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mardi 10 juillet 2012

TIC : L’archivage numérique, une panacée pour une administration moderne ivoirienne

 Les autorités ivoiriennes aspirent à faire de la Côte d’Ivoire un pays émergeant d’ici à 2020. L’une des solutions pour atteindre cette vision chère au président de la République, Alassane Ouattara, c’est inéluctablement la maîtrise des technologies de l’information et de la communication afin de bâtir une administration moderne dans laquelle la sauvegarde des documents officiels ne se fait plus de façon manuelle, comme c’est le cas actuellement en Côte d’Ivoire. 

L’état des lieux en matière de gestion des documents administratifs, depuis l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance, le 7 août 1960, à nos jours est très peu reluisant. Toute l’administration ivoirienne est confrontée à une énorme difficulté : il n’y a aucune base de données des archives, il n’existe aucun plan ni une politique de numérisation des archives en Côte d’Ivoire. Cette carence mérite d’être corrigée et c’est à cette tâche que s’attèle la Société nationale de développement informatique (SNDI), dirigée par M. Soro Nongolougo. Une étude de la SNDI présentée le 6 juillet dernier à la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères, prouve combien il est nécessaire que la Côte d’Ivoire, qui aspire à devenir un pays émergeant à l’horizon 2020, puisse s’adapter aux mutations technologiques, dans un monde devenu aujourd’hui un village planétaire, à travers la vulgarisation et l’utilisation de l’outil informatique dans la gestion de l’administration ivoirienne. La solution que propose la SNDI, c’est l’archivage numérique de tous les actes administratifs, pour constituer la mémoire de l’administration ivoirienne. « Les archives sont l'ensemble des documents, quels que soient leurs dates, leurs lieux de conservation, leurs formes et leurs supports, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l'exercice de leur activité. L’archivage est une obligation légale, prescrite par le code du patrimoine et dans l’intérêt public. D’abord au plan administratif, il permet le fonctionnement d’une administration, à travers la conservation des archives courantes et des archives intermédiaires. Au plan juridique, il permet la justification des droits des personnes nécessaires comme preuve pour établir ou défendre les droits de l’organisme. Enfin au niveau historique, il permet de connaître l’histoire d’une institution et les problèmes socio-économiques d’un territoire pendant une période donnée », explique l’étude. Le DG de la SNDI définit l’archivage numérique comme « l’ensemble des actions, outils et méthodes mis en œuvre pour réunir, identifier, sélectionner, classer et conserver des contenus ou documents numériques, sur un support électronique sécurisé, dans le but de les exploiter et de les rendre accessibles dans le temps, que ce soit à titre de preuve (en cas d’obligations légales notamment ou de litiges) ou à titre informatif ». Cette forme moderne de gestion présente de nombreux atouts, selon Soro Nongolougo et constitue, la solution pour la sauvegarde de la mémoire ivoirienne. Il s’agit de l’authenticité, l’intégrité, la traçabilité, la sécurité, la pérennité. « Il y a des préalables et des conditions à remplir pour un usage adéquat et optimal des archives numérisées, à savoir la constitution de bases légales, la planification de la numérisation des archives de l’administration, la mise en place de systèmes d’informations intégrés de l’administration, mais aussi la vulgarisation de l’usage de l’outil informatique dans toutes les activités», précise-t-il.

Olivier Dion
Publié le mardi 10 juillet 2012   |  L'intelligent d'Abidjan

Procès café-cacao: le Pca de l’usine de Fulton : ‘‘Nous avons acheté une usine dépiécée’’

Le tribunal a repris, hier lundi 9 juillet 2012, l’audition des ex-barons de la filière café-cacao avec le Pca de l’usine de Fulton (Etats-Unis d’Amérique) et procédé à des confrontations directes. 

