Le 4 juillet est un jour férié exceptionnel aux Etats-Unis, le jour les américains célèbrent l’indépendance que nous avions obtenue il y a plus de 235 ans et qui aujourd’hui encore nous passionne. Nous la célébrons à travers des défilés, des pique-niques, des feux d’artifice et de la musique patriotique. Nous nous réunissons dans nos parcs et nos espaces publics, sur nos plages et au bord des rivières, dans nos centres communautaires et nos maisons pour commémorer la Déclaration d’Indépendance du 4 juillet 1776.
La Déclaration d’Indépendance fut un évènement historique important et plein de symboles. Cependant, elle ne garantissait pas en soi l’indépendance de ce nouveau pays qu’étaient les États-Unis d’Amérique. L’indépendance fut véritablement acquise après cinq années supplémentaires de guerre, suivie de deux autres années de négociations de paix, des Français d’Amérique et les alliés espagnols. Même après la mise en place de la nouvelle république, le pays a dû faire face à de graves difficultés financières et à des conflits régionaux ainsi qu’à un gouvernement central faible qui n’a pas pu diriger un pays en expansion avec une population d’origine diverse.
Cependant, la Déclaration d’Indépendance a eu le mérite d’avoir posé les jalons de la vision d’une nation radicalement différente et établi un ensemble de principes moraux qui serviront de guide aux futurs leaders et d’inspiration aux peuples à travers le monde. La Déclaration d’Indépendance était et reste un point de départ et une feuille de route pour tous ceux qui « garderont les bénédictions de la liberté » pour eux-mêmes et pour les générations futures.
La Déclaration d’Indépendance a servi de point de départ ; en ce sens que son préambule qui stipule que « Tous les hommes sont nés égaux » était une aspiration et non une description de ce qu’était la vie aux États-Unis en 1776.
Ceux qui ne possédaient pas de biens n’auront plus à attendre cinquante ans avant d’avoir le droit de vote. L’esclavage ne fut aboli qu’en 1865 après la guerre de Sécession. Les femmes n’eurent le droit de voter qu’en 1919 ; et la plupart des Indiens d’Amérique n’ont obtenu leur citoyenneté qu’en 1924. La ségrégation raciale et la loi interdisant le vote des Afro-américains ne furent supprimées qu’en 1960. Les Latino-américains et autres Américains d’origine asiatique, ainsi que les Juifs, les Catholiques, les homosexuels, les handicapés et autres étaient toujours marginalisés.
Les Américains, sans distinction de genre, de race, de religion, d’origine ou d’orientation sexuelle, peuvent regarder avec fierté les pionniers qui ont fait du « Rêve américain» une réalité pour tous. Aujourd’hui, les américains prennent très au sérieux la responsabilité d’assurer que ces libertés soient sauvegardées pour les générations futures. Les Américains ont beaucoup appris des réalisations des héros comme l’abolitionniste Frederick Douglass et Susan B. Anthony, pionnière du combat pour le droit de vote des femmes ainsi que du défenseur des droits civiques, le Dr. Martin Luther King, Jr. Ces figures ont défendu avec passion leurs idéaux. Ils ont bien souvent été victimes de l’intolérance et de la violence mais ont toujours su maintenir leurs valeurs humaines et leur foi en la paix et la justice. Ce sont là des leçons que les Etats-Unis veulent partager avec les pays amis.
Les Etats-Unis et la Côte d’Ivoire partagent des valeurs communes. Ils jouissent tous deux d’abondantes ressources naturelles qui leur servent de base pour leur développement et leur prospérité. Ils accueillent tous deux sur leur sol des immigrants en quête d’un nouveau départ dans leur vie et qui sont déterminés à travailler avec acharnement pour leur pays d’adoption. Les deux nations partagent également la passion du sport, de la musique et de l’art. Elles tiennent toutes les deux au respect de la tradition tout en restant ouvertes à l’innovation et au progrès technologique.
Les deux nations ont également été confrontées à des conflits internes et ont dû faire face au défi de la cicatrisation des meurtrissures causées par ces conflits. La réconciliation n’étant pas une chose aisée, elle nécessite de la patience, des compromis et le pardon mutuel. De plus, nous Américains avons réalisé que la construction de la démocratie et de l’Etat de droit est un processus constant. La démocratie peut être comparée à un organisme vivant qui doit être nourri, respecté et protégé. Nous avons, en outre, remarqué que la démocratie ne peut prospérer dans l’autarcie. Elle doit être accompagnée de la justice, des perspectives de progrès économiques, des mesures telles que l’égalité des chances à l’école, l’accès aux soins médicaux et autres services de base.
Tout comme leurs frères et sœurs Américains, les Ivoiriens ont leur rôle à jouer dans la construction d’une société qui pourrait servir de modèle pour les peuples du monde entier. Les défis qui attendent le peuple Ivoirien sont nombreux et les problèmes ne se résoudront pas du jour au lendemain. Cependant, en exploitant le potentiel que représente sa population et ses ressources, et en s’appuyant sur ses partenaires dont les Etats-Unis, la Côte d’Ivoire pourra retrouver son rôle de locomotive de la sous-région et regagner sa place dans le concert des nations démocratiques.
Phillip Carter III
Ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique en Cote d`Ivoire
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lundi 4 juillet 2011
dimanche 10 avril 2011
Il faut que la Côte d’Ivoire oublie le passé pour construire son avenir
« Nous on avance et on va avancer ! » Il faut que la Côte d’Ivoire oublie le passé pour construire son avenir
Il n’y a que les militants LMP et ceux du FPI qui aiment le KO, la violence et les crimes sans fin pour oser critiquer le discours du Président Ouattara. Il n’y a que les suppos de l’ancien chef d’Etat qui aiment voir le sang couler car ils sont les seuls à avoir crié « on ne laisse pas tombé, on va mélanger le pays, Ouattara n’a qu’a bavarder c’est cadeau ». Voici un clan de pseudo-démocrates et de patriotes du dimanche qui regrettent déjà le temps où Gbagbo jetait les obus sur les civils, qui regrettent déjà les assassinats des journalistes, qui veulent encore que les armes lourdes crépitent…Il y a ceux là et il y a nous qui voulons le changement, du travail, la paix et un avenir radieux pour notre cher pays !
Trop c’est trop ! Huit ans de crise militaro-politique, quatre mois de crise post-électorale, douze jours de guerre civile, plus de 2000 morts, des milliers de blessés, des centaines d’orphelins, des centaines veuves ; je crois qu’il faut être un homme sans cœur pour vouloir reculer et vivre de nouveau toutes ces souffrances. On peut être nostalgique mais je pense qu’on doit l’être pour les bonnes choses. La triste page de Laurent Gbagbo marquée par la gabegie, la corruption, les détournements à grande échelle, les scandales sexuels au sommet de l’Etat et les morts en cascade est belle et bien tournée. « Nous on avance » comme dirait un jeune chauffeur et on veut avancer ! Les banques vont rouvrir et ceux qui ne veulent pas prendre leur salaires parce que payé par Ouattara sont libres de le faire ! Les ports ne sont plus sous embargo et ceux qui refusent de se soigner avec les médicaments qui passent par ces ports sont libres de refuser ! Il y aura du travail et ceux qui veulent croiser les bras sont libres d’agir ainsi ! Il y aura la réconciliation et je crois que seuls les ennemis de la Côte d’Ivoire seront contre ! La Côte d’ivoire veut vivre après des jours passés dans le KO et seuls ses ennemis rêvent encore du KO.
Laurent Gbagbo n’est plus une priorité car hier il était le chasseur qui mettait Ouattara sous blocus, aujourd’hui c’est lui qui est sous blocus et personne ne s’opposera à son désir de garder ce palais présidentiel pour lui. La prophétie selon saint Laurent, celle qui confortait la dérive messianique du couple Gbagbo s’est bien accomplie sauf que la fin ne ressemble en rien à ce que Laurent Gbagbo espérait. Dieu confond toujours et il a trouvé une solution à la crise à laquelle personne ne pensait. Prophétie par ici, prophétie par là, rien que du mensonge d’homme de Dieu cupide pour endeuiller la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sauront désormais entendre la voix de Dieu et feront la différence entre ce que les faux prophètes disent et ce que Dieu dit. La Côte d’Ivoire avance et elle avancera avec ceux qui le souhaitent car ce pays a d’énormes potentialités qui peuvent lui permettre de jouer son rôle de moteur économique de la sous-région. Vive la Côte d’Ivoire et que Dieu nous bénisse !
Il n’y a que les militants LMP et ceux du FPI qui aiment le KO, la violence et les crimes sans fin pour oser critiquer le discours du Président Ouattara. Il n’y a que les suppos de l’ancien chef d’Etat qui aiment voir le sang couler car ils sont les seuls à avoir crié « on ne laisse pas tombé, on va mélanger le pays, Ouattara n’a qu’a bavarder c’est cadeau ». Voici un clan de pseudo-démocrates et de patriotes du dimanche qui regrettent déjà le temps où Gbagbo jetait les obus sur les civils, qui regrettent déjà les assassinats des journalistes, qui veulent encore que les armes lourdes crépitent…Il y a ceux là et il y a nous qui voulons le changement, du travail, la paix et un avenir radieux pour notre cher pays !
Trop c’est trop ! Huit ans de crise militaro-politique, quatre mois de crise post-électorale, douze jours de guerre civile, plus de 2000 morts, des milliers de blessés, des centaines d’orphelins, des centaines veuves ; je crois qu’il faut être un homme sans cœur pour vouloir reculer et vivre de nouveau toutes ces souffrances. On peut être nostalgique mais je pense qu’on doit l’être pour les bonnes choses. La triste page de Laurent Gbagbo marquée par la gabegie, la corruption, les détournements à grande échelle, les scandales sexuels au sommet de l’Etat et les morts en cascade est belle et bien tournée. « Nous on avance » comme dirait un jeune chauffeur et on veut avancer ! Les banques vont rouvrir et ceux qui ne veulent pas prendre leur salaires parce que payé par Ouattara sont libres de le faire ! Les ports ne sont plus sous embargo et ceux qui refusent de se soigner avec les médicaments qui passent par ces ports sont libres de refuser ! Il y aura du travail et ceux qui veulent croiser les bras sont libres d’agir ainsi ! Il y aura la réconciliation et je crois que seuls les ennemis de la Côte d’Ivoire seront contre ! La Côte d’ivoire veut vivre après des jours passés dans le KO et seuls ses ennemis rêvent encore du KO.
Laurent Gbagbo n’est plus une priorité car hier il était le chasseur qui mettait Ouattara sous blocus, aujourd’hui c’est lui qui est sous blocus et personne ne s’opposera à son désir de garder ce palais présidentiel pour lui. La prophétie selon saint Laurent, celle qui confortait la dérive messianique du couple Gbagbo s’est bien accomplie sauf que la fin ne ressemble en rien à ce que Laurent Gbagbo espérait. Dieu confond toujours et il a trouvé une solution à la crise à laquelle personne ne pensait. Prophétie par ici, prophétie par là, rien que du mensonge d’homme de Dieu cupide pour endeuiller la Côte d’Ivoire. Les Ivoiriens sauront désormais entendre la voix de Dieu et feront la différence entre ce que les faux prophètes disent et ce que Dieu dit. La Côte d’Ivoire avance et elle avancera avec ceux qui le souhaitent car ce pays a d’énormes potentialités qui peuvent lui permettre de jouer son rôle de moteur économique de la sous-région. Vive la Côte d’Ivoire et que Dieu nous bénisse !
vendredi 18 février 2011
Côte d’Ivoire Ces africains qui parlent, parlent et parlent: « L’émotion est nègre, la raison hellène »

L’Intelligent d’Abidjan
Depuis la fin des élections présidentielles le 28 novembre 2010, une fois de plus, notre pays la Côte d’Ivoire se retrouve sous les feux de la rampe. En effet, depuis cette période, la Côte d’Ivoire se retrouve avec deux présidents à sa tête. L’un Alassane Ouattara, crédité de 54,10 % des suffrages, reconnu par la CEI, la communauté internationale, la Cedeao, l’Union Africaine, l’Union Européenne, le Conseil Mondial Islamique et l’autre ; Laurent Gbagbo par le Conseil constitutionnel. Il n’en fallait pas plus pour déclencher les foudres et réveiller la hargne de certains…panafricanistes. Comme si, la situation que les populations ivoiriennes vivait n’était pas assez dramatique à leurs yeux, ils donnent dans des thèses comme le néocolonialisme, l’impérialisme, le nationalisme ; toutes aussi absurdes, incongrues que dépassées les unes les autres ; parce qu’à des années lumières des réalités sociales, financières et économiques que nous vivons dans ce vaste village planétaire qu’est devenu le monde. Donnant ainsi raison à l’un des pères de la Négritude, feu Léopold Sédar Senghor qui disait que : «l’émotion est nègre, la raison hellène». Une sortie qui, à l’époque avait choqué plus d’un et lui avait valu une levée de bouclier et une volée de bois vert de tous les bien pensants et autres …intellectuels africains. Mais, ce grand Homme pour avoir été l’un des plus grands intellectuels africains et mondiaux, le seul immortel africain -c’est ainsi que sont appelés les membres de l’Académie Française-, premier Président du Sénégal, savait de quoi il parlait. Pour lui, l’Africain est un émotif au contraire de l’hellène, du caucasien ; l’homme blanc, qui lui est cérébral. En d’autres termes, l’Homme blanc à tendance à utiliser sa tête, à penser, réfléchir, analyser froidement, peser le pour et le contre, calculer ses intérêts, prendre du recul avant d’agir tandis que, le Noir lui, fera tout le contraire. Malheureusement, au regard de ce qui se passe sur le continent et à certaines prises de position au demeurant incompréhensibles, celui-ci n’avait pas tort d’affirmer que «l’émotion est nègre ». Car, à quoi assiste t- on depuis bientôt trois mois ? Non pas à des prises de position ou analyses rationnelles, constructives, impartiales basées sur des faits mais à des débats dirigés, biaisés, tronqués où l’on vient plus faire le procès de la communauté internationale surtout la France qu’on traite de néocolonialiste, d’impérialiste, de fasciste; indexer, accuser tel ou tel et où, la mauvaise foi le dispute à une rancœur sans nom. Des débats et prises de position dans lesquelles se mélangent et se font sentir et ressentir les sentiments personnels, les griefs que ces intellectuels reprochent aux occidentaux par-delà leurs ex-colonisateurs, à leurs propres dirigeants qu’ils sont dans l’incapacité de combattre ou qu’ils ont trop peur de combattre. Des dirigeants qu’ils contribuent à maintenir au pouvoir par leur silence coupable mais vivent surtout dans la hantise de voir menacer leur petit confort ou autres intérêts financiers, socio- politiques. Des débats où tout n’est qu’amalgames, propagande, animosité, hostilité, contre-vérités, amertume récitations, leçons éculées parce que si maintes fois répétées et entendues. L’émotion dans toute sa négation, toute sa laideur; tout ce qu’il y a de plus pathétique, ridicule, néfaste, nauséabond et surtout dangereux pour l’avenir du continent.
Les Africains
ne sont jamais coupables de quoi que ce soit
Mais d’objectivité point ! D’analyses à froid, de recul, d’exposés clairs, précis, impartiaux à la lumière de la politique étrangère, des enjeux économiques et financiers mondiaux, du système mondial, de la realpolitik, des défis auxquels sont confrontés nos sociétés, du nouvel ordre mondial, pas du tout sinon très peu. Ou, lorsqu’ils en parlent, c’est une occasion de plus pour déverser toute leur bile sur la communauté internationale ; une communauté internationale à la base de tous les maux de ces …pauvres africains ! Une communauté internationale si assoiffée de… « sang », leur si précieux sang et qu’elle suce au travers de « leurs » énormes et inépuisables richesses. Une société occidentale qui croit encore pouvoir les recoloniser et faire d’eux ses esclaves et ses larbins. Alors, comme possédés, tous crient au complot et haro sur le baudet ! Si tout cela n’était pas aussi pathétique, on en rirait. Mais qu’ont-ils fait ces pauvres africains pour être ainsi « dévorés » de la sorte par le grand méchant loup qu’est cette communauté internationale ? Rien ! Nous les africains, ne sommes jamais coupables de quoi que ce soit. Ce sont toujours les autres qui sont à la base de nos malheurs. Malheureusement, quand on sait que, ces propos d’un autre âge sont tenus par une certaine intelligentsia africaine en qui on a confiance et qu’on respecte, il y a de quoi désespérer de notre Afrique qui n’a pas encore compris et assimilé que les temps ont changé ; que le monde n’est plus ce qu’il était. Que malgré nos jérémiades, il ya une constance qui ne changera jamais et qui existe depuis la nuit des temps, c’est que les plus faibles seront toujours dévorés par les plus forts qu’on le veuille ou non !
«L’homme est un loup pour l’homme»
Cette citation vient du philosophe anglais, Thomas HOBBES, qui déjà à son époque au 16ème siècle (il est mort en 1679) reconnaissait que le monde est une jungle où les plus faibles sont mangés par les plus forts. En fait, Hobbes n’a fait que reconnaître une loi de la nature qui existe depuis la nuit des temps ; depuis que le monde est monde. Tous ces pays soient disant de la communauté internationale ont dans leur ensemble toutes été colonisées ou ont connu l’esclavage à un moment donné de leur histoire. C’est ainsi que, la grande Amérique a été colonisée par les Anglais, lesquels à l’instar des Français ont connu dans leur grande majorité l’esclavage. Ces esclaves d’une autre époque étaient appelés des serfs. Ces américains, eux-mêmes à l’origine pour la plupart des anglais n’ont pas hésité un seul instant à lutter pour conquérir leur indépendance face à leurs frères, brisant ainsi les chaînes de la colonisation ; quant au peuple Français, il brisera les chaînes de l’esclavage grâce à une révolution en 1789 qui fut des plus sanglantes tandis que, les Anglais luttèrent aussi à leur façon pour acquérir des droits. Une fois, l’indépendance politique en place, ces peuples vont se lancer dans des défis aussi inimaginables les uns que les autres pour acquérir l’indépendance économique. Une lutte sans merci qui laissera des milliers de morts, son comptant d’estropiés, de laissés pour compte, d’injustices, de cicatrices, de plaies mais à qui, à l’arrivée fera de ces pays les plus grandes puissances du monde jusqu’à aujourd’hui.
