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mardi 3 juillet 2012

La CEDEAO à l’épreuve de l’islamisme

Boko Haram au Nigeria, AQMI, Ançardine et Mujao au Mali. Jamais la sous-région n’a autant été confrontée à la question islamiste que ces derniers temps. Pendant que le Nigeria croule sous les attentats-suicides de Boko Haram, le nord du Mali est devenu le nouveau sanctuaire de tous les salafistes et djihadistes qui veulent transformer le pays de Soundjata Kéita en un nouvel Afghanistan. 

Dès la prise de Gao et de Tombouctou, les adeptes de « l’islam originel » se sont aussitôt attaqués aux libertés individuelles : fermeture des buvettes, maquis, port du voile pour les femmes dans les lieux publics et instauration de la charia. Au moment où l’on pensait que les choses allaient s’arrêter là, le week-end dernier, les champions du djihad s’attaquent aux vestiges et monuments qui faisaient le charme et la fierté du Mali ainsi que de l’Afrique toute entière. Des mausolées et des vestiges multiséculaires qui sont l’âme et l’identité de Gao et Tombouctou ont été détruits par ces iconoclastes d’une autre époque. Rien ne peut donc échapper à ces « défenseurs de l’islam ». Car le but final que ces groupes armés poursuivent n’est pas, comme ils le prétendent, d’instaurer un Etat de droit basée sur la loi islamique. 

Mais créer des non-Etats où ils peuvent imposer à tout le monde leur vision manichéenne du monde. Le souci des islamistes n’est pas la promotion des valeurs prônées par la République. A savoir l’égalité, la liberté et la laïcité. Mais mettre en place une dictature où leur vision étriquée du monde serait la boussole. L’islam tel que conçu par Ançardine, AQMI ou le Mujao ne laisse aucune place aux libertés individuelles, socle du consensus républicain. 

Le défi majeur de la CEDEAO, aujourd’hui, est donc de lutter contre le terrorisme que tentent de propager ces défenseurs d’un islam de mauvais aloi, dans toute la sous-région. L’écrit n’est pas faire preuve d’exagération. Car ce qui se passe au Nigeria et au Mali guette les autres Etats. Heureusement que le président en exercice semblent avoir pris la mesure du péril qui menace leur Etat. Il leur appartient donc, face à cette nouvelle épreuve, de traduire en actes toutes décisions qui ont été prises au cours de 41ème session de la CEDEAO à Yamoussoukro. Il y va de la survie de la sous-région. 

JCC
Source: Publié ce mardi 3 juillet 2012   |  Le Patriote

vendredi 6 avril 2012

Mali/André Silver KONAN: « le putsch le plus débile»

Le journaliste ivoirien  André Silver Konan fait partie des intellectuels africains qui ont fermement condamné le coup d’État du CNRDRE et dénoncent la rébellion touarègue. Il analyse la situation au Mali, en sa qualité de spécialiste de ce pays. Entretien.
Pourquoi êtes-vous aussi dur avec le coup d’Etat au Mali alors qu’une bonne partie de la population est favorable ?
J’ai utilisé en effet des termes particulièrement durs pour qualifier le putsch au Mali. Il ne fait aucun doute, je l’assume et je le répète, que le putsch du capitaine Amadou Haya Sanogo est le plus débile que je n’ai jamais vu. Débile pour quelles raisons ? D’abord parce qu’on était à un mois et une semaine de la présidentielle à laquelle le président Amadou Toumani Touré n’était pas candidat. Ce dernier n’était pas favorable, du moins officiellement, à un candidat et la commission électorale n’était contestée par aucun candidat. La deuxième raison réside dans les raisons avancées pour expliquer le putsch. Sanogo a expliqué qu’il comptait rétablir la démocratie, c’est rigolo, la démocratie n’était pas malmenée au Mali, en atteste notamment la non contestation du processus électoral. En outre, il a déclaré qu’il comptait aller combattre la rébellion, c’était aussi rigolo, puisque seulement trois jours après sa prise de pouvoir, il lançait un appel à la discussion à la rébellion touarègue. C’est exactement ce que faisait ATT. Cette stratégie quoique discutable a permis de contenir la rébellion depuis janvier. La preuve palpable de l’inconséquence de ce putsch du capitaine Sanogo est qu’en moins de trois jours, la rébellion a pris les villes du nord y compris Tombouctou, qui est tombé entre les mains des islamistes alliés aux rebelles.
Mais reconnaissez que ATT a favorisé le putsch contre lui ?
Je ne parlerais pas de favoriser le putsch contre lui. ATT a été naïf en appliquant une sourde et incompréhensible politique de l’autruche, si ce n’est celle du singe de la légende, qui consistait à ne rien voir, rien entendre et rien écouter. J’étais au Mali et j’ai vu à tel point il s’enfermait dans sa tour d’ivoire de Koulouba. En fait, j’ai vite compris son attitude en discutant avec certains ministres. ATT voulait refiler la patate chaude que constituait la rébellion touarègue à son successeur en se gardant de se lancer dans une guerre au cours de laquelle il y aurait eu certainement des bavures qu’il ne voulait pas assumer. Peut-être le cas de Laurent Gbagbo, accusé de crimes de guerre par la CPI a-t-il contribué à cette psychose du président malien ? Toujours est-il qu’il refusait d’entendre la bruyante envie d’en découdre d’une bonne partie des Maliens qui réprouvent violemment la rébellion du MNLA. Sanogo en a profité.
Pourquoi la Cedeao qui était muette par rapport à la rébellion touarègue est devenue subitement active après le coup d’Etat ? Pourquoi n’a-t-elle pas aidé le Mali à combattre la rébellion plus tôt ?
(Rires) Cette question m’a souvent été posée et chaque fois j’ai souri face à la naïveté de certains Africains. C’est la thèse défendue par ceux qui contre leurs propres principes soutiennent le putsch et qui toujours contre leurs propres principes soutiendront la rébellion quand le rouleau compresseur de la communauté internationale va se dérouler contre la rébellion. Les intellectuels ne devraient pas raisonner selon leurs intérêts politiques du moment, mais par rapport à des principes. Un putsch est-il bon ou non ? Non, alors nous ne devons pas soutenir Sanogo, peu importe si c’est Ouattara ou la Cedeao qui affirment leur leadership sur la question. Une rébellion est condamnable ou non ? Elle est condamnable, alors nous ne devons pas applaudir le MNLA, peu importe si elle collabore avec des islamistes qui détiennent des otages français. Pour répondre maintenant à votre question, je vais vous poser une question : la défense de l’intégrité de l’Etat est-elle oui ou non, une question de souveraineté ?
Evidemment une question de souveraineté, mais que voulez-vous démontrer ?
Ce que je veux démontrer est simple. Mater la rébellion touarègue relevait de la responsabilité souveraine de l’Etat malien, mater le putsch relève du devoir d’ingérence de la communauté internationale, parce que le putsch est dirigé justement contre celui qui incarnait la souveraineté, à savoir le général Toumani Touré. Donc, la réaction de la communauté internationale est différente selon qu’il s’agisse d’une rébellion ou d’un coup d’Etat. En clair, le rétablissement de l’intégrité du territoire d’un Etat en proie à une rébellion relève de la souveraineté pleine et entière de cet Etat. Autrement dit, aucun chef d’Etat au monde qu’il s’appelle Barack Obama ou Vladimir Poutine, ne peut se lever dans son pays et dire, sous le prétexte qu’une rébellion menace un autre pays, aller combattre cette rébellion. Si cela était possible, je vous assure qu’il n’y aurait plus de rébellion des FARC en Colombie, encore moins de Boko Haram au Niger ou encore de rébellion casamançaise. A ma connaissance, ATT n’a pas fait appel à la Cedeao ou à l’UA, ou encore à l’Otan et à l’Onu pour mater la rébellion. Et ceux des Maliens qui savent si bien marcher pour soutenir Sanogo (je crois que ça a commencé à cesser depuis la prise de Tombouctou) n’ont pas battu le pavé pour solliciter de l’aide étrangère. Alors au lieu d’accuser les organisations internationales, les Maliens favorables aux putschistes dont on ne voit d’ailleurs aucune action concrète contre la rébellion, auraient dû commencer à accuser leur propre armée, incapable d’avoir maté la rébellion du fait de l’incapacité de son chef suprême, qui appliquait une politique de fuite en avant et du fait d’une junte incapable de tenir ses propres engagements.
Pourquoi la Cedeao n’aide pas l’armée malienne à mater la rébellion ?
La Cedeao aidera l’armée malienne à mater la rébellion quand elle aura un interlocuteur crédible à Bamako, c’est simple à comprendre. La communauté internationale se mobilise pour dégager les putschistes parce que l’ordre constitutionnel et institutionnel est rompu. Ce n’est plus une question de souveraineté puisque celui qui incarne justement cette souveraineté est celui contre qui le putsch est mené. Il est vrai que ATT a sa part de responsabilité mais Sanogo est venu empirer la situation plutôt que de la décanter. Regardez donc la situation en face ! Qu’a-t-il réussi depuis qu’il est là ? Rien, sinon à favoriser une avancée spectaculaire des rebelles qui, plus est, ne le reconnaissent même pas ? Ce type a déclaré qu’il était venu rétablir la démocratie, mais aucune démocratie n’était en danger au Mali puisque ATT en dépit de sa gestion complaisante de la crise, ne tyrannisait pas son peuple. Il a déclaré qu’il était venu mater la rébellion, trois jours après sa prise de pouvoir, il lançait un appel à la négociation à la rébellion. N’est-ce pas ce que faisait ATT et qui a motivé son putsch ? Soyons sérieux. Sanogo dégagera, et alors le président de la transition discutera avec (ou matera) la rébellion avec l’aide des puissances internationales.
Comment expliquez-vous l’attitude de la France qui reste passive face à la progression des rebelles ?
Qu’auriez-vous aimé que la France (un bien vain mot, en réalité) fasse ? Que Nicolas Sarkozy qui a déjà des problèmes pour se faire réélire décide unilatéralement d’aller mater la rébellion touarègue ou que François Hollande qui n’est pas encore élu se déclare favorable à une intervention militaire ? N’est-ce pas encore vous qui dénonceriez l’interventionnisme du colon qui se fait gendarme de l’Afrique ? En tant qu’Africains, nous devons arrêter de nous infantiliser. Nous sommes prompts à accuser la France qui quoiqu’elle fasse (qu’elle condamne ou non, qu’elle intervienne ou non, qu’elle observe la neutralité ou non) est insultée par ceux qui cherchent à nier leurs propres responsabilités. Au départ, j’ai entendu des plaisantins déclarer que c’était un coup d’Etat de la France. Quand la Cedeao qu’ils accusent d’ailleurs à raison d’être à la solde de la France s’est lancée en guerre contre les putschistes, ils ont dit qu’en fait, la France était derrière la rébellion, parce que des porte-paroles de la rébellion sont en France. Ils oublient aussi que la France est un pays de liberté et que la Mauritanie aussi qui combat Aqmi, allié des rebelles, accueille aussi des porte-paroles de la rébellion. Quand la France a décidé de saisir le conseil de sécurité et qu’on leur a déclaré que les combattants islamistes alliés des rebelles détenaient des otages français, ces mêmes intellectuels douteux ont commencé à dire que la France est entrée en guerre. Des fois, je ris de l’inconstance de ces gens là. Bref. Nous les africains, on doit vraiment savoir ce qu’on veut. La France a six ressortissants retenus en otage dans le désert malien par des combattants d’Aqmi, alliés (et peut-être futurs adversaires) des rebelles. Même si elle avait la possibilité de se jeter directement dans la guerre, elle serait prudente pour ne pas mettre en danger la vie de ses ressortissants. C’est ce que ferait tout gouvernement responsable. Pour le reste, je reconnais que la crise actuelle résulte d’une mauvaise gestion de la crise libyenne par l’Otan, mais aussi par les pays africains dont les voisins de la Lybie comme le Mali.
Réalisée par Mahamadou Traoré
Source: La Tribune – Lebanco.net