«Nous avons acheté à 23 milliards de francs Cfa une usine en vrac, en pièces détachées puis, nous avons cherché à la reconstituer parce que certaines parties ont été achetées par d’autres personnes, car tous les compartiments ont vendus aux enchères. » Telle est la réponse que Okaingy Okaingy Louis, Pca de l’usine de Fulton (Etats-Unis d’Amérique) sous le nom de la société ‘’Nyccc’’ a donné au Tribunal. Dans son élan, le prévenu a expliqué qu’il a fallu quatre ans pour mettre l’usine en route et c’est le 14 mai 2004 que l’achat a été opéré. Selon le Pca de l’usine, c’est le Frc (Fonds de régulation et de contrôle café-cacao) qui a acheté l’usine. Du coup, le président Coulibaly Ahmed a demandé que Kouakou Firmin et Kili Angeline, respectivement Dg et Pca du Frc de venir à la barre pour confrontation. Selon le Dg, c’est effectivement le Frc qui a financé l’achat de cette usine dont le terrain et les bâtiments, propriétés du Comté n’étaient pas à vendre. A la question de savoir s’il y avait urgence pour l’achat d’une telle usine dépiécée aux Etats-Unis, le prévenu martèle que c’était une opportunité à saisir pour donner une plus-value au travail des paysans ivoiriens. Et d’ajouter qu’il a pris sur lui, la décision de l’achat suite à une injonction du président Gbagbo. Quant à Kili Angeline, Pca du Frc, elle a déclaré que son conseil d’administration n’a pas siégé pour donner quitus au Dg pour cette affaire. Selon elle, c’est par téléphone que le Dg Kouakou l’a informée puis, il a obtenu quitus après qu’elle a notifié cela aux membres de son conseil. «Pour la mise en route de l’usine, il a fallu un an pour que les premières tablettes de chocolat sortent. Malheureusement, nos concurrents nous ont fait couler. L’usine nous a coûté 46 milliards de francs.», a lancé Kouakou Firmin. Poursuivant ses propos, le prévenu a révélé que l’achat a été effectué sur le fonds dit de ‘’ Reserve de prudence’’ doté d’un budget de 182 milliards de francs CFA de 2002 -2008. Après cette confrontation, c’est Aka épouse Elloh Evelyne Marguerite, directeur générale de Coco-service qui était à la barre pour répondre de sa gestion à la tête de cette structure. Puis, elle a été suivie par le président de la chambre des notaires de Côte d’ Ivoire, Me Niamien N’ Guessan Antoine, qui a répondu aux questions relatives aux actes qu’il a authentifiés lors de la cession de Coco-service et de Sifca. Selon, le président Coulibaly, le notaire est à la barre pour infraction constatées dans ses deux actes. Le procès reprend aujourd’hui avec cette dernière audition

M. Ouattara
Publié le mardi 10 juillet 2012   |  L'intelligent d'Abidjan

mardi 3 juillet 2012

Qui a parlé de justice de vainqueurs ? par Venance Konan

Venance Konan
«Je préfère l’injustice au désordre», disait feu le président Houphouët-Boigny. Et il expliquait que l’injustice pouvait toujours se réparer, alors que lorsque le désordre s’installe, le pire peut arriver. Et la meilleure illustration en a été la réhabilitation publique des personnes qui avaient été condamnées en 1962 et 1963 dans ce que l’on avait appelé les «faux complots.»
Certes, l’impartialité est souhaitable…

Aujourd’hui, une pression est exercée par certaines chancelleries et Ong ainsi qu’une partie de la presse internationale sur les autorités ivoiriennes pour qu’elles jugent les membres des Frci (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) soupçonnés d’avoir commis des massacres à l’ouest de la Côte d’Ivoire lors des combats contre les milices de Laurent Gbagbo qui voulait confisquer le pouvoir perdu dans les urnes par tous les moyens.
Au nom de la justice égale pour tous. La question que tout cela soulève est celle de savoir l’objet final de la justice. Vaste question sur laquelle d’éminents juristes et philosophes planchent depuis des siècles.
À notre humble avis, la justice a pour objet de rétablir l’harmonie dans une société. En punissant le coupable, en dédommageant la victime; dédommagement qui peut venir simplement de la satisfaction de celle-ci de voir le coupable puni, l’on rétablit l’équilibre rompu par le délit ou le crime, afin que la société retrouve sa stabilité.
La justice est toujours rendue dans tous les pays au nom de la société. Mais lorsque son application a pour conséquence la déstabilisation et la mise en danger de la société, lui a-t-on rendu service?
L’on nous dit aujourd’hui que si l’on est en droit de juger les partisans de Laurent Gbagbo qui ont commis tous les crimes dont nous avons tous été victimes à des degrés divers, la vraie justice consisterait à juger aussi ceux qui, en le combattant ont également commis des crimes.
…mais elle est inopportune

Selon jeune Afrique la réconciliation est impossible au pays des Éléphants

Difficile de faire la paix, un an après la fin de la crise postélectorale. Les attaques répétées dans l'ouest de la Côte d'Ivoire et la violence du débat politique à Abidjan n'aident pas. Pas plus que les accusations de complot portées contre des proches de l'ancien président.
Diéhiba, Para, Saho, Sakré... Des villages attaqués les uns après les autres. La frontière avec le Liberia n'est pas loin et, en moins de deux mois, vingt-huit personnes (vingt civils, sept Casques bleus nigériens et un militaire) ont été tuées au cours de raids menés par des hommes en armes.
 ... suite de l'article sur Jeune Afrique