Une leçon que, des pays comme la Chine qui a été colonisée par le Japon, qui lui-même sera pratiquement anéanti par deux bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki, l’Inde colonisée par la puissante Angleterre ; ont fini par comprendre. Au point de se sacrifier et faire fi de tout pour amorcer le développement économique de leur pays respectif. Leurs ressentiments, leur rancœur, leur douleur, leur haine leur ont servi de levier pour élever leur pays aux rangs enviables qui sont les leurs aujourd’hui. Des pays comme la Chine ou l’Inde dont on ne faisait même pas cas, il y a peu et qui aujourd’hui, sont incontournables. La chine est depuis cette semaine, la seconde puissance économique après les USA. Une place de leader qu’elle occupera en 2017 selon les experts. Comme tous ces gens aussi bien en Europe qu’en Asie, qui ont impulsé le mouvement, se sont battus pour la liberté de leurs pays et de leurs peuples ; les Pères des indépendances Africaines ont fait leur devoir : celui de redonner la dignité et à la fierté à leurs peuples. En passant le flambeau à « leurs » enfants, ils croyaient que ceux-ci rêveraient d’une africaine grande, indépendante sur le plan économique, une Afrique si forte économiquement qu’elle dicterait elle-aussi sa loi au reste du monde. Mais hélas, trois fois hélas ! Ce rêve était trop grand, trop ambitieux pour la plupart d’entre eux. Car, à quoi assiste t- on depuis plus d’une vingtaine d’années ? A un ballet d’intellectuels africains qui adorent s’entendre parler, pérorer, employer des grands mots, faire des discours grandiloquents, creux au lieu d’impulser une véritable dynamique dans laquelle pourra s’engouffrer une jeunesse africaine qui ne rêve que d’indépendance économique. Une jeunesse qui, pour avoir fréquenté les grandes universités occidentales, voyager, vu le monde, rêve d’une grande Afrique fière et indépendante qui ne sera plus la main en- dessous – celle qui demande-mais la main au-dessus ; celle qui donne. Mais peuvent-ils seulement comprendre cela ? Comprendre que le monde bien qu’ayant changé, a gardé en plus de la loi de la jungle un autre de ses principes immuables que, le Général de Gaulle n’a pas manqué de révéler à la face du monde :
«Les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts »
En effet, il serait temps pour l’Afrique d’avoir des Alassane Ouattara mus uniquement par l’intérêt et le développement économique de leurs pays. Des Alassane Ouattara qui ont compris que nulle société, aucun État n’est philanthrope. Des milliers d’Alassane Ouattara qui ont compris qu’on ne prête qu’aux riches, que la communauté internationale, c’est juste une machine certes vide de sens mais impitoyable pour les plus faibles. Un rouleau compresseur qui broie tout sur son passage. Des Alassane Ouattara qui ont compris que le monde étant une jungle, l’homme un loup pour l’autre ; que rien ne sera jamais gratuit ou ne s’offrira gratuitement sous le ciel des Humains. Des Alassane Ouattara qui sont allés à l’école des blancs et qui ont décidé d’impulser une nouvelle dynamique dans leur pays en se basant sur la rigueur, le rationalisme, le travail, l’excellence, l’intégrité, le mérite pour sortir leurs pays de l’état de misère, de paupérisation dans lequel, ils vivent depuis bien des lustres alors que, leurs sous-sols regorgent de richesses inimaginables. Ce qui a fait dire à certains que « l’Afrique était un scandale économique ». Et, parce qu’ils ne sont ni des philanthropes encore moins nos amis ; tous autant qu’ils sont -hier, c’était l’Europe, les USA et la Russie et aujourd’hui, la Chine et l’Inde etc.-, ils continueront à venir se servir à pleines mains et à nous imposer leurs lois, leurs diktats, leurs points de vue et s’en aller tout aussi simplement et le plus tranquillement du monde, développer leurs pays respectifs en nous laissant les miettes que nous méritons et valons ; quelques réalisations d’un goût douteux qui sont à la hauteur de l’ambition de nos dirigeants et de nos élites ; nos chers et tendres intellectuels. Tous ces pays, autrefois aussi pauvres ou plus pauvres que nous, ont si bien assimilé la leçon du Général de Gaulle, qu’ils sont devenus nos nouveaux « bourreaux ». Nous faisant quitter un impérialisme pour un autre. Mais, nous savons qu’ils sont des milliers de Alassane Ouattara en Afrique qui rêvent d’un état de droit où les trois pouvoirs (exécutif, judiciaire et législatif) jouent pleinement leur rôle, des milliers de Alassane Ouattara qui veulent montrer à la face du monde que les droits de l’homme peuvent être une réalité en Afrique, des milliers de Alassane Ouattara qui rêvent de modernité, d’infrastructures, de réseaux routiers , d’hôpitaux performants, de grandes écoles et de grandes universités pour leur peuple. En fin, des milliers de Alassane Ouattara qui veulent mettre fin aux passe-droits, au clientélisme, au népotisme, à la gabegie, à la corruption. Des milliers de Alassane Ouattara qui ont su prendre le meilleur chez les autres et qui veulent les adapter sur leur continent pour que nos pays deviennent des endroits où, il fait bon vivre tout comme chez les autres.
Une question de vie
ou de mort
De la même façon que ces intellectuels ont rompu les amarres avec leurs aînés, si elles veulent évoluer, sortir du sous-développement économique, ne plus s’enorgueillir d’être sur des listes de PPTE (Programme des Pays très endettés) ; le temps est venu pour les jeunesses africaines de tourner le dos à ces thèses d’un autre âge. Le temps est venu pour elles de prendre à bras le corps leur destin si elles veulent voir leur continent faire partie du concert des nations, intégrer le Conseil de sécurité à l’ONU, peser sur les décisions internationales ; le temps est venu pour elle de s’élever et faire barrage à ces intellectuels si elles ont à cœur de retrouver leur dignité, leur fierté bafouée par tous ces accords bilatéraux, multilatéraux etc. qui l’endettent et l’appauvrissent encore et la maintienne dans un état de mendicité permanent. Le temps est venu pour elle de dire non à l’imposture si, elles ne veulent plus voir ces enfants bedonnants, le corps dévoré par les mouches, ces squelettes, ces cadavres vivants ; ces images de guerre livrées à la face du monde. Il est temps pour elle de comprendre et d’assimiler comme un leitmotiv que « les États n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » et partant, rien ne sera jamais gratuit en ce bas-monde et, que seule la loi du donnant-donnant résistera à la fin des temps si, elles ne veulent plus risquer leurs vies dans des aventures périlleuses vers de prétendus eldorados. Mieux, elles doivent savoir que parmi tous ces intellectuels se cachent nombre de vendeurs d’illusions et de parfaits hypocrites. En effet, ne sont-ils toujours pas les premiers à célébrer les amitiés avec telle ou telle ancienne puissance coloniale ? A louer leurs performances économiques et à envier leur idéal de vie ? La preuve, tous ne vivent pas comme le colon ? Pis, ils sont nombreux ceux qui vivent ou préfèrent passer leurs vacances en France, Angleterre, Canada, USA etc. Pourquoi à votre avis ? Parce qu’en Occident, en plus de bénéficier d’un état de droit, ils peuvent eux et leurs enfants vivre confortablement dans le meilleur des mondes parce que, tout a été fait et pensé pour que cela soit une réalité. Dès lors, comment peuvent-ils comprendre nos frustrations et partager les rêves qui sont les nôtres : voir un jour l’Afrique rivaliser, être traité d’égal à égal, sur le même pied d’égalité que les autres puissances.
Briser le signe indien
Le temps est donc venu de briser le signe indien en mettant fin à cette pauvreté endémique qui n’est en aucune façon une fatalité encore moins une malédiction. YES, WE CAN ! Oui, nous le pouvons et nous le pourrons si nous mettons définitivement fin à cette mentalité d’assistés, de geignards éternels. Oui, nous le pouvons et nous le pourrons si nous décidons de nous retrousser les manches et effaçons à jamais de nos consciences ces rengaines éternelles et sempiternelles quant à « la méchanceté et la rapacité de la communauté internationale». Oui, nous le pouvons et nous le pourrons si, au lieu d’accuser, d’indexer, reconnaissons humblement nos fautes et celles de nos pères et décidons d’en tirer des leçons pour ne plus avoir à les répéter. Oui, nous le pourrons et nous le pouvons si nous positivons et cherchons à aller de l’avant et si bannissons surtout le mot paresse de notre langage.
Marie-Laure AYÉ
Crise des banques en Cote D'ivoire/Voici la « galère » que vont connaitre les ivoiriens

La crise bancaire actuelle en Côte d'Ivoire, aura des effets néfastes et impardonnables sur la vie des entreprises et des ménages.
Voici les réponses à quelques questions que vous vous posez sur cette cruelle situation.
1) Quelles sont les conséquences directes d'une crise bancaire généralisée sur l'économie ivoirienne ?
Nous allons utiliser la métaphore de l'automobiliste pour expliquer les conséquences d'une crise bancaire généralisée.
Lorsque l'huile devient de plus en plus sale ou même vient à manquer dans le moteur, le véhicule arrête de fonctionner normalement ou bien on coule la bielle. De même lorsque les banques qui sont les régulateurs des flux financiers dans l'économie connaissent une crise, toute la machine économique se grippe et s'arrête. La crise économique de 1929 aux Etats-Unis qui est une référence au niveau mondial a d'abord été une crise bancaire et boursière, donc une crise financière.
2) Les entreprises peuvent-elles être touchées par cet imbroglio bancaire ?
Les entreprises sont les créateurs de richesse dans une économie. Les économistes définissent le Produit intérieur brut (PIB), le total des richesses produites, comme étant la somme des valeurs ajoutées par les entreprises. Si les entreprises sont prospères, elles produisent plus de richesses et contribuent à l'augmentation de la valeur ajoutée. Dans un tel cas, elles investissent plus et embauchent plus. Par contre, lorsque l'économie connait une récession, les entreprises produisent peu et n'ajoutent plus de valeur à l'économie. Dans un cas pareil, elles investissent très peu et n'embauchent plus.
Pour revenir au cas actuel en Cote d'ivoire, en amont, les entreprises privées de ressources financières auront beaucoup de mal a régler leurs fournisseurs et autres prestataires de services. En aval de leur cycle de production, le règlement de leurs ventes par chèques, effets de commerce ou virement ne pourra plus se faire. Les clients eux-mêmes connaissent les mêmes difficultés. Par conséquent, ne pouvant pas reconstituer leur trésorerie, les entreprises auront du mal à remplir leurs obligations contractuelles.
3) Les entreprises peuvent-elles être amenées à licencier leur personnel ou à ne plus pouvoir payer leurs travailleurs ?
Au nombre des obligations contractuelles des entreprises, il faudrait compter avec les contrats de travail. Dans une situation de crise bancaire, les entreprises auront du mal à payer leurs salariés. La plupart des entreprises vont connaitre des chômages techniques dans un premier temps. Et si la crise se prolongeant, on assistera à des fermetures d'entreprises.
4) Quelles sont les conséquences directes sur chaque famille et chaque individu ?
Les conséquences au plan social sont énormes. La grande humiliation d'un chef de famille, c'est de perdre son emploi. Toutefois, la pire des humiliations est de ne pas disposer de ressources pour faire face aux charges de la famille. Lorsqu'on connait les ramifications du salaire d'un chef de famille jusque dans son village, on comprend aisément la chaine de souffrances que devront endurer plusieurs personnes du fait de la privation d'argent vécue par un chef de famille.
5) Que devient l'argent déposé en banque par chaque individu ?
Cet argent appartient au déposant et en aucun cas pas à la banque. En fait ce sont les dépôts des clients qui font les emplois des banques. L'argent des déposants et un passif ou une dette de la banque. C'est comme si les déposants « prêtaient » leur argent à la banque, sauf que si cet argent n'est pas laissé dans un compte rémunéré comme un compte a terme, l'argent ne produit pas d'intérêt. C'est ce qu'on appelle un dépôt à vue car disponible à tout moment, en temps normal.
6) Comment chacun peut-il avoir accès à son argent ?
Chacun pourra disposer de ses fonds à la fin de la crise puisque cet argent lui appartient. Ceux qui disposent de compte d'épargne sont les plus heureux car les intérêts courent toujours.
7) Quels types d'actions peut-on recommander ou conseiller aux clients qui ont encore leur argent en banque ?
Nous ne pouvons que recommander la patience même si cette décision de fermeture des banques reste douloureuse pour la clientèle. N'importe comment les déposants détiennent une épargne « forcée », même si leur dépôt ne produit pas d'intérêt. Des que la situation reviendrait à la normale, les déposants pourraient disposer de leur argent. Comme je l'ai rappelé plus haut, seuls ceux qui ont un compte d'épargne à terme pourront bénéficier des intérêts.
8) Cette situation peut-elle entraîner une augmentation des prix des denrées de première nécessité à savoir le riz, la banane, le sucre, l'huile, la viande, le carburant ?
Bien au contraire, lorsqu'il y a contraction de la masse monétaire en circulation dans l'économie, cela peut entrainer une baisse des prix, si le niveau de l'offre de produits reste le même ou augmente. La loi de l'offre et de la demande permet de mieux expliquer les phénomènes économiques. En fait, la relative pénurie d'argent va entrainer la baisse de la demande de produits sur le marché. Si l'offre de produits reste constante ou même augmente, on assistera à une abondance de produits sur le marché qui va rencontrer une faible demande non solvable. Puisque les gens n'ont pas d'argent. La conséquence immédiate serait une baisse des prix des produits. Plusieurs denrées périssables devraient même pourrir sur les étales s'ils ne sont pas bradés pour trouver des acheteurs.
Remarquons que le phénomène contraire se produit s'il y a trop d'argent en circulation dans l'économie ou si la banque centrale fait marcher la planche à billet. Trop d'argent circule alors que l'offre de produits se raréfie. Ce qui entraine une flambée généralisée des prix
9) Avec cette asphyxie financière et bancaire, ne craignez-vous pas que le président ADO et le RHDP soient accusés par LMP « d'affamer les ivoiriens » ?
Il y a un adage bien connu de chez nous qui enseigne que « lorsque l'on crache en l'air, on ne doit pas avoir peur de recevoir quelques jets de ce crachat ». On ne peut pas accuser les autres de ses propres turpitudes. En braquant la BCEAO, le gouvernement d'Aké N' Gbo ne pouvait pas s'attendre à autre chose que de provoquer une crise bancaire, à moins que, comme ils sont des amateurs, les Refondateurs n'aient pas assez mesuré les risques. En effet, l'agence nationale de Banque centrale est le Banquier en dernier ressort des banques commerciales car elle permet de dénouer leurs opérations journalières de compensation, en intervenant par des avances de trésorerie. En plus, la BCEAO centrale est la gardienne de la trésorerie des banques et donc de l'argent des déposants. Or, en faisant main basse sur cet argent, la LMP assèche financièrement les banques commerciales. En outre, en réquisitionnant la Commission bancaire de l'Union Monétaire Ouest-africaine (UMOA), organisme chargé de la supervision et du contrôle des banques, le gouvernement Aké N'Gbo envoie un très mauvais signal aux banques. Pour reprendre la métaphore des automobilistes, c'est comme si on laissait à chaque conducteur, le soin d'appliquer lui-même le code de la route, sans organisme de contrôle, sans police ni gendarme. Imaginez-vous la pagaille ! Sans la Commission bancaire qui a été « supprimée » provisoirement par les Refondateurs, les banques sont livrées à elle mêmes. Elles n'ont plus leur gendarme chargé de leur faire appliquer les normes prudentielles définies par les accords de Bale. Pour les banques qui sont mondialement connues comme la CITIBANK, la BNP- BICICI, la SOCIETE GENERALE et autres, qui tiennent à leur image, effectuer des opérations financières dans un environnement aussi incertain, sans organisme de régulation et de contrôle, constitue pour elle un risque incalculable. En anglais on parle de « reputational risk ». Ces grandes banques qui réalisent un bénéfice lilliputien en Cote d'Ivoire, contrairement à ce que font croire les Refondateurs, ont plus à perdre qu'à gagner en opérant dans un environnement « sans foi, ni loi » car leur image en pâtirait dangereusement.
10) Jusqu'à quand peut durer cette impasse bancaire et quelles sont les conséquences sociales pour le pays ?
Cette impasse bancaire peut durer tant que le gouvernement des « amateurs » refusera de céder la place aux « professionnels », c'est-à-dire à ceux qui calculent au préalable toutes les conséquences économiques de leurs actes, y compris les plus imprévisibles. Les fermetures d'entreprises ne peuvent que se succéder aux fermetures de banques avec son cortège de chômage et autres émeutes de la faim. Cela peut être un désordre créateur d'ordre, si in fine cette révolution sociale permet de chasser du pouvoir le régime illégal et illégitime de la LMP.
AGATA BROGNAN ET BRE NGASSO
Article publié le: 16 Février 2011 - Auteur: - Source: Lebanco.net
dimanche 13 février 2011
Les propos d'un utilisateure de facebook sur la crise ivoirienne
Gbagbo le Fou LAISSER LES BURKINABES EN PAIX
certains lmp sont idiots et idiot le resteront
desolé mes c'est ainsi !!
voilà des gens qui n'ont aucun sens de la dignité humaine !
il insultent tout le monde
ils accusent tout le monde
ils frappent tout le monde
ils tuent tout le monde
ils n'ont aucun repère
leur guide de la jeunesse lui même est un tricheur
et pourtant un model chez eux.
leur patron ! lui-même se surprend souvent entrain de dire des choses telment il ment.
depuis le debut de la rebelion, il a crier sur tous les toits "le burkina nous attaque"
or nous etions ici quand blaise lui a envoyer un message pour lui dir qu'il a trop de soldat sur sa terre .
koudou la poisse lui a repondit koi ? kil a trop affaire ici !
un peu seulement burkina!un peu seulement burkina!
et pourtant ya moins de deux ouagadougou étè la capital de la cote d'ivoire !
quand koudou la poisse "te suces àprès il te fuit"
rapellez le front republicain !personne n'en parle ! koudou quoi ! c'est pas lom
moi j'ai une question pour tous les ivoiriens tous bords confondus!!
le burkina a til besoin de nous attaquer ? si oui pour quelle raison ?
même si un jour le burkina 'des gens intègres' voulait un jour nous attaquer ils n'aurait
même pas besoin d'armée ! reflechissez juste un peu!!
qui sont les veilleurs de nuit chez nos grand types ?
qui sont les jardiniers ?
qui sont les fleuristes?
qui sont les blanchisseurs ?
qui sont les vendeur de charbon ?
qui travail dans nos champs ?
ils nous connaissent tous !
ils peuvent mettre la cote d'ivoire en deuille en une seule nuit en eliminant
tous nos cardres dans leur sommeil !
nous aussi egalement ;
Mais le burkinabè n'en fait rien car ils est digne de foi intègre
qui a deja vu un burkinabè de son quartier, de son village faire de la politique ?
mais intox sur intox pour assouvir un dessein macabre d'une politique meurtrière assassine!
LMP, tuer, frapper injurier, accuser,
LIEN: http://www.facebook.com/home.php#!/home.php?sk=group_138587916194827¬if_t=group_activity
certains lmp sont idiots et idiot le resteront
desolé mes c'est ainsi !!
voilà des gens qui n'ont aucun sens de la dignité humaine !
il insultent tout le monde
ils accusent tout le monde
ils frappent tout le monde
ils tuent tout le monde
ils n'ont aucun repère
leur guide de la jeunesse lui même est un tricheur
et pourtant un model chez eux.
leur patron ! lui-même se surprend souvent entrain de dire des choses telment il ment.
depuis le debut de la rebelion, il a crier sur tous les toits "le burkina nous attaque"
or nous etions ici quand blaise lui a envoyer un message pour lui dir qu'il a trop de soldat sur sa terre .
koudou la poisse lui a repondit koi ? kil a trop affaire ici !
un peu seulement burkina!un peu seulement burkina!
et pourtant ya moins de deux ouagadougou étè la capital de la cote d'ivoire !
quand koudou la poisse "te suces àprès il te fuit"
rapellez le front republicain !personne n'en parle ! koudou quoi ! c'est pas lom
moi j'ai une question pour tous les ivoiriens tous bords confondus!!
le burkina a til besoin de nous attaquer ? si oui pour quelle raison ?
même si un jour le burkina 'des gens intègres' voulait un jour nous attaquer ils n'aurait
même pas besoin d'armée ! reflechissez juste un peu!!
qui sont les veilleurs de nuit chez nos grand types ?
qui sont les jardiniers ?
qui sont les fleuristes?
qui sont les blanchisseurs ?
qui sont les vendeur de charbon ?
qui travail dans nos champs ?
ils nous connaissent tous !
ils peuvent mettre la cote d'ivoire en deuille en une seule nuit en eliminant
tous nos cardres dans leur sommeil !
nous aussi egalement ;
Mais le burkinabè n'en fait rien car ils est digne de foi intègre
qui a deja vu un burkinabè de son quartier, de son village faire de la politique ?
mais intox sur intox pour assouvir un dessein macabre d'une politique meurtrière assassine!
LMP, tuer, frapper injurier, accuser,
LIEN: http://www.facebook.com/home.php#!/home.php?sk=group_138587916194827¬if_t=group_activity
lundi 3 janvier 2011
Venance Konan (Ecrivain) à Gbgbao – « Tu as piétiné tous les accords que tu as signés »
La nuit va tomber, Laurent Koudou Gbagbo. Elle sera longue. Très longue, Laurent Koudou. Car c’est la nuit de ton rendez-vous avec ton destin, Laurent. T’es-tu arraché les paupières ? As-tu fait comme Sakouato, l’oiseau mythique de chez toi qui, chargé de prévenir le village des dangers, s’était arraché les paupières pour ne pas se laisser surprendre par le sommeil ? La nuit sera longue Koudou. Elle sera celle de ton destin. Et de celui de ton pays, la Côte d’Ivoire. Alors, pour entretenir cette nuit, comme dans ton village on entretient le feu lors des longues veillées funèbres en y ajoutant régulièrement des brindilles de bois, laisse-moi te raconter ta vie. Laisse-moi raconter ton parcours sur cette terre, comme on le fait au cours des longues veillées funèbres autour du feu. Car funèbre elle sera, cette veillée. Il y aura au moins un mort demain, Laurent, tu le sais. Toi ou ton pays auquel tu as lié ton destin il y a très longtemps déjà. Anticipons alors la veillée. Pardonne-moi mes oublis, Laurent Koudou Gbagbo, fils de Zézé Koudou Paul Gbagbo.
