mais il y a fort à parier que les forces restées longtemps fidèles à Gbagbo comme les FRCI demanderont des garanties d’impunité. Ouattara prendra-t-il le risque de sanctionner ceux qui l’ont fait roi ?

Le nouveau chef de l’État devra également veiller à la refonte de l’armée, déjà prévue dans les accords de Ouagadougou. En théorie, ce dossier est du ressort du Premier ministre, qui est aussi titulaire du poste de la Défense. Mais est-il encore l’homme de la situation ? « Guillaume Soro vient de mener une guerre et reste le père de la rébellion, assure un proche de l’ancien président Henri Konan Bédié. Il a perdu son crédit de réconciliateur. » Certains verraient bien le général Gaston Ouassenan Koné, un cacique du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), mener cette réforme.

Union nationale

Autre urgence : désarmer ou intégrer les hommes du commando invisible dirigé par Ibrahim Coulibaly (alias « IB »). Le retour sur la scène de l’ex-sergent putschiste déplaît fortement à Soro, même si IB assure vouloir se réconcilier avec ses anciens frères d’armes. En attendant, ses troupes occupent toujours les quartiers d’Abobo et d’Angré, à Abidjan.

Dès la sécurité rétablie, Ouattara devra s’atteler à la mise en place d’un gouvernement d’union nationale qu’il avait promis avant les élections. Il ne devrait pas avoir de difficultés à trouver les candidats dans ses rangs comme dans ceux de ses alliés, et continuera de bénéficier des conseils de son grand frère Bédié, le leader naturel des Baoulés.

Mais qui prendra-t-il au Front populaire ivoirien, dont le président et les vice-présidents sont aux arrêts ou en exil ? Il pourrait se tourner vers Sylvain Miaka Oureto, le secrétaire général de la formation, réputé plus modéré, pour choisir ses ministres. Ou bien Alcide Djédjé, ancien ministre des Affaires étrangères de Gbagbo, réfugié à l’Onuci, qui tente actuellement d’apaiser les esprits des plus radicaux de son camp. Compte tenu des priorités et des difficultés actuelles, les élections législatives devraient être reportées à la fin de l’année. Guillaume Soro, qui devrait alors se porter candidat à la députation et lancer son parti politique, pourrait démissionner de son poste de chef du gouvernement après le scrutin.

D’ici là, les Ivoiriens auront eu le temps de se familiariser avec leur nouveau président, dont le style tranche déjà avec celui de son prédécesseur. Alors que Gbagbo aimait se lever tard, « ADO » enchaîne les réunions avec ses proches collaborateurs dès 8 heures du matin. Méthodique, organisé, travailleur, il donne les grandes lignes, aime déléguer, mais suit de près les dossiers. « Il a toutes les qualités d’un grand commis de l’État, précise un diplomate ouest-africain. On pouvait autrefois lui reprocher son manque de sens politique, mais la crise ivoirienne de ces dix dernières années a fait de lui un redoutable stratège. »
Source: jeune afrique

dimanche 10 avril 2011

L'Ivoirien Laurent Gbagbo veut-il réellement la paix dans son pays ?

Il tire toujours les ficelles de la déstabilisation Laurent Gbagbo veut-il réellement la paix ?
*** L'ivoirien Laurent Gbagbo «Si je ne suis pas Président alors personne ne le sera ».

- Voici certainement l’idée maitresse qui guide l’attitude destructrice de Laurent Gbagbo dont les troupes refusent de tourner la page de la crise post électorale.

- L’égocentrisme de Laurent Gbagbo risque de pousser la Côte d’Ivoire vers des lendemains incertains.

-Comment quelqu’un qui prétend être de Dieu et combattre avec ‘’l’armée de Dieu’’ peut-il être aussi orgueilleux au point de mettre en péril la vie de ses compatriotes ? Parce que la Côte d’Ivoire veut renoncer à la violence et au KO, le clan Gbagbo refuse de lui rendre sa liberté.

-Au lendemain du discours du Président Alassane Ouattara les populations sont enfin sorties pour tenter de trouver de quoi manger et souffler. Les engagements pris pour le retour au calme avaient convaincu les Ivoiriens.