samedi 18 février 2012

Alassane Ouattara à la présidence de la CEDEAO – Le dossier de l’Intelligent d’Abidjan


Après son élection à la présidence de la CEDEAO : ‘’C’est un grand honneur que vous faites à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens’’
Le chef de l’Etat ivoirien, SEM, Alassane Ouattara, après son élection à la présidence de la CEDEAO, s’est adressé à ses collègues chefs d’Etat. Il a pris l’engagement de poursuivre l’œuvre de son prédécesseur, à savoir l’intégration économique et politique régionale. Ci-dessous l’intégralité de la son discours. (Nous vous épargnons de salutation)
«C’est un grand honneur que vous faites à la Côte d’Ivoire et aux Ivoiriens, en me portant à la présidence de la CEDEAO, notre organisation commune, qui, grâce à nos devanciers et à vos efforts inlassables, a acquis son prestige et ses lettres de noblesse.
Je voudrais donc, au nom du peuple ivoirien et en mon nom propre, vous exprimer mes sincères remerciements et toute ma gratitude, pour cette marque de confiance et de considération.
A travers cette élection, vous venez de manifester une fois de plus le soutien et les encouragements des pays membres de notre organisation à la Côte d’Ivoire, dans ses efforts de réconciliation et de reconstruction. Au moment où j’accède à la Présidence de la CEDEAO, je prends l’engagement devant vous, de poursuivre l’œuvre d’intégration économique et politique de notre espace régional, en continuant à le doter des outils indispensables à l’aboutissement de nos ambitions.
Pour y parvenir, je sais pouvoir compter sur vos conseils avisés et sur votre disponibilité bien connue.
Pour ma part, je ne ménagerai aucun effort pour mériter votre confiance et pour approfondir les sillons qui ont déjà été tracés.
Excellences,
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais à présent féliciter tous les Chefs d’Etat qui m’ont précédé à la tête de la CEDEAO et qui, par leurs actions, ont permis d’obtenir d’importantes avancées dans la construction de notre communauté économique, politique et sociale. A cet égard, je voudrais saluer tout particulièrement la mémoire du Président Umaru Yar’Adua.
Je salue également Son Excellence Monsieur Goodluck Ebele Jonathan, Président de la République Fédérale du Nigéria.
Monsieur le Président, cher frère, cher ami, permettez moi de vous adresser mes vives félicitations pour le travail important et de qualité que vous avez accompli à la tête de la CEDEAO, dans un contexte régional et mondial particulièrement difficile.
En effet, notre région est depuis quelques années confrontée à de nombreuses difficultés, en raison du climat d’instabilité politique et de guerre qu’ont connus plusieurs de nos Etats et de l’impact négatif de la crise économique mondiale. Mais, grâce à votre leadership et à vos efforts inlassables, vous avez su contribuer efficacement au retour de la paix dans bon nombre de ces pays, dont la Côte d’Ivoire.
Ouattara reconnaissant à la CEDEAO
Je voudrais profiter de cette occasion pour renouveler la reconnaissance de la Côte d’Ivoire pour le rôle crucial joué par la CEDEAO pour faire triompher la démocratie et pour l’engagement personnel de chacun des chefs d’Etats dans le dénouement de la crise ivoirienne. Je voudrais associer à ces remerciements, tous les autres acteurs de notre organisation commune, notamment les membres du conseil des ministres, les chefs des institutions, les commissaires et l’ensemble des fonctionnaires et agents, qui de façon périodique ou quotidienne, œuvrent à la réalisation de nos objectifs.
Des millions d’africains fondent leurs espoirs sur une contribution positive et décisive de notre part, pour faire de notre région un ensemble uni, en paix, et porteur de valeurs démocratiques. Ce sont ces valeurs qui font la prospérité des grandes nations.
De nombreux efforts ont certes été accomplis, mais il reste encore plusieurs défis à relever, pour parfaire notre union et la mettre au service de nos populations.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
J’entame le mandat que vous venez de me confier dans un monde en pleine mutation géopolitique et en pleine turbulence économique et financière. La crise économique mondiale continue de produire des effets néfastes sur nos économies fragiles.
Il convient donc, que les dirigeants que nous sommes prennent des décisions courageuses qui permettront à notre communauté de devenir un pôle de stabilité et d’émergence économique. Avec une population de 300 millions de personnes essentiellement jeunes, notre région dispose d’une force de création et de travail indiscutable. Notre économie dispose d’un potentiel de développement et de croissance considérable, y compris dans ses secteurs traditionnels, l’agriculture, les mines et le pétrole. Elle dispose surtout d’un potentiel énergétique capable de soutenir le défi de l’industrialisation et des modes de consommations modernes. En dépit de son potentiel faiblement valorisé, la région génère malgré tout un PIB qui s’élève à 565 milliards de dollars US, ce qui en fait la 25ème puissance économique du monde, avec des perspectives de croissance bien meilleures qu’ailleurs.
Les priorités de Alassane Ouattara
Je voudrais, à ce stade de mon propos, partager avec vous quelques axes de réflexion pour relever les grands défis auxquels notre région est confrontée. Au plan politique, notre ambition sera de renforcer les institutions, la démocratie, l’Etat de droit et la bonne gouvernance afin de garantir la paix durable et le développement dans notre zone. A cet égard, la mise en place d’une structure régionale de contrôle et de certification des processus électoraux pourra aider à la promotion de la démocratie dans notre région.
Sécurité
Au plan sécuritaire, notre sous-région fait face à de nouvelles menaces, qui entraînent la résurgence de conflits anciens, fragilise des pans entiers de nos sociétés et menacent nos capacités de défense. C’est le lieu d’appeler à la définition d’une politique de défense commune, à la mutualisation de nos moyens, afin de juguler la poussée du terrorisme, de reprendre le contrôle de nos côtes livrées à la piraterie maritime et de contenir les flux d’armes qui aggravent la criminalité et le grand banditisme. Mais le défi sécuritaire, comme partout, appelle également au renforcement des partenariats stratégiques en matière militaire, afin de moderniser L’ECOMOG, notre instrument de défense. Il est donc essentiel, que la concertation entre les différents Etats membres de la CEDEAO se renforce davantage, en vue de parvenir à des positions communes sur les grandes questions d’actualités. Ces positions communes devront être appliquées rigoureusement par chacun des membres de notre communauté.
Enfin, l’indispensable solidarité entre nos Etats est primordiale pour parler d’une même voix, mais aussi pour atteindre plus rapidement nos objectifs au plan régional, continental et mondial. La position commune arrêtée par la conférence des Chefs d’Etat doit être sacrée.
Intégration économique et sociale
Au plan économique, notre ambition est d’accélérer l’intégration économique grâce à la réalisation ou à la réhabilitation des grandes infrastructures et la mise en œuvre de l’ensemble de nos instruments et règles communautaires. Ce travail doit nous préparer à une plus grande ouverture vers les grands ensembles de tous les continents, y compris les Communautés Economiques Régionales (CER) et les partenaires au développement.
Des efforts devront donc être déployés pour achever la construction du marché commun régional, notamment à travers l’harmonisation des politiques économiques et financières, la réalisation de l’union douanière, et la mise en place d’une monnaie commune.
Le secteur privé international et régional devra également jouer un rôle de plus en plus important dans la réalisation de ces objectifs.
La vision 2020 de la CEDEAO, adoptée en 2007 par la Conférence, pour passer de la CEDEAO des Etats à la CEDEAO des peuples, doit devenir une réalité palpable. Les administrations publiques, les organisations professionnelles et la société civile doivent prendre une part active à la réflexion et à la mise en œuvre des programmes de coopération régionale.
Au plan social, notre union ne sera accomplie que si elle améliore au quotidien les conditions de vie de nos populations, de manière perceptible et si elle crée une identité collective au dessus de nos appartenances nationales. Pour ce faire, nous devons garantir aux populations la libre circulation, le droit d’établissement et de résidence.
De grands chantiers pour l’Afrique de l’Ouest
La mise en œuvre de tous ces chantiers nécessite des réformes importantes pour aider au renforcement de la performance de nos institutions et amener ainsi nos Etats membres à mettre en œuvre les dispositions communautaires et en tirer le meilleur profit.
Les responsables des institutions devront développer la culture de l’excellence.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais, pour terminer, vous dire que j’ai foi en la CEDEAO, en son avenir, et à sa place en Afrique et dans le monde.
J’ai foi en sa capacité à faire entendre sa voix, sur les grandes questions de la planète, à concevoir et à construire une Afrique moderne. C’est conscient de ces atouts que je suis certain du rôle diplomatique et politique que saura jouer notre organisation commune, pour faire entrer l’Afrique au Conseil de sécurité des Nations Unies, en qualité de membre permanent. Je suis convaincu qu’ensemble, unis et solidaires, nous pourrons relever tous ces défis et réaliser nos ambitions communes ».
Je vous remercie.
Echos du Sommet
Le n°1 ivoirien à Cotonou aujourd’hui
Le président Alassane Ouattara a quitté Abuja hier pour Cotonou au Benin pour prendre où il doit prendre part ce samedi au mini-sommet de l’Union Africaine, qui se tiendra en présence de vingt (20) chefs d’Etat.
Ouattara prend le dossier sénégalais en main
A peine élu hier à la tête de la CEDEAO, Alassane Ouattara, en accord avec ses pairs, a décidé de l’envoi mission conjointe de haut niveau de l’UA et CEDEAO, conduite par SEM Olusegun Obasanjo, ancien président de la République fédérale du Nigeria pour discuter avec tous les acteurs politiques en vue de promouvoir le dialogue et garantir des élections libres, transparentes et paisibles.
La CEDEAO, une population de 300 millions d’habitants
Avec une population estimée à 300 millions d’habitants, la Cedeao dispose donc d’une force de création et de travail indiscutable pour réaliser tous ses projets.
Ouattara a parlé hier devant 2000 participants
Le nouveau président de la CEDEAO a lu son discours hier vendredi devant 2000 participants. C’était à l’hôtel Hilton d’Abuja.
Abuja / 37 ans après sa création Alassane Ouattara, 1er ivoirien à la tête de la CEDEAO