Koudou, tu es né le 31 mai à Mama, là-bas, en pays Bété, dans l’ouest de ce territoire alors colonie française et qui deviendra en 1960 la république de Côte d’Ivoire. Zézé Koudou Paul Gbagbo venait tout juste de rentrer de la seconde guerre mondiale. Tu es né très peu de temps après qu’il ait rencontré Marguerite, ta mère, ce qui a fait dire aux mauvaises langues qu’il ne serait pas ton véritable père. C’est Marguerite elle-même qui raconta lors des funérailles de Zézé Koudou Paul qu’avant lui, elle était mariée à un Malinké, ce peuple venu du nord de la Côte d’Ivoire et des pays voisins. Certains ont pu dire que ton véritable géniteur serait un étranger. Peu importe. Les grands hommes ont souvent des origines obscures. Ce qui est certain est que tu passas une enfance pauvre. Tu l’as plusieurs fois raconté à ton peuple, pour souligner ta réussite. Zézé Koudou Paul était un policier, père d’une nombreuse progéniture. Il semble qu’il négligea les deux enfants de Marguerite, à savoir toi et ta sœur Jeannette Koudou. Combien de fois n’as-tu pas raconté que ton exemple montrait que l’on pouvait naître pauvre et accéder à la plus haute marche de l’Etat ?
Tu eus beaucoup de chance, Laurent Koudou, fils de Zézé Koudou Paul. A l’époque de ton enfance, tous les enfants étaient scolarisés gratuitement par l’Etat. C’est ainsi que tu iras soutenir une thèse de doctorat d’histoire en France en 1979 avec une bourse de l’Etat. C’est dans ce pays que tu rencontreras ta première épouse, une Française, et que tu te convertis au socialisme. De retour dans ton pays, l’enseignant d’histoire que tu étais ne se montrera point docile devant le pouvoir de Félix Houphouët-Boigny. Le premier président de ton pays t’embastillera d’ailleurs à plusieurs reprises, pour t’apprendre à contester son parti unique. En 1982, tu t’exileras en France pour fuir sa colère. Et c’est là-bas que les camarades socialistes français te prendront en charge. Guy Labertit, qui était en charge des problèmes africains au sein du parti socialiste t’hébergera pendant qu’Henri Emmanuelli, qui était né le même jour que toi, verra en toi un frère jumeau. Simone Ehivet, ta camarade de lutte que tu avais épousée après ton divorce d’avec la Française, était elle, restée au pays.
La colère d’Houphouët-Boigny finit par passer et en 1988 tu rentras au pays pour créer ton parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI). En 1990, tu pousseras l’audace jusqu’à te présenter contre le Vieux, comme on appelait le chef d’Etat ivoirien. Il avait dû s’ouvrir au multipartisme, car la crise économique avait jeté les jeunes de son pays dans les rues et ils avaient même poussé l’outrecuidance jusqu’à le traiter de voleur. Il nomma Alassane Ouattara Premier ministre, pour tenter de juguler la crise. Tu fus logiquement battu, car personne en Côte d’Ivoire n’imaginait Houphouët-Boigny perdre une élection présidentielle devant le nouvel arrivé que tu étais. Mais cela te donna le statut d’homme courageux, de leader de l’opposition naissante. Tu promettais le socialisme à ton peuple, et tu le faisais rêver. En 1992 Alassane Ouattara te jettera en prison, avec Simone et ton fils, à la suite d’une marche que tu avais organisée et qui avait dégénéré en destructions de biens publics et incendies de voitures.
Mais lorsque le 7 décembre 1993, Houphouët-Boigny mourut de sa belle mort après 33 ans de règne, ce fut Henri Konan Bédié, un homme de son clan qui lui succéda. Tu t’allias alors à Alassane Ouattara qui était traité d’étranger par Bédié et les siens, parce que son père était venu du Burkina Faso voisin que l’on appelait alors la Haute Volta. On inventa une loi sur mesure qui interdisait l’accès à la présidence aux personnes dont un des parents n’était pas Ivoirien de naissance. Ce fut le début de ce que l’on appela l’ivoirité et qui divisa le pays. En 1999 Bédié fut renversé par le général Guéï. Tu t’allias à ce dernier contre Ouattara. Tu expliquas plus tard qu’il n’y a pas d’alliance contre nature, dès lors qu’elle permet d’obtenir ce que l’on veut. Toi, tu voulais le pouvoir, et tu t’alliais à celui qui te permettait de t’en approcher. En 2000 Guéï fit éliminer par la Cour suprême tous les autres candidats, y compris Ouattara et Bédié, et tu te trouvas seul avec lui à l’élection présidentielle qui se passa dans la plus grande confusion. Guéï se déclara vainqueur. Tu fis descendre le peuple dans la rue et Guéï fut balayé. Te souviens-tu qu’à cette occasion tu reçus le plein soutien de tes camarades socialistes français ?
Le peuple vit en toi le Séplou, cet oiseau annonciateur des bonnes nouvelles de la mythologie de chez toi.
Mais Laurent Koudou, pourquoi fus-tu finalement le Kouglizia, cet autre oiseau mythique qui n’annonce que la mort ? Le jour de ton investiture on dénombra une soixantaine de cadavres dans un charnier. Et les dix ans de ton règne furent marqués du sceau du sang. Déjà en 2001, lorsque tu refusas à Ouattara le droit d’être candidat aux élections législatives, tu fis tirer sur ses partisans qui criaient leur colère. Des femmes furent violées à l’école de police où elles étaient détenues. Et Simone, ta Jézabel, déclara « mais qu’est-ce qu’elles avaient à aller manifester dans les rues ? » Ah Simone ! C’est elle qui te convertit au christianisme évangélique, et qui fut accusée d’être la personne qui actionna les escadrons de la mort qui tuèrent des dizaines de tes concitoyens, lorsqu’une rébellion éclata en 2002 dans le nord de ton pays. On dit d’elle que c’est elle qui porte la culotte dans ton foyer et qui t’impose la ligne dure de ton régime. Cela ne t’empêcha pas d’épouser une seconde femme, la belle Nady, selon les coutumes de ton pays qui autorisent la polygamie. En 2004, tu fis à nouveau tirer sur une foule de manifestants et l’Onu compta plus de 120 morts. La même année tu bombardas le nord de ton pays et lança tes jeunes contre les troupes françaises qui ouvrirent le feu. Tu fis ouvrir toi-même le feu à nouveau lorsque les femmes descendirent dans les rues en 2008 pour crier leur faim et leur misère. Il y eut deux morts. Laurent Koudou Gbagbo, peut-on compter les morts qui ont jalonné ton règne ? Te fallait-il absolument du sang pour étancher ta soif du pouvoir ? Laurent Koudou Gbagbo, Kouglizia ! Pourquoi tous ces morts depuis que tu contestes les résultats de l’élection ? Combien sont-ils, tous ceux que tes miliciens et mercenaires libériens ont arrachés à la vie. Les organisations internationales parlent en centaines. Elles parlent aussi de charniers. Comme en 2000. Pourquoi as-tu jeté ce voile de terreur sur ton pays, Laurent Koudou Gbagbo ?
La nuit sera longue Koudou ! T’es-tu arraché les paupières pour ne pas te laisser surprendre par tes ennemis qui approchent ? Cette nuit sera celle de ton rendez-vous avec ton destin. Cette nuit se jouera ton destin et celui de ton peuple. Pendant dix ans, tu t’es vautré dans les jouissances infâmes, la corruption, les crimes, la roublardise. Tu as réussi à reporter l’élection présidentielle à six reprises. Elle aurait dû se tenir en 2005. Tu as piétiné tous les accords que tu as signés. Peu t’importait ta parole donnée. La seule chose qui comptait pour toi était de conserver ton pouvoir à tout prix. Tu avais écrit à la page 18 de ta pièce théâtrale « Soudjata, lion du Manding » (éditions CEDA, 1979) : « je suis au pouvoir et j’y reste. » Tu l’as répété dans une interview, quelques jours avant l’élection présidentielle à laquelle la communauté internationale t’a contraint à la fin de 2010. Tu as perdu cette élection. Mais le pouvoir, tu y es et tu y restes. Simone et ses pasteurs ne te répètent-ils pas à longueur de journée et de nuit que ton pouvoir te vient de Dieu et que seul Lui, peut te l’enlever ? Qu’est le peuple, pour le combattant que tu es ? « Mon pouvoir, je l’ai arraché morceau par morceau » avais-tu dit une fois. Il faudra donc te l’arracher par la force. Elle approche, cette heure où tu devras défendre ce pouvoir, Laurent Koudou. Entends-tu les ennemis approcher ? Ils sont nombreux Koudou. Mais je te connais, tu n’as jamais eu peur. Ne t’appelle-t-on pas le Woudy, ce qui signifie le garçon, car chez toi seuls les hommes courageux, les guerriers intrépides ont le droit d’être qualifiés de garçon, tous les autres n’étant que des filles ?
Laurent Koudou Gbagbo, le Woody de Mama ! Ton destin se jouera cette nuit et la veillée sera longue. Iras-tu jusqu’à sacrifier ton peuple pour satisfaire ton égo ? Pourquoi, Laurent Koudou, pour se dernier rendez-vous, ne redeviendrais-tu pas le Séplou que l’on attendait ? Pourquoi ne sortirais-tu pas devant ton peuple pour lui apporter la bonne nouvelle de ton acceptation de sa volonté ? Il te sera alors beaucoup pardonné, Laurent Koudou, si tu réussissais cette transformation. Et tu entrerais dans l’histoire de ton pays ainsi que dans le panthéon des grands guerriers Bété. Le grand guerrier chez toi n’est-il pas celui qui évite les grands malheurs et apporte la paix à son peuple ?
Venance Konan
Koudou, tu es né le 31 mai à Mama, là-bas, en pays Bété, dans l’ouest de ce territoire alors colonie française et qui deviendra en 1960 la république de Côte d’Ivoire. Zézé Koudou Paul Gbagbo venait tout juste de rentrer de la seconde guerre mondiale. Tu es né très peu de temps après qu’il ait rencontré Marguerite, ta mère, ce qui a fait dire aux mauvaises langues qu’il ne serait pas ton véritable père. C’est Marguerite elle-même qui raconta lors des funérailles de Zézé Koudou Paul qu’avant lui, elle était mariée à un Malinké, ce peuple venu du nord de la Côte d’Ivoire et des pays voisins. Certains ont pu dire que ton véritable géniteur serait un étranger. Peu importe. Les grands hommes ont souvent des origines obscures. Ce qui est certain est que tu passas une enfance pauvre. Tu l’as plusieurs fois raconté à ton peuple, pour souligner ta réussite. Zézé Koudou Paul était un policier, père d’une nombreuse progéniture. Il semble qu’il négligea les deux enfants de Marguerite, à savoir toi et ta sœur Jeannette Koudou. Combien de fois n’as-tu pas raconté que ton exemple montrait que l’on pouvait naître pauvre et accéder à la plus haute marche de l’Etat ?
Tu eus beaucoup de chance, Laurent Koudou, fils de Zézé Koudou Paul. A l’époque de ton enfance, tous les enfants étaient scolarisés gratuitement par l’Etat. C’est ainsi que tu iras soutenir une thèse de doctorat d’histoire en France en 1979 avec une bourse de l’Etat. C’est dans ce pays que tu rencontreras ta première épouse, une Française, et que tu te convertis au socialisme. De retour dans ton pays, l’enseignant d’histoire que tu étais ne se montrera point docile devant le pouvoir de Félix Houphouët-Boigny. Le premier président de ton pays t’embastillera d’ailleurs à plusieurs reprises, pour t’apprendre à contester son parti unique. En 1982, tu t’exileras en France pour fuir sa colère. Et c’est là-bas que les camarades socialistes français te prendront en charge. Guy Labertit, qui était en charge des problèmes africains au sein du parti socialiste t’hébergera pendant qu’Henri Emmanuelli, qui était né le même jour que toi, verra en toi un frère jumeau. Simone Ehivet, ta camarade de lutte que tu avais épousée après ton divorce d’avec la Française, était elle, restée au pays.
La colère d’Houphouët-Boigny finit par passer et en 1988 tu rentras au pays pour créer ton parti, le Front Populaire Ivoirien (FPI). En 1990, tu pousseras l’audace jusqu’à te présenter contre le Vieux, comme on appelait le chef d’Etat ivoirien. Il avait dû s’ouvrir au multipartisme, car la crise économique avait jeté les jeunes de son pays dans les rues et ils avaient même poussé l’outrecuidance jusqu’à le traiter de voleur. Il nomma Alassane Ouattara Premier ministre, pour tenter de juguler la crise. Tu fus logiquement battu, car personne en Côte d’Ivoire n’imaginait Houphouët-Boigny perdre une élection présidentielle devant le nouvel arrivé que tu étais. Mais cela te donna le statut d’homme courageux, de leader de l’opposition naissante. Tu promettais le socialisme à ton peuple, et tu le faisais rêver. En 1992 Alassane Ouattara te jettera en prison, avec Simone et ton fils, à la suite d’une marche que tu avais organisée et qui avait dégénéré en destructions de biens publics et incendies de voitures.
Mais lorsque le 7 décembre 1993, Houphouët-Boigny mourut de sa belle mort après 33 ans de règne, ce fut Henri Konan Bédié, un homme de son clan qui lui succéda. Tu t’allias alors à Alassane Ouattara qui était traité d’étranger par Bédié et les siens, parce que son père était venu du Burkina Faso voisin que l’on appelait alors la Haute Volta. On inventa une loi sur mesure qui interdisait l’accès à la présidence aux personnes dont un des parents n’était pas Ivoirien de naissance. Ce fut le début de ce que l’on appela l’ivoirité et qui divisa le pays. En 1999 Bédié fut renversé par le général Guéï. Tu t’allias à ce dernier contre Ouattara. Tu expliquas plus tard qu’il n’y a pas d’alliance contre nature, dès lors qu’elle permet d’obtenir ce que l’on veut. Toi, tu voulais le pouvoir, et tu t’alliais à celui qui te permettait de t’en approcher. En 2000 Guéï fit éliminer par la Cour suprême tous les autres candidats, y compris Ouattara et Bédié, et tu te trouvas seul avec lui à l’élection présidentielle qui se passa dans la plus grande confusion. Guéï se déclara vainqueur. Tu fis descendre le peuple dans la rue et Guéï fut balayé. Te souviens-tu qu’à cette occasion tu reçus le plein soutien de tes camarades socialistes français ?
Le peuple vit en toi le Séplou, cet oiseau annonciateur des bonnes nouvelles de la mythologie de chez toi.
Mais Laurent Koudou, pourquoi fus-tu finalement le Kouglizia, cet autre oiseau mythique qui n’annonce que la mort ? Le jour de ton investiture on dénombra une soixantaine de cadavres dans un charnier. Et les dix ans de ton règne furent marqués du sceau du sang. Déjà en 2001, lorsque tu refusas à Ouattara le droit d’être candidat aux élections législatives, tu fis tirer sur ses partisans qui criaient leur colère. Des femmes furent violées à l’école de police où elles étaient détenues. Et Simone, ta Jézabel, déclara « mais qu’est-ce qu’elles avaient à aller manifester dans les rues ? » Ah Simone ! C’est elle qui te convertit au christianisme évangélique, et qui fut accusée d’être la personne qui actionna les escadrons de la mort qui tuèrent des dizaines de tes concitoyens, lorsqu’une rébellion éclata en 2002 dans le nord de ton pays. On dit d’elle que c’est elle qui porte la culotte dans ton foyer et qui t’impose la ligne dure de ton régime. Cela ne t’empêcha pas d’épouser une seconde femme, la belle Nady, selon les coutumes de ton pays qui autorisent la polygamie. En 2004, tu fis à nouveau tirer sur une foule de manifestants et l’Onu compta plus de 120 morts. La même année tu bombardas le nord de ton pays et lança tes jeunes contre les troupes françaises qui ouvrirent le feu. Tu fis ouvrir toi-même le feu à nouveau lorsque les femmes descendirent dans les rues en 2008 pour crier leur faim et leur misère. Il y eut deux morts. Laurent Koudou Gbagbo, peut-on compter les morts qui ont jalonné ton règne ? Te fallait-il absolument du sang pour étancher ta soif du pouvoir ? Laurent Koudou Gbagbo, Kouglizia ! Pourquoi tous ces morts depuis que tu contestes les résultats de l’élection ? Combien sont-ils, tous ceux que tes miliciens et mercenaires libériens ont arrachés à la vie. Les organisations internationales parlent en centaines. Elles parlent aussi de charniers. Comme en 2000. Pourquoi as-tu jeté ce voile de terreur sur ton pays, Laurent Koudou Gbagbo ?
La nuit sera longue Koudou ! T’es-tu arraché les paupières pour ne pas te laisser surprendre par tes ennemis qui approchent ? Cette nuit sera celle de ton rendez-vous avec ton destin. Cette nuit se jouera ton destin et celui de ton peuple. Pendant dix ans, tu t’es vautré dans les jouissances infâmes, la corruption, les crimes, la roublardise. Tu as réussi à reporter l’élection présidentielle à six reprises. Elle aurait dû se tenir en 2005. Tu as piétiné tous les accords que tu as signés. Peu t’importait ta parole donnée. La seule chose qui comptait pour toi était de conserver ton pouvoir à tout prix. Tu avais écrit à la page 18 de ta pièce théâtrale « Soudjata, lion du Manding » (éditions CEDA, 1979) : « je suis au pouvoir et j’y reste. » Tu l’as répété dans une interview, quelques jours avant l’élection présidentielle à laquelle la communauté internationale t’a contraint à la fin de 2010. Tu as perdu cette élection. Mais le pouvoir, tu y es et tu y restes. Simone et ses pasteurs ne te répètent-ils pas à longueur de journée et de nuit que ton pouvoir te vient de Dieu et que seul Lui, peut te l’enlever ? Qu’est le peuple, pour le combattant que tu es ? « Mon pouvoir, je l’ai arraché morceau par morceau » avais-tu dit une fois. Il faudra donc te l’arracher par la force. Elle approche, cette heure où tu devras défendre ce pouvoir, Laurent Koudou. Entends-tu les ennemis approcher ? Ils sont nombreux Koudou. Mais je te connais, tu n’as jamais eu peur. Ne t’appelle-t-on pas le Woudy, ce qui signifie le garçon, car chez toi seuls les hommes courageux, les guerriers intrépides ont le droit d’être qualifiés de garçon, tous les autres n’étant que des filles ?
Laurent Koudou Gbagbo, le Woody de Mama ! Ton destin se jouera cette nuit et la veillée sera longue. Iras-tu jusqu’à sacrifier ton peuple pour satisfaire ton égo ? Pourquoi, Laurent Koudou, pour se dernier rendez-vous, ne redeviendrais-tu pas le Séplou que l’on attendait ? Pourquoi ne sortirais-tu pas devant ton peuple pour lui apporter la bonne nouvelle de ton acceptation de sa volonté ? Il te sera alors beaucoup pardonné, Laurent Koudou, si tu réussissais cette transformation. Et tu entrerais dans l’histoire de ton pays ainsi que dans le panthéon des grands guerriers Bété. Le grand guerrier chez toi n’est-il pas celui qui évite les grands malheurs et apporte la paix à son peuple ?
Venance Konan
Laurent Gbagbo ou l’échec des intellectuels africains

Échec retentissant, mauvaise foi, mensonge, déni, tous ces ingrédients qui émaillent de la crise ivoirienne dévalorisent de plus en plus les vrais panafricains. Faut-il être autiste pour se targuer d’être africain ? Sur tous les plans, mais, surtout dans le cercle de ceux qui se disent intellectuels, le port des oeillères est la règle… Au premier chef, le sortant ivoirien, soutenu par une horde d’hystériques autoproclamés patriotes, plutôt des patriotes alimentaires, qui se réclament de la fierté africaine, des xénophobes, des anti-blancs, des anti-Afrique, des anti-Europe, in fine, qui vivent pourtant dans le vieux continent. Or, ce n’est pas le débat. Il s’agit ici de savoir qui a réellement gagné l’élection présidentielle ivoirienne et non l’inverse. Arrêtons les hors sujets.
De l’art de porter des oeillères
C’est le déni perpétuel. L’indignation sélective, la fuite en avant pour mettre sur la table, des sujets sans objet, qui ne sont là que pour la diversion. En premier, ceux qui parlent de rébellion, d’exactions et tutti quanti, n’ont probablement pas lu l’accord de Ouagadougou, au Burkina Faso. Signé le 4 mars 2007 par l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le chef des Forces nouvelles Guillaume Soro et le président burkinabè Blaise Compaoré, il visait à ramener la paix en Côte d’Ivoire et à réunifier le pays.