-Malheureusement les miliciens pro-gbagbo encore actif à Abidjan ont tout fait pour empêcher les abidjanais d’être heureux. Plusieurs attaques ont été signalées dans toute la ville car les forces pro-gbagbo n’ont pas dit leur dernier mot.

-Profitant de l’accalmie et du fait que les FRCI tentent de sécuriser Abidjan, les mercenaires et miliciens à la solde de l’ancien président se sont réarmés pour continuer à tuer.

-Certes cette situation inquiète l’ONU mais elle avait été déjà décrite par le Premier Ministre Guillaume Soro qui avait affirmé et je cite « l’appel au cessez-le-feu n’est qu’une nouvelle stratégie de Laurent Gbagbo pour gagner du temps et organiser sa résistance ». Aujourd’hui chacun donnera raison à Guillaume Soro vu que la forteresse Gbagbo est gardée par plus de 1000 hommes qui tentent d’encercler l’hôtel du golf. Suivez mon regard.

-Voici près d’une semaine que les habitants du paisible quartier de la Riviera CIAD et du village de N’pouto (situé à 500 m de l’Hôtel du Golf) ont vu débarquer de nouveaux locataires. Un nombre important de ces personnes serait des militants de la FESCI qui ont déserté les cités universitaires : « on les connait bien ici » nous a affirmé un jeune homme. Reconnaissable à leurs vocabulaires virulent et leurs prêches enflammées anti-ouattara, ils tentent de recruter des jeunes dans les espaces publics tels que les maquis et espace de distraction encore ouverts. En cette période difficile, ils ont encore les moyens de s’offrir casiers de bières et mener une vie de luxe.
Pire aux alentours du village de N’Badon des informations font état de jeunes miliciens qui reprennent des entrainements. Les populations de ces différents quartiers et villages heureux de la présence des casques bleus de l’ONUCI craignent que la violence et les pillages ne soient désormais leur quotidien. Les attitudes hitlériennes de Laurent Gbagbo inquiète car dans l’histoire du monde tous les dictateurs et leaders qui ont cru que sans eux leurs Nations ne pouvaient pas exister ont conduit des régimes et des idéaux qui ont consacré le KO et la désolation.

-La Shoa en est l’exemple le plus palpable ! Laurent Gbagbo s’en fout de savoir si les abidjanais mangent ou sont malade, il s’en fout de savoir si des femmes enceintes ne s’alimentent pas bien, il s’en fout de savoir si des blessés restent sans soin, il s’en fout des morts…La seule chose qu’il veut n’est ni la paix pour la Côte d’Ivoire mais il veut tout simplement être Président et s’il le faut sur les cadavres des Ivoiriens. Je me réjouis que sur cette terre aucune situation n’est éternelle et que tôt ou tard Laurent Gbagbo, qui depuis quatre mois tente de trouver un homme lucide pour lui dire qu’il est Président, devra se décider à laisser les Ivoiriens vivre. L’ayatollah Ruhollah Khomeiny dans un célèbre écrit disait ceci : « quand un mécréant se présente comme une plaie pour sa communauté, sa ville ou son pays et que son caractère destructeur est nettement révélé, l’ablation d’un tels kyste s’impose comme une intervention chirurgicale voulu par Dieu pour l’équilibre du monde ». Tôt ou tard le problème

- Laurent Gbagbo sera réglé car il est aujourd’hui le vrai problème de la Côte d’Ivoire. Les hommes de Laurent Gbagbo refusent de prendre le chemin de la paix et ils entendent empêcher le reste du peuple de vivre en paix. Dieu est témoin et en temps que juge suprême il ne regardera pas la situation du peuple Ivoirien sans agir.

dimanche 20 mars 2011

Crise ivoirienne: le camp Gbagbo appelle les jeunes à rejoindre l`armée

Avec cette appelle la Côte d'Ivoire à fait un grands pas vers la guerre civile qui ne dit pas son nom.