La 40ème session ordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) s’est achevée le vendredi 17 février 2012 à Abuja, au Nigeria. Fait majeur de cette réunion, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a été élu par ses pairs à la tête de l’organisation sous-régionale.
«Nous avons élu à l’unanimité le président de Côte d’Ivoire comme président de l’organisation », a déclaré le président du Nigeria Goodluck Jonathan au terme du sommet. Aux yeux des observateurs et dans le milieu diplomatique, l’élection du président Alassane Ouattara à la tête de la CEDEAO pour un an renouvelable, marque le retour de la Côte d’Ivoire sur la scène internationale. Ce choix, selon eux, est un moyen d’encourager le processus de réconciliation en cours. Mais, au-delà de tout, Alassane Ouattara est le premier chef d’Etat ivoirien à être élu président de la CEDEAO, 37 ans après la création de l’organisation sous-régionale, le 28 mai 1975. Grand artisan et inspirateur de la CEDEAO, Houphouët-Boigny avait préféré le rôle de parrain et de mentor. Le Burkinabé Kadré Désiré Ouédraogo a été désigné président de la Commission de la CEDEAO, en remplacement du Ghanéen James Victor Gbého. Ancien Premier ministre du Burkina (1996-2000) l’actuel ambassadeur du Burkina Faso à Bruxelles retrouve une institution qu’il connaît bien pour y avoir déjà travaillé entre 1985 et 1993 secrétaire exécutif adjoint chargé des affaires économiques.
TAB, envoyé spécial à Abuja
Encadré
Les présidents de la CEDEAO depuis sa création, en 1975
Gnassingbé Eyadema (Togo), 1977-1978
Olusegun Obasanjo (Nigeria) 1978 – 1979
Léopold Sédar Senghor (Senegal) 1979 – 1980
Gnassingbé Eyadéma (Togo) 1980 – 1981
Siaka Stevens (Sierra Leone) 1981 – 1982
Mathieu Kérékou (Bénin) 1982 – 1983
Ahmed Sékou Touré (Guinée) 1983 – 1984
Lansana Conté (Guinée) 1984 – 1985
Muhammadu Buhari (Nigeria) 1985 – 27 août 1985
Ibrahim Babangida (Nigeria) 27 août 1985 – 1989
Dawda Jawara (Gambie) 1989 – 1990
Blaise Compaoré (Burkina Faso) 1990 – 1991
Dawda Jawara (Gambie) 1991 – 1992
Abdou Diouf (Sénégal) 1992 – 1993
Nicéphore Soglo (Bénin) 1993 – 1994
Jerry Rawlings (Ghana) 1994 – 27 juillet 1996
Sani Abacha (Nigeria) 27 juillet 1996 – 8 juin 1998
Abdulsalami Abubakar (Nigeria) 9 juin 1998 – 1999
Gnassingbé Eyadéma (Togo) 1999
Alpha Oumar Konaré (Mali) 1999 – 21 décembre 2001
Abdoulaye Wade (Sénégal) 21 décembre 2001 – 31 janvier 2003
John Agyekum Kufuor (Ghana) 31 janvier 2003 – 19 janvier 2005
Mamadou Tandja (Niger) 19 janvier 2005 – 19 janvier 2007
Blaise Compaoré (Burkina Faso) 19 janvier 2007 – 19 décembre 2008
Umaru Yar’Adua (Nigeria) 19 décembre 2008- 18 février 2010
Goodluck Jonathan (Nigeria) 18 février 2010- 17 février 2011
Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), depuis le 17 février
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Réédition / Une consécration annoncée en exclusivité depuis le lundi 24 octobre 2011 par «L’Intelligent d’Abidjan»
Alassane Ouattara va gouverner 250 millions d’Africains
Dans un mois environ, Alassane Ouattara sera désigné par ses pairs chefs d’Etat de la sous-région, président en exercice de la Cedeao pour un mandat de deux ans. Durant la longue crise traversée par la Côte d’Ivoire, à partir de 2002, et même depuis le coup d’Etat, la Côte d’Ivoire n’avait plus joué les premiers rôles à la tête de cette organisation portée sur les fonts baptismaux et sous les bons auspices de Félix Houphouët-Boigny, grand artisan de l’intégration sous-régionale et africaine. Houphouët-Boigny ne voulait pas que son pays soit une oasis de richesse, dans un désert de pauvreté. Aussi a-t-il privilégié la coopération avec les pays de la sous-région, tout en favorisant l’intégration sociale, culturelle et dans le monde des affaires, des Africains venus d’ailleurs. Cela a fait de la Côte d’Ivoire, un pays à fort taux d’immigration. Une situation qui a produit de nombreux avantages au niveau économique, culturel, sportif et démographique. Toutefois, la mauvaise gestion et la mauvaise appréciation des enjeux et impacts politiques de l’intégration avaient conduit une partie de la classe politique à instrumentaliser la question ; donnant de l’image des Ivoiriens, une perception de xénophobie. La désignation prochaine du président Alassane Ouattara à la tête de la Cedeao, après le Nigérian Goodluck Jonathan qui lui passera le flambeau, sera la fin d’un cycle et le départ d’une nouvelle vision. La dimension sous-régionale et la vocation au leadership du pays seront davantage renforcées. La présidence Ouattara à la tête de la Cedeao, permettra au chef de l’Etat ivoirien de parler au monde et à l’Afrique, au nom de 15 pays, et de 250 millions d’habitants. La voix de la Côte d’Ivoire et celle du président Ouattara vont davantage porter dans le concert des Nations. La présidence Ouattara permettra de relancer les affaires, le tourisme, en faisant d’Abidjan et de Yamoussoukro, les capitales de l’Afrique de l’Ouest durant au moins deux ans. Ce seront quinze chefs d’Etat qui viendront à Abidjan, chaque fois que le sommet de la Cedeao aura lieu. Les réunions ministérielles seront plus nombreuses. Sous les auspices du chef de l’Etat et du Premier ministre Guillaume Soro, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Daniel Kablan Duncan et le ministre de l’Intégration africaine, Adama Bictogo ont travaillé discrètement. Ils ont mis en œuvre le processus devant conduire au sacre et à la consécration d’Alassane Ouattara par ses pairs, lors du prochain sommet de la Cedeao à Abuja. Tout au long de la crise ivoirienne, malgré les dernières critiques vives du camp Gbagbo, la Cedeao a joué un rôle central et déterminant. C’est sous ses auspices, dès le début de la crise en 2002, que le premier cessez-le-feu avait été signé à Bouaké. La Cedeao, via le ministre sénégalais des Affaires étrangères d’alors, Cheick Tidiane Gadio, avait été la première instance et organisation étrangère à entrer à Bouaké pour nouer le dialogue avec les ex-rebelles, au moment où Laurent Gbagbo exigeait encore avec force le dépôt des armes avant l’ouverture des négociations. La Cedeao avait réussi à faire accepter sa flexibilité sur la question à Laurent Gbagbo, qui prendra part aux échanges de Lomé parrainés par la Cedeao et l’Union africaine. Après Abdoulaye Wade, les présidents Obasanjo, John Kufuor, Blaise Compaoré et Goodluck Jonathan prendront les rênes de l’organisation pour appuyer le processus de réconciliation et de sortie de crise en Côte d’Ivoire. L’honneur qui sera fait à Alassane Ouattara sera également l’occasion pour la Côte d’Ivoire de rendre encore hommage à la Cedeao et à tous ces chefs d’Etat et populations ouest-africaines, pour leur solidarité aux côtés des Ivoiriens. Au-delà de l’affectif, la présidence Ouattara devra être l’occasion de donner au niveau stratégique et économique , un coup de fouet, et une dynamique jamais atteinte depuis les premières années, à l’intégration des économies et des politiques. L’Uemoa, pour sa part, a déjà de nombreux acquis. Il s’agit, entre autres, de donner réalité à la question de la monnaie unique ouest-africaine. Là où les pourfendeurs de la Françafrique refusent de mettre à jour leur logiciel, en demandant la disparation du franc Cfa, faisant le jeu de l’émiettement de nos économies qui ne pèsent déjà rien sur le marché mondial d’une part, et d’autre part encourageant à créer plusieurs autres monnaies nationales, qui seront autant de source de gabegie et de mal gouvernance. La monnaie unique ouest-africaine permettra de rendre plus forte et plus viable économiquement la sous-région, avec ses deux locomotives que sont le Nigeria et la Côte d’Ivoire. A deux, et avec le soutien des autres pays de la zone, la Cedeao sera assurément la première zone économique du continent. Mais au-delà de la Cedeao, quid alors des ambitions d’Alassane Ouattara au niveau africain, notamment l’organisation d’un sommet de l’Union africaine en Côte d’Ivoire ? Selon nos sources, deux problèmes se posent. D’abord la volonté de ne pas engager des dépenses supplémentaires au niveau des infrastructures pour accueillir un sommet de l’UA. A Malabo et dans d’autres pays, de nouvelles infrastructures d’envergure ont été construites à l’occasion de ces sommets de l’UA. Le président Ouattara est disposé immédiatement à présenter la Côte d’Ivoire si cela ne donne pas droit à des dépenses coûteuses et exorbitantes, pour l’Etat. L’option du chef de l’Etat est de privilégier les investissements au niveau de la santé, de l’éducation, des routes et autres chapitres favorisant le bien-être des populations. Cela peut donc mettre en suspens l’organisation d’un sommet de l’UA en Côte d’Ivoire, au cours du mandat en cours du chef de l’Etat. L’autre problème est la réserve d’Alassane Ouattara à l’égard de l’UA, qu’il n’est pas loin de considérer comme un machin, une machine lourde et inefficace. Les hésitations de l’Union africaine dans la crise ivoirienne, son manque de leadership dans le règlement des questions africaines, notamment la Libye, le soupçon de vouloir protéger les dictateurs et les présidents mal élus ( Kenya, Zimbabwe, le président saoudien et le récent cas libyen ) font qu’Alassane Ouattara reste un peu réservé à l’égard de l’Union africaine, se gardant d’encourager les tentatives l’incitant à jouer un plus grand leadership africain. A cela, il faut ajouter la propension naturelle à la jalousie et à la rivalité, qui existent au sein du syndicat africain des chefs d’Etat, chacun voulant se mettre en valeur et promouvoir son pays, là où il s’agit de la promotion de l’unité africaine, une préoccupation absente des rencontres. Tout cela incline le chef de l’Exécutif ivoirien à limiter provisoirement son leadership personnel et celui de la Côte d’Ivoire à la Cedeao. Sauf extraordinaire, l’Afrique et l’Union africaine attendront. Rendez-vous donc dans un mois environ à Abuja, au cours du prochain sommet, qui permettra également de connaître le nom du successeur du Ghanéen James Gbeho, qui n’a pas laissé de bons souvenirs à Laurent Gbagbo, tant il a su porter clairement les positions de l’organisation sous-régionale lors de la crise ivoirienne.
Ndlr : Pour des questions de calendrier, notamment la situation au Nigéria à l’époque, les législatives en Côte d’Ivoire, le voyage à Paris avant le report, le sommet de la CEDEAO, initialement prévu en Décembre a été reporté à la mi-février.
Charles Kouassi
………..
L’ONU félicite le Président Ouattara pour son élection à la présidence de la Cedeao
Le Représentant spécial du Secrétaire général pour l’Afrique de l’Ouest, M. Said Djinnit, a félicité le Président de la Côte d’Ivoire, M. Alassane Ouattara, pour son élection à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). M. Djinnit a assuré le nouveau Président de la CEDEAO de l’appui continu des Nations Unies et a rendu hommage au travail accompli par l’équipe sortante. Il a aussi émis le vœu que la coopération et le partenariat entre les Nations Unies et la CEDEAO continueront de s’intensifier dans les mois et les années à venir.
Département de l’information ONU