En conséquence de cet accord, Le Président Gbagbo nomma M. Soro Guillaume au poste de premier ministre et signa dans la foulée une mesure d’amnistie, dont le premier chapitre du décret énonce :
« Article premier :
Sont amnistiées de plein droit quels que soient leurs auteurs, coauteurs ou complices, militaires ou civils, et quelles que soient leurs natures et les peines qu’elles ont entraînées ou sont susceptibles d’entraîner, les infractions contre la sûreté de l’État et la Défense nationale ainsi que les infractions connexes commises par les nationaux ivoiriens se trouvant sur le territoire national ou en exil, entre le 17 septembre 2000 et la date de signature de la présente ordonnance.
Article 2 :
Sont également amnistiés les faits et leurs effets collatéraux relatifs aux opérations de défense des Institutions républicaines menées par les Forces de Défense et de Sécurité aux dates et périodes des faits amnistiés par la présente ordonnance.
Article 3 :
La présente amnistie ne s’applique pas :
a) aux infractions économiques ;
b) aux infractions qualifiées par le code pénal ivoirien de crimes et délits contre le droit des gens, crimes et délits contre les personnes, crimes et délits contre les biens autres que celles énumérées aux articles 1er et 2.
Et par conséquent, ceux qui tentent d’évoquer les exactions du passé sont hors sujet. En revanche, considérant qu’aucune oeuvre humaine n’est parfaite, oui, le désarmement n’a pas eu lieu. Pourquoi donc aller aux élections ? Nonobstant ces faits, à partir du moment où ladite élection s’est déroulée dans l’ensemble sans réels conflits, ce n’est pas parce qu’on est perdant, qu’il faut mettre les accords sous le tapis.
Le hold-up électoral
A mesure que les bureaux de vote fermaient, le camp Gbagbo commençait à sentir sa défaite et déclara par la voix de Pascal Affi Nguessan (né de père Burkinabé), porte parole du sortant, qu’il fallait annuler cette élection au niveau de 4 départements du Nord, favorables à Alassane Ouatarra (né de mère burkinabé). Finalement, le Conseil constitutionnel qui éplucha en 2 heures, 20 000 procès verbaux -un travail de titan pour 6 personnes-, voyant que le candidat Ouatarra était toujours en tête, ajouta 3 départements pour que son candidat puisse dépasser les 50%. De mémoire d’homme, c’est bien la première fois que le pouvoir en place dénonce la fraude des opposants. Pire, à la hussarde, Laurent Gbagbo prêta serment le lendemain. Encore une grande première, du jamais vu ailleurs qu’en Côte d’Ivoire. L’avis du plus grand constitutionnaliste ivoirien, le Pr Francis Wodié (d’ethnie abouré comme Simone Gbagbo et dont la femme est bété comme Laurent Gbagbo), est sans ambiguïté. Il dit le droit simplement, ce que tentent de contourner les zélateurs du perdant en faisant d’un incident électoral, un pseudo problème de souveraineté, de patriotisme ou encore de panafricanisme. Des voltiges mensongères abyssales :
La violation de la loi portant code électoral : son article 64 nouveau, alinéa 1er, tel que résultant de l’ordonnance de 2008 portant ajustements au code électoral, énonce : « Dans le cas où le Conseil Constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission Électorale Indépendante qui en informe le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies et le Représentant Spécial du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en Conseil des Ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu ou au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du C.C. ».Comment se fait-il alors, que privant le candidat Alassane OUATTARA de plus d’un demi million de voix sur la base d’irrégularités graves (article 64 nouveau du Code électoral en inversant ainsi les résultats, le Conseil Constitutionnel n’ait pas cru devoir appliquer la loi en annulant toute l’élection afin qu’on la reprenne conformément à la loi ?
Vous avez dit ingérence ? De quoi parlons-nous au juste ? Des vrais résultats de l’élection volée ou d’autre chose ? Oui, dans sa communication, le président français Nicolas Sarkozy a donné des arguments à ceux qui souhaitaient mener le débats dans des chemins tortueux n’ayant en réalité, aucun rapport avec l’élection présidentielle ivoirienne.
Laurent Gbagbo le panafricaniste d’opérette
Mettons donc à présent au défi, ceux qui se reconnaissent vraiment en la sagesse du panafricaniste d’opérette, plus connu sur le sobriquet du boulanger, pour qu’ils nous démontrent, montrent, prouvent, ce que leur champion a fait en 10 ans à la tête de la Côte d’Ivoire. On aura droit aux quolibets les plus crasses qui soient par manque d’argumentation. Le patriote de pacotille a bradé au plus offrant, la Côte d’Ivoire, la transformant en bric-à-bric insipide. C’est ironique, il n’a pensé à aucun de ses compatriotes ou aux Africains. Visitons ce chapelet d’actions aussi surprenantes les unes que les autres inconnues du grand public.
la filière la plus importante du pays, à savoir le cacao, est sous le contrôle à 90% par des sociétés étrangères : Cargill (Etats-Unis), ADP (Agro-Dealer development programme / Etats-Unis), Saco (Société africaine de cacao/ Suisse/Espagne/Hollande) et Cemoi (France).
Sur le plan du pétrole, le groupe Total a hérité sous l’impulsion du grand panafricaniste, environ 60% des parts, dans le permis d’exploitation CI-100 représentant 2009 km2 off-shore. Cerise sur le gâteau, l’homme qui aime tant son peuple, a permis à Total de s’implanter sur ce site, avec la garantie d’exploiter le pétrole ivoirien pour 20 ans de forages… gratuits.
C’est la société française Euro RSCG filiale de Bolloré, qui s’occupe de la communication du patriote ivoirien autoproclamé. Et que dire des experts de TNS Sofres qui se sont déplacé à Abidjan, pas pour des cacahuètes, pour réaliser des sondages sur l’élection présidentielle perdue par Laurent Gbagbo ?
Bolloré se voyait renouvelé le marché de gré à gré de la gestion du port à conteneurs d’Abidjan. Pendant ce temps, Vinci héritait d’un grand chantier à Yamoussoukro dont le palais présidentiel. Le partage est clair : la multinationale Bolloré contrôle les ports, Bouygues gère les ponts et Vinci les palais. Les chantiers Yamoussoukro sont ainsi aux mains de l’architecte français Pierre Fakhoury suivant des procédés qui avaient ému le FMI
Quand les intellectuels ou considérés comme tels cesseront d’écarter la passion et l’émotion dans leurs débats, en analysant sans brailler, mieux ça vaudra. Finalement, Leopold Sédar Senghor, le poète et ancien président sénégalais n’avait-il pas raison lorsqu’il déclara : « L’émotion est nègre et la raison est hélène » ? Cette citation qui m’a toujours hérissé le poil trouve dans le dossier ivoirien, une vérité implacable. Le spectacle ridicule que donnent Laurent Gbagbo et ses partisans est ubuesque. La politique de l’autruche les tuera…Comme le disait si bien Jean-Paul Sartre : « l’enfer c’est les autres ». Pour les intellectuels africains, le sport national est de rejeter leur incompétence sur les autres. Quelle ironie !
>>>Allain Jules
agoravox.fr
Côte Ivoire: retour sur le hold up électoral du camp Gbabo

Comment le plan «B » de Laurent Gbagbo a –t-il été mis en branle avec le soutien du conseil constitutionnel et de l’armée ? Voici un rappel des faits utile à l’heure où des cris d’Orfraie de certains écrivains et intellectuels africains tentent de déplacer le débat du respect du vote des ivoiriens sur le terrain de l’ingérence.
Premier acte. A la veille du scrutin du deuxième tour, Laurent Gbagbo, instaure un couvre feu à la surprise générale. Aux yeux de ses adversaires, c’est un moyen pour le président sortant d’occuper militairement l’espace territorial au cas où les résultats ne lui seraient pas favorables. Tout au long de la campagne, le camp Gbagbo a joué sur les divisions, diffusant des films de guerre présentant Ouattara comme l’auteur de la déstabilisation du pays. Pendant ce temps, le candidat Ouattara qui bénéficiait du soutien de Henry Konan Bedié, de Mabri Toikeuse et, entre autres, de Gnamien Konan, a, comme durant le premier tour, axé son discours sur les voies et moyens de positionner la Côte d’Ivoire comme pays émergent.
Même avis des observateurs africains, européens et de la fondation Carter
Arrive le soir du 28 novembre. Le dernier bureau de vote vient de fermer. Aucun des deux candidats n’avait une visibilité sur l’issue du scrutin. Mais déjà, le camp présidentiel commençait à dénoncer le caractère anti-démocratique du vote dans les zones sous contrôle des forces nouvelles, notamment dans les 4 régions du Nord. C’est le deuxième acte. Le directeur de campagne du candidat Gbagbo, Dr Issa Malick Coulibaly, accompagné du porte-parole Affi Ngessan, avaient rencontré le soir même du scrutin le représentant spécial du Secrétaire Général de l’ONU, certificateur du scrutin, pour lui exprimer leur désir d’annuler le scrutin dans 4 départements du Nord. Ce dernier a pris bonne note et a déclaré le lendemain, lors de sa conférence de presse hebdomadaire, le caractère démocratique du déroulement du scrutin au vu des rapports présentés par les équipes de l’ONUCI qui avaient supervisé le scrutin et coordonné le transport du matériel électoral. L’ONUCI citera au cours de la même conférence les rapports des missions d’observation de l’Union Africaine, de la CEDEAO, de l’Union Européenne, de la Fondation Carter, de l’UEMOA qui n’ont relevé aucun incident majeur susceptible d’affecter la sincérité du scrutin. Ces conclusions étaient aussi appuyées par les rapports des préfets des régions du Nord qui indiquaient dans l’ensemble que les incidents dont on faisait allusion se seraient déroulés loin des bureaux de vote. A la fin du deuxième acte, le camp Gbagbo n’avait donc aucun argument fondé pour contester les résultats du Nord.
Quand Gbagbo convoque Soro
Le lundi 29 novembre, c’est la panique dans le camp Gbagbo qui apprend effaré que le camp Ouattara était crédité déjà de 60% des résultats dépouillés. Contre toute attente, les consignes de vote donnés par les alliés du PDCI, de l’UDPCI et du MFA ont bel et bien été respectés à 74%. A cet instant, le camp Gbagbo ne misait plus que sur l’annulation du scrutin dans les 4 départements du Nord. Personne dans l’entourage immédiat du président sortant n’osait lui dire que même avec une telle annulation, Ouattara serait en tête. Le mardi 30, Laurent Gbagbo s’était lui-même rendu compte de l’avance incompressible de son adversaire. Désormais, il fallait manœuvrer. C’est le troisième acte.
Alors, il convoque Guillaume Soro dans la soirée pour lui exprimer son intention d’obtenir l’annulation du scrutin dans les 4 départements en question. Ce dernier, guère impressionné, lui exprime son désaccord, le dissuadant sans succès d’attendre la proclamation des résultats provisoires par la commission électorale et de saisir ensuite le conseil constitutionnel avec un recours en annulation comme l’indique la loi. Laurent Gbagbo réagi vigoureusement et demande à Soro d’être de son côté. Celui-ci réplique : «j’ai pris un engagement devant le peuple ivoirien de respecter les résultats issus des urnes ». Le camp Gbago perçoit cette attitude comme un revirement. Pour le clan resserré autour du chef, l’ancien premier ministre avait basculé dans le camp de Ouattara. Il fallait mettre immédiatement le plan B en action. C’est le quatrième acte.
Le plan B : empêcher la CEI de prononcer les résultats
Ce plan B est simple : empêcher la commission électorale de proclamer les résultats par tous les moyens jusqu’à l’expiration du délai légal. L’on se rappelle l’image de Damana Picasse, représentant de Gbagbo à la CEI, arrachant les procès verbaux à Bamba Yacouba, porte-parole de la CEI devant les caméras du monde entier. Quelques heures auparavant, la télévision nationale (RTI) qui réalisait un direct depuis le siège de la CEI venait de recevoir l’ordre de démonter son dispositif ; certains journalistes des médias internationaux étaient invités de quitter manu militari le siège de la CEI. D’autres recevaient des appels téléphoniques les invitant à se rendre à la RTI où le président Laurent Gbagbo devrait faire une déclaration. L’on n’était pas loin d’un coup de force électoral.
Cette confusion a perduré jusqu’au mercredi, date butoir de la proclamation des résultats par la CEI. A cet instant, l’ensemble des missions diplomatiques se rendirent à la CEI pour soutenir la commission et l’inviter à proclamer les résultats. Alassane Ouattara monte au créneau et appelle le président de la CEI à procéder immédiatement à la proclamation des résultats. Les ivoiriens patientent devant leur poste téléviseur pour attendre en vain la proclamation des résultats du second tour. L’apparition du président de la CEI aux environs de 23 heures demandant aux ivoiriens de lui donner encore un peu de temps et de rester patient viendra ajouter une dose supplémentaire d’adrénaline sur les rives de la perle des lagunes.
Et Yao Ndre entre en scène
Entre alors en scène Yao Ndré. C’est le cinquième acte. Le président du conseil constitutionnel ivoirien sort de sa réserve, convoque la presse et déclare la commission électorale hors jeu depuis la fin des 72 heures légales, délai qui lui était imparti pour prononcer les résultats provisoires. La confusion était totale. Le président de la CEI, Youssouf Bakayoko, qui venait d’échapper à une séquestration des éléments de la garde républicaine qui avait renforcé son dispositif de sécurité dans l’enceinte de la CEI est allé s’entretenir avec le premier ministre Guillaume Soro sous haute escorte des casques bleus à l’hôtel du Golf. C’est dans cet établissement hôtelier que le camp Ouattara a trouvé refuge pour échapper aux attaques des partisans de Gbagbo qui pendant le second tour avaient à deux reprises attaqué la maison du PDCI, lieu de rassemblement du RHDP.
Le président de la CEI, à la suite de la déclaration de Yao Ndre, procédera à son tour à la proclamation des résultats qui donnaient Ouattara vainqueur avec 54% contre 46% pour Laurent Gbagbo. La RTI ne diffuse pas l’information relayée par les chaines étrangères. Des scènes de liesse étaient visibles chez les partisans du RHDP. Le président du conseil constitutionnel, Yao Ndre, reviendra à la charge pour déclarer nul les résultats proclamés par la CEI.
24 heures pour éplucher 20 000 procès verbaux
Le lendemain alors qu’il dispose de 7 jours pour traiter les résultats, Yao Ndre avait, en moins de 24 heurs, épluché les 20 000 procès verbaux. Le président du conseil constitutionnel va au-delà de la contestation du camp Gbagbo qui réclamait l’annulation du vote dans 4 départements. Ayant constaté que même avec l’annulation de ce vote, Ouattara restait vainqueur, Yao Ndré procédera abusivement à l’annulation du scrutin dans 7 départements. Il procédera laconiquement à l’investiture de Laurent Gbagbo, en violant la volonté du dépositaire ivoirien qui s’est librement prononcé en faveur de Ouattara. Pourquoi le conseil constitutionnel qui a procédé à de telles annulations n’a pas invalidé le vote ? Pourquoi n’a-t-il pas attendu la certification des procès verbaux par l’ONUCI ? Pour valider la thèse de l’irrégularité du vote au Nord, un soi –disant groupe d’observateurs internationaux (en réalité de parfaits novices recrutés dans les milieux des étrangers résidents en Côte d’Ivoire depuis des années) présentent un rapport de la situation dicté par leurs sponsors. Ces manœuvres sont dénoncées par l’un des leaders de la galaxie patriotique, Touré Al Mustapha, membre de la direction de campagne du candidat Gbagbo dans le Nord qui a fait défection il y a quelques jours.
Malgré un isolement progressif au sein de l’ONU, de l’Union Africaine, de la CEDEAO et de l’UEMOA, Laurent Gbagbo continue de défier le monde, jouant sur le temps, et se posant en champion de la souveraineté africaine. L’on aurait tant voulu que cette souveraineté ne soit pas exprimée contre le vote et la volonté du peuple ivoirien. S’il a inspiré et prévu les 5 actes de la crise électorale ivoirienne, il n’est pas sûr que Gbagbo sera l’auteur du 6e acte.
Par Rodrigue Fénelon MASSALA, Abidjan
Source: Les Afriques
dimanche 2 janvier 2011
Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique
Par Dr Serge-Nicolas NZI (Photo)
I – Introduction
Observateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Allassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.
Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.
Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.
Nous allons ici jeter un regard froid sur certains faits et tirer de nos observations quelques leçons pour l’histoire future de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Nous agissons ici avec notre liberté de pensée, acceptant à l’avance la contradiction au niveau des idées, car les société humaine évoluent par contradictions, c’est cela d’ailleurs qui nous différencie des animaux qui évoluent par instinct.
Dans cette démarche qui nous éloigne des flaconneries de cours et de courtisans. Nous commençons par faire ici le constat qu’arriver au pouvoir sans avoir exercé de grande responsabilité dans la sphère du pouvoir d’Etat, peut être un handicap de taille dans les prises de décisions. C’est le cas de Gbagbo Laurent.
Il y a aujourd’hui en Afrique des hommes d’Etats dont le parcours politique force le respect parce que leur formation a été complétée par un passage dans les allées du pouvoir. Ils ont ainsi connu le fonctionnement de l’Etat de l’intérieur.
Nous pensons au président Abdelaziz Bouteflika en Algérie. Au président Eduardo Dos Santos, d’Angola. Aux anciens présidents Abdu Diouf du Sénégal, au président Tabo Mbeki d’Afrique du Sud, et à Joaquim Chissano du Mozambique. Ils ont tous été des dauphins ayant eu accès aux alcôves du pouvoir avant d’être aux commandes des affaires d’Etat.
Certains nous répliquerons tout de suite que l’ancien président Henri Konan Bédié, était pourtant dans la sphère du pouvoir depuis son plus jeune âge?
Il faut simplement dire à la décharge de ce dernier qu’il est l’exception qui confirme la règle, il n’avait que la jouissance des avantages du pouvoir d’Etat comme but de vie. Il avait oublié que l’exercice du pouvoir donne aussi des devoirs.
Aller boire goulûment son champagne rosé, fumer des gros cigares et manger la viande de brousse dans son village de Daoukro, étaient pour lui plus importants que les affaires d’Etat. Il était exactement dans le même état d’esprit d’insouciance que le roi Sosso, Soumahoro Kanté, avant la bataille de Kirana en janvier 1235, ou le roi Mohamed Ali ben Farouk dans l’Egypte pré nassérien de juillet 1952. Il faut lui laisser ses petites casseroles ainsi que le PDCI-RDA, liquéfié dont-il ne sait plus quoi faire. C’est cela aussi le salaire de l’inconscience et de l’irresponsabilité en politique.
II – Revenons à Laurent Gbagbo
Les conditions dans lesquelles il avait accédé au pouvoir devaient le pousser à protéger son pays des malheurs qui sont arrivés aux voisins de la Côte d’Ivoire. Dans les royaumes africains de l’époque médiévale le premier souci d’un souverain était de sécuriser les frontières de son pays.
Gbagbo Laurent, qui se dit historien ne nous démentira pas que dans l’empire peul du Macina ou dans le sultanat de Sokoto la simple traversée d’une partie du territoire pour la transhumance des bêtes, pour aller vers un point d’eau ou un pâturage était soumise à l’autorisation de la Dina, c’est-à-dire au conseil régional ou National qui exprimait l’autorité non négociable de l’Etat.
La Côte d’Ivoire dans ce sens ressemble à un pays bizarre, frappé d’une sorte de bizarrerie congénitale qui fait que tout le monde peut y entrer soit pour s’installer sans autorisation, pour pisser ou cracher son venin en toute impunité sur la place publique. Bref on demande aux ivoiriens d’accepter ce que même la république des chiens n’acceptera pas.
En laissant les frontière du pays ouvertes et trouées comme un passoire. L’Etat refondateur et Gbagboïste à rendu un grand service aux forces centrifuges qui n’avaient que l’affaiblissement de la Côte d’Ivoire comme but de survie.
Pourquoi le Pr. Laurent Gbagbo, n’a-t-il pas sécurisé les frontières de la Côte d’Ivoire ? Le président du Burkina Faso, le Capitaine Blaise Compaoré, nous a dit avoir averti le président ivoirien de la présence, dans son pays de déserteurs de l’armée ivoirienne, pourquoi rien n’a été fait pour les réintégrer ? L’armée ivoirienne était dans un dénuement total, y compris les munitions au moment de l’attaque du pays dans la nuit douloureuse du 18 septembre 2002.