ABIDJAN - Le camp du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo a appelé samedi ses jeunes partisans à "s'enrôler dans l'armée" pour faire face aux insurgés qui le défient en plein Abidjan, où des milliers d'habitants fuyaient des violences de plus en plus meurtrières.
La crise née du scrutin de novembre entre Laurent Gbagbo et Alassane
Ouattara, reconnu président élu par la communauté internationale, menace
chaque jour davantage de virer à la guerre civile.
A Abidjan, les combats entre forces armées fidèles au président sortant et
insurgés pro-Ouattara s'étendent jusqu'aux abords du Plateau, quartier du
palais présidentiel.
Chef des "jeunes patriotes", fervents partisans de M. Gbagbo, Charles Blé
Goudé a appelé les jeunes Ivoiriens "qui sont prêts à mourir pour leur patrie,
qui ne supportent plus l'humiliation que subit" leur pays, à se rendre lundi
matin à l'état-major "pour se faire enrôler dans l'armée afin de libérer la
Côte d'Ivoire de ces bandits".
"Est-ce que vous êtes prêts à aller dans l'armée pour servir votre pays?",
a-t-il demandé à plusieurs milliers de partisans lors d'un meeting dans le
quartier de Yopougon (ouest), considéré comme un bastion de M. Gbagbo à
Abidjan.
"Oui! libérez! libérez!", a répondu la foule. Des jeunes levaient les mains
vers le ciel tandis que d'autres se frappaient la poitrine.
Vendredi, Laurent Gbagbo avait réclamé "une plus grande responsabilité et
une plus grande collaboration" entre les citoyens et les Forces de défense et
de sécurité (FDS) pour que "les présences suspectes" soient "neutralisées".
Son ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé a directement visé l'ONU,
dont la mission en Côte d'Ivoire (Onuci) est accusée par les siens de soutenir
les "rebelles".
"Ce n'est pas Ouattara" mais l'ONU "qui nous mène la guerre", a affirmé
celui qui fut le fer de lance de manifestations parfois violentes aux heures
chaudes de la crise politico-militaire de 2002, visant en particulier les
Français.
Les violences liées à la crise post-électorale ont déjà fait près de 440
morts, selon l'Onuci.
La mission a accusé les forces armées du camp Gbagbo d'avoir tué jeudi,
avec des tirs de mortiers, entre 25 et 30 civils dans le quartier d'Abobo,
fief électoral de M. Ouattara à Abidjan et de nouveau cible de tirs à l'arme
lourde vendredi soir.
Objet d'une large réprobation internationale après ce drame, le
gouvernement Gbagbo a dénoncé un "complot".
La France, ex-puissance coloniale régulièrement mise en cause par le régime
Gbagbo, a estimé samedi que l'Onuci "devrait jouer son rôle sans doute plus
efficacement".
"Elle a un mandat qui lui permet d'utiliser la force si des confrontations
ou des violences s'exercent", a souligné le ministre des Affaires étrangères,
Alain Juppé.
L'escalade des violences a poussé samedi des milliers d'habitants vers la
gare routière d'Adjamé (nord), la plus grande de la capitale économique, et à
celle de Yopougon (ouest), pour se "mettre à l'abri" dans leur village.
Une foule de familles attendaient leur tour pour monter dans des cars,
emportant bagages et même appareils électro-ménagers.
"J'ai peur. Je quitte Abidjan pour me réfugier au village", a déclaré à
l'AFP Marguerite, entourée de ses quatre enfants.
Depuis le début de la crise, près de 500.000 personnes ont fui leur
habitation, dont 200.000 à Abidjan et 90.000 qui se sont réfugiées au Liberia
selon l'ONU, plongeant le pays dans une grave crise humanitaire, en
particulier depuis la flambée des violences à la mi-février.
Dans l'ouest durement frappé, les FDS ont affirmé samedi soir avoir repris
la nuit précédente la localité de Doké. Mais les ex-rebelles pro-Ouattara, qui
avaient conquis coup sur coup quatre localités depuis fin février, ont démenti
avoir perdu Doké.
Appelé à céder la place par l'Union africaine, M. Gbagbo s'est dit vendredi
prêt à envisager un "schéma de dialogue interivoirien" mais n'a pas précisé ce
qui pourrait selon lui être discuté.
Il a exhorté les combattants du camp Ouattara, des "rebelles" à ses yeux, à
déposer les armes, s'attirant aussitôt une fin de non-recevoir.
Source: AFP