 Source: l’Intelligent d’Abidjan

samedi 26 mars 2011

Les raisons secrètes du « deux poids, deux mesures » en Côte d’Ivoire et en Libye


DÉCRYPTAGE Par Dr Dieth Alexis Vienne, Autriche
Avec l’arrêt opportun et étonnant de la cour de justice de la CEDEAO interdisant l’usage de force pour le déloger, Gbagbo pense avoir bétonné sa stratégie de survie au moins jusqu’au 9 Mai 2011 date du début du jugement de sa requête sur le fond. Sa conversion subite aux compromis et son appel à un dialogue inter-ivoirien, sa condamnation de l’usage de la force comme voie sans issue résulte de son constat pragmatique que le rapport de force lui est défavorable. Son offre surprenante de dialogue à la partie adverse se situe dans cette stratégie de survie qui lui permet d’entraîner ses nouvelles recrues et de se réarmer pour mieux guerroyer tout en continuant à porter des coups à l’adversaire et en poursuivant obstinément le massacre des populations civiles. Le caractère étrange de la décision de la cour de justice de la CEDEAO qui, tout en étant au courant de l’urgence de la situation de guerre civile empêche l’application de la décision contraignante de l’UA, contient la clé de l’attitude énigmatique de l’ONU et du conseil de sécurité. L’explication de la différence de traitement entre la situation Ivoirienne et la situation libyenne par l’ONU, le conseil de sécurité et les Etats Occidentaux réside dans les sourdes manœuvres de la diplomatie africaine qui a finit par s’exprimer dans cette décision étonnante de la cour de justice de la CDEAO et dans la proclamation solennelle du refus de l’usage de la force légitime au terme de la réunion d’Abuja des 23 et 24 Mars dernier.
Par cette décision de sa cour de justice, la CEDEAO est rendue impuissante. L’Ecomog est entravée. Le problème de la protection des populations civiles, devenu central, est maintenant dissocié du problème électoral ivoirien dont la solution est reportée au mois de mai prochain. Réduite à l’impuissance, la CEDEAO est obligée de recourir au conseil de sécurité de l’ONU et aux forces de l’ONUCI qui ne sont pas suffisamment aguerries et auxquelles l’on demande désormais de protéger les civils en s’interposant par la force entre deux armées surarmées, aguerries et prêtes à en découdre. Qu’en est-il alors du problème du braquage électoral dont le massacre des populations civiles n’est que la conséquence dans la stratégie de conservation du pouvoir par le président sortant ? Devenu un problème exclusivement juridique, peut-il être résolu par des moyens militaires, comme cela était prévu dans les textes de la CEDEAO, qui imposait au besoin l’usage de la force légitime pour imposer la démocratie dans les cas de braquage électoral et la paix lors des guerres civiles en Afrique?
La nouvelle règle de la CEDEAO qui résulte des controverses secrètes déclenchées par le braquage électoral de Gbagbo bat en brèche la règle officielle de la CEDEAO concernant l’usage de la force légitime. Au terme de la dernière réunion des 23 et 24 Mars dernier de l’organisation continentale à Abuja, il est désormais établi que la CEDEAO « ne fait pas usage de la force ». Les organisations internationales africaines demandent maintenant à l’ONUCI « de faciliter le transfert immédiat du pouvoir » à Alassane Ouattara sur l’arrière fond menaçant de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO qui vient d’interdire l’usage de la force. Dans ce contexte, la solution du partage du pouvoir, la solution du troisième homme, et même de la partition, sont redevenues des options possibles, sous les impulsions des soutiens occultes d’un Gbagbo qui se fait désormais l’apôtre du dialogue, au moment même où il poursuit la stratégie du chaos et de guerre civile.
C’est dans le cadre de cette duplicité des organisations internationales continentales africaines qu’il faut situer la pusillanimité de l’ONU et l’encouragement de la Russie et de la Chine à l’utilisation systématique du véto. Ces deux pays auraient-ils pu bloquer systématiquement les résolutions du Conseil de sécurité sur la Côte d’Ivoire si l’Union Africaine avait clairement et sans équivoque demandé et autorisé une intervention pour mettre fin à l’imposture électorale de Gbagbo ? L’autorisation sans équivoque de l’intervention militaire et humanitaire Occidentale par la Ligue Arabe n’a-t-elle pas déterminé la neutralité de la Chine et de la Russie à propos de la Libye ? Dégagé par les interrogations de Christian Brazzin qui suivent, le spectre des responsabilités ressort élargi de la mise en question de l’attitude respective de l’Union africaine, de la CEDEAO, d’une part, et de la Ligue Arabe d’autre part.
« Pourquoi la communauté internationale agit-elle avec plus de célérité sur le dossier libyen que sur la question ivoirienne ? La population de la Libye est-elle mieux que celle vivant en Côte d’Ivoire ? Est-ce parce que « le massacre de plusieurs centaines de négros ivoiriens par l’ancien couple présidentiel n’émeut personne parce que la criminalité des dirigeants africains est légitimement génétique et que pleurer sur les morts libyens en plein désert ou sur le peuple meurtri du Japon victime de la nature est plus humanisant » ? Ces questions posées par Christian Brazzin dans ses excellentes analyses, la semaine dernière, font ressortir de la part du Conseil de sécurité de l’ONU, des puissances occidentales et de l’ONUCI, une indifférence teintée d’un racisme latent relativement à la Côte d’Ivoire. Ce d’autant plus que, comme l’a souligné Jean Dufourcq, « La France partage l’idée qu’elle se doit d’intervenir dès lors qu’une population subit une attaque de son dirigeant surtout si le processus se déroule dans un espace la concernant directement ». Pourquoi intervient-elle alors en Libye alors qu’elle s’interdit d’intervenir en Côte d’Ivoire pour protéger les populations ? Cette attitude incompréhensible et condamnable du « deux poids ; deux mesures » est-elle fondée sur du racisme et sur des considérations bassement matérielles portant sur les valeurs financières et stratégiques comparatives du café-cacao ivoirien et du pétrole libyen ou sur des contraintes diplomatiques entre l’Afrique sub-saharienne et l’Occident? Comment expliquer l’attitude du conseil de sécurité de l’ONU et celle des puissances occidentales par rapport à la Côte d’Ivoire ? Relèvent-t-elles d’une coupable indifférence ? Ou d’une certaine frilosité ?
L’ONU et les puissances occidentales peuvent-elles décider d’un engagement militaire en Côte d’Ivoire sans le consentement explicite, clair et sans équivoque de l’Union Africaine et de l’ensemble des membres de la CEDEAO ? Auraient-elles pu intervenir en Libye sans un tel consentement de la part de la Ligue Arabe ? La légitimité de cette intervention ne commence-t-elle pas d’ailleurs à être mise à mal depuis le rétropédalage de la Ligue arabe accusant les Occidentaux d’avoir outrepassé les limites fixées à l’intervention en Libye? Outre les considérations d’intérêts particuliers liées aux égoïsmes d’Etat, l’attentisme de l’ONU quant à un usage de la force légitime en Côte d’Ivoire est-elle dénuée de raison ? L’ONU peut-elle décider de cet usage sans le consentement exprès des organisations régionales ? L’ONU peut elle agir en Côte d’Ivoire lorsque la cour de justice de la CEDEAO, suite à une requête déposée par Laurent Gbagbo, rend un arrêt qui interdit l’usage de la force légitime en attendant que la requête de Gbagbo soit « jugée sur le fond le 9 mai prochain » ? Peut-elle passer outre la décision de justice de la cour juridique de la CEDEAO au motif qu’un risque de guerre civile et de massacre à grande échelle se prépare en Côte d’Ivoire ?
La décision de justice de la cour de la CEDEAO étant inviolable, elle rend impossible le déploiement de l’Ecomog. Comment l’ONUCI pourrait-elle utiliser la force pour s’interposer entre les combattants alors que l’usage de la force est interdit par la cour de justice de la CEDEAO ? Le chapitre 7 de la charte de l’ONU qui régit l’engagement de l’ONUCI et qui prévoit l’utilisation de la force peut-il prévaloir sur l’article 23 du règlement de la Chambre de la cour de justice de la CEDEAO qui interdit l’usage de la force avant l’analyse juridique du dossier le 9 Mai prochain pour régler le conflit ivoirien? Qui porte alors la responsabilité de guerre civile et des massacres en cours en Côte d’Ivoire? Est-ce l’ONU ou la Cour de justice de la CEDEAO qui étant au fait de l’urgence de la situation en Côte d’Ivoire et informée de la décision contraignante du panel des 5 chefs d’Etat de l’UA reconnaissant Alassane Dramane Ouattara comme président régulièrement élu, a malgré tout, décidé, de manière irresponsable, de renvoyer l’analyse du dossier au 9 mai prochain alors que des tueries massives sont perpétrées au quotidien en Côte d’Ivoire ?