Le président ivoirien, connaissait-il la réalité de cette situation ? Et si oui qu’a-t-il fait ? Car á ce niveau de responsabilité il ne peut pas nous dire aujourd’hui qu’il ne savait pas. Ce serait beaucoup plus grave d’ajouter le déshonneur à la stupidité. Le Président de la République n’est-il pas le chef des armées et le garant de l’intégrité territoriale du pays ? Où est l’intégrité physique de Etat Ivoirien aujourd’hui ?
Tous les ivoiriens cherchent aujourd’hui encore des réponses à ces questions de simple bon sens sur lesquelles les refondateurs deviennent aveugles, sourds et muets à la fois. Tous nos morts nous interpellent pour que le Président de la République, ses courtisans, ses amis frondeurs, refondateurs gbagboïstes et frontistes expliquent aux ivoiriens cette naïveté qui conduit à l’irresponsabilité de laisser l’armée d’un pays dans l’incapacité de le défendre face à une rébellion qui conduira à la partition de notre pays, pour finalement faire de Soro Guillaume, le Premier ministre de la Côte d’Ivoire.
C’est un pays affaibli et à plat ventre qui a finalement donné une légitimité à la rébellion, voilà une situation choquante, inacceptable et surtout impardonnable au FPI et à son professeur président Laurent Gbagbo. Nous insistons pour redire encore que quand le pays avait été attaqué nuitamment le 18 septembre 2002, l’armée ivoirienne manquait de tout jusqu’aux munitions, ne parlons même pas de ses vieux fusils de la coopération française qui étaient aux rebus de la seconde guerre mondiale. Ne parlons même pas aussi de l’ eau et de l’essence pour les véhicules militaires.
Quel est donc ce pays bizarre qui pense qu’il peut se défendre avec des armes périmées venant d’un pays qui a été occupée pendant sa propre guerre et qui après toute honte bue avait eu recours aux africains pour se relever ? Il n’y a que Laurent Gbagbo pour croire à la coopération franco-africaine et ce n’est que bien fait pour sa naïveté.
Quel est donc ce pays bizarre dont les dirigeants sont frappés d’une sorte de cécité mentale qui fait que, l’idée de défendre leur pays des convoitises de leurs voisins ne leur vient même pas à l’esprit ? Aujourd’hui par la faute de Gbagbo Laurent et des refondateurs du FPI, des pays voisins désertiques sont exportateurs de café et de cacao.
Ils sont heureux et aux anges, ces voisins désertiques, qui font semblant de nous aider à régler nos problèmes, mais en réalité Ils prient longuement tous les soirs et en sueur de transe pour que la crise ivoirienne perdure dans le temps, car c’est une aubaine pour eux. Exactement comme l’apparition d’un lac en plein désert. Voilà où la naïveté de la refondation frontiste et gbagboïste, a conduit la Côte d’Ivoire.
III – À propos de l’ivoirité et des ivoiritaires
Selon nous, le Président professeur d’Histoire, aurait dû prendre ses distances de ce maudit concept qu’est l’ivoirité en politique et cela dès son entrée au palais présidentiel, afin d’être véritablement le président de tous les ivoiriens. M. Henri Konan Bédié, le fondateur de l’ivoirité en politique avait expliqué à la table ronde inter ivoirienne de Linas Marcoussis en janvier 2003.
< < Que l’ivoirité a un contenu strictement culturel et ne peut être considéré comme une arme de combat contre les étrangers vivant en Côte d’Ivoire. Le but de l’ivoirité était, selon son propriétaire politique. de cultiver et de promouvoir une atmosphère d’authenticité nationale>>.
Le problème ici est que devant les dérives de ce maudit concept qui a fait tant de mal au corps social de notre pays, concept flou et brumeux qui a mis le feu à la maison commune, le silence des refondateurs, qui ne l’ont pas condamné fermement, et qui ont semblé le reprendre à leur propre compte, a considérablement terni l’image de notre pays et du régime frontiste de la refondation Gbagboïste, gbagbotiste et Gbagboïsante.
L’une des grandes questions que nous nous posons aujourd’hui encore, est de savoir s’il était vraiment utile de rompre les équilibres fragiles de la nation pour promouvoir une identité nationale ivoirienne ? Quel sens donner au silence du FPI devant les tracasseries administratives dont étaient victimes des ivoiriens originaires du nord de la Côte d’Ivoire dont la police déchirait sans ménagement la carte d’Identité pour faire d’eux des apatrides?
L’ivoirité, est en réalité un concept de redéfinition de la nationalité ivoirienne, sur des bases de relent nationaliste et d’exclusion de ceux qui ne sont pas des ivoiriens de souche. Comme la préférence nationale dans l’extrême droite française. C’est un concept débile qui a fait beaucoup de mal au corps social de cette nation fragile qu’est la Côte d’Ivoire, il a été inventé et introduit en politique par les houphouëtistes, avec l’ancien président Henri Konan Bédié à leur tête.
Le but inavoué et indigne de ce maudit concept était de barrer la route à notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara. L’un des autres buts de cette manœuvre sordide était aussi de permettre à ces gens, qui n’ont aucun sens de l’état, ces houphouëtistes du dimanche qui avaient des quotas d’exportations de café et cacao sur la production nationale, dont nous connaissons la culture de gestion, d’asseoir un droit de propriété sur la Côte d’Ivoire.
Nous nous insurgeons contre ce concept. C’est le germe de l’ivoirité qui a détruit le vivre ensemble et pousser les ivoiriens les uns contre les autres.
Un pays ne peut pas renier une partie de sa population sans se renier lui-même. Nous avertissons tous nos médiocres petits apprentis sorciers du dimanche que toutes les tentatives pour aller dans le sens de l’ivoirité fragiliserait et exposerait le pays à des profonds bouleversements qui seront dommageables pour tous les ivoiriens.
On ne peut pas permettre à notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara, d’être candidat à la présidence de la république de Côte d’Ivoire et revenir dire aux ivoiriens que c’est un étranger. Quel est donc ce pays bizarre et ridicule qui peut faire de vous le premier ministre de son gouvernement en disant de vous que vous êtes un étranger vis-à-vis de sa nationalité ?
IV – À propos du désarmement
Nous le disons ici encore une fois et nos écrits sont encore là pour témoigner de notre attachement à la vérité, qu’il fallait désarmer les rebelles pour rassurer les populations, qui ont vécu sous la menace des armes. Il faut désarmer ceux qui ont pris les armes, afin de sécuriser le pays et prévenir ainsi le risque d’un prochain conflit.
Pour cela les protagonistes du conflit devaient créer les conditions d’un dialogue utile qui rassure les ivoiriens et permette le déroulement du scrutin dans un pays libre et réellement pacifié, par le désarmement, la démobilisation et l’encasernement des rebelles.
Dans l’histoire partout en Afrique, là ou il y a eu élection sans désarmement, on finit toujours par utiliser les armes en circulation pour le conflit à venir. Le Burundi, le Congo et l’Angola sont des pays qui ont vécu dans leur chair cette triste réalité. Faire du désarmement un préalable et être intransigeant sur ce point pour aller vers des élections justes et sans coercition telle fut notre position il y a un an.
Nous n’avons pas été écouté. Certains esprits tordues nous avaient dit que c’était du verbiages de notre part. Où en sommes nous aujourd’hui ? Car en Afrique on écoute plus les laudateurs partisans, avec les conséquences que l’on sait. En sont temps certains de nos compatriotes nous parlaient de la France et de l’ONUCI, dans le contrôle et la certification des élections en veillant à la liberté de vote pour chacun. Compter sur L’ONU pour régler les affaires intérieures d’un pays, est la plus grande forme de naïveté sur la terre.
L’ONU avait soutenu l’assassinat de notre frère le président du mouvement national congolais et premier ministre, Patrice Emery Lumumba. L’ONU avait soutenu et accepter l’élection contestée, d’Hamid Karzai, le 2 novembre 2009 en Afghanistan. Alors qu’elle savait très bien que c’était un homme corrompu jusqu’à la moelle et ancien collabo du défunt régime des talibans.
Cette même ONU, n’a-t-elle pas autorisé les Khmers rouges du Kampuchéa à siéger à New York jusqu’en 1991 alors que par l’invasion Vietnamienne de 1979 le Kampuchéa n’existait plus. Soit près de 12 ans après la chute de la République Khmer du Kampuchéa démocratique, dont les atrocités sont connues de nous tous.
Quelle est la valeur aujourd’hui de cette communauté internationale qui en diverses occasions avait foulé elle-même des deux pieds les principes d’éthiques de sa propre charte ? Un homme normal se pose ce genre de question. Nous sommes persuadés que nos contradicteurs ne répondront même pas à ces simples questions de bon sens mais s’agripperont à leurs jugements habituelles par manque d’une argumentation cohérente liée à la bonne foi. Celui qui a des arguments ne menace pas, il les expose tout simplement, dans la vie moderne.
L’histoire contemporaine nous enseigne que là où il y a eu désarmement avant les élections, les espoirs de paix ont trouvé un terreau pour s’enraciner durablement et conduire les peuples déchirés à la raison, dans une seine respiration qui fonde la démocratie, pour les aider à reprendre leur marche dans le temps et la paix retrouvée dans une étreinte avec l’avenir. Il n y a jamais eu de désarmement au Liban où certaines milices sont plus équipées que l’armée nationale libanaise, pensez vous que ce pays connaîtra la paix dans ces conditions ?
Du Cambodge au Salvador, du Guatemala au Nicaragua en passant par le Liberia et la Sierra Leone, des exemples concrets sont devant nous, il n’y a que chez nous en Côte d’Ivoire où malgré les échecs en grandeur nature qui sont sous nos yeux, au Burundi, en Angola et au Congo, on pense qu’on peut aller aux élections sans désarmement. Quel est donc ce pays bizarre qui fait tout à l’envers et s’étonne des malheurs sans fin qu’ il reçoit en pleine figure?
Malheureusement on avait trouvé des ivoiriens intelligents qui au nom de leurs petits intérêts, sordides, mesquins et de leurs petits calculs politiques, personnels, particuliers, partiels et parcellaires, se sont obstinés à nous conduire dans des souffrances inutiles en proclamant urbi et orbi que le désarmement pouvait attendre, les élections d’abord. Les résultats du fiasco sont aujourd’hui sous nos yeux.
Voilà le résultat catastrophique d’une cécité politique que les ivoiriens doivent tous payer au prix fort. Quel est donc ce pays bizarre qui fait tout à l’envers et s’étonne des malheurs sans fin dont il est le sujet ?
V – L’Avenir des relations entre la Côte d’Ivoire et la France
Il ne s’agit pas ici d’accuser la France de tout et de n’importe quoi. La Côte d’ivoire est un pays majeur et les ivoiriens veulent vivre dans un monde qui est lui aussi majeur. Ils refusent aujourd’hui les accords de tutelles qui lient leur pays à la France. Sur ce plan beaucoup d’ivoiriens se reconnaissent dans certains actes du Président Gbagbo, malgré la naïveté que nous lui reprochons.
Que les marchés publics soient attribués aux entreprises qui proposent un bon prix avec du matériel de qualité. Que ces entreprises soient Japonaises, Américaines, Canadiennes, Chinoises, pakistanaises, tunisiennes ou Indiennes, peu importe. La Côte d’ivoire ne doit pas être un pays réservé à la France. Sur ce plan même le chien dans la rue d’Abidjan ne nous contredira pas.
Ceux qui cherchent à nous niquer avec des vieilleries repeintes et qui veulent comme au temps du commerce muet, échanger l’or, l’ivoire, les perles, les peaux de crocodiles, le gingembre et les poivres du golf de Guinée contre des verrerie, des morceau d’étoffes, de l’eau de vie, des pacotilles et autres babioles, se trompent d’époque.
On peut dire tranquillement ces choses simples sans être un pro-Gbagbo. Car les mêmes propos s’expriment ouvertement à Douala, à Brazzaville, à Lomé, à Cotonou, à Conakry, à Niamey ou à Tombouctou. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la France. Nous voulons exister simplement chez nous aussi avec un minimum de dignité, sans quémander pour vivre.
Tous les africains sont unanimes pour reconnaître, qu’ils n’ont pas d’avenir dans ce genre de relations qui ne profitent qu’aux intérêts français. La France doit se détromper et savoir une bonne fois pour toute que les ivoiriens ont plus de considération pour leurs excréments que pour un tel système d’échanges dans lequel ils n’ont aucun futur pour eux et leurs descendants.
Parce que ce système est fondamentalement déshonorant, humiliant, passé, surpassé et dépassé, par la mondialisation et les réalités marchandes, qui régissent les relations entre les hommes et les peuples. Cependant n’était-il pas mieux d’ouvrir des négociations avec la France pour poser franchement les problèmes au lieu d’une attaque frontale.
Face à un pays dont nous connaissons tous le goût du profit , le mépris qu’il porte depuis des siècles dans son âme pour l’homme noir et sa grande capacité de nuisance, quand il voit ses intérêts menacés par un plus faible que lui ? Nous le disons ici tout net que ce fut une erreur à la fois naïve et lamentable de Laurent Gbagbo et des refondateurs gbagboïstes, frontistes du FPI.
La Côte d’Ivoire, n’est pas opposée à la France, et nous sommes plus que sincère en l’exprimant. La Côte d’Ivoire ne souhaite aucune rupture de ses relations avec la France. Mais les ivoiriens sont en majorité opposés á l’immixtion de la France dans les affaires ivoiriennes et à la main mise de la France sur leur pays.
Nous sommes aujourd’hui persuadés que tout retour en arrière sur ce point, provoquera un affrontement plus que sanglant, qui fera de nombreuses pertes des deux côtés. Certains souhaitent ouvertement, que sonne l’heure de ce face à face comme une sorte d’exorcisme pour que le démon français quitte définitivement le corps politique de la Côte d’Ivoire, comme au Rwanda.
Puisse que la France et ses pantins locaux semblent avoir choisis cette solution d’aplatissement du peuple ivoirien, il faut qu’ils sachent avec courtoisie et sans aucune véhémence, que c’est cela l’inacceptable pour les ivoiriens. Car c’est de leur faute et par leurs comportements irréfléchis que les rapports de force ont été modifiés à l’avantage de Laurent Gbagbo, qui habite aujourd’hui encore le palais présidentiel d’Abidjan dans un imbroglio sans fin.
C’est aussi de leur faute que notre frère le Dr Allassane Ouattara et son Gouvernement sont dans la souricière du Forum Golf Hôtel d’Abidjan. Comment la France et ses alliés locaux vont-ils se débarrasser d’un Laurent Gbagbo, décidé à mourir dans le palais présidentiel ? Quelles leçons la crise ivoirienne procure t-elle à l’Afrique ?
VI – Les Leçons pour l’Afrique
Tout président de la république Française qui pense dans sa grosse tête que les africains vont travailler aujourd’hui dans leurs plantations de coton, de cacao, d’arachide, d’ananas ou de café pour lui envoyer l’argent de leur travail pour financer sa campagne électorale se trompe d’époque. Les africains de Houphouët, à Bongo, Mobutu et consort, ont fait ce chemin avec les résultats que l’on sait. Basta et finito.
La grande erreur de Sarkozy et de la France a été de téléphoner à Laurent Gbagbo pour lui dire 10 minutes après la proclamation contreversée des résultats par le président de la CEI, qu’il mettait un avion à la disposition de Gbagbo pour son départ. Cette forme d’ingérence révolte même ceux qui ne veulent pas voir Gbagbo en photo. Le soutien de la France n’est plus l’évangile en Afrique. Il est même un handicape dans l’opinion africaine.
Il faut toujours se méfier de celui qui veut faire votre bonheur à votre place. La crise du Biafra nous enseigne que la France avait décidé de verser de façon unilatérale les redevances pétrolières qu’elle devait au gouvernement fédéral nigérian au chef de la rébellion sécessionniste du réduit biafrais le Général Odumegwu Emeka Ojukwu. Dans quel but, évidemment que cela saute aux yeux, car cet argent devait retourner en France pour acheter les armes que la France livrait cyniquement au Biafra.
Aujourd’hui nous faisons tous le constat que le franc CFA est un piège et que la France peut unilatéralement bloquer les avoirs de n’importe quel pays africain membre de cette zone monétaire en cas de divergence avec les intérêts français. Il y a longtemps que cela devait nous donner à réfléchir, et voilà que cette décision permet aux aveugles africains de retrouver la vue.
Au Rwanda on avait voulu maintenir Habyarimana, un ami de la France et son ethnie au pouvoir, nous connaissons tous la tragédie découlant d’un tel choix. Le génocide rwandais nous enseigne et cela n’est pas contesté que :
l’opération turquoise française n’a rien fait pour empêcher les militaires et les miliciens du génocide de s’installer avec armes et bagages à quelques kilomètres du Rwanda.
- L’ autorité Hutu en fuite de la Banque nationale du Rwanda, a pu retirer en six prélèvements des sommes importantes à la Banque de France et à la BNP 2737 119,65 FF du 30 juin au 1er août 1994, pour la Banque de France 30 488 140,35 FF.
- La commission d’enquête de la société civile française se demande comment des responsables du génocide en fuite et recherchés de par le monde, peuvent arriver à Paris et oser effectuer des retraits bancaires, au nom d’institutions qu’ils ne dirigent plus ? Le problème de la légalité et de la légitimité dont la France se fait le champion aujourd’hui est vraiment à l’ordre du jour dans sa coopération avec l’Afrique.
Ces sommes importantes, n’ont-elles pas alimenté des achats massifs d’armes françaises, pour alimenter la reconquête du pouvoir par les Hutus comme hier au Biafra ? Se sont des simples questions qui ressurgiront demain.
Les dirigeants politiques français doivent comprendre que le temps des intimidations est terminé. C’est notre frère le président Paul Kagamé lui-même qui le dit dans une adresse à l’Afrique et au monde au Stade Amahoro de Kigali le 6 avril 2004.
Le Rwanda avait rompue courageusement ses relations diplomatiques avec la France, qui est aujourd’hui encore accusée d’avoir soutenue le génocide Tutsi au Rwanda. Une réconciliation avec ce petit pays ne sera pas facile car la France trouvera difficilement des fantoches pour trahir l’équilibre précaire de ce pays, et puis le Rwanda a sa propre monnaie, le franc rwandais géré par sa propre banque centrale. Le Rwanda connaît les limites du franc des colonies françaises d’Afrique.
Les petits politicards gesticulateurs de petite taille de Paris en France doivent comprendre que le temps où ils choisissaient qui devait diriger nos pays africains est bel et bien terminé. On peut dire ces choses simples tranquillement sans boire le café avec Laurent Gbagbo, tous les matins. Enfin peut-on perpétuer des Bokassa, des Mobutu, des Bongo et des Eyadema indéfiniment dans nos pays africains en connaissant les échecs en grandeur nature de ce système ?
Quel visage aura la France, si elle intervenait en Côte d’Ivoire pour régler dans le sang une situation de politique intérieure qui ne concerne que les ivoiriens ? Quant à la CEDEAO et à l’Union africaine elles sont depuis longtemps en position d’hors jeu.
Quelle sera la position de la France demain au Tchad ou au Gabon si la commission électorale proclame un vainqueur et qu’après recours la cours constitutionnelle Tchadienne ou gabonaise proclame un autre vainqueur ?
Toutes ces questions doivent trouver des réponses maintenant pour prévenir les catastrophes de demain.
Nous disons cela sans être pour autant un antifrançais et encore très moins un Gbagboïste de Mama, le village natale de Laurent Gbagbo.
Dans le combat entre la légalité et la légitimité actuelle en Côte d’Ivoire, ne faut-il pas rappeler que les Khmer rouges étaient à l’ONU au nom du Cambodge dans un ridicule sans nom. Ne faut-il pas rappeler aussi à nos amis français que le gouvernement provisoire du général De Gaulle à la Libération du 3 juin 1944 au 20 janvier 1946 était tout à fait légitime.
Car dirigé par celui qui avait conduit la résistance Française aux cotés des alliées, mais n’était pas légal au regard des lois françaises car n’étant pas issu d’élections libres au suffrage universel direct. Que nos contradicteurs nous traînent dans la boue si cela n’est pas un brin de vérité.
Au regard de ce qui précède, nous demandons aux autorités françaises de sortir de cette prison humiliante et indigne dans laquelle elles s’enfoncent depuis des années. Changer de lunettes pour avoir un autre regard sur l’Afrique. Car l’entêtement des autorités françaises mettra notre frère le Dr Dramane Allassane Ouattara, dans la situation du Shah d’Iran face au Dr Mohamed Mossadegh, dans la crise sur la nationalisation du pétrole iranien le 14 mars 1951.