lundi 18 juin 2012

Selon Venance Konan les partisans de Gbagbo ont la mémoire courte

Venance Konan fait un bilan critique des années Gbagbo. Il fustige l’esprit belliciste de ses héritiers, obstacle majeur à la réconciliation.
Alassane Ouattara crise ivoirienne FPI Laurent Gbagbo Mamadou Koulibaly Paul Yao-Ndré réconciliation Refondateurs refondation Sékou Touré
Quel Ivoirien ou familier de notre pays peut dire qu’il est surpris par les informations sur la tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire par des proches de l’ancien président Laurent Gbagbo?
Peut-on être étonné que ces personnes, qui, jusqu’à présent, restent convaincues que leur champion est le vrai président élu de la Côte d’Ivoire, puisque c’est ce que «Saint» Yao-N’Dré (ancien président du Conseil constitutionnel) a dit, et que le «prophète» Malachie (charlatan faisant constamment des prédictions favorables à Gbagbo) a confirmé, tentent, par tous les moyens, de récupérer ce qu’elles considèrent comme leur dû?
Le fantasme du retour de Gbagbo
Il n’y a pas longtemps, Madame Marthe Agoh, ancienne première vice-présidente de notre Assemblée nationale, tentait d’expliquer, par des acrobaties, que les siens et elles étaient les seuls à comprendre que le vrai vainqueur de l’élection présidentielle était bien Laurent Gbagbo.
C’est ce que nous répètent à longueur de journée les journaux qui sont proches de l’ancien président. Et c’est ce que croit dur comme fer un noyau de ses irréductibles partisans. Personne ne pouvait donc ignorer que ceux-là ne caressent qu’un seul rêve, renverser le pouvoir actuel ou, tout au moins, l’empêcher de réussir à remettre la Côte d’Ivoire en marche.
La seule chose qui leur importe est leur retour au palais présidentiel. Pas le sort des Ivoiriens. On l’a bien vu pendant les dix ans passés au pouvoir. Nous avions un régime composé essentiellement d’enseignants. Mais c’est sous ce régime que l’école a été entièrement détruite.
Plus destructeurs que «refondateurs»
C’est sous lui que les «Agoras», «Parlements» et «Sorbonnes», hauts lieux de débilisation du peuple, ont fleuri partout. C’est sous les Refondateurs (idéologues du changement sous l’administration Gbagbo, entre 2000 et 2010) que les planteurs de café et cacao ont été dépouillés de tous leurs revenus au profit d’aigrefins, que la corruption a totalement gangréné notre tissu social.
Pendant dix ans, nous avons assisté à la dégradation totale de notre pays, aussi bien sur le plan de la moralité que sur celui des infrastructures. Le modèle qui faisait rêver Mamadou Koulibaly, numéro deux de ce régime, n’était-il pas celui de Sékou Touré de la Guinée? Nous n’avons pas encore fini de pleurer tous nos morts de la crise qu’ils ont provoquée en refusant de se plier à la loi de la démocratie.
Ils ont oublié les obus sur les marchés, les femmes abattues dans la rue, leurs escadrons de la mort, les personnes brûlées vives, les étudiants assassinés sur les campus, les pillages. Ils ont tout oublié et ils voudraient que nous soyons tous amnésiques. Peu leur importe tout le mal qu’ils ont fait à la Côte d’Ivoire.
L’idée qu’ils veulent faire avaler aux Ivoiriens est que ce sont eux qui, en quittant le pouvoir de cette façon, sont les victimes d’une grave injustice. Une injustice qui ne saurait être réparée que par le renversement d’Alassane Ouattara, même si, pour atteindre cet objectif, ils doivent tuer encore plus d’Ivoiriens.
Les Ivoiriens veulent tourner la page
L’étonnant est qu’ils pensent que personne ne pourrait les soupçonner d’avoir ce genre de dessein et donc ne les surveillerait. Intoxiqués par leurs «prophètes» à la noix, ils croient au retour de leur idole incarcérée à La Haye au milieu d’une nuée d’anges.
Et ils ne réalisent pas que les Ivoiriens n’ont plus qu’un rêve: vivre en paix et se bâtir un futur moins lugubre que le passé récent servi par les Refondateurs durant dix ans. Ils ne réalisent pas que les autres pays de notre région sont fatigués de la crise dans notre pays dont ils ont aussi été les victimes collatérales, et qu’ils rêvent d’une Côte d’Ivoire jouant à nouveau son rôle de locomotive.
Nous l’avons déjà écrit, le FPI (Front populaire ivoirien, parti de Laurent Gbagbo) et ses affidés ne connaissent que la violence. C’est leur unique culture et la seule chose qu’ils nous ont donné de voir d’eux depuis leur apparition sur la scène politique ivoirienne.
Que les Ivoiriens en prennent bien conscience, qu’ils se remémorent ce que les Refondateurs ont fait de notre pays, de notre jeunesse et qu’ils leur fassent savoir qu’ils ne veulent plus entendre parler d’eux. Qu’ils leur fassent savoir qu’ils ont simplement envie de vivre, de rêver, d’espérer et de croire en la possibilité d’une vie meilleure.
Venance Konan (Fraternité Matin)