Certes la responsabilité de protéger les civils en Côte d’Ivoire incombe aux forces internationales de l’ONUCI qui en ont clairement le mandat. Mais comment le faire quand l’argument de sa partialité agité par le camp Gbagbo est implicitement cautionné par le silence des organisations internationales du continent et quand l’usage de la force est interdit par la cour de justice de la CEDEAO ? Est-il juste d’accuser l’ONU d’indifférence devant l’agression des populations civiles par les milices et forces armées de l’ancien couple présidentiel ? N’est-il pas alors plus juste de dire qu’en Côte d’Ivoire des hommes de chair et de sang meurent tous les jours dans l’indifférence des organisations régionales et continentales africaines qui s’ingénient à reporter les solutions par des discussions sans fin et même à les bloquer par des arguties juridiques ? Le Conseil de sécurité de l’ONU peut-il prendre une décision qui passe outre la décision de la cour de justice de la CEDEAO interdisant l’usage de la force ? Entre le conseil de sécurité de l’ONU, et la Cour de justice de la CEDEAO qui peut-on ou doit-on accuser d’indifférence à la mort de milliers d’Africains et au massacre de plusieurs centaines de négros ivoiriens par l’ancien couple présidentiel ivoirien dont la requête en annulation de la décision contraignante de l’UA vient d’être acceptée par la Cour de justice de la CEDEAO ?
Certes le pétrole libyen est stratégiquement et financièrement plus attractif et plus motivant aux yeux des Occidentaux que le café-cacao ivoirien et la défense de la vie des populations nègres d’Afrique sub-saharienne. Et il est pertinent de dénoncer le mercantilisme des Etats occidentaux qui se détournent de la Côte d’Ivoire pour la Libye en raison de la valeur stratégique du pétrole. Mais n’est-il pas indispensable de jeter un regard sur l’attitude de certains chefs d’Etats africains qui pour conserver les prébendes et privilèges matériels attachées à la fonction sont, semble-t-il, prêts à abandonner des peuples entiers à la folie sanguinaire d’un des leurs? N’est-il pas étonnant de constater que Gbagbo, qui refuse de se plier au verdict des urnes et utilise lui-même des mercenaires libériens au vu et su de tous pour conforter son braquage électoral par une stratégie de la terreur, ait pu recevoir un arrêt favorable de la Cour de justice de la CEDEAO relativement à sa requête contre le président élu à propos de mercenaires nigérians envoyés au profit de ce dernier ? Comment qualifier l’attitude de certains chefs d’Etats africains qui pour sauvegarder, semble-t-il, les intérêts de leur corporation bloquent toutes les démarches continentales et mêmes mondiales susceptibles de mettre en péril la vie des dictatures dont ils tirent profit ? N’est-il pas hallucinant de constater comme l’écrit Jeune Afrique ce jeudi 24 Mars que les chefs d’Etats de l’UA sont inactifs devant le drame qui se noue et se joue déjà en Côte d’Ivoire et que Jean Ping « les presse d’implorer Gbagbo de faire ce qui est juste » ? Comment qualifier la décision de la cour de Justice de la CEDEAO qui vient justement d’interdire l’usage de la force légitime contre un chef d’Etat qui refuse de se soumettre au verdict des urnes et que les autres chefs d’Etat sont obligés d’implorer de faire ce qui est juste ? Autrement dit comment qualifier la décision de justice de la cour de justice de la CEDEAO, décision qui est favorable à un chef d’Etat qui se trouve dans l’illégalité, l’illégitimité et l’injustice ?
Il n’est donc pas exact de dire que la communauté internationale reste inactive face au drame ivoirien. Les chefs d’Etats et organisations internationales qui la composent agissent. Mais ils agissent différemment : certains agissent pour retarder et empêcher la solution du problème ou le résoudre dans le sens des intérêts particuliers de leurs corporations ; d’autres agissent pour le résoudre dans le sens du droit et du respect des principes humanitaires qui régissent la communauté humaine dans son ensemble. Certes les occidentaux agissent aussi pour une grande part dans le sens de leurs égoïsmes d’Etat. Ce serait toutefois faire injustice aux Etats Occidentaux, avec la France en tête, que de ne pas reconnaitre leur détermination à obtenir le respect du verdict des urnes et le départ de Gbagbo immédiatement après les élections présidentielles, détermination qui n’a pas obtenu l’approbation immédiate et pleine des chefs d’Etats et des organisations internationales de la sous-région. Il serait injuste de ne pas reconnaître que les Etats occidentaux ont mis en œuvre, en soutien à Alassane Ouattara, une panoplie de pressions : diplomatiques, économiques, financières et militaires, avec le déploiement de navires de guerre en soutien à une intervention de l’Ecomog ! Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que la crainte de l’accusation de néo-colonialisme, qu’ils avancent, bien souvent comme alibi, pour justifier leur retrait et leur attentisme quand leurs intérêts économiques politiques et géostratégiques ne sont pas très importants dans une région d’Afrique, a été fondée par le chœur de protestations anticolonialistes qui a accueilli leur activisme dès le début de la crise ivoirienne. Il faut se rappeler que, dès le début du braquage électoral, agitant la rhétorique du complot international, Gbagbo et son propagandiste attitré Blé Goudé, suivis en cela par quelques chefs d’Etat africains, s’étaient évertués à dénoncer le prétendu néocolonialisme de l’Occident et avaient commencer par vouer le Président Sarkozy et la France aux gémonies. Il serait injuste de ne pas reconnaitre que l’activisme des Occidentaux pour empêcher Gbagbo de violer le verdict des urnes et de massacrer sa propre population n’a pas obtenu la pleine approbation de l’UA africaine et de certains membres de la CEDEAO. Contrairement à cette résistance de l’UA relativement au cas ivoirien, l’intervention occidentale en Libye contre l’agression de Kadhafi contre sa propre population avait obtenu, dès le début, la pleine approbation de la Ligue Arabe. Il serait malhonnête de ne pas reconnaitre que des chefs d’Etats africains, l’Angolais Eduardo Santos en tête, suivi plus discrètement par le sud-africains Jacob Zuma, protégeaient Gbagbo dans sa transgression du droit et le soutenaient ouvertement dans le massacre de sa propre population avec des livraisons d’armement et de mercenaires ! Sous l’instigation de ses protecteurs africains et de Gbagbo lui-même, l’argument de l’agression néo-colonialiste a dès le début été brandi contre l’intervention occidentale. Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que c’est sous la pression des organisations internationales africaines et de certains chefs d’Etat, que les Etats occidentaux accusés de néo-colonialisme ont été contraints de ne pas intervenir pour aider au rétablissement du droit et protéger les populations de la furie meurtrière de Gbagbo.
Sommet de la duplicité de certains chefs d’Etat et de certains membres des organisations internationales du continent, la dernière décision de la cour de justice de la CEDEAO a été de répondre favorablement à sa demande d’interdire l’usage de la force légitime contre son refus de céder le pouvoir au président élu. Après le massacre des populations à coups d’obus sur un marché public à Abobo et au moment où la CPI ouvrait une enquête contre Gbagbo sur de possibles crimes contre l’humanité, la décision de la cour de justice de la CEDEAO est symbolique. Elle symbolise le refus de la démocratie et de la priorité donnée au bien-être des populations sur les privilèges des dictatures en Afrique. Elle symbolise l’indifférence de la plupart des élites africaines devant les dénis de justice et la violation des règles morales et des principes humanitaires par les classes dominantes africaines. Elle symbolise l’absence d’une indignation morale devant l’ignominie de la part de la classe politique et de l’élite africaines! Pourquoi aucun chef d’Etat africain ne parle-t-il pas comme le président américain Barack Obama « L’usage de la force n’est pas l’option qui a notre préférence », « Mais nous ne pouvons pas rester les bras ballants quand un tyran dit à son peuple qu’il sera sans pitié ». Pourquoi aucun d’entre eux ne prononce des phrases d’engagement moral personnel aussi fortes que celle du Président américain Barack Obama ou que celle du Président français disant à propos de l’utilisation des armes lourdes à Abidjan « C’est un scandale qu’on tire à l’arme lourde à Abidjan (…) Il faut au minimum déclarer qu’Abidjan doit être interdite aux armes lourdes », « On parle d’hélicoptères qui pourraient être réparés pour tirer sur la population, on parle de