Le Dr Mossadegh est aujourd’hui vénéré comme un martyr, alors que le nom Pahlavi, du Shah in Shah aryennes est celui qu’on donne aujourd’hui aux chiens à Téhéran. Nous avons simplement ici voulu interroger l’histoire pour ne pas commettre les mêmes erreurs du passé.
Notre but en rappelant ces faits est de renforcer l’idée de liberté et d’indépendance de l’immense tiers monde dont nous sommes les fils, car nous sommes convaincus que ce bas monde peut évoluer positivement sans que les puissants ne transforment les pays plus faibles en un immense champs d’expérimentation western dans lequel la loi du plus fort serait toujours la meilleure.
Ceux qui sont atteints de cette maladie qu’on appelle la paresse intellectuelle trouveront que nous sommes longs dans l’exposé des faits. C’est pour eux que nous allons conclure pour plaire à leur incapacité à voir loin en commençant par voir ce qui est devant leurs yeux.
VII – Postulat de conclusion générale
Une nuit d’entre les mille et une nuit, Shéhérazade racontait à son royal époux l’histoire d’un naufragé qui s’éveillait sur une plage déserte. Ses pas le conduisirent à une ville dont la porte était ouverte. Les sentinelles, figées, ne lui prêtèrent aucune attention et le laissèrent passer. Il interpella le premier passant qu’il rencontra.
En vain l’homme ne bougeait pas et ne répondait pas. Plus loin des groupes de gens restaient sur place sans esquisser un seul geste. Le silence lugubre qui pesait sur la cité inquiéta le naufragé. Son angoisse tourna à la panique quand il comprit que tous les habitants étaient pétrifiés comme des statues. .
Ce conte nous revient souvent à l’esprit quand nous voyageons en Côte d’Ivoire. D’Abidjan à Bouaké, de Daloa, à Ferké, de Bongouanou à Daoukro, d’Adzopé à Abengourou, de Toumodi à Yamoussokro ou à Man. Nous constatons que les ordures ménagères sont à la même place depuis plusieurs années. C’est aussi cela la refondation.
Les mêmes eaux usées sont à la même place, la poste est incapable de vous payer un mandat de 10 000F cfa même télégraphique, obligeant les abidjanais à s’orienter vers les sociétés de transport pour acheminer leurs courriers. La lagune Ebrié est devenue un marécage nauséabond qui ne dérange personne.
Bref tout nous semble immobilisé dans un passé lointain. Impression que nous partageons avec de nombreux compatriotes de la diaspora ivoirienne et africaine. C’est comme si le triomphe de la médiocrité avait définitivement arrêté l’évolution de la société ivoirienne, brutalement gelé la pensée et éternellement fixé les mœurs.
Dans le récit de la belle et astucieuse Shéhérazade, le naufragé apprenait qu’une sorcière vindicative avait envoûté la métropole et ses habitants. Il décidait de se lancer à sa recherche afin d’obtenir d’elle la rupture du charme et de la libération du peuple… Telle est aussi, selon nous, la quête des élites politiques ivoiriennes, du FPI, au PDCI, du RDR au MFA jusqu’au PIT.
En vérité ce dont la Côte d’Ivoire à besoin, ce n’est pas une adaptation ou un aggiornamento comme on dit souvent, mais une levée des chaînes, une libération des initiatives pour reconstruire le vivre ensemble, renforcer la cohésion de la nation, une remise en route de la pensée figée, qui nous a conduit à cette guerre absurde et insensée, au cour de laquelle des ivoiriens ont tué et torturé d’autres ivoiriens.
Bref, une libération et un retour à l’esprit d’ouverture et de discussion qui ont fondé la civilisation humaniste de ce pays qui a accueillit des ressortissants des pays voisins, vivants en frères et sœurs dans une nation qui est aujourd’hui un projet commun dans un destin à construire en commun, loin des anathèmes et autres exclusions dont les résultats sont devant nous.
C’est cela qui nous conduit à rejoindre dans la pensée l’immense sociologue et historien français Alain Touraine : << les conflits sont créateurs de rapports sociaux, étouffez les conflits et vous aurez la violence en permanence et non l’harmonie >>. La révolution française de 1789, fut dans ce sens un conflit qui modifia considérablement les rapports sociaux à l’intérieur de la société française.
Etre naïf en politique, c’est croire que ceux qui son en face de vous sont sincères et de bonne foi. C’est croire à la force impartiale de l’ONU et à la coopération avec la France. Il faut vraiment être Gbagbo Laurent pour croire que Soro Guillaume et sa rébellion après avoir tué et éventré des ivoiriens veulent le bien de la Côte d’Ivoire. Ils avaient dit ouvertement qu’ils ont pris les armes pour qu’Allassane Ouattara, soit le président de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui c’est chose faite à l’hôtel du golf.
Puisse nos élites nous conduire vers la paix et l’harmonie en facilitant la réconciliation entre ivoiriens, pour la renaissance d’une Côte d’Ivoire, digne, libre et prospère pour tous ses habitants. Tel est notre lecture sans ménagement du comportement du professeur et historien, président, KOUDOU Gbagbo Laurent, devant la réalité de l’exercice du pouvoir politique en Côte d’Ivoire, depuis le 26 octobre 2000, jusqu’ à nos jours.
Merci de votre aimable attention.
Dr Serge-Nicolas NZI
Chercheur en Communication
Lugano ( Suisse)
Tel. 004179.246.53.53
E-Mail : nzinicolas@yahoo.fr
I – Introduction
Observateur attentif de la crise ivoirienne, nous sommes de ceux qui ne sont pas allés à la soupe frontiste du gbagboïsme, ni à celle du Bédiéïsme liquéfié et encore très moins à celle de l’Allassanïsme triomphant, dont les amitiés extérieures sabrent déjà le champagne de la victoire.
Pour n’avoir appelé à voter pour aucun des protagonistes de la crise ivoirienne, nous sommes moralement à l’aise pour exprimer nos doutes, notre méfiance et bien sûr notre avis sur chaque acteur politique dont les actes concernent la survie et l’existence de la Côte d’Ivoire ainsi que celle du peuple ivoirien.
Sans être l’un de ses courtisans, nous pouvons dire qu’il y a longtemps que nous observons Laurent Gbagbo et sa refondation frontiste du FPI. Ce qui nous frappe en premier dans cette tragédie ivoirienne qui est aussi la sienne, c’est la conjugaison des imprévoyances qui ont conduit la Côte d’Ivoire et les ivoiriens au bord du gouffre.
Nous allons ici jeter un regard froid sur certains faits et tirer de nos observations quelques leçons pour l’histoire future de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique. Nous agissons ici avec notre liberté de pensée, acceptant à l’avance la contradiction au niveau des idées, car les société humaine évoluent par contradictions, c’est cela d’ailleurs qui nous différencie des animaux qui évoluent par instinct.
Dans cette démarche qui nous éloigne des flaconneries de cours et de courtisans. Nous commençons par faire ici le constat qu’arriver au pouvoir sans avoir exercé de grande responsabilité dans la sphère du pouvoir d’Etat, peut être un handicap de taille dans les prises de décisions. C’est le cas de Gbagbo Laurent.
Il y a aujourd’hui en Afrique des hommes d’Etats dont le parcours politique force le respect parce que leur formation a été complétée par un passage dans les allées du pouvoir. Ils ont ainsi connu le fonctionnement de l’Etat de l’intérieur.
Nous pensons au président Abdelaziz Bouteflika en Algérie. Au président Eduardo Dos Santos, d’Angola. Aux anciens présidents Abdu Diouf du Sénégal, au président Tabo Mbeki d’Afrique du Sud, et à Joaquim Chissano du Mozambique. Ils ont tous été des dauphins ayant eu accès aux alcôves du pouvoir avant d’être aux commandes des affaires d’Etat.
Certains nous répliquerons tout de suite que l’ancien président Henri Konan Bédié, était pourtant dans la sphère du pouvoir depuis son plus jeune âge?
Il faut simplement dire à la décharge de ce dernier qu’il est l’exception qui confirme la règle, il n’avait que la jouissance des avantages du pouvoir d’Etat comme but de vie. Il avait oublié que l’exercice du pouvoir donne aussi des devoirs.
Aller boire goulûment son champagne rosé, fumer des gros cigares et manger la viande de brousse dans son village de Daoukro, étaient pour lui plus importants que les affaires d’Etat. Il était exactement dans le même état d’esprit d’insouciance que le roi Sosso, Soumahoro Kanté, avant la bataille de Kirana en janvier 1235, ou le roi Mohamed Ali ben Farouk dans l’Egypte pré nassérien de juillet 1952. Il faut lui laisser ses petites casseroles ainsi que le PDCI-RDA, liquéfié dont-il ne sait plus quoi faire. C’est cela aussi le salaire de l’inconscience et de l’irresponsabilité en politique.
II – Revenons à Laurent Gbagbo
Les conditions dans lesquelles il avait accédé au pouvoir devaient le pousser à protéger son pays des malheurs qui sont arrivés aux voisins de la Côte d’Ivoire. Dans les royaumes africains de l’époque médiévale le premier souci d’un souverain était de sécuriser les frontières de son pays.
Gbagbo Laurent, qui se dit historien ne nous démentira pas que dans l’empire peul du Macina ou dans le sultanat de Sokoto la simple traversée d’une partie du territoire pour la transhumance des bêtes, pour aller vers un point d’eau ou un pâturage était soumise à l’autorisation de la Dina, c’est-à-dire au conseil régional ou National qui exprimait l’autorité non négociable de l’Etat.
La Côte d’Ivoire dans ce sens ressemble à un pays bizarre, frappé d’une sorte de bizarrerie congénitale qui fait que tout le monde peut y entrer soit pour s’installer sans autorisation, pour pisser ou cracher son venin en toute impunité sur la place publique. Bref on demande aux ivoiriens d’accepter ce que même la république des chiens n’acceptera pas.
En laissant les frontière du pays ouvertes et trouées comme un passoire. L’Etat refondateur et Gbagboïste à rendu un grand service aux forces centrifuges qui n’avaient que l’affaiblissement de la Côte d’Ivoire comme but de survie.
Pourquoi le Pr. Laurent Gbagbo, n’a-t-il pas sécurisé les frontières de la Côte d’Ivoire ? Le président du Burkina Faso, le Capitaine Blaise Compaoré, nous a dit avoir averti le président ivoirien de la présence, dans son pays de déserteurs de l’armée ivoirienne, pourquoi rien n’a été fait pour les réintégrer ? L’armée ivoirienne était dans un dénuement total, y compris les munitions au moment de l’attaque du pays dans la nuit douloureuse du 18 septembre 2002.
Le président ivoirien, connaissait-il la réalité de cette situation ? Et si oui qu’a-t-il fait ? Car á ce niveau de responsabilité il ne peut pas nous dire aujourd’hui qu’il ne savait pas. Ce serait beaucoup plus grave d’ajouter le déshonneur à la stupidité. Le Président de la République n’est-il pas le chef des armées et le garant de l’intégrité territoriale du pays ? Où est l’intégrité physique de Etat Ivoirien aujourd’hui ?
Tous les ivoiriens cherchent aujourd’hui encore des réponses à ces questions de simple bon sens sur lesquelles les refondateurs deviennent aveugles, sourds et muets à la fois. Tous nos morts nous interpellent pour que le Président de la République, ses courtisans, ses amis frondeurs, refondateurs gbagboïstes et frontistes expliquent aux ivoiriens cette naïveté qui conduit à l’irresponsabilité de laisser l’armée d’un pays dans l’incapacité de le défendre face à une rébellion qui conduira à la partition de notre pays, pour finalement faire de Soro Guillaume, le Premier ministre de la Côte d’Ivoire.
C’est un pays affaibli et à plat ventre qui a finalement donné une légitimité à la rébellion, voilà une situation choquante, inacceptable et surtout impardonnable au FPI et à son professeur président Laurent Gbagbo. Nous insistons pour redire encore que quand le pays avait été attaqué nuitamment le 18 septembre 2002, l’armée ivoirienne manquait de tout jusqu’aux munitions, ne parlons même pas de ses vieux fusils de la coopération française qui étaient aux rebus de la seconde guerre mondiale. Ne parlons même pas aussi de l’ eau et de l’essence pour les véhicules militaires.
Quel est donc ce pays bizarre qui pense qu’il peut se défendre avec des armes périmées venant d’un pays qui a été occupée pendant sa propre guerre et qui après toute honte bue avait eu recours aux africains pour se relever ? Il n’y a que Laurent Gbagbo pour croire à la coopération franco-africaine et ce n’est que bien fait pour sa naïveté.
Quel est donc ce pays bizarre dont les dirigeants sont frappés d’une sorte de cécité mentale qui fait que, l’idée de défendre leur pays des convoitises de leurs voisins ne leur vient même pas à l’esprit ? Aujourd’hui par la faute de Gbagbo Laurent et des refondateurs du FPI, des pays voisins désertiques sont exportateurs de café et de cacao.
Ils sont heureux et aux anges, ces voisins désertiques, qui font semblant de nous aider à régler nos problèmes, mais en réalité Ils prient longuement tous les soirs et en sueur de transe pour que la crise ivoirienne perdure dans le temps, car c’est une aubaine pour eux. Exactement comme l’apparition d’un lac en plein désert. Voilà où la naïveté de la refondation frontiste et gbagboïste, a conduit la Côte d’Ivoire.
III – À propos de l’ivoirité et des ivoiritaires
Selon nous, le Président professeur d’Histoire, aurait dû prendre ses distances de ce maudit concept qu’est l’ivoirité en politique et cela dès son entrée au palais présidentiel, afin d’être véritablement le président de tous les ivoiriens. M. Henri Konan Bédié, le fondateur de l’ivoirité en politique avait expliqué à la table ronde inter ivoirienne de Linas Marcoussis en janvier 2003.
< < Que l’ivoirité a un contenu strictement culturel et ne peut être considéré comme une arme de combat contre les étrangers vivant en Côte d’Ivoire. Le but de l’ivoirité était, selon son propriétaire politique. de cultiver et de promouvoir une atmosphère d’authenticité nationale>>.
Le problème ici est que devant les dérives de ce maudit concept qui a fait tant de mal au corps social de notre pays, concept flou et brumeux qui a mis le feu à la maison commune, le silence des refondateurs, qui ne l’ont pas condamné fermement, et qui ont semblé le reprendre à leur propre compte, a considérablement terni l’image de notre pays et du régime frontiste de la refondation Gbagboïste, gbagbotiste et Gbagboïsante.
L’une des grandes questions que nous nous posons aujourd’hui encore, est de savoir s’il était vraiment utile de rompre les équilibres fragiles de la nation pour promouvoir une identité nationale ivoirienne ? Quel sens donner au silence du FPI devant les tracasseries administratives dont étaient victimes des ivoiriens originaires du nord de la Côte d’Ivoire dont la police déchirait sans ménagement la carte d’Identité pour faire d’eux des apatrides?
L’ivoirité, est en réalité un concept de redéfinition de la nationalité ivoirienne, sur des bases de relent nationaliste et d’exclusion de ceux qui ne sont pas des ivoiriens de souche. Comme la préférence nationale dans l’extrême droite française. C’est un concept débile qui a fait beaucoup de mal au corps social de cette nation fragile qu’est la Côte d’Ivoire, il a été inventé et introduit en politique par les houphouëtistes, avec l’ancien président Henri Konan Bédié à leur tête.
Le but inavoué et indigne de ce maudit concept était de barrer la route à notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara. L’un des autres buts de cette manœuvre sordide était aussi de permettre à ces gens, qui n’ont aucun sens de l’état, ces houphouëtistes du dimanche qui avaient des quotas d’exportations de café et cacao sur la production nationale, dont nous connaissons la culture de gestion, d’asseoir un droit de propriété sur la Côte d’Ivoire.
Nous nous insurgeons contre ce concept. C’est le germe de l’ivoirité qui a détruit le vivre ensemble et pousser les ivoiriens les uns contre les autres.
Un pays ne peut pas renier une partie de sa population sans se renier lui-même. Nous avertissons tous nos médiocres petits apprentis sorciers du dimanche que toutes les tentatives pour aller dans le sens de l’ivoirité fragiliserait et exposerait le pays à des profonds bouleversements qui seront dommageables pour tous les ivoiriens.
On ne peut pas permettre à notre frère le Dr Allassane Dramane Ouattara, d’être candidat à la présidence de la république de Côte d’Ivoire et revenir dire aux ivoiriens que c’est un étranger. Quel est donc ce pays bizarre et ridicule qui peut faire de vous le premier ministre de son gouvernement en disant de vous que vous êtes un étranger vis-à-vis de sa nationalité ?
IV – À propos du désarmement
Nous le disons ici encore une fois et nos écrits sont encore là pour témoigner de notre attachement à la vérité, qu’il fallait désarmer les rebelles pour rassurer les populations, qui ont vécu sous la menace des armes. Il faut désarmer ceux qui ont pris les armes, afin de sécuriser le pays et prévenir ainsi le risque d’un prochain conflit.
Pour cela les protagonistes du conflit devaient créer les conditions d’un dialogue utile qui rassure les ivoiriens et permette le déroulement du scrutin dans un pays libre et réellement pacifié, par le désarmement, la démobilisation et l’encasernement des rebelles.
Dans l’histoire partout en Afrique, là ou il y a eu élection sans désarmement, on finit toujours par utiliser les armes en circulation pour le conflit à venir. Le Burundi, le Congo et l’Angola sont des pays qui ont vécu dans leur chair cette triste réalité. Faire du désarmement un préalable et être intransigeant sur ce point pour aller vers des élections justes et sans coercition telle fut notre position il y a un an.
Nous n’avons pas été écouté. Certains esprits tordues nous avaient dit que c’était du verbiages de notre part. Où en sommes nous aujourd’hui ? Car en Afrique on écoute plus les laudateurs partisans, avec les conséquences que l’on sait. En sont temps certains de nos compatriotes nous parlaient de la France et de l’ONUCI, dans le contrôle et la certification des élections en veillant à la liberté de vote pour chacun. Compter sur L’ONU pour régler les affaires intérieures d’un pays, est la plus grande forme de naïveté sur la terre.
L’ONU avait soutenu l’assassinat de notre frère le président du mouvement national congolais et premier ministre, Patrice Emery Lumumba. L’ONU avait soutenu et accepter l’élection contestée, d’Hamid Karzai, le 2 novembre 2009 en Afghanistan. Alors qu’elle savait très bien que c’était un homme corrompu jusqu’à la moelle et ancien collabo du défunt régime des talibans.
Cette même ONU, n’a-t-elle pas autorisé les Khmers rouges du Kampuchéa à siéger à New York jusqu’en 1991 alors que par l’invasion Vietnamienne de 1979 le Kampuchéa n’existait plus. Soit près de 12 ans après la chute de la République Khmer du Kampuchéa démocratique, dont les atrocités sont connues de nous tous.
Quelle est la valeur aujourd’hui de cette communauté internationale qui en diverses occasions avait foulé elle-même des deux pieds les principes d’éthiques de sa propre charte ? Un homme normal se pose ce genre de question. Nous sommes persuadés que nos contradicteurs ne répondront même pas à ces simples questions de bon sens mais s’agripperont à leurs jugements habituelles par manque d’une argumentation cohérente liée à la bonne foi. Celui qui a des arguments ne menace pas, il les expose tout simplement, dans la vie moderne.
L’histoire contemporaine nous enseigne que là où il y a eu désarmement avant les élections, les espoirs de paix ont trouvé un terreau pour s’enraciner durablement et conduire les peuples déchirés à la raison, dans une seine respiration qui fonde la démocratie, pour les aider à reprendre leur marche dans le temps et la paix retrouvée dans une étreinte avec l’avenir. Il n y a jamais eu de désarmement au Liban où certaines milices sont plus équipées que l’armée nationale libanaise, pensez vous que ce pays connaîtra la paix dans ces conditions ?
Du Cambodge au Salvador, du Guatemala au Nicaragua en passant par le Liberia et la Sierra Leone, des exemples concrets sont devant nous, il n’y a que chez nous en Côte d’Ivoire où malgré les échecs en grandeur nature qui sont sous nos yeux, au Burundi, en Angola et au Congo, on pense qu’on peut aller aux élections sans désarmement. Quel est donc ce pays bizarre qui fait tout à l’envers et s’étonne des malheurs sans fin qu’ il reçoit en pleine figure?
Malheureusement on avait trouvé des ivoiriens intelligents qui au nom de leurs petits intérêts, sordides, mesquins et de leurs petits calculs politiques, personnels, particuliers, partiels et parcellaires, se sont obstinés à nous conduire dans des souffrances inutiles en proclamant urbi et orbi que le désarmement pouvait attendre, les élections d’abord. Les résultats du fiasco sont aujourd’hui sous nos yeux.