mortiers. Ca doit être très clairement déclaré comme illégal par la communauté internationale. » Pourquoi aucun d’entre eux ne voit dans les tirs d’obus par les forces armées d’un Etat contre sa propre population civile et dans la répression des manifestations à la mitrailleuse lourde, un scandale absolu qui commande une intervention urgente ? Pourquoi aucun d’entre eux ne partage comme les membres de l’Etat français la conviction morale et juridique que tel Etat africain se doit légitimement d’intervenir quand un Etat voisin ou régional massacre sa propre population ? Pourquoi l’Union Africaine ne demande aucun compte à un Etat africain quand il opprime ses minorités comme l’Union Européenne a demandé des comptes à l’Etat français lorsque les Tziganes furent indexés et accusés de menacer l’ordre social français ? Pourquoi aucun d’entre eux n’exprime-t-il jamais publiquement son indignation et sa désapprobation devant un déni du droit et des massacres commis par un Etat contre sa propre population sur le continent ? Pourquoi l’utilisation d’armes lourdes à Abidjan contre les populations civiles n’émeut-elle pas spontanément l’Union africaine et la plupart des chefs d’Etats africains et ne les scandalise-t-elle pas ? Pourquoi ne manifestent-ils aucune indignation morale devant le crime et l’ignominie ? Pourquoi n’y-a-t-il pas de mouvement d’opinion sur le continent à propos des violations des droits humains et des crimes contre l’humanité qui y sont quotidiennement perpétrés par les Etats ? Pourquoi les intellectuels du continent ne se mobilisent-ils pas quand les principes humanitaires et juridiques y sont violés par les Etats ? Il n’est pas inintéressant de relier à ce propos, le silence scandaleux de la Cour de justice de la CEDEAO sur les massacres quotidiens des populations civiles perpétrés par la dictature ivoirienne ainsi que sa réaction étonnamment favorable à Gbagbo à l’attitude de Mr Pierre Sané, ex-Secrétaire Général d’Amnesty International que le déni du droit et le massacre des femmes d’Abobo à la mitrailleuse lourde par les miliciens de Gbagbo avaient laissé indifférent et qui avait plutôt concentré ses attaques sur les Etats Occidentaux accusés d’affamer le peuple ivoirien et exempté Gbagbo. Il apparaît par là qu’avec obstination, certaines parties africaines sub-sahariennes en coordination avec des franges importantes de l’intelligentsia se sont attachées à rendre impossible, au bénéfice du dictateur, toute intervention occidentale et africaine au profit de la légitimité juridique et de la protection des populations.
Certes le café et le cacao ivoirien n’ont pas la même importance stratégique que le pétrole Libyen, il n’en demeure pas moins que des résistances intra-africaines, l’allergie anticolonialistes sélective d’une intelligentsia prompte à dénoncer l’agression néo-colonialiste mais indifférente au massacre des populations par les dictatures africaines et aux divers dénis du droit sur le continent, ont empêché le soutien occidental à l’usage de la force légitime au profit du droit et de la protection des populations en Côte d’Ivoire ! Devant l’étonnante décision de la cour de justice régionale de la CEDEAO, est-il délirant de penser que les dictatures africaines sub-sahariennes ont infesté les organisations internationales du continent de cellules secrètes et lobbies chargés de défendre leurs privilèges et de garantir la pérennité de leur pouvoir contre leurs propres populations ? Est-ce hallucinant de formuler l’hypothèse d’une emprise mafieuse sur les organisations internationales du continent ; emprise dont les opérateurs pourraient être les dictateurs africains et leurs clientèles? Sous le prétexte de la défense de la souveraineté, l’épouvantail de l’accusation de néo-colonialisme brandi par les dictateurs africains sert à repousser toute intervention occidentale déterminée par des égoïsmes d’Etat et des considérations différentes des leurs.
Les efforts progressistes et remarquables des jeunes dirigeants politiques africains, ceux du Ghanéen Victor Gbeho et ceux des Nigérians Odein Ajumogobia, et Goodluck Jonathan par exemple, semblent ainsi entravés par les basses manœuvres secrètes d’une vieille garde. Cette oligarchie politique oppressive et ses jeunes héritiers, véritables reliques de la guerre froide, opèrent en Afrique comme une redoutable force d’inertie qui retarde toutes les évolutions économiques et politiques en cours sur le continent.
L’énigme du « deux poids et deux mesures pour une même situation » à propos de la position du conseil de sécurité de l’ONU sur la Côte d’Ivoire et la Libye peut être maintenant clairement et facilement dénouée. Il n’y a pas de tergiversation à l’ONU à propos de la Libye parce que la Ligue arabe a pris clairement position contre Kadhafi. Il y a tergiversation et blocage à propos de la Côte d’Ivoire parce que l’UA et la CEDEAO sont entravées par une force intérieure d’inertie qui les empêche d’exercer leur mandat. La volonté continentale du droit, qui donne sa caution et donc sa légitimité à l’intervention militaire étrangère, ne peut pas s’exprimer parce que des acteurs politiques africains sub-sahariens n’y ont pas intérêt. Pour que le conseil de sécurité de l’ONU autorise l’usage de la force légitime pour dénouer la crise électorale ivoirienne au profit du droit et du président élu légitime, il faut que les Etats africains sub-sahariens le veuillent, y consentent. Or certains d’entre eux, sinon la plus grande partie, ne le veulent pas et n’y consentent pas, parce que cet usage de la force légitime menace à long terme leurs propres intérêts particuliers qui convergent tous vers la conservation permanente du pouvoir suprême et des privilèges afférents. L’anticolonialisme est un paravent qui sert à dissimuler cette intention inavouable. La préférence du dialogue à l’africaine à l’usage de la force légitime suggérée à Gbagbo par ses pairs au terme des manœuvres qui ont structuré, en coulisses, les diverses réunions de l’Union Africaine n’est pas un choix de la paix, par principe. Le choix du dialogue est le moyen des sombres arrangements divers qui permettent les compromis douteux au profit du plus fort et du plus habile des protagonistes. Ce qui ne doit pas faire jurisprudence c’est l’imposition de la démocratie par la force légitime. Ce n’est pas le braquage électoral. La CEDEAO ne fait pas usage de la force : telle a été la déclaration finale de la réunion d’Abuja les 23 et 24 Mars dernier. On escamote ainsi le problème du braquage électoral et on réduit à néant l’usage de la force légitime de la CEDEAO dont la force militaire ne peut désormais plus être utilisée, en cas de guerre civile et de massacre à grande échelle de la population civile comme il en a été question au Libéria et en Sierra Leone. A l’occasion d’un braquage électoral assorti d’un massacre des populations civiles et d’une guerre civile l’usage de la force légitime doit en revenir à des forces internationales qui doivent se contenter de faciliter le transfert de plein grée du pouvoir au président légitimement élu.
Il ressort ainsi du contentieux électoral ivoirien provoqué par un braquage du pouvoir assorti de massacres et de possibles crimes contre l’humanité commis sur les populations civiles, que les chefs d’Etat et les organisations internationales du continent se soucient plus de la considération due aux chefs d’Etat et de la gestion du pouvoir à leur profit que du bien-être des populations et des devoirs d’un chef d’Etat envers ses populations. Il faut en revenir à l’avertissement prémonitoire de Gbagbo prévenant ses pairs de ne pas trop rire lorsque la grêle des pressions et condamnations s’abattait de toute part sur sa forfaiture, car ce qui lui arrivait aujourd’hui pourrait leur arriver demain. L’avertissement n’était pas tombé dans des oreilles de sourds. Il a été pris très au sérieux par un certain nombre de ses pairs, complices dans la dictature, qui ont usé de leur influence de leur entregent en vue d’imposer la solution de l’imbroglio et de l’aporie politiques, qui conclut finalement leurs multiples et interminables réunions tactiques et stratégiques. Après un premier moment d’activisme volontariste, les Occidentaux se sont prudemment tenus à distance, certains de bénéficier en dernière instance de toutes les capitulations et démissions de certains chefs d’Etats africains. Il est à espérer que les efforts courageux du Nigéria et de la France qui continuent d’agir vigoureusement dans le sens de la protection des populations civiles et du respect du verdict des urnes par le président sortant pourront permettre de refermer la porte ouverte à la catastrophe de la guerre civile en Côte d’Ivoire et aux dénis du droit en Afrique.
Dr Dieth Alexis
Vienne Autriche

dimanche 30 janvier 2011

Côte-d’ivoire: Recomptage « grave injustice » l'UA s’ouvre sur fond de fortes tensions

-L’UA crée un panel de chefs d’état avec Robert Mugabe

Le président mauritanien qui préside actuellement le conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a annoncé la création d’un panel de chefs d’Etat africains pour résoudre la crise post-électorale en Côte d’Ivoire.

Mohamed Ould Abdel Aziz, a déclaré que le groupe devrait parvenir à un règlement juridiquement contraignant dans un mois.

C’est le chef de l’état mauritanien qui va diriger ce comité. Les présidents Jacob Zuma d’Afrique du sud, Goodluck Jonathan du Nigéria, Robert Mugabe du Zimbabwe et Hifikepunye Pohamba de la Namibie font partie de ce panel.

Le sommet de l’Union africaine s’ouvre ce dimanche 30 janvier 2011 à Adis Abeba en Ethiopie.

La Côte d’Ivoire va certainement faire partie des sujets qui vont meubler les discussions des chefs d’Etat.

Le président en exercice de l’Union Africaine, le président du Malawi Bingu wa Mutharika s’était rendu en Côte d’Ivoire en début de semaine.

Il avait rencontré Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, les deux leaders qui revendiquent le pouvoir. Sans pour autant parvenir à infléchir les positions des deux camps antagonistes.

Sauf surprise, le président Equato-guinéen Obiang Nguema prendra la tête de l’organisation continentale au cours du sommet de dimanche.

BBC



-Recomptage « grave injustice » – Ban Ki-Moon pour un « gouvernement d’union nationale »
Sommet en Ethiopie: rencontre africaine sur la crise ivoirienne

Les dirigeants africains se réunissent en sommet ce dimanche et lundi à Addis Abeba (Ethiopie) pour relancer leurs efforts en vue d’une solution à la crise ivoirienne. Ils doivent aussi célébrer l’avènement attendu d’un nouvel Etat sur le continent, le Sud-Soudan.

Les réunions préparatoires se sont multipliées vendredi et samedi pour déminer le terrain sur la Côte d’Ivoire, et permettre aux chefs d’Etat membres de l’Union africaine (UA) de parler d’une seule voix pour résoudre l’imbroglio né du scrutin présidentiel contesté du 28 novembre.

L’UA va mettre en place un panel de cinq chefs d’Etat représentant les différentes régions du continent, chargé de présenter d’ici un mois des décisions « contraignantes ». Il s’agit ainsi d’ »amener Alassane Ouattara à exercer la réalité du pouvoir » dans le pays « par la négociation », a déclaré samedi le président de la Commission de l’UA Jean Ping.

Présence de Nicolas Sarkozy

L’organisation continentale devrait en revanche se féliciter du bon déroulement du référendum d’autodétermination par lequel le Sud Soudan s’est prononcé. Le président soudanais Omar el-Béchir et le premier vice-président Salva Kiir, chef du Sud-Soudan, sont d’ailleurs présents à Addis Abeba.

L’UA va également se choisir un nouveau président pour un an, qui sera, sauf coup de théâtre, le chef d’Etat de Guinée équatoriale, Teodoro Obiang Nguema. Invité d’honneur de ce XVIe sommet de l’UA, le président français Nicolas Sarkozy prendra également la parole devant ses pairs africains ce dimanche matin.

Un recomptage des voix serait une « grave injustice »

Un recompte des voix de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire serait « une grave injustice », a estimé le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon. Il s’est exprimé samedi soir à la veille l’ouverture du 16e sommet de l’Union africaine. M. Ban a également « appelé le président (Alassane) Ouattara à former un gouvernement d’union nationale ».

sda-ats

swissinfo.ch

Le sommet de l’Union africaine s’ouvre sur fond de fortes tensions


Côte d’Ivoire, Tunisie, Egypte, Sud Soudan seront notamment au menu du XVIème sommet de l’Union africaine qui s’ouvre ce dimanche.

Cote d’Ivoire, Tunisie, Egypte, Soudan… les dirigeants des 53 pays membres de l’Union africaine (UA) qui se réunissent à partir de ce dimanche 30 janvier ont du pain sur la planche. Il vont essayer, lors de ce XVIe sommet de démontrer qu’ils gardent la main sur un continent qui s’emballe, secoué par de multiples crises. « Des décisions majeures vont être prises « , a promis lundi dernier le président de la Commission de l’UA, Jean Ping.

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Côte d’Ivoire

Le sommet est en grande partie consacré à la crise ivoirienne. Deux mois après la présidentielle en Côte d’Ivoire et l’installation de deux pouvoirs, celui d’Alassane Ouattara et celui du président sortant Laurent Gbagbo, une nouvelle phase de discussions importante va s’ouvrir.

Après l’échec de plusieurs médiations africaines, dont celle du Premier ministre kényan Raila Odinga au nom de l’UA, et sous la menace d’une intervention militaire des pays d’Afrique de l’Ouest, le chef de l’Etat sortant Laurent Gbagbo joue la montre, en proposant notamment un recomptage des voix.

Désormais, des chefs d’Etats africains se font publiquement les avocats d’une « solution pacifique », qui pourrait maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir. Jean Ping a déclaré au Monde que « les Africains pensent à la démocratie mais aussi à la paix », sous-entendant qu’un partage des pouvoirs n’était pas forcément écarté, malgré la pression de la communauté internationale. Une réunion ministérielle de l’UA a décidé vendredi de confier à un panel de cinq chefs d’Etat le soin de présenter des décisions « contraignantes » d’ici un mois. Jean Ping a affirmé samedi que ce panel devait « amener Alassane Ouatarra à exercer la réalité du pouvoir » dans le pays « par la négociation ».

A la recherche de soutien

Dans cette perspective, une bataille d’influence se livre en coulisse car l’unanimité affichée par la communauté internationale et les dirigeants africains en particulier pour reconnaître la victoire d’Alassanne Ouattara se fissure peu à peu. La tactique de Laurent Gbagbo de jouer la carte du temps semble payer.

Le président en exercice de l’UA, le Malawite Bingu wa Mutharika, s’est engagé à présenter les « propositions » de son « frère et ami » Gbagbo lors du sommet. Et l’entourage du président de Guinée Equatoriale Teodoro Obiang Nguema, appelé à prendre la présidence de l’UA dès ce week-end, a fait savoir que ce dernier « n’était pour personne » dans la crise ivoirienne. Par ailleurs, plusieurs autres chefs d’Etats africains voit dans le soutien à Alassane Ouattara la main mise de l’Occident pour imposer leurs candidats.

De son côté, le camp Ouattara espère voir l’UA rester dans la ligne de la communauté internationale et imposer des sanctions contre Laurent Gbagbo et son entourage. Il multiplie les rencontres officieuses. Nicolas Sarkozy, ses ministres et ses conseillers se chargeront de rencontrer les présidents les plus favorables au président Gbagbo pour tenter de les faire changer d’avis, du moins de s’assurer de leur neutralité.

Tunisie, Sud-Soudan, Somalie…

Sur les manifestations de rues en Tunisie et la chute du régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali, l’UA devrait enfin s’exprimer officiellement, après avoir jusqu’à présent observé un long silence, ceci alors que le mouvement semble faire tâche d’huile dans le monde arabe, en Egypte notamment. Dans un entretien au Monde, Jean Ping a salué le fait que « la Tunisie se donne un gouvernement conforme à la volonté populaire ».