Voilà le résultat catastrophique d’une cécité politique que les ivoiriens doivent tous payer au prix fort. Quel est donc ce pays bizarre qui fait tout à l’envers et s’étonne des malheurs sans fin dont il est le sujet ?
V – L’Avenir des relations entre la Côte d’Ivoire et la France
Il ne s’agit pas ici d’accuser la France de tout et de n’importe quoi. La Côte d’ivoire est un pays majeur et les ivoiriens veulent vivre dans un monde qui est lui aussi majeur. Ils refusent aujourd’hui les accords de tutelles qui lient leur pays à la France. Sur ce plan beaucoup d’ivoiriens se reconnaissent dans certains actes du Président Gbagbo, malgré la naïveté que nous lui reprochons.
Que les marchés publics soient attribués aux entreprises qui proposent un bon prix avec du matériel de qualité. Que ces entreprises soient Japonaises, Américaines, Canadiennes, Chinoises, pakistanaises, tunisiennes ou Indiennes, peu importe. La Côte d’ivoire ne doit pas être un pays réservé à la France. Sur ce plan même le chien dans la rue d’Abidjan ne nous contredira pas.
Ceux qui cherchent à nous niquer avec des vieilleries repeintes et qui veulent comme au temps du commerce muet, échanger l’or, l’ivoire, les perles, les peaux de crocodiles, le gingembre et les poivres du golf de Guinée contre des verrerie, des morceau d’étoffes, de l’eau de vie, des pacotilles et autres babioles, se trompent d’époque.
On peut dire tranquillement ces choses simples sans être un pro-Gbagbo. Car les mêmes propos s’expriment ouvertement à Douala, à Brazzaville, à Lomé, à Cotonou, à Conakry, à Niamey ou à Tombouctou. Il ne s’agit pas d’être pour ou contre la France. Nous voulons exister simplement chez nous aussi avec un minimum de dignité, sans quémander pour vivre.
Tous les africains sont unanimes pour reconnaître, qu’ils n’ont pas d’avenir dans ce genre de relations qui ne profitent qu’aux intérêts français. La France doit se détromper et savoir une bonne fois pour toute que les ivoiriens ont plus de considération pour leurs excréments que pour un tel système d’échanges dans lequel ils n’ont aucun futur pour eux et leurs descendants.
Parce que ce système est fondamentalement déshonorant, humiliant, passé, surpassé et dépassé, par la mondialisation et les réalités marchandes, qui régissent les relations entre les hommes et les peuples. Cependant n’était-il pas mieux d’ouvrir des négociations avec la France pour poser franchement les problèmes au lieu d’une attaque frontale.
Face à un pays dont nous connaissons tous le goût du profit , le mépris qu’il porte depuis des siècles dans son âme pour l’homme noir et sa grande capacité de nuisance, quand il voit ses intérêts menacés par un plus faible que lui ? Nous le disons ici tout net que ce fut une erreur à la fois naïve et lamentable de Laurent Gbagbo et des refondateurs gbagboïstes, frontistes du FPI.
La Côte d’Ivoire, n’est pas opposée à la France, et nous sommes plus que sincère en l’exprimant. La Côte d’Ivoire ne souhaite aucune rupture de ses relations avec la France. Mais les ivoiriens sont en majorité opposés á l’immixtion de la France dans les affaires ivoiriennes et à la main mise de la France sur leur pays.
Nous sommes aujourd’hui persuadés que tout retour en arrière sur ce point, provoquera un affrontement plus que sanglant, qui fera de nombreuses pertes des deux côtés. Certains souhaitent ouvertement, que sonne l’heure de ce face à face comme une sorte d’exorcisme pour que le démon français quitte définitivement le corps politique de la Côte d’Ivoire, comme au Rwanda.
Puisse que la France et ses pantins locaux semblent avoir choisis cette solution d’aplatissement du peuple ivoirien, il faut qu’ils sachent avec courtoisie et sans aucune véhémence, que c’est cela l’inacceptable pour les ivoiriens. Car c’est de leur faute et par leurs comportements irréfléchis que les rapports de force ont été modifiés à l’avantage de Laurent Gbagbo, qui habite aujourd’hui encore le palais présidentiel d’Abidjan dans un imbroglio sans fin.
C’est aussi de leur faute que notre frère le Dr Allassane Ouattara et son Gouvernement sont dans la souricière du Forum Golf Hôtel d’Abidjan. Comment la France et ses alliés locaux vont-ils se débarrasser d’un Laurent Gbagbo, décidé à mourir dans le palais présidentiel ? Quelles leçons la crise ivoirienne procure t-elle à l’Afrique ?
VI – Les Leçons pour l’Afrique
Tout président de la république Française qui pense dans sa grosse tête que les africains vont travailler aujourd’hui dans leurs plantations de coton, de cacao, d’arachide, d’ananas ou de café pour lui envoyer l’argent de leur travail pour financer sa campagne électorale se trompe d’époque. Les africains de Houphouët, à Bongo, Mobutu et consort, ont fait ce chemin avec les résultats que l’on sait. Basta et finito.
La grande erreur de Sarkozy et de la France a été de téléphoner à Laurent Gbagbo pour lui dire 10 minutes après la proclamation contreversée des résultats par le président de la CEI, qu’il mettait un avion à la disposition de Gbagbo pour son départ. Cette forme d’ingérence révolte même ceux qui ne veulent pas voir Gbagbo en photo. Le soutien de la France n’est plus l’évangile en Afrique. Il est même un handicape dans l’opinion africaine.
Il faut toujours se méfier de celui qui veut faire votre bonheur à votre place. La crise du Biafra nous enseigne que la France avait décidé de verser de façon unilatérale les redevances pétrolières qu’elle devait au gouvernement fédéral nigérian au chef de la rébellion sécessionniste du réduit biafrais le Général Odumegwu Emeka Ojukwu. Dans quel but, évidemment que cela saute aux yeux, car cet argent devait retourner en France pour acheter les armes que la France livrait cyniquement au Biafra.
Aujourd’hui nous faisons tous le constat que le franc CFA est un piège et que la France peut unilatéralement bloquer les avoirs de n’importe quel pays africain membre de cette zone monétaire en cas de divergence avec les intérêts français. Il y a longtemps que cela devait nous donner à réfléchir, et voilà que cette décision permet aux aveugles africains de retrouver la vue.
Au Rwanda on avait voulu maintenir Habyarimana, un ami de la France et son ethnie au pouvoir, nous connaissons tous la tragédie découlant d’un tel choix. Le génocide rwandais nous enseigne et cela n’est pas contesté que :
l’opération turquoise française n’a rien fait pour empêcher les militaires et les miliciens du génocide de s’installer avec armes et bagages à quelques kilomètres du Rwanda.
- L’ autorité Hutu en fuite de la Banque nationale du Rwanda, a pu retirer en six prélèvements des sommes importantes à la Banque de France et à la BNP 2737 119,65 FF du 30 juin au 1er août 1994, pour la Banque de France 30 488 140,35 FF.
- La commission d’enquête de la société civile française se demande comment des responsables du génocide en fuite et recherchés de par le monde, peuvent arriver à Paris et oser effectuer des retraits bancaires, au nom d’institutions qu’ils ne dirigent plus ? Le problème de la légalité et de la légitimité dont la France se fait le champion aujourd’hui est vraiment à l’ordre du jour dans sa coopération avec l’Afrique.
Ces sommes importantes, n’ont-elles pas alimenté des achats massifs d’armes françaises, pour alimenter la reconquête du pouvoir par les Hutus comme hier au Biafra ? Se sont des simples questions qui ressurgiront demain.
Les dirigeants politiques français doivent comprendre que le temps des intimidations est terminé. C’est notre frère le président Paul Kagamé lui-même qui le dit dans une adresse à l’Afrique et au monde au Stade Amahoro de Kigali le 6 avril 2004.
Le Rwanda avait rompue courageusement ses relations diplomatiques avec la France, qui est aujourd’hui encore accusée d’avoir soutenue le génocide Tutsi au Rwanda. Une réconciliation avec ce petit pays ne sera pas facile car la France trouvera difficilement des fantoches pour trahir l’équilibre précaire de ce pays, et puis le Rwanda a sa propre monnaie, le franc rwandais géré par sa propre banque centrale. Le Rwanda connaît les limites du franc des colonies françaises d’Afrique.
Les petits politicards gesticulateurs de petite taille de Paris en France doivent comprendre que le temps où ils choisissaient qui devait diriger nos pays africains est bel et bien terminé. On peut dire ces choses simples tranquillement sans boire le café avec Laurent Gbagbo, tous les matins. Enfin peut-on perpétuer des Bokassa, des Mobutu, des Bongo et des Eyadema indéfiniment dans nos pays africains en connaissant les échecs en grandeur nature de ce système ?
Quel visage aura la France, si elle intervenait en Côte d’Ivoire pour régler dans le sang une situation de politique intérieure qui ne concerne que les ivoiriens ? Quant à la CEDEAO et à l’Union africaine elles sont depuis longtemps en position d’hors jeu.
Quelle sera la position de la France demain au Tchad ou au Gabon si la commission électorale proclame un vainqueur et qu’après recours la cours constitutionnelle Tchadienne ou gabonaise proclame un autre vainqueur ?
Toutes ces questions doivent trouver des réponses maintenant pour prévenir les catastrophes de demain.
Nous disons cela sans être pour autant un antifrançais et encore très moins un Gbagboïste de Mama, le village natale de Laurent Gbagbo.
Dans le combat entre la légalité et la légitimité actuelle en Côte d’Ivoire, ne faut-il pas rappeler que les Khmer rouges étaient à l’ONU au nom du Cambodge dans un ridicule sans nom. Ne faut-il pas rappeler aussi à nos amis français que le gouvernement provisoire du général De Gaulle à la Libération du 3 juin 1944 au 20 janvier 1946 était tout à fait légitime.
Car dirigé par celui qui avait conduit la résistance Française aux cotés des alliées, mais n’était pas légal au regard des lois françaises car n’étant pas issu d’élections libres au suffrage universel direct. Que nos contradicteurs nous traînent dans la boue si cela n’est pas un brin de vérité.
Au regard de ce qui précède, nous demandons aux autorités françaises de sortir de cette prison humiliante et indigne dans laquelle elles s’enfoncent depuis des années. Changer de lunettes pour avoir un autre regard sur l’Afrique. Car l’entêtement des autorités françaises mettra notre frère le Dr Dramane Allassane Ouattara, dans la situation du Shah d’Iran face au Dr Mohamed Mossadegh, dans la crise sur la nationalisation du pétrole iranien le 14 mars 1951.
Le Dr Mossadegh est aujourd’hui vénéré comme un martyr, alors que le nom Pahlavi, du Shah in Shah aryennes est celui qu’on donne aujourd’hui aux chiens à Téhéran. Nous avons simplement ici voulu interroger l’histoire pour ne pas commettre les mêmes erreurs du passé.
Notre but en rappelant ces faits est de renforcer l’idée de liberté et d’indépendance de l’immense tiers monde dont nous sommes les fils, car nous sommes convaincus que ce bas monde peut évoluer positivement sans que les puissants ne transforment les pays plus faibles en un immense champs d’expérimentation western dans lequel la loi du plus fort serait toujours la meilleure.
Ceux qui sont atteints de cette maladie qu’on appelle la paresse intellectuelle trouveront que nous sommes longs dans l’exposé des faits. C’est pour eux que nous allons conclure pour plaire à leur incapacité à voir loin en commençant par voir ce qui est devant leurs yeux.
VII – Postulat de conclusion générale
Une nuit d’entre les mille et une nuit, Shéhérazade racontait à son royal époux l’histoire d’un naufragé qui s’éveillait sur une plage déserte. Ses pas le conduisirent à une ville dont la porte était ouverte. Les sentinelles, figées, ne lui prêtèrent aucune attention et le laissèrent passer. Il interpella le premier passant qu’il rencontra.
En vain l’homme ne bougeait pas et ne répondait pas. Plus loin des groupes de gens restaient sur place sans esquisser un seul geste. Le silence lugubre qui pesait sur la cité inquiéta le naufragé. Son angoisse tourna à la panique quand il comprit que tous les habitants étaient pétrifiés comme des statues. .
Ce conte nous revient souvent à l’esprit quand nous voyageons en Côte d’Ivoire. D’Abidjan à Bouaké, de Daloa, à Ferké, de Bongouanou à Daoukro, d’Adzopé à Abengourou, de Toumodi à Yamoussokro ou à Man. Nous constatons que les ordures ménagères sont à la même place depuis plusieurs années. C’est aussi cela la refondation.
Les mêmes eaux usées sont à la même place, la poste est incapable de vous payer un mandat de 10 000F cfa même télégraphique, obligeant les abidjanais à s’orienter vers les sociétés de transport pour acheminer leurs courriers. La lagune Ebrié est devenue un marécage nauséabond qui ne dérange personne.
Bref tout nous semble immobilisé dans un passé lointain. Impression que nous partageons avec de nombreux compatriotes de la diaspora ivoirienne et africaine. C’est comme si le triomphe de la médiocrité avait définitivement arrêté l’évolution de la société ivoirienne, brutalement gelé la pensée et éternellement fixé les mœurs.
Dans le récit de la belle et astucieuse Shéhérazade, le naufragé apprenait qu’une sorcière vindicative avait envoûté la métropole et ses habitants. Il décidait de se lancer à sa recherche afin d’obtenir d’elle la rupture du charme et de la libération du peuple… Telle est aussi, selon nous, la quête des élites politiques ivoiriennes, du FPI, au PDCI, du RDR au MFA jusqu’au PIT.
En vérité ce dont la Côte d’Ivoire à besoin, ce n’est pas une adaptation ou un aggiornamento comme on dit souvent, mais une levée des chaînes, une libération des initiatives pour reconstruire le vivre ensemble, renforcer la cohésion de la nation, une remise en route de la pensée figée, qui nous a conduit à cette guerre absurde et insensée, au cour de laquelle des ivoiriens ont tué et torturé d’autres ivoiriens.
Bref, une libération et un retour à l’esprit d’ouverture et de discussion qui ont fondé la civilisation humaniste de ce pays qui a accueillit des ressortissants des pays voisins, vivants en frères et sœurs dans une nation qui est aujourd’hui un projet commun dans un destin à construire en commun, loin des anathèmes et autres exclusions dont les résultats sont devant nous.
C’est cela qui nous conduit à rejoindre dans la pensée l’immense sociologue et historien français Alain Touraine : << les conflits sont créateurs de rapports sociaux, étouffez les conflits et vous aurez la violence en permanence et non l’harmonie >>. La révolution française de 1789, fut dans ce sens un conflit qui modifia considérablement les rapports sociaux à l’intérieur de la société française.
Etre naïf en politique, c’est croire que ceux qui son en face de vous sont sincères et de bonne foi. C’est croire à la force impartiale de l’ONU et à la coopération avec la France. Il faut vraiment être Gbagbo Laurent pour croire que Soro Guillaume et sa rébellion après avoir tué et éventré des ivoiriens veulent le bien de la Côte d’Ivoire. Ils avaient dit ouvertement qu’ils ont pris les armes pour qu’Allassane Ouattara, soit le président de la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui c’est chose faite à l’hôtel du golf.
Puisse nos élites nous conduire vers la paix et l’harmonie en facilitant la réconciliation entre ivoiriens, pour la renaissance d’une Côte d’Ivoire, digne, libre et prospère pour tous ses habitants. Tel est notre lecture sans ménagement du comportement du professeur et historien, président, KOUDOU Gbagbo Laurent, devant la réalité de l’exercice du pouvoir politique en Côte d’Ivoire, depuis le 26 octobre 2000, jusqu’ à nos jours.
Merci de votre aimable attention.
Dr Serge-Nicolas NZI
Chercheur en Communication
Lugano ( Suisse)
Tel. 004179.246.53.53
E-Mail : nzinicolas@yahoo.fr
samedi 1 janvier 2011
CHÈRE FRANÇEAFRIQUE ! (de Venance Konan)
Chère Françafrique !
Jusqu’à ce jour en Afrique, tous les maux de la société sont toujours attribués à un sorcier ou une sorcière. Un homme meurt-il, dans un accident de voiture par exemple, on trouvera un sorcier à qui attribuer le décès. En 2007, après la cérémonie de la « flamme de la paix » à Bouaké, un leader de la FESCI, ce syndicat estudiantin qui soutient aveuglément Laurent Gbagbo trouva la mort dans un accident de la route en faisant un dépassement dangereux. Le jour de son enterrement, ses camarades étudiants incendièrent les cases de quelques vieilles personnes de son village qu’ils accusaient d’être les sorciers responsables de sa mort.
Cette mentalité anime encore bon nombre d’intellectuels africains et panafricanistes installés bien au chaud (façon de parler en ce moment) en France. Pour toute chose, il faut chercher le coupable ailleurs. Et pour eux, tout ce qui arrive de négatif en Afrique est le fait de la France ou de son excroissance, la Françafrique. C’est elle, notre sorcier. Ainsi, la crise post-électorale qui secoue en ce moment la Côte d’Ivoire serait la faute à la France ou à la Françafrique. Chère Françafrique ! Que serions-nous devenus, nous intellectuels africains et panafricanistes, si tu n’avais pas existé pour nous dédouaner de toute responsabilité dans nos malheurs. Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont ainsi présentés par nos chers intellectuels africains et panafricanistes de Paris comme de preux chevaliers qui se battent pour délivrer leur pays, voire tout le continent, des griffes de la vilaine Françafrique. Des rives enneigées de la Seine, personne parmi eux n’a remarqué que Laurent Gbagbo a cédé toute l’économie de son pays aux multinationales, surtout françaises, et qu’en dix ans de règne, il n’a formé aucun cadre susceptible de créer ou de diriger la moindre entreprise, puisqu’il a laissé la FESCI tuer tout le système éducatif en y pratiquant le racket, le viol, le meurtre. Personne n’a remarqué la formidable prédation à laquelle s’est livré son régime sur l’économie ivoirienne et la corruption que ce régime a secrété, gangrénant toute la société ivoirienne. Personne là-bas n’a remarqué que Blé Goudé a triché pour obtenir sa licence, qu’il est le chef des « Jeunes patriotes » qui se sont surtout signalés par leur aptitude à racketter, à violer, et à tuer, et que ce Blé Goudé, aujourd’hui nommé ministre par Gbagbo, est sous sanctions de l’ONU pour tous ces motifs. Loin de moi l’idée d’excuser les mêmes crimes commis par la rébellion et que je n’ai jamais cessé de dénoncer, mais un crime n’excuse pas l’autre. Et personne là-bas n’a remarqué la liberté de la presse bâillonnée, les messages de haine délivrés par la radio télévision nationale et la presse proche de Laurent Gbagbo, les ressortissants étrangers quotidiennement menacés. Non ! Laurent Gbagbo est un grand combattant de la liberté !
Trêve de balivernes. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire en ce moment est tout simplement une tentative de braquage de la démocratie. Les Ivoiriens ont voté et ont dans leur grande majorité donné leurs voix à Alassane Ouattara. Et Laurent Gbagbo qui proclame urbi et orbi que son pouvoir lui vient de Dieu ne veut pas le lâcher.
Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris nous parlent d’ingérence de la communauté internationale dans les affaires d’un pays africain, du droit qui a été dit par le Conseil constitutionnel, de trucages des scrutins dans le nord de la Côte d’Ivoire, de pressions des rebelles des Forces nouvelles.
Sans doute que dans le confort dans lequel ils vivent à Paris, ils n’ont pas remarqué qu’en 2005, ce sont les leaders politiques ivoiriens, avec à leur tête le président de la république d’alors, Laurent Gbagbo, qui ont demandé à l’ONU de venir certifier tout le processus électoral ivoirien. Et chaque étape du processus a dû être validée par l’Onu avant que l’on ne passe à la suivante. On se souvient tous, pour ceux qui veulent s’en souvenir, qu’en février dernier, Laurent Gbagbo avait dissout la Commission Electorale Indépendante et obtenu des modifications dans sa composition, ainsi qu’un nouveau président. On se souvient que l’enrôlement sur les listes électorales avait été l’objet de plusieurs blocages et reports, pour satisfaire les désirs de Laurent Gbagbo. Je vous épargne toutes les péripéties des audiences foraines où le sang avait même coulé. Nous avons mis cinq ans pour arriver à ce que M. Laurent Gbagbo convoque le collège électoral au scrutin. Entre temps, il avait signé l’accord politique de Ouagadougou et ses différents ajouts, avec M. Guillaume Soro qu’il a présenté avant l’élection comme le meilleur des ses différents Premiers ministres. C’est cette communauté internationale, aujourd’hui vouée aux gémonies, qui avait financé tout ce processus. Et c’est lorsqu’elle a validé la liste électorale qu’on est allée à l’élection. Personne à cette époque n’avait parlé d’ingérence étrangère et de souveraineté nationale bafouée. Nous sommes allés au premier tour du scrutin, avec toujours les rebelles armés au nord. Personne, ni ici, ni ailleurs n’y avait trouvé à redire. Les résultats qui plaçaient M. Gbagbo en tête ont été acceptés par tous, après la certification du représentant de l’ONU. Et dans les attendus du décret signé par M. Gbagbo pour convoquer les Ivoiriens au second tour, il est bien mentionné « vue la certification des résultats du premier tour par le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU… » Je vous rappelle que M. Gbagbo avait instauré un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire, sans avoir prévenu qui que ce soit, à la veille de ce second tour. Et il avait dépêché 1500 soldats dans les zones occupées par la rébellion. A l’issue du scrutin, personne, parmi les personnes présentes sur place et habilitées à rendre compte de la manière dont les opérations se sont déroulées, à savoir les préfets et sous-préfets nommés par Laurent Gbagbo, les observateurs de l’ONUCI, de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la CEDEAO, du Centre Carter, les journaliste présents, et Dieu seul sait combien ils étaient nombreux, personne n’a signalé d’incidents majeurs ayant entaché la sincérité du scrutin. On ne nous a signalé aucun incident entre les soldats envoyés pas Gbagbo et les Forces nouvelles. On est d’accord ? Et voici qu’à peine le président de la CEI a-t-il donné les résultats provisoires que le président du conseil constitutionnel se précipite sur le plateau de la télévision pour annoncer que ce que le président de la CEI a dit est nul et non avenu, parce que des résultats seront annulés. Et quelques heures plus tard, sans que l’on sache ni comment, ni quand il a enquêté, il annule d’un trait les résultats de tous les départements du nord en y ajoutant Bouaké qui est au centre, qui ont massivement voté pour M. Ouattara. Vous ne trouvez pas cela un peu gros, amis intellectuels africains et panafricanistes de Paris ? Mais ce qui est absolument inacceptable dans l’attitude du Conseil constitutionnel est qu’il a pris sa décision totalement en dehors du droit. La loi ivoirienne dit très précisément ceci : « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Qu’est ce qui est ambigu dans ce texte ? Qu’est-ce qui est sujet à interprétation ? On pourrait peut-être pinailler sur la question de savoir qui du Conseil constitutionnel ou du Représentant du Secrétaire général de l’ONU a le dernier mot. Mais rien, absolument rien, dans le droit ivoirien n’autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats du scrutin d’une région, de manière à inverser les résultats provisoires. Je voudrais que nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris m’indiquent ce qui en droit pourrait autoriser le Conseil constitutionnel à violer ainsi la loi dont il est le gardien. Le Conseil constitutionnel ivoirien a tout simplement inventé ici le droit. Or il n’est pas le législateur. Son rôle est de dire tout simplement le droit, et rien que le droit.
Aussi, lorsque j’entends ou lis nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris s’arcbouter sur le fait que le Conseil constitutionnel a le dernier mot, sans dire que ce Conseil a tout dit sauf le droit, je dis qu’il sont tout simplement malhonnêtes. Se rendent-ils compte de ce qu’ils défendent ? La Côte d’Ivoire est entrée dans cette période de turbulence qui a débouché sur une rébellion armée parce qu’à un moment donné, les ressortissants du nord de ce pays avaient été suspectés de n’être pas totalement ivoiriens. Après une dizaine d’années de tumulte, après plusieurs reports dus à la suspicion et dans le souci d’éviter toutes contestations ultérieures, des élections libres et transparentes se sont déroulées, sous le regard du monde entier. Elles ont été les plus coûteuses au monde. Les Ivoiriens tenaient tellement à sortir de cette crise qu’ils ont accepté sans broncher qu’Adama Dolo, dit Dahico, humoriste de son état, qui avait été naturalisé depuis moins de cinq ans, soit candidat, par la seule volonté de Laurent Gbagbo, en violation de la constitution. Et le monde entier a constaté le très fort taux de participation qui était un record mondial. Et voici que le Conseil constitutionnel, sans aucune base juridique, raye d’un trait les votes de toutes les régions du nord. Il leur dénie ainsi tout simplement leur citoyenneté ivoirienne, ce que l’ivoirité tant décriée n’avait pas osé faire. Se rendent-ils compte, ces intellectuels africains et panafricaniste parisiens qu’en défendant cela, et si par hasard une telle forfaiture devrait prospérer, ils cautionneraient ainsi la future guerre civile qui dévasterait la Côte d’Ivoire ? C’est cela leur panafricanisme ? S’en rendent-ils compte ? La question ici n’est pas de soutenir tel candidat contre tel autre. Il s’agit de défendre la démocratie. Les Ivoiriens ont voté, ils ont clairement exprimé leur vote, et Laurent Gbagbo veut confisquer leur volonté. Il n’y a pas de France ou de Françafrique dans cette affaire. Chercher des poux dans les cheveux de la France, c’est chercher à accuser un sorcier lorsqu’un homme ivre se tue au volant de sa voiture. Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris ont presque tous fui leurs pays respectifs pour cause de déficit démocratique et d’absence de liberté. C’est en tout cas ce que la plupart d’entre eux disent. Nous autres qui avons fait le choix de continuer de vivre sur le continent malgré tout, nous avons toujours rêvé de voir nos pays devenir aussi démocratiques qu’ailleurs. Nous nous sommes toujours battus pour cela, avec la conviction que notre état actuel n’est pas une fatalité. Ce que l’on a toujours reproché à la France et à son excroissance la françafrique, c’est d’avoir maintes fois piétiné les désirs démocratiques des peuples africains et de leur avoir imposé des dirigeants corrompus. Et voici qu’un peuple africain, celui de Côte d’Ivoire, a pu choisir librement, pour la première fois de son histoire, celui qu’il veut comme dirigeant. Et un dictateur aux petits pieds veut tuer cette démocratie naissante en massacrant tous ceux qui dans son pays s’opposent à lui. Toute la communauté internationale dit « non » à ce hold-up. Et ce sont nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris qui, aujourd’hui, prennent la défense de cet assassin, aux côtés des Vergès, Dumas, et autres barons de l’extrême droite française ? Pincez-moi, je rêve ! Et ils ne disent pas un seul mot sur les centaines de personnes que Gbagbo et ses mercenaires tuent tous les jours ! C’est vrai que Paris est loin et ils n’entendent pas les crépitements de mitraillettes, les cris des personnes que l’on enlève, que l’on torture, les bruits des casseroles sur lesquelles les femmes tapent dans tous les quartiers où l’on ne dort plus, pour signaler l’arrivée des tueurs, dérisoires défenses contre le silence des intellectuels africains et panafricanistes de Paris. Non, vous n’entendez pas, et vous direz comme Blé Goudé, que ce sont des rumeurs, ou comme Laurent Gbagbo, que c’est encore un complot de la communauté internationale. Mais moi je vis à Abidjan et chaque nuit, je me couche avec la peur au ventre, et, pendant les nuits de couvre-feu, j’ai entendu durant des heures les tirs des miliciens et mercenaires de Gbagbo. J’ai moi aussi, fait le compte de mes connaissances tuées, torturées ou disparues. Je ne sais pas quand mon tour arrivera, parce que je suis dans leur collimateur. De grâce, que ceux qui ne peuvent rien pour nous aient au moins la décence de se taire.
Venance Konan
Email : venancekonan@yahoo.fr
Site web : www.venancekonan.com
Jusqu’à ce jour en Afrique, tous les maux de la société sont toujours attribués à un sorcier ou une sorcière. Un homme meurt-il, dans un accident de voiture par exemple, on trouvera un sorcier à qui attribuer le décès. En 2007, après la cérémonie de la « flamme de la paix » à Bouaké, un leader de la FESCI, ce syndicat estudiantin qui soutient aveuglément Laurent Gbagbo trouva la mort dans un accident de la route en faisant un dépassement dangereux. Le jour de son enterrement, ses camarades étudiants incendièrent les cases de quelques vieilles personnes de son village qu’ils accusaient d’être les sorciers responsables de sa mort.
Cette mentalité anime encore bon nombre d’intellectuels africains et panafricanistes installés bien au chaud (façon de parler en ce moment) en France. Pour toute chose, il faut chercher le coupable ailleurs. Et pour eux, tout ce qui arrive de négatif en Afrique est le fait de la France ou de son excroissance, la Françafrique. C’est elle, notre sorcier. Ainsi, la crise post-électorale qui secoue en ce moment la Côte d’Ivoire serait la faute à la France ou à la Françafrique. Chère Françafrique ! Que serions-nous devenus, nous intellectuels africains et panafricanistes, si tu n’avais pas existé pour nous dédouaner de toute responsabilité dans nos malheurs. Laurent Gbagbo et Blé Goudé sont ainsi présentés par nos chers intellectuels africains et panafricanistes de Paris comme de preux chevaliers qui se battent pour délivrer leur pays, voire tout le continent, des griffes de la vilaine Françafrique. Des rives enneigées de la Seine, personne parmi eux n’a remarqué que Laurent Gbagbo a cédé toute l’économie de son pays aux multinationales, surtout françaises, et qu’en dix ans de règne, il n’a formé aucun cadre susceptible de créer ou de diriger la moindre entreprise, puisqu’il a laissé la FESCI tuer tout le système éducatif en y pratiquant le racket, le viol, le meurtre. Personne n’a remarqué la formidable prédation à laquelle s’est livré son régime sur l’économie ivoirienne et la corruption que ce régime a secrété, gangrénant toute la société ivoirienne. Personne là-bas n’a remarqué que Blé Goudé a triché pour obtenir sa licence, qu’il est le chef des « Jeunes patriotes » qui se sont surtout signalés par leur aptitude à racketter, à violer, et à tuer, et que ce Blé Goudé, aujourd’hui nommé ministre par Gbagbo, est sous sanctions de l’ONU pour tous ces motifs. Loin de moi l’idée d’excuser les mêmes crimes commis par la rébellion et que je n’ai jamais cessé de dénoncer, mais un crime n’excuse pas l’autre. Et personne là-bas n’a remarqué la liberté de la presse bâillonnée, les messages de haine délivrés par la radio télévision nationale et la presse proche de Laurent Gbagbo, les ressortissants étrangers quotidiennement menacés. Non ! Laurent Gbagbo est un grand combattant de la liberté !
Trêve de balivernes. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire en ce moment est tout simplement une tentative de braquage de la démocratie. Les Ivoiriens ont voté et ont dans leur grande majorité donné leurs voix à Alassane Ouattara. Et Laurent Gbagbo qui proclame urbi et orbi que son pouvoir lui vient de Dieu ne veut pas le lâcher.
Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris nous parlent d’ingérence de la communauté internationale dans les affaires d’un pays africain, du droit qui a été dit par le Conseil constitutionnel, de trucages des scrutins dans le nord de la Côte d’Ivoire, de pressions des rebelles des Forces nouvelles.
Sans doute que dans le confort dans lequel ils vivent à Paris, ils n’ont pas remarqué qu’en 2005, ce sont les leaders politiques ivoiriens, avec à leur tête le président de la république d’alors, Laurent Gbagbo, qui ont demandé à l’ONU de venir certifier tout le processus électoral ivoirien. Et chaque étape du processus a dû être validée par l’Onu avant que l’on ne passe à la suivante. On se souvient tous, pour ceux qui veulent s’en souvenir, qu’en février dernier, Laurent Gbagbo avait dissout la Commission Electorale Indépendante et obtenu des modifications dans sa composition, ainsi qu’un nouveau président. On se souvient que l’enrôlement sur les listes électorales avait été l’objet de plusieurs blocages et reports, pour satisfaire les désirs de Laurent Gbagbo. Je vous épargne toutes les péripéties des audiences foraines où le sang avait même coulé. Nous avons mis cinq ans pour arriver à ce que M. Laurent Gbagbo convoque le collège électoral au scrutin. Entre temps, il avait signé l’accord politique de Ouagadougou et ses différents ajouts, avec M. Guillaume Soro qu’il a présenté avant l’élection comme le meilleur des ses différents Premiers ministres. C’est cette communauté internationale, aujourd’hui vouée aux gémonies, qui avait financé tout ce processus. Et c’est lorsqu’elle a validé la liste électorale qu’on est allée à l’élection. Personne à cette époque n’avait parlé d’ingérence étrangère et de souveraineté nationale bafouée. Nous sommes allés au premier tour du scrutin, avec toujours les rebelles armés au nord. Personne, ni ici, ni ailleurs n’y avait trouvé à redire. Les résultats qui plaçaient M. Gbagbo en tête ont été acceptés par tous, après la certification du représentant de l’ONU. Et dans les attendus du décret signé par M. Gbagbo pour convoquer les Ivoiriens au second tour, il est bien mentionné « vue la certification des résultats du premier tour par le Représentant spécial du secrétaire général de l’ONU… » Je vous rappelle que M. Gbagbo avait instauré un couvre-feu sur toute l’étendue du territoire, sans avoir prévenu qui que ce soit, à la veille de ce second tour. Et il avait dépêché 1500 soldats dans les zones occupées par la rébellion. A l’issue du scrutin, personne, parmi les personnes présentes sur place et habilitées à rendre compte de la manière dont les opérations se sont déroulées, à savoir les préfets et sous-préfets nommés par Laurent Gbagbo, les observateurs de l’ONUCI, de l’Union européenne, de l’Union africaine, de la CEDEAO, du Centre Carter, les journaliste présents, et Dieu seul sait combien ils étaient nombreux, personne n’a signalé d’incidents majeurs ayant entaché la sincérité du scrutin. On ne nous a signalé aucun incident entre les soldats envoyés pas Gbagbo et les Forces nouvelles. On est d’accord ? Et voici qu’à peine le président de la CEI a-t-il donné les résultats provisoires que le président du conseil constitutionnel se précipite sur le plateau de la télévision pour annoncer que ce que le président de la CEI a dit est nul et non avenu, parce que des résultats seront annulés. Et quelques heures plus tard, sans que l’on sache ni comment, ni quand il a enquêté, il annule d’un trait les résultats de tous les départements du nord en y ajoutant Bouaké qui est au centre, qui ont massivement voté pour M. Ouattara. Vous ne trouvez pas cela un peu gros, amis intellectuels africains et panafricanistes de Paris ? Mais ce qui est absolument inacceptable dans l’attitude du Conseil constitutionnel est qu’il a pris sa décision totalement en dehors du droit. La loi ivoirienne dit très précisément ceci : « dans le cas où le Conseil constitutionnel constate des irrégularités graves de nature à entacher la sincérité du scrutin et à en affecter le résultat d’ensemble, il prononce l’annulation de l’élection et notifie sa décision à la Commission électorale indépendante qui en informe le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies et le Représentant du Facilitateur à toutes fins utiles. La date du nouveau scrutin est fixée par décret pris en conseil des ministres sur proposition de la CEI. Le scrutin a lieu au plus tard 45 jours à compter de la date de la décision du Conseil constitutionnel. » Qu’est ce qui est ambigu dans ce texte ? Qu’est-ce qui est sujet à interprétation ? On pourrait peut-être pinailler sur la question de savoir qui du Conseil constitutionnel ou du Représentant du Secrétaire général de l’ONU a le dernier mot. Mais rien, absolument rien, dans le droit ivoirien n’autorise le Conseil constitutionnel à annuler les résultats du scrutin d’une région, de manière à inverser les résultats provisoires. Je voudrais que nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris m’indiquent ce qui en droit pourrait autoriser le Conseil constitutionnel à violer ainsi la loi dont il est le gardien. Le Conseil constitutionnel ivoirien a tout simplement inventé ici le droit. Or il n’est pas le législateur. Son rôle est de dire tout simplement le droit, et rien que le droit.
Aussi, lorsque j’entends ou lis nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris s’arcbouter sur le fait que le Conseil constitutionnel a le dernier mot, sans dire que ce Conseil a tout dit sauf le droit, je dis qu’il sont tout simplement malhonnêtes. Se rendent-ils compte de ce qu’ils défendent ? La Côte d’Ivoire est entrée dans cette période de turbulence qui a débouché sur une rébellion armée parce qu’à un moment donné, les ressortissants du nord de ce pays avaient été suspectés de n’être pas totalement ivoiriens. Après une dizaine d’années de tumulte, après plusieurs reports dus à la suspicion et dans le souci d’éviter toutes contestations ultérieures, des élections libres et transparentes se sont déroulées, sous le regard du monde entier. Elles ont été les plus coûteuses au monde. Les Ivoiriens tenaient tellement à sortir de cette crise qu’ils ont accepté sans broncher qu’Adama Dolo, dit Dahico, humoriste de son état, qui avait été naturalisé depuis moins de cinq ans, soit candidat, par la seule volonté de Laurent Gbagbo, en violation de la constitution. Et le monde entier a constaté le très fort taux de participation qui était un record mondial. Et voici que le Conseil constitutionnel, sans aucune base juridique, raye d’un trait les votes de toutes les régions du nord. Il leur dénie ainsi tout simplement leur citoyenneté ivoirienne, ce que l’ivoirité tant décriée n’avait pas osé faire. Se rendent-ils compte, ces intellectuels africains et panafricaniste parisiens qu’en défendant cela, et si par hasard une telle forfaiture devrait prospérer, ils cautionneraient ainsi la future guerre civile qui dévasterait la Côte d’Ivoire ? C’est cela leur panafricanisme ? S’en rendent-ils compte ? La question ici n’est pas de soutenir tel candidat contre tel autre. Il s’agit de défendre la démocratie. Les Ivoiriens ont voté, ils ont clairement exprimé leur vote, et Laurent Gbagbo veut confisquer leur volonté. Il n’y a pas de France ou de Françafrique dans cette affaire. Chercher des poux dans les cheveux de la France, c’est chercher à accuser un sorcier lorsqu’un homme ivre se tue au volant de sa voiture. Nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris ont presque tous fui leurs pays respectifs pour cause de déficit démocratique et d’absence de liberté. C’est en tout cas ce que la plupart d’entre eux disent. Nous autres qui avons fait le choix de continuer de vivre sur le continent malgré tout, nous avons toujours rêvé de voir nos pays devenir aussi démocratiques qu’ailleurs. Nous nous sommes toujours battus pour cela, avec la conviction que notre état actuel n’est pas une fatalité. Ce que l’on a toujours reproché à la France et à son excroissance la françafrique, c’est d’avoir maintes fois piétiné les désirs démocratiques des peuples africains et de leur avoir imposé des dirigeants corrompus. Et voici qu’un peuple africain, celui de Côte d’Ivoire, a pu choisir librement, pour la première fois de son histoire, celui qu’il veut comme dirigeant. Et un dictateur aux petits pieds veut tuer cette démocratie naissante en massacrant tous ceux qui dans son pays s’opposent à lui. Toute la communauté internationale dit « non » à ce hold-up. Et ce sont nos intellectuels africains et panafricanistes de Paris qui, aujourd’hui, prennent la défense de cet assassin, aux côtés des Vergès, Dumas, et autres barons de l’extrême droite française ? Pincez-moi, je rêve ! Et ils ne disent pas un seul mot sur les centaines de personnes que Gbagbo et ses mercenaires tuent tous les jours ! C’est vrai que Paris est loin et ils n’entendent pas les crépitements de mitraillettes, les cris des personnes que l’on enlève, que l’on torture, les bruits des casseroles sur lesquelles les femmes tapent dans tous les quartiers où l’on ne dort plus, pour signaler l’arrivée des tueurs, dérisoires défenses contre le silence des intellectuels africains et panafricanistes de Paris. Non, vous n’entendez pas, et vous direz comme Blé Goudé, que ce sont des rumeurs, ou comme Laurent Gbagbo, que c’est encore un complot de la communauté internationale. Mais moi je vis à Abidjan et chaque nuit, je me couche avec la peur au ventre, et, pendant les nuits de couvre-feu, j’ai entendu durant des heures les tirs des miliciens et mercenaires de Gbagbo. J’ai moi aussi, fait le compte de mes connaissances tuées, torturées ou disparues. Je ne sais pas quand mon tour arrivera, parce que je suis dans leur collimateur. De grâce, que ceux qui ne peuvent rien pour nous aient au moins la décence de se taire.
Venance Konan
Email : venancekonan@yahoo.fr
Site web : www.venancekonan.com
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