La multiplication des crises fait presque passer au second plan ce qui devait être l’événement majeur du sommet : l’avènement imminent d’un 54e Etat africain, le Sud Soudan, qui vient de se prononcer par référendum à une écrasante majorité pour faire sécession du nord du pays. Mutharika a ainsi souhaité que l’UA soit la première organisation à reconnaître l’indépendance de ce nouveau pays, à quelques jours de la proclamation des résultats définitifs du référendum. Le président soudanais Omar el-Béchir et le vice-président Salva Kiir, sud-soudanais seront présent au sommet où une importante réunion est prévue lundi sur le sujet.

Le conflit en Somalie, l’enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur les violences post-électorales de 2008 au Kenya, les poursuites contre l’ancien président tchadien Hissène Habré ainsi que la réforme du système des Nations unies figureront au menu des discussions des chefs d’Etats africains.

Nicolas Sarkozy, invité d’honneur

Le chef de l’Etat français, Nicolas Sarkozy, invité d’honneur de ce sommet, prononcera dimanche un discours d’ouverture où il sera question des priorités du G20 et du G8. La place de l’Afrique au sein du Conseil de sécurité de l’ONU sera sans doute l’un des thèmes majeurs abordés par Nicolas Sarkozy. Il sera accompagné du nouveau Monsieur Coopération, Henri de Raincourt, ainsi que de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, le conseiller Afrique à l’Élysée, André Parant, le directeur Afrique du Quai d’Orsay, Stéphane Gompertz, et la conseillère Afrique à la Coopération, Ahlem Friga-Noy.

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa et le président palestinien, Mahmoud Abbas, prendront également la parole.

Changement de présidence

Après le Malawite Mutharika, le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema devrait être désigné par ses pairs pour prendre la présidence en exercice de l’UA en 2011, selon son entourage. Enfin, il sera discuté du changement très symbolique du nom de la « Commission de l’UA », principal organe exécutif de l’organisation, en « Autorité de l’UA ».
L’Union africaine organise deux sommets par an, un à Addis Abeba, siège de l’organisation, et l’autre dans l’un de ses Etats membres. Le dernier sommet s’était tenu en Ouganda en juillet.

(S-D avec agences)

COMMUNIQUE CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE


CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE 259EME REUNION 28 JANVIER 2011 ADDIS ABEBA, ETHIOPIE
PSC/AHG/COMM(CCLIX)
COMMUNIQUE

Le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA), en sa 259ème réunion, tenue le 28 janvier 2011, au niveau des chefs d’Etat et de Gouvernement, a adopté la décision qui suit sur la situation en Côte d’Ivoire :

Le Conseil

1. Prend note de la communication du Président de la Commission sur la situation en Côte d’Ivoire. Le Conseil prend également note des déclarations faites par le Président Goodluck Jonathan de la République fédérale du Nigéria, en sa qualité de Président en exercice de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso, en sa qualité de Facilitateur du Dialogue direct inter‐ivoirien, ainsi que par le Président de la Commission de la CEDEAO, Victor Gbeho;

2. Réaffirme ses décisions antérieures sur la situation en Côte d’Ivoire, en particulier le communiqué de presse publié à l’issue de sa 251ème réunion tenue le 4 décembre 2010 et le communiqué de sa 252ème réunion tenue le 9 décembre 2010, ainsi que les communiqués de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO des 7 et 24 décembre 2010, respectivement, reconnaissant M. Alassane Dramane Ouattara comme Président élu à l’issue du scrutin présidentiel du 28 novembre 2010, sur la base des résultats certifiés par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, conformément à la résolution 1765 du 16 juillet 2007 et aux différents Accords signés par les parties ivoiriennes et entérinés par la CEDEAO, l’UA et les Nations unies ;

3. Se félicite des initiatives prises par la CEDEAO et la Commission de l’UA, en vue de trouver une solution pacifique à la crise dans le respect du choix démocratique des Ivoiriens. En particulier, le Conseil rend hommage au Président en exercice de la CEDEAO, aux Présidents Thomas Yayi Boni du Bénin, Pedro Pires du Cap Vert et Ernest Bai Koroma de Sierra Leone, ainsi qu’au Premier Ministre Raila Odinga du Kenya et aux anciens Présidents Thabo Mbeki d’Afrique du Sud et Olusegun Obasanjo du Nigeria, pour leur contribution à la recherche d’une solution pacifique à la crise en Côte d’Ivoire. Le Conseil se félicite également des efforts déployés par les différents partenaires de l’UA et la communauté
internationale dans son ensemble et souligne l’importance que revêt la mobilisation d’un soutien coordonné aux efforts de l’Afrique à laquelle revient la responsabilité première de la gestion et du règlement de cette crise, conformément à tous les instruments pertinents de l’UA et de la CEDEAO ;

4. Exprime sa profonde préoccupation face à la grave crise politique qui prévaut en Côte d’Ivoire, depuis la proclamation des résultats du second tour de l’élection présidentielle tenue le 28 novembre 2010. Le Conseil condamne fermement les exactions et
autres violations des droits de l’homme, les menaces et actes d’intimidation, ainsi que les actes d’obstruction de l’action de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), et déplore les pertes en vies humaines et actes de destruction de biens intervenus dans certaines parties de la Côte d’Ivoire;

5. Réaffirme la nécessité d’une solution pacifique rapide qui permette de préserver la démocratie et la paix, à travers le respect de la volonté du peuple ivoirien telle qu’elle a été exprimée le 28 novembre 2010, et favorise une réconciliation durable entre tous les Ivoiriens, à travers le dialogue;

6. Décide, à la lumière de ce qui précède, de mettre en place, sous l’autorité de l’Union africaine, un Groupe de haut niveau pour le règlement de la crise, dans des conditions qui préservent la démocratie et la paix. Le Conseil décide que le Groupe, dont la composition sera finalisée, après consultations appropriées, au cours de la 16ème session ordinaire de la Conférence de l’Union prévue les 30 et 31 janvier 2011, opérera comme suit :

a) le Groupe sera assisté par une équipe d’experts et travaillera, en tant que de besoin, en étroite coopération avec les partenaires de l’UA, notamment les Nations unies,

b) le Groupe est mandaté pour évaluer la situation et formuler, sur la base des décisions pertinentes de l’UA et de la CEDEAO, une solution politique d’ensemble,

c) le Groupe conclura son travail dans un délai qui ne dépassera pas un mois, et ses conclusions, telles qu’elles seront entérinées par le Conseil, seront contraignantes pour toutes les parties ivoiriennes avec lesquelles elles auront été négociées ;

7. Exige la levée immédiate du blocus de l’Hôtel du Golf et l’arrêt de tous actes de violence et exactions contre la population civile, ainsi que les appels ayant pour effet l’incitation à la haine et à la violence, d’où qu’elles viennent ;

8. Souligne, dans le contexte du règlement de la crise dans son ensemble, l’importance de la poursuite des efforts requis en vue du parachèvement des aspects pendants du processus de paix, en particulier la tenue des élections législatives, la réconciliation nationale, la réunification du pays, le désarmement des ex combattants et le démantèlement des milices, la réforme du secteur de la sécurité et la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire ;

9. Décide de rester activement saisi de la question.

L’ex-chef de l’Etat, Gbagbo avait reconnu la victoire de Ouattara à huis clos


La bataille d`Addis-Abeba a commencé. Et le moins que l`on puisse dire c`est que les nouvelles en provenance de la capitale éthiopienne où se joue en partie l`avenir de la Côte d`Ivoire sont plutôt optimistes, pour ne pas dire très favorables.
En effet, le point sur lequel tout le monde semble d`accord au 16e sommet de l`Ua est sans conteste la victoire du président Alassane Ouattara à l`élection du 28 novembre 2010. Une position qui n`est d`ailleurs pas surprenante dans la mesure où, au lendemain du scrutin, l`Union africaine avait très clairement reconnu la victoire du président Ouattara. C`est en s`inscrivant dans cette logique de victoire de M. Ouattara que le Premier ministre kenyan, Raïla Odinga, a plaidé hier depuis Addis-Abeba en faveur d`un « face-à-face » entre Ouattara et Gbagbo. « Le sommet de l`Ua doit envoyer un message fort et sans équivoque (qui est) que les deux parties doivent négocier face-à-face », a soutenu le récent médiateur de l`Ua en Côte d`Ivoire.
En outre, le sommet va décider de l`envoi en Côte d`Ivoire d`un comité de haut niveau de 4 chefs d`Eat en Côte d`Ivoire afin de convaincre Gbagbo de céder le pouvoir. Il s`agira d`examiner les conditions et les modalités du retrait de l`ancien chef d`Etat. Quelles garanties le président élu peut-il lui offrir pour une sortie honorable de la scène. Selon des sources bien informées et proches du sommet, l`ardeur de certains défenseurs de Gbagbo s`est refroidie ces derniers jours parce que le Premier ministre kényan qui a récemment séjourné à Abidjan, aurait réussi à récueillir des aveux de la taille d`un éléphant à Gbagbo. Selon nos sources, l`ancien chef de l`Etat aurait reconnu avoir perdu les élections du 28 novembre. Et ces aveux recueillis sur un support sonore ont été portés à la connaissance de certains chefs d`état très dévoués à la cause de Gbagbo comme le voisin John Atta-Mills du Ghana. Lorsque la mission de haut niveau de l`Ua arrivera à Abidjan, il ne sera donc pas question de recomptage de voix ou de discussion sur qui a gagné ou perdu les élections. Mais il sera question de parler du départ de Gbagbo. Ce qui risque de compliquer ces discussions, ce sont les actes de braquage perpétrés à la Bceao. Le président Ouattara a-t-il le pouvoir d`absoudre Gbagbo d`un crime qui porte sur un instrument communautaire comme la Bceao ?